mercredi 29 octobre 2008

Chansons enfantines... Alsaciennes !


Il y a déjà un moment de cela, j'avais entrepris de reproduire ici le texte d'une chanson que je trouve hilarante, rapportée du périscolaire par Gobolovitch et Gobolovna. Je l'avais oubliée, et ce matin, elle a refait surface, tout simplement parce que Gobolovitch a recommencé à la chanter, ainsi que d'autres, toutes ayant pour point commun de raconter les aventures d'animaux plus ou moins familiers.

La première de ces chansons, c'est celle de la P'tit' cigogne. Je vous laisse apprécier : 

   

La p’tit' cigogne est tombée du nid

Elle a fait « plouf », elle a fait « plof »

La p’tit' cigogne est tombée du nid

Elle a la tête comme un Kougelhopf

 

Youlalahi ! Youlalaho !

Youlalahi, laho, Hop-là !

Youlalahi ! Youlalaho !

Youlalahi, laho, Hop-là !

 

La p’tit’ cigogne elle a mal aux reins

Hop dans l’Haut-Rhin, hop dans l’Bas-Rhin !

La p’tit’ cigogne elle a mal aux reins

Ell’va voir le Docteur Mangin !

 

Youlalahi ! Youlalaho !

Youlalahi, laho, Hop-là !

Youlalahi ! Youlalaho !

Youlalahi, laho, Hop-là !

  

Vous pouvez remarquer au passage l'utilisation de deux termes permettant de s'assurer que le Gobolistan est bien une enclave Alsacienne en pleine Alsace : Hop-là, terme polysémique alsacien signifiant tout autant "Alons-y" que "Ca y est", ou exprimant, selon le contexte, le contentement, l'impatience ou encore un sentiment de fatalité... L'autre terme est, bien entendu, le mot "Kougelhopf", monument de la gastronomie alsacienne. D'autres encore, permettent d'acquérir un début de culture géographique, puisque la chanson précise dans quels départements on peut trouver ces volatiles que sont les cigognes (autre emblème de l'Alsace, avec la quetsche, les bretzels et mauricettes, ou encore le sapin de Noël (c'est dans un incunable du 16e siècle conservé à la bibliothèque Humaniste de Sélestat que l'on trouve la première mention écrite du sapin de Noël !), le vin blanc, les bredalas, etc... Vous remarquerez d'ailleurs que nombre de ces emblèmes sont culinaires, ce qui tendrait à prouver, si besoin était, que la région est un tantinet penchée vers les mets de bouche, et riche à ce sujet (et dans tous les sens du terme, puisque l'on peut également considérer que si l'Alsace est riche en cuisine, la cuisine Alsacienne est aussi très riche). Bref, je n'ai pas mentionné le filet de Sandre au Riesling, ni la choucroute garnie, royale ou pas d'ailleurs, ni le Kouglehopf glacé ou la Forêt Noire... Je laisse l'imagination des lecteurs faire le reste).

 

Les petits Goboloviens ont ramené du Périscolaire d'autres chansons, pour certaines très connues, comme celle-ci :

 

Petit escargot

Porte sur son dos

Sa maisonnette

 

Aussitôt qu’il pleut

Il est tout heureux,

Il sort sa tête !


 

Ou encore celle-ci : 

 

L’araignée Gypsie

Monte à la goutière

Tiens voilà la pluie,

Gypsie tombe par terre

Mais le soleil

A chassé la pluie

Mais le soleil

A chassé la pluie

L’araignée Gypsie…

 

Ces deux derniers titres sont devenus depuis quelques temps de grands tubes au Gobolistan, et sont chantés plus ou moins en boucle selon la météo et les centres d'intérêt de chacun. L'histoire de l'escargot a trouvé un regain d'intérêt par l'intermédiaire des grandes sections de l'école maternelle où va Nathanaël, avec une visite de la classe Arc-en-Ciel en classe Soleil, dépositaire cette semaine-là d'un terrarium et de huit escargots, dont les enfants devaient s'occuper pendant une semaine. A la fin du mois de septembre, donc, les enfants de la classe Soleil ont invité ceux de la classe de Nathanaël pour leur faire partager leurs découvertes, et ont chanté avec eux cette comptine, ce qui a immanquablement fait remonter ladite comptine en première place du top 5 des chansons du Gobolistan. Ceci dit, l'avantage de ce top 5, c'est qu'il n'est pas lié à la vente d'un ou plusieurs disques, à mais bien à un réel degré de popularité, mesurable très facilement d'une part en fonction du nombre de fois où on entend cette chanson, et d'autre part en conjonction étroite avec le degré d'énervement après la 50e écoute consécutive de ladite chanson pour les parents. (Pour la petite histoire, la visite chez les "grands" a eu une autre conséquence : notre petit Nathanaël s'est lancé dans l'observation d'escargots à la maison, et a profité des jours de pluie de la première quinzaine d'octobre pour aller à la chasse, et nous ramener quelques spécimens... Les spécimens en question on moyennement apprécié le changement d'habitat, et ce n'est que parce qu'il était clair qu'ils étaient mieux dehors que Gobolovitch a accepté de les remettre dans l'herbe...).

 

Notre top 5 comporte en ce moment un autre titre, celui du générique des "Cités d'Or". Et là, ô surprise, même BBK s'y est mise : depuis dimanche dernier, elle se réveille une heure plus tôt qu'avant (en réalité, pour elle, c'est la même heure, mais ça fait une heure plus tôt pour nous, avec le passage à l'heure d'hiver). Du coup, comme elle est réveillée plus tôt, et qu'elle ne peut pas sortir de son lit à barreaux, elle passe le temps. Et nous avons donc droit, vers 6h05 le matin, à des "Aaaaaa", sur tous les tons, vocalisés, entrecoupés de "Papa !!!" et de "Am !" (ce qui signifie pour elle "Manger", ou encore "J'ai faim"). Bref, une fois que le ton est donné, tout y passe, et les "grands" prennent vite le relais.

BBK n'est d'ailleurs pas en reste en ce qui concerne les chansons. Elle a trouvé récemment (durant l'été, en fait), le moyen de monter sur une chaise, après l'avoir déplacée devant le lecteur de CD, et de mettre le lecteur en marche, d'y insérer un CD, et s'amuse beaucoup à mettre le disque en route, à l'interrompre, à passer sur la radio, puis à changer des fréquences moyennes vers les grandes ondes, et inversement, ce qui peut, là aussi, être particulièrement difficile à supporter nerveusement, pour quiconque tente de suivre un programme musical, quel que soit le programme d'ailleurs... Je vous laisse imaginer ce que ça peut donner...

 

Bref, depuis la suppression de la télé au quotidien, la musique prend de plus en plus de place au Gobolistan, et ce, sous toutes ses formes : violoncelle pour Gobolovna (je vous en dirai plus dans un prochain billet), chants, disques, radio, détournement de comptines et de chansons apprises à l'école, et ce en Français autant qu'en Allemand... Le champ d'exploration musicale est vaste !

 

Très prochainement, vous aurez donc l'immense plaisir, l'honneur et l'avantage de suivre d'autres aventures (en différé sur nos ondes) des Goboloviens du Gobolistan.

Au programme :

- les vendanges, suite et fin

- Gobolovna et le violoncelle

- naissance, vie et mort d'une entreprise

- les tergiversations de Gobol

- réunions Tupperware et autres Pierre Lang

- C'est reparti pour la PEEP

- La fête des lanternes

- La Saint Nicolas

- Recettes de Bredalas de l'Avent...

 

Il y aura de quoi faire, durant les deux mois qui viennent !

 

 

jeudi 16 octobre 2008

Magali a une remplaçante !

Nous en étions restés, à l'ISSM, à la première salve d'entretiens d'embauche pour une documentaliste, remplaçante de Magali, partie en congé maternité.

Le lundi qui a suivi cette journée mémorable (voir billet précédent), le 29 septembre, donc, la directrice avait décidé de procéder aux autres entretiens d'embauche, et de mettre tout le monde à égalité en le faisant également par téléphone. Et ceci pour plusieurs raisons.

La première, c'est que notre directrice manque de temps. Et recevoir 7 personnes au total, c'est beaucoup de temps... surtout quand on n'en a pas. Donc, faire des entretiens par téléphone, c'était un gain de temps appréciable.

La deuxième, c'est que les premiers entretiens s'étaient bien déroulés, même si faire passer des entretiens par téléphone, c'est à double tranchant, et c'est un exercice très difficile, tant pour le recruteur que pour le candidat. C'est redoutable, parce qu'il est difficile de se mettre dans une situation de convaincre quelqu'un quand on ne le voit pas. Par téléphone, c'est toujours un peu virtuel... Pour le recruteur, c'est délicat aussi, parce qu'il se passe beaucoup de choses dans le non-dit : l'attitude, la tenue (la façon de se tenir, en fait), les gestes, etc. On voit si la personne est plutôt ouverte de caractère, ou si elle est anxieuse, renfermée, ou au contraire avenante, souriante... bref, on peut se faire une idée relativement précise sur une personne rien qu'en la voyant... ce qu'on ne peut pas faire par téléphone...

