mardi 23 décembre 2008

Problèmes d'éducation


Cela fait quelques temps que je ne décolère plus.

Si, c'est vrai.

 

Le 6 mai 2007 au soir, je savais bien que nous aurions dû décréter ce jour comme "Jour de deuil national".

Personne ne l'a fait, au contraire, certains en ont fait une vraie fête ! Et pourtant, il n'y avait pas de quoi se réjouir.

18 mois plus tard, on en voit les conséquences.

En particulier en matière d'éducation.

Parce que notre gouvernement actuel a décidé de ne pas remplacer un poste sur deux départs en retraite chez les fonctionnaires. Seulement voilà, d'un autre côté, le même gouvernement est bien conscient qu'on manque d'infirmiers, de maisons de retraites, et même de policiers, de CRS, de militaires en tout genre... Et pourtant, tout le monde sait bien que les caisses de l'Etat sont vides, vides, vides.

Donc, il y a là une équation à résoudre : économiser sur le budget de l'Etat tout en augmentant certains personnels, tout en augmentant aussi le budget de l'Armée, mais en baissant les impôts que sont censés payer ceux qui ont de l'argent (parce que ceux qui n'en ont pas ne payent déjà pas d'impôt sur le revenu : on ne peut donc pas diminuer les impôts pour les gens qui n'en payent pas, on va donc les diminuer chez ceux qui en payent, histoire de dire que les impôts ont diminué, puisque c'était une promesse, et chacun sait que les promesses, il faut les tenir. Oh rassurez-vous, les petites gens qui ne payent pas d'impôts contribuent quand même à la santé financière de la société, puisque l'Etat s'est gentiment délesté de ses obligations sociales au profit des départements et que donc, les impôts locaux ont augmenté ! Faut être juste : il faut bien quelqu'un pour payer le RMi !).

 

Bref, donc, l'Etat cherche à faire des économies. Alors oui, une solution consiste à diminuer le budget pour la culture. Ca déjà été fait, et y'a pas de raison d'en rester là, mais il faut des idées neuves, là ! Et quand on augmente le nombre de policiers, il faut bien diminuer le nombre de fonctionnaires dans d'autres corps de la fonction publique d'Etat. Et devinez quel corps de l'Etat est le plus gros pourvoyeur de personnel, qui plus est toujours en grève ? Les enseignants ! Si ! Mais la voilà, la solution ! Vite, un ministre, et une réforme !

Donc, notre gentil Xavier Darcos, qui a quitté depuis longtemps l'école maternelle, a décrété un jour que la maternelle ne servait à rien, puisque les instits, actuellement, sont payés en maternelle pour faire la garderie et changer des couches.

 

Monsieur Darcos, permettez-moi de m'inscrire en faux.

Pour le premier point, d'abord : Je viens de voir les oeuvres de Nathanaël à la fin du premier trimestre de sa deuxième année de maternelle (il a 4 ans depuis le 10 décembre) : Figurez-vous, Monsieur le Ministre, que mon petit garçon de quatre ans sait écrire sont prénom en lettres capitales ! Vous croyez réellement qu'il en serait capable si les instits ne faisaient que de la garderie, et si elles n’étaient là que pour changer des couches ? D’ailleurs, deuxième point, en passant : les enfants ne sont acceptés à l’école maternelle que s’ils sont propres… Donc, en théorie, pas de couches à changer. En réalité, pour nos enfants, les seules fois où il y a eu des changes, ça a été pour cause de chute, en particulier les jours où il pleuvait, et du coup, les vêtements étaient trempés. Pour Nathanaël, nous n’avons eu à déplorer qu’un seul accident lors de la sieste de l’après-midi, l’an dernier, en petite section. Exit donc, l'excuse des couches à changer.

 

Les enfants de maternelle apprennent beaucoup. Alors, bien sûr, à la fin de l’année, ils ne savent pas lire, écrire ou compter (quoique : Nathanaël, comme Noémi au même âge, sait déjà compter, et il sait en plus reconnaître les chiffres jusqu’à 5, puisqu’il nous dit que « Noël, c’est quand il y a le 2 à côté du 4 »).