La troisième raison, c'est tout bêtement qu'il aurait été particulièrement injuste pour les candidates venant de loin d'avoir des conditions de recrutement difficiles (par téléphone), et de favoriser de fait les candidats du lundi, qui eux viennent tous de la région, en les recevant. Pour ne léser personne, la directrice a donc préféré appeler tous les candidats, en se réservant le droit de convoquer par la suite les personnes qui avaient retenu notre attention, si jamais nous ne parvenions pas à les départager.

 

Bref, ça a commencé un peu comme le jeudi précédent, à l'envers.

Je devais être à l'ISSM pour 14 heures. Et pour cela, j'avais un train qui quittait la gare de Sélestat à 13h11. Le temps de manger, et hop, Jean-Luc passait à la maison récupérer BBK, pour que je puisse partir. Si j'avais décidé de prendre le train précédent, j'aurais dû quitter la maison à 11h40 pour un train quittant Sélestat à 11h50... Trop tôt, difficile pour Jean-Luc, et parfaitement inutile, puisque les entretiens ne devaient débuter qu'à 14h15...

Oui, mais voilà, c'était sans compter sur la formidable ponctualité des réseaux ferrés européens, puisque le train de 13h11, c'était en fait un train venant de Bruxelles, et allant à Zurich. Il faisait donc une partie du trajet en Belgique, un bout en Alsace qu'il traversait du nord au sud, et avait son terminus en Suisse.

A mon arrivée à la gare, je vois deux lignes qui clignotent sur les moniteurs. Pour deux trains dont le départ est prévu à 13h11 : l'un en direction de Strasboug, l'autre vers Zurich. Sur le premier, le retard indiqué était de 5 minutes. Fort bien, me dis-je naïvement, 5 minutes, comme d'habitude, mais je serai quand même relativement à l'heure... Sauf que quand je suis arrivée sur le quai, l'affichage indiquait 30 minutes de retard. Je suis donc retournée à l'intérieur de la gare, furieuse contre la SNCF d'être si mal organisée, et ne sachant pas si mon train avait en définitive 5 ou 30 minutes de retard... pour me rendre compte au final que les deux trains avaient du retard et que j'avais lu un peu vite l'affichage : l'un avait 5 minutes de retard, et l'autre 30 minutes. Et devinez lequel était le mien ?

 

Déroutée et surtout très embêtée (parce que 30 minutes de retard, ça me faisait arriver au mieux à 14h30 à Mulhouse... donc sérieusement en retard, pour le coup...), je suis allée directement au guichet, pour demander si par hasard, il y aurait un autre train qui irait vers Mulhouse. Après avoir cherché, la guichetière m'a gentiment dit que le plus rapide, c'était d'attendre le train de Zurich, parce que la seule autre solution, c'était un train omnibus qui allait jusqu'à Colmar, puis un autre omnibus, qui me faisait arriver à Mulhouse bien après 15 heures...

Décidée à faire contre mauvaise forture bon coeur, mais consciente malgré tout des problèmes qui s'ensuivraient, j'ai quand même expliqué à la guichetière (pour une fois que c'en était une sympa, j'en ai profité) que je devais aller faire passer des entretiens d'embauche à 14h15, et qu'il fallait au moins que je prévienne de mon retard (rentrer à la maison récupérer la voiture, et y aller avec ce moyen de transport n'était pas non plus envisageable, puisqu'aller de Sélestat à Mulhouse en voiture, ça prend en soi 45 à 50 minutes, plus 10 pour rentrer à pied de la gare, plus 5 pour appeler Jean-Luc et lui expliquer la situation, plus 10 pour qu'il rentre à la maison avec la voiture, plus un certain temps pour que je me perde dans le centre de Mulhouse, puisque je n'y vais jamais qu'en train, et ne sais donc pas trop comment on va de l'autoroute au centre-ville en voiture, plus au moins le même temps pour que je trouve une place pour me garer... soit au total bien plus de temps que si j'attendais tranquillement le train, malgré la 1/2 heure de retard).

Dont acte. La guichetière me passe le téléphone, et j'appelle l'ISSM. Il est 13h15, et je réalise qu'il est sans doute un peu tôt : le secrétariat n'ouvre qu'à 13h30... Mais c'était sans compter Hassina, qui mange régulièrement à l'ISSM à midi, après avoir fait son marché. Et là, coup de bol, elle est là, et peut prendre le message : je n'arriverai que vers 14h45...

En attendant, je prends mon mal en patience... et un bon bouquin. Et j'attends. 13h50, le train de Zurich entre enfin en gare, et je m'empresse d'y monter. A cette heure-là, il n'est pas trop bondé, en revanche, il est plein de bagages plus ou moins volumineux... Mais tant pis. De mon côté, je voyage léger, il suffit de trouver une place, ce qui n'est pas un problème à cette heure-là.

 

14h30, le train entre en gare de Mulhouse. Avec donc presque 40 minutes de retard sur l'horaire prévu. Je me dépêche, et 10 minutes plus tard, je tombe nez à nez avec Casimir, qui rentre chez lui. Il m'annonce en pleine rue qu'il a fini par partir, parce qu'il est là depuis 9h30 du matin, et qu'il n'a toujours pas mangé, mais qu'il ne voulait pas laisser la bibliothèque ouverte sans personne, parce que s'il n'y a pas de documentaliste, en revanche, les étudiants sont bien là ! Et la doc ne désemplit pas, atelier de recherche oblige.

Il m'annonce qu'il est quand même parti, et qu'il y a plein de monde au centre de doc... Il m'accompagne à l'ISSM, et m'explique en chemin que Cyril, formateur, lui a demandé de laisser les étudiants travailler au centre de doc... ce qui ne doit pas se faire, en temps normal... Donc, je fonce avec Casimir, pour trouver Cyril dans la bibliothèque, avec quelques étudiants. Et il me dit, la bouche en coeur : "Ah bon, c'est bien, maintenant que tu es là, les étudiants peuvent rester..."

Euh... Non, Cyril, parce que je repars illico presto pour les entretiens, là, je n'ai que le temps de récupérer les 4 CV et lettres de motivation, ainsi que les numéros de téléphone, et je m'en retourne au 2e étage... Pas de doc à la doc !

Entre-temps, Casimir, qui fait preuve d'une grande initiative sur ce coup-là, et semble être en très grande forme (comme quoi, les champions du monde, des fois, ils peuvent être tout à fait bien !), revient avec Odile, la directrice-adjointe. Elle a l'habitude de ce genre de situation, elle saura gérer avec Cyril. Je prends mes papiers, du brouillon, un stylo, et je me sauve.

 

Annie (la directrice) m'attend dans son bureau. Je m'excuse... et on récapitule : l'ordre des candidats, les numéros de téléphone, les CV... tout y est. Je fais un topo rapide sur le premier à appeler : tout jeune, 20 ans, sorti tout juste de l'IUT, peu d'expérience à part les stages obligatoires dans le cursus... A voir.

Annie l'appelle, s'excuse du retard et explique le souci de train. "Ce n'est pas grave", répond le jeune candidat... On commence l'entretien : rappel de son parcours, "Qu'est-ce qui vous plaît dans ce métier ?" "Comment vous décririez-vous ?" "Pouvez-vous nous donner votre plus gros défaut et votre plus grande qualité ?" Le petit jeune ne se laisse pas démonter, et se décrit comme quelqu'un de sérieux, de rigoureux, avec le défaut qui va avec : la tendance à être un peu trop méticuleux... Ce qui peut être une qualité pour un documentaliste, mais qui peut vite tourner au cauchemar si deux documentalistes de la même équipe ont ce même "défaut"... ce qui est mon cas justement... parce que les deux n'ont pas forcément la même vision du travail, et que cette rigueur peut aller jusqu'à une certaine rigidité, et si on est tous les deux rigides, mais pas de la même façon, ça risque de poser de légers problèmes...

On arrive à la partie "questions". Je prends le combiné, pour lui répondre, et les seules questions qu'il pose, ce sont les horaires, et où mange-t-on ? Je lui explique notre organisation de travail actuelle, ainsi que le rôle de la cuisine pédagogique (sans lui parler pour autant des repas du mardi et du jeudi), et rends le combiné à Annie, interloquée par ces questions très en-dehors de la question centrale qui est le travail en doc, au quotidien...