 

Alors les suppressions de postes ? Elles vont se faire en deux fois au moins :

Dans un premier temps, nous avons entendu parler de la suppression de 3000 postes de RASED (Réseau d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté). Bon sang, mais pourquoi donc supprimer des postes destinés à aider les élèves en difficulté alors que justement, tout le monde s’accorde à dire que beaucoup d’élèves ont des problèmes en 6e, ne serait-ce que pour lire, écrire et compter ?

Parce que, voyez-vous, notre ministre a mis en place à la rentrée scolaire un nouveau système, destiné lui aussi à venir en aide aux enfants en difficulté : l’aide personnalisée. Et cette aide personnalisée est faite par les enseignants eux-mêmes, avec les trois heures du samedi matin qu’ils n’ont plus à faire, puisque l’école a été supprimée le samedi matin, pour les enfants de maternelle et de primaire. Bref, nous en sommes à la semaine de 4 jours, mais alors quels jours !

Jugez plutôt :

Un enfant qui n’est pas en difficulté, chez nous, entre à l’école le matin à 8 heures, jusqu’à 11h30. Puis il va déjeuner, et il reprend l’école à 13h30, jusqu’à 16 heures, en primaire (en maternelle, c’est 8h30-11h30 le matin, et 13h20-15h50 l’après-midi). Puis c’est l’heure de rentrer à la maison, puis les devoirs, s’il est en primaire, après le goûter.

Un élève en difficulté va se voir proposer une aide personnalisée (il faut bien justifier la paie des instits, tenus d’assurer les trois heures hebdomadaires libérées par la fin de l’école le samedi). C’est une proposition : les parents sont libres d’accepter ou de refuser. Oui mais voilà, il semblerait qu’en cas de refus, ce soit noté dans le livret scolaire de l'élève en question. En d’autres termes, si c’est vraiment le cas, refuser revient en fait à ce que, si l’enfant ne progresse pas, cela soit la faute des parents… Bref, il vaut mieux adhérer à la mesure, et de toute façon, quel est le parent normalement constitué, qui refuserait de mettre tout en œuvre pour que son enfant apprenne correctement à lire et à écrire, à compter ?

Donc, l’aide personnalisée est proposée. Et organisée. A Sélestat, cela donne ceci :

Le mardi et le jeudi soir, de 16h à 17h, les enfants qui ont été repérés et dont les parents ont accepté se rendent en petits groupes, formés en fonction des types de difficultés rencontrés, dans les salles de classes. En réalité, ça ne commence qu’à 16h15, pour laisser le temps à des enfants qui sont déjà restés assis toute l’après-midi de se défouler 5 minutes et de goûter avant d’attaquer le travail.

Oui, me direz-vous, mais cela ne fait que deux heures ! Ah oui, certes. Mais quand on enlève le ¼ d’heure du goûter, ça ne fait même qu’une heure et demie ! Et l’heure qui manque, alors ? Ben rien. Quand le système a été proposé sous cette forme, l’inspectrice d’académie a accepté, tellement les autres solutions étaient plus compliquées pour tout le monde, ou tout simplement impossibles :

-          faire commencer les journées par ½ heure de soutien de 8 heures à 8h30 ne réglait rien, et pénalisait tout le monde (on commence la journée tôt, en Alsace : beaucoup de parents sont au travail à 8 heures 30, ce qui est impossible pour les parents dont les enfants doivent aller à l’école à 8h30 s’ils n’ont pas besoin de soutien, sauf à organiser une prise en charge de type périscolaire de 8 heures à 8 heures 30, ce que la communauté de commune n’a pas les moyens de faire pour l’instant).

-          placer le soutien à 11 heures 30, jusqu’à midi, tous les jours (ça fait toujours deux heures). Oui, mais là encore, ça ne règle rien, puisque ça décale tout le monde au niveau de la cantine, puisque potentiellement, tous les élèves sont concernés, dans la mesure où il peut y en avoir dans toutes les classes. Cette solution obligerait à faire manger les enfants plus tard, donc à reprendre l’école plus tard, et donc à finir plus tard…

-          Mettre les heures de soutien le mercredi matin. Là, c’est l’inspection d’académie qui a refusé. Motif : cela obligerait à mettre les réunions avec les enseignants le mercredi après-midi, et donc à les faire revenir…

-          Le samedi ? Ben non. Parce que le texte de loi dit très clairement que les heures d’aide personnalisée doivent être placées dans la semaine, le samedi étant interdit (sinon, ça ne sert à rien de l’avoir libéré, remarquez, au passage, la grande logique de la chose), et le mercredi devant être évité.

 

Restait donc le soir, mais pas tous les jours, sinon ça fait des journées trop longues pour les enfants. Parce qu’il y a une autre donnée à prendre en compte : l’aide personnalisée n’est pas faite pour faire les devoirs ! Eh non ! Elle est faite uniquement pour permettre aux enseignants de revenir sur des notions qui n’ont pas été comprises par l’enfant. Les devoirs sont donc à faire après… Je vous laisse imaginer ce que ça implique pour des enfants de 6 ans au CP, qui ont déjà passé 6 heures assis sur une chaise à l’école, puis 1 heure supplémentaire en soutien, et qui, en rentrant, doivent encore se farcir les devoirs. Parce que le problème, c’est que justement, ce sont des enfants en difficulté. Et que donc, les devoirs, c’est tous les jours qu’il faut les faire, et que ça prend plus de temps que pour un enfant qui n’est pas en difficulté.

Ah oui, un détail : Pour l'instant, les retours des instits sont mitigés : pour la plupart d'entre eux, le système est contre-productif... Ca laisse rêveur, non ?

Au mieux, on finira par dégoûter très vite les enfants d'aller à l’école… Au moins comme ça, ils quitteront plus vite le système scolaire, et y'aura moins besoin de profs, puisqu'il y aura moins d'élèves ! (Dites, vous pensez que c'est ça, la vision à long terme du ministre ?)

 

Ah oui, dernière chose : les enfants de maternelle sont concernés également. Ben oui, leurs instits ont eux aussi vu leur emploi du temps allégé de trois heures !

Au fait : envoyer en soutien de 16h à 17h un enfant de trois ans qui ne va à l’école que le matin, puisque l’après-midi est consacré à la sieste, y compris à l’école, cela a-t-il un sens ?

 

Bref, j’en reviens aux RASED. Parce que selon le ministre, puisqu’il y a l’aide personnalisée, les RASED ne servent plus à rien ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! Les voilà, les économies de budget ! Supprimons les RASED !

Sauf, Monsieur le ministre, que toutes les personnes qui se sont un peu renseignées savent bien que le psychologue du RASED ne fait pas travailler les maths à un enfant qui a des troubles du comportement… Il va l’aider à régler ses troubles du comportement, et lui permettre d’être un élève comme les autres, tout simplement ! Les deux dispositifs sont donc complémentaires… et ne peuvent se substituer l’un à l’autre.

Bref, on a l’impression que le Ministre n’a pas vu une école depuis longtemps. Bon sang, et nous, on faisait comment, avant que ça existe, l’aide personnalisée ? On était nuls ? Brillants ?

 

Je vous laisse sur ces quelques réflexions, la suite pour un autre jour…

 

Ah non, dernière chose : La suppression des petite et moyenne section de maternelle.

Ben oui, puisque les maternelles, c’est de la garderie, et que les instits sont là pour changer les couches, supprimons les maternelles !