 

On passe vite à la suivante. L'entretien était prévu à 14h45. Il est 15h20. Une jeune fille, qui finit une vacation à l'école des Beaux-Arts de Mulhouse. Elle est de Strasbourg, et a demandé à ce qu'on la rappelle sur le portable de sa collègue.

Le coup de fil commence très bizarrement. Annie commence directement par confondre haut-parleur et touche pour raccrocher quand on est en mains-libres. Elle fait donc le numéro, et raccroche aussitôt, en appuyant sur le mauvais bouton. Elle regarde le téléphone, très surprise du résultat, et visiblement, ne comprend pas tout de suite d'où vient l'erreur, puisqu'elle me dit : "Ca n'a pas marché ? Je recommence ?" Je ne sais pas trop comment lui dire qu'elle s'est trompée de bouton... J'acquiesce, et la voilà repartie. Elle tombe cette fois-ci sur la propriétaire du téléphone portable, et commence à lui parler, pour se rendre compte au bout de quelques secondes qu'elle n'a pas mis le haut-parleur. Et raccroche.

Sauf que là, elle se rend compte qu'elle a fait une erreur de bouton, et rappelle illico. Evidemment, comme souvent, ça sonne occupé... On recommence la manoeuvre, et là, la "collègue" de notre candidate qu'elle a au bout du fil lui dit que de toute façon, la jeune documentaliste n'est pas là, qu'il faut l'appeler chez elle, parce que passer un entretien d'embauche par téléphone pendant ses heures de travail, c'est... disons... moyen...

Dont acte. Annie raccroche, puis décroche le combiné, forme le numéro, attend que ça réponde, tente de mettre le haut-parleur et... raccroche ! Là, je n'y tiens plus, et je pars d'un grand éclat de rire. En fait, j'ai essayé au départ de ne pas rire : je ne voulais pas que ma directrice pense que je me fichais d'elle... Seulement, quand un fou rire vient, il vient, et il n'y a rien à faire pour l'en empêcher. C'est exactement ce qui s'est passé ce jour-là. Et coup de bol, la directrice l'a bien compris comme ça, et s'est mise à rire franchement également... Le temps de nous calmer toutes les deux, et elle refait le numéro de téléphone, non sans m'avoir confié la lourde tâche de mettre moi-même le haut-parleur en marche lors des prochains appels...

La suite est un rien plus classique : mêmes questions que pour le premier : Pourquoi ce métier ? Qu'est-ce qui vous plaît ? Comment vous décririez-vous ? Votre plus grande qualité ? Votre plus gros défaut ? Des questions sur notre organisation ?

Celle-ci se décrit comme un peu réservée (ce qui se sent au téléphone, mais n'en fait pas pour autant quelqu'un d'aussi insaisissable que celle de Caen, la semaine précédente), mais fiable. Quand on lui demande de préciser, elle nous dit qu'elle entend par là qu'elle est digne de confiance. La suite de l'entretien est édifiante : contrairement au précédent, elle pose des questions. Des tas. "J'ai vu sur votre site internet que vous avez instauré un système de chèque de caution pour éviter les vols... c'est la première fois que j'entends parler de cette possibilité. Vous n'avez pas de système anti-vol ?..." S'ensuit une discussion très intéressante sur le rôle de la documentaliste quant à l'incitation à la lecture, la question des retours d'ouvrages, du problème des pertes et des vols... Bref, quelqu'un de plus ouvert et de moins réservée qu'elle ne le pense elle-même, et en tout cas de très intéressante...

 

Suivante. Une Jordanienne. L'entretien était prévu à 15h15. Il est 15h45. Nous l'appelons sur son téléphone portable. Elle marche, elle doit aller prendre un bus ou un tram. Elle s'excuse, et nous demande s'il est possible de la rappeler après 17 heures, parce que là, elle ne sera pas dans de bonnes conditions pour répondre à nos questions et passer cet entretien... Annie approuve, et confirme qu'elle rappellera à 17 heures.

Entre temps, Annie découvre sur sa messagerie internet deux messages de cette même jeune fille, expliquant qu'elle ne peut pas attendre plus longtemps l'appel d'Annie, et demandant qu'on la rappelle soit le soir, soit le lendemain... Réaction d'Annie : "Au moins, elle est réglo !"

Du coup, on est quasiment à l'heure pour le dernier entretien, prévu à 15h45. C'est parti. Une jeune fille de Sélestat. Mêmes questions que pour les autres. Elle avait préparé l'entretien. Elle avait des questions, elle lisait visiblement des notes qu'elle avait prises à la lecture de la présentation de notre centre de doc sur Internet, et quand on lui a posé les questions de son défaut et de sa qualité, elle a eu une réponse qui trahissait tant sa jeunesse que sa candeur : "Ah zut, celle-là, je ne l'ai pas vue venir : c'est une question bateau, pourtant, mais je ne l'ai pas préparée !" Sourire en coin de la directrice. Et réponse de la candidate : "Je me décrirais comme rigoureuse, méticuleuse, peut-être au point que ça en devienne un défaut". Encore !

 

Le "classement" est le suivant, à l'issue de ces trois entretiens : La candidate de la région Bordelaise, entendue le jeudi précédent, vient en première position, suivie de très près par la Strasbourgeoise. Vient ensuite la jeune fille de Villeurbanne, puis celle qui est en CDD aux Beaux-Arts, et enfin le jeune homme. La personne de Caen est éliminée. Reste la Jordanienne. Et les scrupules.

S'engage alors une longue discussion sur la jeune fille de Bordeaux : peut-on décemment la faire venir pour 1000 € par mois, pour 6 mois, dans une région qu'elle ne connaît pas, même si elle y a des amis et pas de problème de logement ? On finit par en arriver à mon propre parcours : il y a 10 ans, je démarrais à l'ISSM, débarquée de Quimper, avec les mêmes questions. Et 10 ans après, je suis mariée, mère de famille, et je ne regrette aucun des choix que j'ai fait à ce moment-là (ni plus tard). Et j'explique à Annie que j'ai eu la chance d'avoir été la seule candidate à l'époque pour ce poste. Et que si ma place s'était jouée sur la question géographique, j'aurais été déçue de me la voir soufflée par une candidate "locale", pour la seule raison qu'elle était originaire d'un peu plus près...

Annie en convient, mais me dit que l'un des administrateurs, plus particulièrement chargé des questions de personnel à l'ISSM, n'aurait pas les mêmes scrupules : si deux candidates sont bien, et que l'une d'elle vient de la région et l'autre pas, il prend celle qui vient de la région. Sans état d'âme.

Je reparle alors de l'entretien passé avec l'administrateur, où il me posait très justement la question de la distance. Je l'avais rassuré en lui disant que j'avais de la famille dans le coin, et que pour ce qui était de la mer, elle ne s'évaporerait pas de sitôt, et que je pourrai toujours y retourner... le principal pour moi étant de trouver du travail, tout en sachant que les postes de documentalistes sont rares, donc chers...

 

Décision est prise de rappeler la candidate de Bordeaux, pour rediscuter avec elle de la question de la distance, justement...

Il est 17 heures 15, l'heure de rappeler la Jordanienne. Et pas de réponse : c'est la boîte vocale.

Seulement, de mon côté, je dois rentrer, partir au plus tard à 18 heures... S'il faut encore attendre pour la rappeler, ça va être dur pour Jean-Luc...

Annie me renvoie chez moi, en me disant qu'elle rappellera la jeune femme vers 18 heures, et qu'elle lui dira de m'appeler si elle a des qestions sur le travail lui-même. Je rentre à la maison en me surprenant à prier pour que la candidate de Bordeaux soit prise... Le CV de la Jordanienne est impressionnant, mais sa personnalité semble loin de "coller" au poste. Et puis, il semble aussi, au vu de son parcours, qu'elle soit plus informaticienne que documentaliste... elle risque de s'ennuyer dur ! et très vite !

 

Mardi 30 septembre. Je croise Annie à 8h30 au secrétariat. Et je vais donc aux nouvelles. Pour elle, la Jordanienne ne bouleverse pas beaucoup notre "tiercé" gagnant, et elle vient plus en 4e ou 5e place... ex-aequo avec la jeune femme de Villeurbanne. Je lui demande si elle a pu joindre la Bordelaise, comme on l'a surnommée entre nous, et elle me répond qu'elle s'apprêtait à l'appeler quand je suis arrivée...

Rien d'autre à faire, donc, qu'attendre que la décision soit prise.

Je descends à la doc pour ma matinée de travail. J'y trouve Casimir, inquiet, très inquiet sur l'identité de la remplaçante... et sur la sauce à laquelle il va être mangé ! Je le rassure, en lui disant qu'on a deux candidates sérieuses, et qui ont l'air toutes les deux très bien, bien que très différentes l'une de l'autre. Et que je suis aussi dans l'expectative...