Quoi ? Ca n’arrange pas les parents ? Ah zut, les parents, ce sont des électeurs, et ça va râler dans les chaumières… Pas grave, on va créer des Jardins d’éveil pour remplacer les maternelles. Mais comme l’objectif est de supprimer des postes d’enseignants pour économiser sur le budget de l’éducation nationale, ça ne doit pas être pris sur des fonds de l’Etat. Autrement dit, ce sera organisé par les collectivités locales (de préférence), ou par des institutions privées (on ne sait pas encore), et ce sera payant ! Ben oui, où les organismes vont-ils trouver l’argent, sinon, à part en augmentant les impôts locaux ? Faut éviter ça, sinon, les parents, ils vont râler encore, à cause des impôts. Alors que là, ce ne sera pas obligatoire, et ceux qui ne pourront pas payer, ben ils n’auront qu’à se débrouiller autrement ! Après tout, l’école n’est obligatoire qu’à partir de 6 ans ! Et puis, les allocations pour la garde des enfants, c’est jusqu’à 3 ans, parce qu’entre 3 et 6 , c’est demi-tarif (faut pas exagérer non plus, puisqu’il y a l’éc… euh… le jardin d’éveil (payant) !

 

Bref, c’est un peu le serpent qui se mord la queue, c’t’histoire-là, ma pov’dame ! Mais bon, en tout cas, on va tester le système. Si, si, du côté de Lyon, à la rentrée 2009, en septembre, les enfants qui n’auront pas 3 ans n’auront pas le droit d’aller à l’école maternelle. Et en septembre 2010, les enfants qui n’auront pas 4 ans n’auront pas non plus le droit d’aller à l’école !

Concrètement, pour les enfants comme Rébecca, qui est née en décembre, si cette mesure était appliquée chez nous, elle resterait encore à la maison pendant deux ans… et n’entrerait à l’école qu’à presque 5 ans, en grande section, sans avoir eu la chance d'être en contact avec des enfants autres que son frère et sa soeur, donc sans avoir la moindre notion de ce qu’est la vie en collectivité, tout simplement parce qu’elle n’a jamais été gardée à l’extérieur de la maison, et que nous n’avons pas les moyens, surtout à partir de l’année prochaine, de faire la dépense supplémentaire du jardin d’éveil. Pour des raisons financières uniquement, donc, elle resterait à la maison, et débarquerait à l’école à 5 ans, et elle aurait tout à apprendre en même temps : faire connaissance avec les autres enfants, accepter de ne pas avoir un adulte pour elle toute seule, savoir se mettre en rang, tenir un crayon, aller aux toilettes avec les autres, se laver les mains avec les autres, sans compter tout ce qu’un enfant de 5 ans doit apprendre à l’école à cet âge-là : Noémi, l’an dernier, avait déjà appris les rudiments de la lecture, et commençait à déchiffrer les inscriptions sur les fromages et autres pots de yaourts au mois de mai 2008, alors qu’elle n’est entrée au CP qu’en septembre. Oui, mais cela n’est possible que parce qu’elle était au contact de l’écrit depuis 3 ans… Je plains les instits qui auront à mettre en place cette réforme, si jamais elle passe. Je plains surtout les enfants qui vont en faire les frais. Finalement, l’école maternelle à la française, c’est quand même l’une des seules institutions qui nous soit enviée partout ailleurs. Et c’est ça qu’ils veulent supprimer pour des raisons de financement ? Y’a qu’à arrêter de faire des cadeaux fiscaux aux gens qui ont les moyens de payer leurs impôts et faire payer les charges sociales à toutes les entreprises, et pour tous les emplois… On y arriverait peut-être un peu mieux, non ?

 

Allez, cette fois-ci, c’est la bonne, je vous souhaite quand même une belle nuit, et un très bon Noël !

 

C’était mon coup de gueule du jour : ça ne change rien au problème, mais ça va mieux en le disant !

 

L'arrivée du Père Noël

L'an dernier, à Douarnenez, nous avions vu le Père Noël à son arrivée en terre bretonne, sur un bâteau (ben oui, le plus facile, quand on vient en Bretagne, c'est de le faire par la mer...).