12h30 : l'heure du déjeuner dans notre "cuisine" devenue "cantine" pédagogique. Et Annie se joint à nous. Elle me demande alors si la Jordanienne a appelé. Tiens, non, c'est vrai, je n'y pensais plus... Aucune nouvelle...

Je redescends à la doc, libère Casimir pour qu'il puisse rentrer déjeuner, et me lance dans mon après-midi d'enregistrement des nouveaux étudiants dans notre base de données. Vers 16 heures 30, le téléphone sonne : la Jordanienne. La conversation prend un tour surréaliste :

"Bonjour, je vous appelle parce que la directrice m'a demandé de le faire".

Ah. Ca commence bien.

"Oui, c'est essentiellement pour pouvoir répondre aux questions que vous vous posez sans doute sur le poste".

"Ben écoutez, en fait, non, je n'ai pas trop de questions : j'ai travaillé dans un CDI, d'après ce que j'ai pu voir, c'est très comparable, je m'en sortirai... Ah si, les horaires ? Madame Steiner me les a donnés, hier, mais je ne les ai pas bien notés... Vous pourriez m'en dire plus ?"

"Bien sûr : Lundi toute la journée, mardi, mercredi, jeudi après-midi. Pas d'autres questions ?"

"Non, c'est bon... J'espère que je pourrai travailler avec vous ! A bientôt, peut-être ?"

"Oui, peut-être... Au revoir !"

Et hop, conversation terminée. Elle n'avait pas de questions. Rien. Décevante.

 

Annie redescend à ce moment-là, et passe à la doc (je ne l'aurai jamais vue autant en si peu de temps ! D'habitude, il faut se lever de bonne heure pour la voir une fois dans la semaine !). Je lui raconte l'entretien, qui confirme son impression à elle, et place la Jordanienne en 5e position, à égalité avec le jeune homme, et uniquement à cause de son expérience professionnelle, sinon, elle était en dernière position...

 

Jeudi 2 octobre. Toujours pas de nouvelles. Qu'en est-il ? Annie a-t-elle pu joindre la Bordelaise ?

Je la croise dans l'escalier en arrivant. Elle me dit qu'elle viendra me voir très vite.

Effectivement, un peu plus tard dans la matinée, Annie m'apprend que le mardi, elle n'a pas eu une seconde pour appeler notre "favorite". Mais que la veille, mercredi, elle avait prévu de passer ce coup de fil en priorité, en arrivant. A 8h40, donc, elle s'apprêtait à décrocher le téléphone, quand celui-ci a sonné. C'était elle, qui appelait, inquiète, pour savoir si elle pouvait avoir des nouvelles sur sa candidature. Parce que si elle devait venir le lundi suivant, il fallait qu'elle le sache très vite...

Je ne sais pas ce qu'elles se sont raconté mercredi matin, mais toujours est-il que Mathilde a été embauchée à partir du mardi suivant. Elle avait déjà regardé sur Internet pour les billets de train, elle avait appelé sa meilleure amie pour savoir si elle pourrait loger à Thann, dès la fin de la semaine...

 

Mardi 7 octobre, la "Bodelaise", qui jusque-là n'avait qu'une voix, a enfin un visage. Elle s'est présentée au centre de documentation à 9 heures, comme prévu, et je me suis retrouvée dans la peau d'un guide et historien de l'ISSM et de son centre de documentation.

Bien sûr, je n'ai pas fait l'impasse sur Casimir. J'ai préféré la mettre au courant immédiatement. Annie lui en avait déjà touché un mot lors de leur rencontre la veille (Mathilde était passée à l'ISSM pour repérer les lieux, et avait pu voir Annie), et lui avait dit que je lui en parlerais plus le lendemain.

A 10 heures, Casimir, justement, est arrivé. J'en ai profité pour entamer une visite de l'école avec Mathilde, et pour lui présenter nos collègues. Ca nous a pris le reste de la matinée (Françoise est bavarde !), et quand nous sommes retournées au centre de documentation, ce fut pour dire à Casimir que nous montions manger... J'avais prévenu Caroline que nous serions un de plus au déjeuner ce jour-là...

L'après-midi, Magali est venue rapporter ses clés, pour que Mathilde ait son propre jeu pour le lendemain : Casimir serait là à son arrivée, mais elle n'aurait pas de clé pour le caisson où nous rangeons nos sacs et affaires personnelles, et elle ne pourrait pas fermer le soir... Je lui ai ensuite parlé de l'histoire du centre de documentation, de son lourd passif, de son fonctionnement quand j'étais seule, des nouveautés introduites par Isabelle, puis Magali, quand on a pu être plusieurs sur le poste, et donc mettre en place ce qu'il était impossible de réfléchir avant, en termes d'animations, d'expositions...

 

Je l'ai quittée le soir en lui disant que le lendemain allait être difficile, et toute la semaine suivante aussi : je devais aller à Paris le jeudi 9 : elle serait donc seule à la barre dès le lendemain de son arrivée, et pour une semaine... Un baptême du feu en quelque sorte, puisque dans le même temps, elle aura aussi à apprendre à connaître Casimir, avec qui elle travaillera toute la matinée du vendredi, pour avoir une semaine complète. Le lundi, ce sera journée continue, et le mardi, je serai de retour. Elle pourra bien sûr m'appeler le mercredi ou le vendredi, en cas de problème, à la maison. Je lui ai laissé les codes d'accès à ma session informatique pour qu'elle puisse travailler, et nous avons créé un profil pour elle sur le logiciel documentaire, pour qu'elle puisse commencer à se faire la main en indexation (redoutable exercice, mais le plus efficace pour se mettre d'emblée dans le bain). Elle s'en est bien sortie, et a appelé Magali le jeudi, parce qu'elle ne savait pas quoi indexer dans les revues qu'elle devait dépouiller. Et bien sûr, j'étais injoignable.

Si si, un jour, j'aurai un téléphone protable. C'est promis.

 

Mardi dernier, nous avons donc fait le point sur ce qui s'était passé durant la semaine. J'ai repris certaines choses, rattrapé d'autres, mais globalement, elle avait su prendre les bonnes décisions, sélectionné les bons articles, et après quelques recadrages, ça ira comme sur des roulettes. Nous ne nous sommes pas trompées en la préférant aux autres...

Du coup, je suis aussi moins inquiète. Quelle que soit la décision de Magali, nous avons une remplaçante tout à fait compétente. Et libre, ce qui est important, si elle doit rester après le congé maternité de Magali...

 

La suite (ou plutôt le reste) dans un autre billet : il est temps d'aller au lit !

 

 

vendredi 26 septembre 2008

Recrutement

Hier, j'ai fait une expérience pour l'heure inédite pour moi : j'ai participé à des entretiens d'embauche.

A l'ISSM, les choses bougent très très vite en ce moment. Jeudi dernier, le 18 septembre, Magali a fait sa dernière journée de travail. Elle est partie en congé maternité jeudi soir.

Alors bien sûr, il faut lui trouver une remplaçante.

N'allez surtout pas croire que nous nous y prenons au dernier moment. Non. Les circonstances sont contre nous.

 

Le 31 juillet, notre directrice a fait passer un annonce dans deux réseaux : celui de l'IUT d'Illkirch, près de Strasbourg, qui forme des documentalistes, et celui de l'antenne alsacienne de l'ADBS (Association des Documentalistes et Bibliothécaires Spécialisés). Oui, mais voilà, pour je ne sais quelle raison, l'annonce n'est pas parue à l'ADBS. Et à l'IUT d'Illkirch, vacances obligent, ils ont tout gelé jusqu'à la rentrée. Et du coup, ils ont pris du retard dans la publication des annonces, et la nôtre n'est parue à l'IUT que le 13 septembre... pour un remplacement à compter du 15 !

Evidemment, entre-temps, nous nous sommes inquiétés, la directrice a appelé, et finalement, Magali a transmis l'annonce à l'ADBS nationale, le 13 également. De mon côté, j'ai envoyé la même annonce à réseaudoc, un réseau de documentalistes avec lesquels je travaille de temps en temps, à Mulhouse et dans la région. Mais comme je ne travaille que le mardi et le jeudi, je n'ai pu faire l'envoi que le 16 au matin... Au moment où je recevais confirmation de l'envoi de l'annonce, je recevais en même temps 4 messages de la directrice, me transférant 4 CV et lettres de motivations de 4 candidats, 3 issus de l'IUT d'Illkirch, et 1 venant de la région bordelaise, qui avait eu l'annonce par le biais de l'ADBS.

 

Enfin, des réponses. Enfin, des CV, des personnes à contacter, des candidates pour un poste à pourvoir dans l'urgence.

 

Le 17 au matin, deux nouvelles candidatures sont arrivées, et une autre au début de la semaine suivante (le 22).

Au total, 7 candidatures pour un poste à mi-temps, en CDD.