Ben cette année, le Père Noël viendra avec son traineau, ses rennes et sa hotte. Véridique, nous l'avons vu.

 

Tout a commencé samedi matin, dans les rues de Sélestat. Nous étions partis, Noémi, Nathanaël, Rébecca et moi, à l'école de musique, pour assister, sur l'invitation du professeur d'éveil musical de Noémi, au dernier cours de l'année. A 10 heures, donc, nous sommes sortis tous les quatre de l'école de musique, et sommes partis en direction du Square Ehm, où se trouve installé le marché de Noël. Parce qu'à côté du marché de Noël, il y a, le samedi matin pendant l'Avent, le marché tout court, la place où se tient le marché d'habitude étant réquisitionnée par le marché aux sapins. Pour y parvenir, il nous fallait passer par la place d'Armes, puis la place où se trouve la salle Ste Barbe. Et devant la salle Ste Barbe, surprise : un Tipi ! Un grand. Sur le coup, j'a cru que les Indiens d'Amérique avaient établi leurs quartiers au centre-ville. Ben non. Les envahisseurs étaient bien là, mais ils ne venaient pas du Nouveau Monde, mais de Laponie. Si, si ! Même qu'ils étaient bien jolis, avec leurs costumes bleu, or et rouge... On aurait dit de grands lutins colorés, mais pas dans les mêmes couleurs que les lutins qu'on voit d'habitude sur les illustrations de Noël. Ceux-là étaient plus beaux, plus grands, et rappelaient davantage les costumes russes d'avant la Révolution de 1917...

Ces "lutins", d'ailleurs, étaient accompagnés... des rennes du Père Noël ! Véridique ! D'ailleurs, pas moyen d'en douter : à côté de l'enclos où ils se trouvaient, il y avait aussi le traîneau du Père Noël !

Nous avons rencontré un des soigneurs des rennes, qui s'en occupe toute l'année : il nous a autorisés à les caresser, nous a expliqué que si l'un des deux n'avait pas ses bois, c'était tout simplement parce que les rennes mâles les perdent au début de l'hiver. Les bois du deuxième allaient donc tomber d'ici peu. Pour les femelles, c'est différents : elles gardent leurs bois en hiver, et les perdent au printemps, pendant la grossesse. Comme ça, entre-temps, les bois des mâles ont eu le temps de repousser, et ils peuvent défendre les femelles et les jeunes...

Noémi a beaucoup discuté avec le soigneur... Le rennes sans bois s'appelle Eclair et il a deux ans ! L'âge de BBK, quoi... Seulement, à deux ans, il pèse déjà plus de 150 kilos, et Rébecca n'était pas totalement rassurée... Elle a quand même voulu le carresser, et a trouvé ça très bien, tout doux !

Nous aurions pu passer notre chemin et aller au marché, comme prévu, acheter des bananes et des bretzels. Oui mais voilà, nous avons rencontré un autre soigneur, et celui-ci nous a fait une confidence : le Père Noël en personne devait arriver très vite pour vérifier que tout était en ordre un quart d'heure plus tard ! Du coup, nous sommes restés, et en avons profité pour discuter avec les soigneurs, mais aussi avec Antoine et sa maman, en partance également pour le marché, puis avec notre spécialiste des sapins de Noël, le Professeur Sapinus !

 

Il faut vous dire qu'à Sélestat, nous avons la fierté d'avoir à la Bibliothèque Humaniste un livre datant de 1521, où, pour la première fois, il est fait mention du Sapin de Noël. C'est en fait la première mention écrite connue de cet arbre. Du coup, à Sélestat, pendant l'Avent, on voit des sapins partout : il y a le circuit des Sept sapins géants, à l'Eglise St Georges, il y a également une exposition de sapins, décorés selon l'évolution des coutumes et des décorations : des pommes rouges, puis des pommes et des osties, puis pommes, osties et fleurs en papier, auxquelles sont venus s'ajouter les pains d'épices et autres bredalas (biscuits secs confectionnés pendant l'Avent). Au 19e siècle, les boules en verre ont commencé à remplacer les pommes, les bougies se sont rajoutées à la décoration, pour arriver à ce que nous connaissons aujourd'hui...Bref, le Professeur Sapinus est venu également planter un nouveau sapin, et il est toujours attentif à ce que les préparatifs de Noël se passent bien...