Sur les 7, une ne m'a pas plu, immédiatement. Un CV alambiqué, bourré de trous (qu'a-t-elle bien pu faire entre 1992 et 2000 ? Combien de temps son expérience au centre de formation de la Croix-Rouge d'Alençon a-t-elle duré ?), bref, un truc bizarre, avec une lettre particulièrment peu soignée pour une personne qui se dit rigoureuse et ayant une bonne maîtrise de l'informatique... Mais on ne sait jamais...

 

Donc, sur 7 candidatures, 4 sont du Bas-Rhin, trois d'ailleurs (Vénissieux, Caen et Bordeaux). Pas question de les faire venir pour 1/2 heure d'entretien, pour un poste qui ne va pas leur permettre de vivre (1000€ net par mois, pour 20 heures par semaine, vu le coût de la vie aujourd'hui, c'est plutôt difficile...). En revanche, deux des trois candidatures sont intéressantes, l'une d'elles semble vraiment correspondre au profil, la deuxième est un tant soit peu surdiplômée (le risque, c'est qu'elle s'ennuie très vite à ce poste), et la troisième est à contacter pour éclaircir les zones d'ombre de son CV. Bref, la directrice décide donc de convoquer tout le monde, mais les entretiens se feront par téléphone (ça évite quand même des frais importants à des étudiantes qui habitent loin...).

 

Hier, donc, les entretiens étaient programmés à 14h30, 15h15 et 16h. Et j'avais rendez-vous avec la directrice pour qu'on voie exactement ce qu'on allait leur demander, à ces candidates. Parce que bien sûr, ce n'est pas mon rôle de faire passer des entretiens d'embauche. Je ne sais pas faire ça, et je ne peux que donner un avis sur les questions techniques, pas sur l'embauche...

 

Bref, la matinée a été particulièrement agitée. Sachant que je ne serai pas du tout à la doc l'après-midi, j'avais demandé à Casimir de venir de 14 heures à 17 heures et non pas de 10 à 13 heures. Du coup, j'étais seule à bord, et il se trouve qu'en cette période de rentrée, nous cumulons les mises à jour du fichier emprunteur, le dossier économie des 1er années, et l'atelier de recherche pour les 2e années. Beaucoup de monde, donc, au centre de documentation, avec des demandes incessantes (recherches bibliographiques, documents à sortir des archives...), mise à jour informatique des fichiers d'adresses... bref, pas de quoi s'ennuyer, sachant que la priorité sur tout autre travail, c'est bien entendu l'étudiant. D'autre part, il y a encore un certain nombre de livres, commandés en juillet, qui sont toujours en attente d'être catalogués, indexés et mis en rayons. Faute de temps et de documentaliste pour faire ce travail, ça attendra encore un peu. Pour ne rien arranger, l'inventaire du mois de juillet a montré un certain nombre de pertes, et nous retombons en fait beaucoup sur les mêmes... ceux qui avaient déjà disparu avant l'inventaire de 2006. Or, en novembre, je dois passer une autre commande d'ouvrages, censée remplacer les livres disparus ou volés. Seulement voilà, avant de racheter, encore faut-il pointer précisément ce qui a disparu... J'ai réussi à finir de pointer tous les emprunts en cours depuis mon arrivée (certains livres ont disparu depuis plus de 10 ans, ce travail n'ayant pas pu être fait avant que j'arrive... ni depuis mon arrivée, puisque nous avons toujours été en sous-effectif et que nous n'avons pu commencer ce travail que cette année, le reste ayant pu être mis en place dernièrement).

 

Je vous ai parlé d'autre part de l'initiative des formateurs, et je me suis rajoutée au cercle, pour les repas de midi. Oui mais voilà, hier, c'était Marie-Claire qui devait se mettre aux fourneaux, seulement en cette même période de rentrée, elle ne pouvait pas être là à midi, et la veille, elle n'avait pas pu préparer de repas. Elle est passée à la doc vers 11 heures pour me prévenir qu'il n'y avait rien à manger, et je me suis dit que ce n'était pas bien grave : une fois n'est pas coutume, j'irai m'acheter un sandwich ! Seulement voilà, en l'absence de Casimir, sortir de la bibliothèque pendant la pause de midi est tout simplement impossible : bibliothèque bondée, demandes continuelles, priorité à l'étudiant...Bref, j'ai pu me libérer à 13h30, soit une demi-heure avant mon entretien préparatoire aux entretiens d'embauche avec la directrice. J'ai vite foncé au 2e étage, pour découvrir qu'il n'y avait plus de sandwichs dans le distributeur. Je suis redescendue au premier pour y prendre mon sac et mon manteau, et j'ai foncé à la boulangerie du coin... pour me casser le nez une fois de plus : un pannonceau indiquait que la boulangerie était fermée de 13h15 à 13h45 (sans doute pour qu'ils puissent manger également... C'est dommage, ils font des super pizzas et de très bonnes quiches et tartes à l'oignon...). Je continue donc mon chemin : Monoprix n'est pas très loin, en allant vers la Rue du Sauvage (la plus grande artère commerciale de Mulhouse), ils ont un rayon boulangerie-sandwicherie, je devrais trouver mon bonheur. J'entre, et là, surprise, il reste des sandwichs ! L'autre option, c'était Paul, spécialiste des Bretzels et des Mauricettes, mais pour le même prix, j'ai deux fois moins à manger, et j'avoue qu'à 13h40, il commence à faire sérieusement faim ! Va donc pour un sandwich thon-mayonnaise-tomates et une part de mille-feuilles (pour une fois que j'ai l'occasion, tant pis pour le régime, je mangerai plus sainement ce soir).

 

Retour dare-dare à l'ISSM, où j'apprends par Hassina et Christine (les secrétaires) qu'Annie (la directrice) n'est pas encore là. Ouf, je peux me poser pour manger. Direction la "cuisine pédagogique", et je m'installe. Mais il faut faire vite : à mon arrivée, il est 13h50, le rendez-vous est dans 10 minutes, faut pas trainer : tant pis pour le dessert, je le mangerai quand j'aurai le temps.

14 heures : j'ai fini de manger. Je file à la doc chercher mes affaires (CV des postulantes, lettres de motivation, numéros de téléphone pour les appeler, stylo et papier pour prendre des notes), et je remonte au secrétariat, pour apprendre que la directrice n'est toujours pas là. Je retourne à la cuisine, et me fais chauffer de l'eau pour un thé. J'ai eu le temps pendant que l'eau chauffait, d'aller aux toilettes (la première fois depuis mon arrivée à 8h30 !), et hop, je me pose. Je n'ai plus qu'à attendre : Casimir est en bas, avec les étudiants, je peux donc être tranquille, ils peuvent faire leurs recherches sereinement.

14h15, puis 14h30 arrivent, toujours pas d'Annie... Je commence à stresser tellement pour les postulantes que je me décide à arrêter de tourner en rond au secrétariat, et à manger ma part de gâteau à la cuisine. Au moins, ça m'occupe, et qui sait, ça la fera peut-être arriver ?

Ben non. Toujours pas. Je redemande à Christine, pour la dixième fois, si elle a des nouvelles, et lui explique le pourquoi de mon stress. Elle me dit qu'il suffit de l'appeler pour savoir ce qui se passe. Ce qu'elle fait dans la minute qui suit (vive le téléphone portable... Je ne pensais pas en arriver là un jour...), et elle n'a le temps de rien dire : Annie connaît tellement bien Christine (qui fait partie des meubles de l'ISSM depuis plus de 20 ans maintenant), qu'elle sait exactement pourquoi celle-ci l'appelle. Christine raccroche donc au bout de 10 secondes en me disant qu'Annie est en bas de l'immeuble, et qu'elle monte.

Ouf, la vie va pouvoir reprendre un cours normal, et mon coeur va pouvoir se remettre à battre tranquillement : le Chef est là.

 

Evidemment, on ne peut pas arriver d'un déjeuner avec le vice-président de l'association, s'asseoir sur sa chaise et décrocher le téléphone pour un entretien d'embauche immédiatement. Il faut un minimum de préparation quand même : qui on appelle ? et pourquoi ? et que doit-on lui demander ?

Bref, 14h50, on s'y met. La première candidate vient de Vénissieux, elle est encore étudiante, doit finir son Master doc en décembre, mais est libérée de cours. Elle peut donc se déplacer, travailler...

Seulement, à la lecture de son CV, elle m'avait sembée un peu trop diplômée. L'entretien confirme mon opinion : très intéressante, enjouée, bon contact, mais trop diplômée il me semble pour ce qu'il y a à faire. Elle le sent d'ailleurs bien, à travers les questions qu'elle pose... A retenir, donc, parce que sa personnalité est intéressante et qu'elle correspond plutôt bien au profil recherché. Mais avec cette réserve du diplôme et manque d'intérêt potentiel du poste pour elle... Ce ne serait pas un problème si nous cherchions uniquement une remplaçante pour 5 mois. Seulement Magali m'a appris avant de partir que son mari avait trouvé un poste en région Rhône-Alpes, et que si la période d'essai se passait bien, elle partirait sans doute le rejoindre, soit à la fin de son congé maternité, en février, soit à la fin de l'année scolaire (elle a une fille de l'âge de Nathanaël). Tout dépend donc du travail de son mari, mais vu son profil, il a plus de chances de rester que de repartir... Donc, nous devons recruter quelqu'un dans l'optique de transformer éventuellement son CDD en CDI... et si la personne s'ennuie à ce poste, va-t-elle rester par la suite ? N'aurait-elle pas d'autres opportunités, plus intéressantes pour elle professionnellement, ailleurs ?

 

15h25 (on commence à rattraper le retard !), deuxième appel. C'est la candidate de Caen, celle qui a de gros trous dans son CV. L'entretien consistera donc à essayer de les boucher, pour comprendre son parcours et en savoir plus sur elle (sa lettre aussi bien que son CV sont plutôt laconiques...). Ca commence mal d'emblée. Le téléphone a un problème, et on commence illico par couper la conversation pour la rappeler par la suite. Deuxième essai, deuxième échec : le haut-parleur doit être coupé pour que la conversation puisse avoir lieu. Je n'entends donc plus que les réponses d'Annie, ses questions, mais rien de la candidate. Seulement, à l'air effaré, dubitatif, estomaqué par moments de la directrice, je me rends compte qu'on est à des années lumières de la première... J'attends patiemment qu'on en arrive aux questions sur le poste, pour pouvoir parler avec elle, et j'ai l'impression de me retrouver à faire les demandes et les réponses. Elle ne semble pas intéressée par la question, elle est toujours très laconique, et semble s'intéresser uniquement à l'aspect technique (purement documentaire, donc). Je lui repasse Annie, qui lui pose les deux questions rituelles : "Comment pourriez-vous vous décrire ? Qu'aimez-vous dans le métier de documentaliste ?"

Les réponses sont édifiantes : "Je sais écouter, je suis plutôt gentille" seront les réponses à la pemière question. Et "ce que j'aime, c'est le livre, le côté technique du métier. Bien sûr, il y a les usagers, il faut connaître le public auquel on s'adresse."

 

et vlan. Ce que j'avais pressenti en lui parlant des tâches qui font partie de notre quotidien se révèle exact : c'est un vrai rat de bibliothèque ! Pas une documentaliste moderne ! Elle aurait plus sa place dans un service d'archives... ou dans une grande bibliothèque universitaire, où son travail consisterait surtout à cataloguer des ouvrages... Seulement voilà, le travail qu'on lui propose, c'est beaucoup d'indexation et de catalogage, mais c'est aussi, et surtout, beaucoup de contact...

Bref, pour elle, mon avis est un "non" franc et massif. Et je vois que la directrice est à 100% d'accord avec moi...

 

Reste la troisième, celle qui vient de Bordeaux. Ce matin, elle m'avait déjà appelée, très inquiète, et persuadée que l'entretien devait avoir lieu la veille... Elle avait donc attendu pendant plusieurs heures que le téléphone sonne... en vain bien sûr ! Je l'avais rassurée le matin même, et lui avait confirmé notre appel pour 16 heures.

 

Oui, mais après la deuxième, il fallut faire une pause. Même en plein entretien d'embauche, la directrice doit être sur tous les fronts à la fois. Là, il s'agissait de Pascale, en pleine programmation pour les étudiants AVS (auxiliaires de vie sociale), avec un gros pataquès en cours avec un autre organisme de formation qui coorganise le projet... J'en profite pour retourner aux toilettes, et à mon retour, Marie-Hélène (pourtant à la retraite depuis un an) est là, et en pleine discussion avec Annie au sujet de ces mêmes AVS, mais pour un autre souci : l'organisation d'ateliers cuisine en Allemand...

 

Après cet intermède, nous revoici au téléphone, avec la troisième candidate. Elle nous parle avec passion de son métier, nous explique sans fausse modestie son parcours, semble-t-il plutôt brillant, et nous dit que l'éloignement n'est pas un souci, dans la mesure où elle a de la famille à Thann, c'est-à-dire pas très loin de Mulhouse, et qu'elle peut y loger sans souci pendant la durée de son contrat. Elle a un bon contact, et par certains côtés, me fait penser à Magali... Son CV et sa lettre de motivation m'avaient déjà donné une très bonne impression. L'entretien n'a fait que la confirmer... Je crois que j'aimerais assez travailler avec elle. Elle passe directement en première position, et celle de Vénissieux en 2e. Celle de Caen est éliminée...

 

16h30 : je me retrouve chargée d'organiser 4 nouveaux entretiens d'embauche, toujours par téléphone. Le souci, c'est d'une part que c'est un exercice difficile, et d'autre part que le temps est compté... L'agenda d'Annie est compliqué et plein, et il faut faire vite. Les trois candidates se sont déclarées prêtes à démarrer la semaine prochaine. Les besoins sont criants en doc, d'autant plus qu'actuellement, je peux me libérer quelques heures supplémentaires par semaine, mais c'est difficile à cause de la garde de BBK (sans parler de mon entreprise), et que je dois faire face à d'autres soucis : d'une part la réunion à Paris le 9, pour le thésaurus, et d'autre part le rachat de la boite qui vend notre logiciel par une autre boîte, avec changement de logiciel à la clé. La réunion d'information a lieu à Besançon le 20 octobre... et je dois y être, alors que j'ai un rendez-vous à la même heure à Sélestat. Il va falloir déplacer, mais ça veut surtout dire qu'il faudra que la remplaçante soit opérationnelle dès le 8, puisque ce jour-là, elle sera seule aux commandes l'après-midi, et que le 9, je ne serai pas là pour répondre à ses questions...

Ce qui me laisse en réalité une journée pour lui expliquer le fonctionnement du centre de doc, l'utilisation du logiciel, les tâches qu'elle aura à faire... Difficile, surtout pour elle !

Je redescends donc à la doc, pour y trouver Casimir totalement déboussolé : "Il y a eu du monde tout le temps, je devais aller aux archives, chercher des documents, répondre aux questions, enregistrer les prêts, les retours, faire les recherches avec les étudiants..." Je lui ais simplement dit que c'était la période... Je ne lui ai pas dit que c'était ça, le travail de documentaliste, celui qu'il veut faire en passant le DUT en cours du soir en plus de son travail ici. Je ne lui ai pas dit que j'avais fait bien pire ce matin, parce qu'en plus de ce qu'il avait fait, j'avais continué à rechercher les livres perdus... Je ne lui ai pas dit que pourtant, c'était ce qu'il m'avait dit aimer, un an auparavant, quand il m'avait dit qu'il n'aimait pas le mois de janvier parce qu'il n'y avait plus d'étudiants à l'ISSM puisqu'ils sont tous en stage à cette période-là. Je ne lui ai pas dit non plus que s'il "craquait" maintenant, cela poserait de gros problèmes... Je sais que Casimir ne pourra sans doute jamais être documentaliste. Je sais aussi que quand il n'est pas sous pression, il fait correctement son travail. J'ai vu qu'hier, il était sous pression, et je redoute le moment où je vais avoir à faire le point sur les entrées et les sorties d'ouvrages. Je redoute aussi le moment où la tension actuelle sera retombée : va-t-il décompenser, comme la dernière fois ? Comment va-t-il gérer l'arrivée de la remplaçante de Magali ?

Je prends donc le téléphone : j'ai 1/2 heure pour contacter les 4 candidats.

Pour la première : pas de réponse. Je passe à la seconde : pas de réponse non plus. Le troisième a un téléphone portable : c'est un bon point, mais pas de bol, il est sur messagerie. Heureusement, il a eu l'intelligence de mettre le numéro de téléphone fixe. Il a 20 ans, et il sort tout juste de l'IUT. Aucune expérience professionnelle, hormis les stages obligatoires. Bref, il est comme moi quand j'ai commencé à l'ISSM... Il a toutes ses chances ! Je lui donne rendez-vous à 14h15, lundi prochain. J'appelle la dernière : elle décroche tout de suite, mais semble perdue quand je lui propose un entretien téléphonique : elle ne sait visiblement pas de quoi je parle. Elle m'explique qu'elle a posé plusieurs candidatures, et me demande de lui redire qui on est... Ca commence bien ! Je m'exécute, et lui fixe rendez-vous à 14h45, lundi 29.

La suite est plus difficile : il me faut joindre les deux qui ne répondent pas. J'essaie de nouveau le téléphone de la première candidate. Je tombe sur sa mère, mais le téléphone bugge chez moi, et je dois raccrocher. Je recommence : messagerie. Je réitère, et je retrouve la maman, qui m'apprend que sa fille est à Mulhouse jusqu'au mardi 30. Pas de numéro de portable, pas de numéro de téléphone où la joindre sur son lieu de travail, où elle fait des vacations. J'opte pour le mail, en lui demandant de me confirmer sa présence le 29, et surtout de me donner un numéro de téléphone où on pourra la joindre...

La dernière est une jeune fille de 21 ans, qui a une musique de "Djeuns" sur son portable. Ca fait mal aux oreilles, et ça dure tout le temps que la mesagerie se mette en route... Bref, pour ne pas avoir à subir ça une nouvelle fois, je laisse finalement un message, à charge pour elle de me confirmer le rendez-vous de lundi... On verra bien ce que ça donnera !

17h27 : j'appelle Jean-Luc... Je lui apprends que je dois retourner à l'ISSM lundi, et qu'il devra garder BBK l'après-midi. Le problème, ce sont les vendanges ! Mais chouette, lundi, il ne vendangera pas... et il me dit qu'il est déjà à Sélestat, qu'il a pu aller chercher les enfants tout de suite après l'enterrement... et là, je reconnecte brusquement les neurones... Sa  Grand-mère est décédée lundi matin, et avec tout ça, j'ai totalement oublié l'enterrement, qui avait lieu à 14h30... J'avais prévenu que je pouvais pas y être, mais je pensais que j'aurais eu une petite pensée à cette heure-là... Seulement, dans le stress de la journée, ma tête s'est copieusement vidée de son contenu autre que professionnel... Il est de toute façon l'heure de rentrer, nous pourrons en parler à mon retour...

 

lundi 22 septembre 2008

Les 6 ans de Noémi

Tout petit message, pour vous indiquer que j'ai ajouté un nouveau lien dans la liste : vous trouverez, en cliquant dessus, les photos prises le 24 août, à la maison, lors de l'anniversaire de notre grande fille. Comme il y a beaucoup de photos, les télécharger ici était très long. Là, ça permet de les afficher toutes, sans que ça ne prenne toute la mémoire...

 

Les deux dernières ont été prises dans la nuit du 24 au 25 août : Noémi a fait du camping dans la salle de jeu : elle a absolument voulu dormir dans sa tente ! Nous avons été obligés de lui demander de réintégrer son lit et sa chambre à la fin du mois d'août... Elle aurait bien continué à camper...

Vacances alsaciennes... et animalières !

Je reprends maintenant un billet que j'avais commencé à rédiger le 20 août, soit il y a plus d'un mois. Entre temps, la rentrée a eu lieu, la création de l'entreprise aussi, et ouf, on peut reprendre une vie "normale" pour une période de vendanges.

 

Cette année, nous avions décidé de partir au mois d'août dans la région de Grenoble, chez Olivier et Caroline, mes cousins, qui ont deux enfants de l'âge de nos deux aînés, et que nous ne connaissons toujours pas (ou très peu). (Les enfants, parce que Olivier, mon cousin, je le connais quand même un peu...)

 

Donc, nous devions partir le 10 août.

Sauf que le 2, devant la fuite d'eau persistante des WC du rez-de-chaussée, Jean-Luc a racheté un mécanisme pour la chasse d'eau, et a essayé de le mettre en place. Oui, mais voilà : l'ancien propriétaire avait tellement mal fait les choses, qu'il a été impossible de démonter l'ancien système : le réservoir s'est littéralement cassé en deux quand Jean-Luc a voulu le démonter ! Il a râlé, pesté... et finalement est retourné au magasin de bricolage pour rendre le mécanisme de la chasse d'eau, et racheter un WC complet, avec une cuvette suspendue et un mécanisme à encastrer dans le mur.

Il est rentré, et a commencé à démonter entièrement le WC, pour pouvoir mettre l'autre en place (le but du jeu était de gagner quelques centimètres dans cet espace très étroit (les visiteurs de ce blog qui se sont déjà rendu au Gobolistan savent de quoi je parle)). Oui mais voilà : quand Jean-Luc a commencé à mettre en place le mécanisme, il s'est rendu compte qu'au lieu de gagner de la place, on en perdait : à moins de creuser le mur arrière sur toute sa hauteur jusqu'à la fenêtre, et sur une profondeur importante, il était impossible de mettre en place la nouvelle cuvette sans qu'elle n'arrive quasiment jusqu'à la porte... qu'il aurait donc été impossible de fermer avec quelqu'un dedans. Ce qui bien entendu n'est pas du tout imaginable : vous imaginez un tel endroit dont la porte ne ferme pas, en plein milieu de l'entrée de la maison ????

 

Bref, deux décisions ont été prises à ce moment-là :

- La première, ce fut de racheter un autre WC, et de garder celui-ci pour la salle de bains (un jour, nous referons aussi totalement cette pièce, qui commence à donner par certains côtés, de sérieux signes de fatigue) ;

- La deuxième, ce fut de ne pas partir en vacances cette année, et de consacrer les dix jours qu'on avait à faire les travaux dans les toilettes (indispensable) et à se ballader dans la région.

 

Le 7 août, donc, après quelques jours sans WC au rez-de-chaussée, nous sommes donc partis visiter... les magasins de bricolage de la région. En commençant par ceux de Sélestat : Bricomarché, Mr Bricolage... rien de probant, ou alors très cher. Parce qu'entre temps, le projet à évolué : comme l'ancien propriétaire avait tout fait à l'économie, et qu'il ne savait pas poser du papier peint, Jean-Luc a décidé de décoller tout le papier des toilettes, et d'enlever le carrelage au sol, puis de tout refaire proprement, histoire d'avoir un lieu correct.

Nous étions donc à la recherche, le 7 août, non seulement d'un WC complet, mais aussi de carrelage pour le sol et les murs.

Rien à Sélestat.

Direction Colmar, à 20 km, chez Castorama. Et là, chouette ! Un grand choix de carrelages, de WC, et tout le matériel pour poser tout ça. Une bonne partie du budget vacances est donc partie dans le matériel, mais au moins, Jean-Luc avait les munitions pour débuter les travaux.

La vie s'est organisée de la manière suivante : Travaux le matin, et ballades l'après-midi.

Le 8 août, vendredi, Jean-Luc s'est attaqué au sol : il fallait enlever l'ancien carrelage, cassé, et ça s'est avéré plus long que prévu. Tout n'était pas donc enlevé à midi. Mais ça n'a pas empêché la famille de mettre à exécution l'emploi du temps décidé la veille : travaux le matin, ballades l'après-midi. Et ce jour-là, vendredi, c'est jour de livraison de fruits et légumes bio, vers 15h30... Pas de quoi aller très loin, donc. J'ai suggéré qu'on reste à Sélestat, et qu'on aille visiter la Maison du Pain, que nous n'avions jamais eu le temps ni l'occasion de voir... Ce fut chose faite, même si les enfants étaient particulièrement excités (impossible de faire en sorte que Rébecca tienne en place une seconde, et bien entendu, dans ces cas-là, elle entraîne joyeusement son frère et sa soeur derrière elle...) Bref, une visite, trois colères et trois Bretzels plus tard, nous voici de retour à la maison, juste à temps pour accueillir le livreur de légumes et de fruits.

Le 9, samedi, Jean-Luc a commencé à nettoyer les murs et le sol, et a découvert l'emplacement de l'ancien WC, avant la rénovation du précédent propriétaire : en biais, pour profiter de la diagonale la plus longue. C'était aussi la solution que j'avais suggérée, mais qui s'était révélée impossible à réaliser à cause du nouveau tuyau d'évacuation, installé par le précédent propriétaire...

L'après-midi, je devais animer un mariage : pas question, donc, de partir. Jean-Luc a donc commencé les travaux, et il avait été convenu qu'il mettrait du crépi sur le haut du mur, ainsi qu'au plafond, qu'il mettrait du carrelage jusqu'à 1,50 mètre du sol. Dont acte. Première étape : le crépi. Ca lui a pris tout l'après-midi, parce qu'il a fallu aussi le temps que ça sèche...

Le soir, nous avions de la visite, il a donc dû arrêter prématurément le chantier, pour que la maison soit présentable...

 

Le 10, c'était dimanche. Et comme tous les dimanche, Jean-Luc ne travaille pas. Le chantier n'a donc pas avancé ce jour-là. En revanche, il faisait beau, et nous sommes allés nous promener. Pas très loin non plus : Jean-Luc avait entendu parler d'un jardin de papillons. Nous avons donc voulu savoir de quoi il retournait, surtout qu'il nous avait dit aussi qu'il y avait également des poissons...

15h30 : nous voici au Jardin des Papillons de Hunawihr, dans le bas du village. Et là, ça a très bien commencé : ballade dans un jardin très fleuri, puis sous une serre reproduisant les conditions climatiques des pays tropicaux (chaud et humide, quoi). Un enchantement pour les yeux : des centaines de papillons à portée de main, en liberté... ainsi que des caméléons, des grenouilles tropicales... mais pas de poissons.

Déçus de ne pas les avoir vus, nous sommes repartis, il était environ 17 heures. Et après avoir tourné dans le coin, nous avons réalisé que les poissons ne sont pas au même endroit que les papillons, mais juste à côté, au parc des Cigognes et des Loutres de Hunawihr (juste derrière en fait). Sauf que bien sûr, nous n'avions pas apporté de goûter pour les enfants, que nous n'avions qu'un peu d'eau, et que BBK n'avait pas fait de sieste. En plus, j'avais oublié l'appareil photo (sinon, il y en aurait sur le sujet des papillons !).

Bref, Jean-Luc et moi avons décidé de rentrer à Sélestat, en passant par les vignes : le frère de Jean-Luc, Vincent, avait appelé la veille pour dire qu'il y avait des chasselas précoces mûrs dans certaines parcelles. Le 10 août, du raisin  !

Direction Bergheim, donc, et là nous avons rencontré un ami de Jean-Luc, viticulteur également, avec ses trois enfants, qui venait vérifier l'état sanitaire de ses vignes, toutes proches de celles de Jean-Luc et Vincent.

Ils sont donc partis dans les parcelles entre copains, et ont discuté un moment. Quand ils sont revenus, ce fut pour nous apprendre qu'il n'y avait plus de chasselas : les oiseaux avaient tout mangé ! Jean-Luc a pu ramener deux grappes de muscat quasiment mûr également, et vraiment très bon ! Désaltérant, pas trop sucré... excellent !

 

Lundi 11 août : les travaux ont pu débuter vraiment : Jean-Luc a commencé à poser le carrelage, en commençant par les murs. Avant, il avait pu s'énerver un peu sur le tuyau de raccordement, trop court. Le samedi, il avait donc passé une partie de l'après-midi au magasin de bricolage pour trouer un tuyau souple permettant de raccorder le WC au tuyau d'évacuation existant. Pour se rendre compte qu'il était impossible d'installer le système sans creuser le mur, sous peine de ne pas pouvoir fermer la porte... Retour à la case départ. Avant mon départ pour le mariage, l'après-midi, il est donc retourné chercher un marteau-piqueur à Bergheim, histoire d'avoir le bon matériel : au burin et au marteau, il lui aurait fallu plusieurs jours...

Ce lundi 11 donc, le trou était fait, et il ne restait qu'à installer le WC. Le carrelage pouvait donc être posé. Compte-tenu de l'étroitesse de la pièce, il lui a fallu toute la matinée pour faire deux murs et commencer le troisième.

L'après-midi, nous avions besoin de nous aérer, nous somme donc repartis à Hunawihr, avec cette fois-ci suffisamment d'eau. Et nous sommes allés au parc des Cigognes et des Loutres, qui est en réalité un centre de réintroduction de ces animaux en voie de disparition dans une bonne partie de la France. Notez qu'avec le temps, je deviens moins bête : je n'ai pas oublié l'appareil photo !

 

Nid de cigognesP1010185Cigognes en libertéLes nouveaux-nés de 2008

 

Alors, bien sûr, au Parc des Cigognes et des Loutres de Hunawihr, il y a... des cigognes !

 

Mais il y a aussi... des loutres ! Si si ! La preuve en images :

 

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Alors je ne sais pas si vous avez déjà vu une loutre, mais je peux vous dire que ça nage bien, et très vite ! Pour avoir quelques photos correctes où on peut la deviner, vous n'imaginez pas le nombre de clichés que j'ai dû effacer... Heureusement que ce sont des photos numériques ! La loutre, elle, sait se faire désirer !

 

Toujours dans ce parc, il y a d'autres animaux tout aussi intéressants : des ragondins, des oiseaux d'eau, des poissons... Toute une faune plus ou moins aquatique plutôt rigolote.

Et surtout, il y a le spectacle ! A ne rater sous aucun prétexte. Parce que le spectacle, c'est un show fait par les animaux eux-mêmes : une démonstration de pêche. Au menu : la loutre, le cormoran, les manchots, l'otarie... que du beau monde pour assurer le spectacle. Nous avons même vu des ragondins, qui nous avaient échappé dans leur habitat "naturel" lors de la visite juste avant.

 

Et revoici quelques photos pour vous faire une idée :

 

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Alors j'ai bien essayé de prendre en photos la loutre, mais elle était tellement rapide, que cette opération s'est révélé être une mission totalement impossible. Donc, voici le résultat. Sur la première photo : c'est un ragondin (une bestiole qui nage très bien, et qui est une sorte de croisement entre un gros rat et un castor (sans la queue plate)). La deuxième photo rappelle que nous sommes dans le parc des Cigognes : l'une d'elles a assité au spectacle du haut de son perchoir, en faisant régulièrement des allers-retours au-dessus de nos têtes, au grand plaisir des enfants bien sûr. La troisième photo était une tentative pour vous montrer la loutre, mais finalement, on ne voit que le bassin... Sur la quatrième et la cinquième, vous pouvez admirer les manchots à l'ouvrage, et sur les deux dernières, nous avons pu bénéficier du "métier" de l'otarie, qui s'est mise à poser devant les spectateurs, en faisant tout le tour du bassin...

 

Au parc des Cigognes et des Loutres, il y a aussi... des aquariums ! Les fameux poissons que nous n'avions pas vus !

Donc, les voici :

 

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Et comme un parc animalier sans attractions pour enfants n'en est pas un, celui-ci n'a pas dérogé à la règle. Nous avons donc fait un détour par les toboggans et autres parcours de santé :

 

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Même BBK s'y est mise ! Et elle n'était pas la dernière...

 

Bref, tout ça, c'est bien, et on en a pris plein les mirettes...

 

Mais voilà, les vacances, ce n'était pas fini !

Le jour suivant, malheureusement, il a plu. Comme durant un certain nombre de jours du mois d'août par la suite. Donc, nous sommes restés à la maison. De toute façon, il fallait avancer les travaux.

Mais le jour suivant, il ne pleuvait plus ! Et nous avons pu continuer nos ballades alsaciennes. Cette fois-ci nous avions jeté notre dévolu sur la volerie des aigles. Un circuit que j'avais déjà eu l'occasion de faire quand j'étais petite fille, couplé à la montagne des singes, à Kintzheim. Là, nous avons décidé de faire les deux, mais pas le même jour (les enfants n'auraient pas suivi...).

Donc, nous avons commencé par les aigles. Et les enfants ont beaucoup apprécié ! Là aussi, un spectacle nous a permis de voir les rapaces en pleine action, certains volant au ras des têtes. J'ai même dû forcer Nathanaêl à se baisser : il aurait pu se faire "taper" par un faucon...

 

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Le lendemain, après la sieste de BBK, nous sommes repartis à Kintzheim, mais pour y voir les singes. Seulement, là encore, il faudra me croire sur parole : j'avais une fois de plus oublié l'appareil photo... Ceci dit, les enfants ont apprécié : les singes sont en liberté dans un parc immense, de plusieurs dizaines d'hectares, et on peut les approcher, moyennant quelques précautions. Seul un quart du parc est ouvert au public, histoire de préserver la qualité de vie des singes, puisque le parc a là encore une mission de protection et de réintroduction, avec des programmes réguliers de réintroduction des singes en Afrique du Nord.

Noémi a pu montrer qu'elle n'avait pas peur des singes : au bout de deux essais, elle a finalement réussi à donner au singe le pop-corn qu'on lui avait confié. Quant à Nathanaël, un peu plus impressionné, il m'a délégué cette tâche, en me montrant régulièrement un singe, à qui il destinait un morceau de pop-corn : "Tiens maman, tu peux lui donner ?" Il a donc testé "par procuration", et a beaucoup aimé ! BBK, de son côté, a voulu approcher un singe de très près, et celui-ci n'a pas du tout aimé l'intrusion. Il a donc foncé sur notre petite intrépide, et lui aurait vonlontiers griffé le visage si Jean-Luc n'était pas intervenu... BBK aurait-elle un tempérament d'aventurière ?

 

Les vacances ont petit à petit pris fin. Nous sommes encore allés à Bergheim voir la Grand-mère de Jean-Luc, ainsi que les grands-parents des enfants... quelques ballades en ville, et il a ensuite été temps de terminer les courses pour la rentrée. Les travaux ont pris fin, et nous avons maintenant un joli lieu au rez-de-chaussée... plus agréable qu'avant, en tout cas !

 

La suite, vous la connaissez...