 

Un bon moment après, nous avons quand même pu voir le Père Noël ! Il est enfin arrivé ! Il a rencontré les enfants, les a fait monter dans son traîneau, et leur a dit d'être bien sages... Trois jours après, on voit ce que ça donne ! Il faut parfois intervenir manu militari pour les séparer... et pourtant, ils restent persuadés qu'ils sont sages... en toute bonne foi !

 

Nous verrons donc le 25 au matin ce qu'il y aura au pied du sapin. Cette année, faute de place, nous l'avons installé dans la nouvelle entrée de notre petite maison. Au moins, s'il le rate en passant par la cheminée, il le trouvera en sortant par la porte !

 

Allez, en attendant d'ouvrir les paquets, petits et grands, je vous souhaite de très belles fêtes de fin d'année !

 

Passez un bon et Saint Noël !

jeudi 4 décembre 2008

Première audition pour Noémie !

Ce soir était celui de la première audition de violoncelle de Noémie.

Celle-ci a été un peu bizarre, je vais de ce pas vous expliquer pourquoi.

En théorie, lors d'une audition d'élèves, on commence par les débutants, les moins avancés, et on termine par les plus "grands", les plus avancés dans la pratique de l'instrument, histoire d'une part de voir une progression tout le long du concert, et de ne pas être "déçu" par les prestations. Entre autres.

Seulement voilà, il y a des impondérables.

En l'occurence, ce soir, l'audition était prévue à 18h30. Et à 18h30, il manquait deux élèves, et la pianiste qui devait accompagner 4 d'entre eux. Après un petit moment d'attente, la prof de violoncelle s'est décidée à téléphoner, et finalement, elle a démarré l'audition, en commençant par Noémi (la seule vraie débutante de la bande).

Ensuite, elle a fait jouer Antoine, qui n'avait pas besoin d'accompagnatrice, et qui a joué une pièce de Haendel.

Puis, nous avons eu droit à deux morceaux de Saxophone soprano : deux pièces d'un compositeur contemporain italien dont j'ai oublié le nom. Anne, qui jouait, était en réalité d'un niveau professionnel, et prépare actuellement un concert avec Bénédicte (autre élève violoncelliste) et Anne-Catherine (la prof), qui aura lieu lundi. Nous avons donc entendu ensuite deux pièces au violoncelle, l'une d'un compositeur contemporain, américain, Crumb, et l'autre d'un compositeur du 18e, violoncelliste lui-même, qui n'a écrit que des sonates pour violoncelle. Cette dernière pièce était jouée par les deux violoncellistes (Bénédicte et Anne-Catherine).

Juste à la fin de cette pièce, l'accompagnatrice est arrivée, et le dernier élève attendu était lui, arrivé avec ses parents entre les deux pièces jouées par la saxophoniste.

L'audition a donc repris un cours "normal" après les professionnelles, puisque nous avons pu écouter un Menuet de Bach, joué par Alexis, puis une pièce de je ne sais plus qui, jouée par l'élève retardataire dont je n'ai pas compris le prénom, et enfin, Mathieu et Emma ont joué tous les deux la même pièce, ensemble (ou presque, ça dépendait parfois de leur dextérité pour parvenir à jouer "de concert" !), accompagnés par la pianiste d'une part, et Anne-Catherine (le professeur), qui jouait la deuxième partie, d'autre part.

 

Pour en revenir à la prestation de notre petite Gobolovna, qui a ouvert le bal, donc, tout s'est bien passé, à savoir que le morceau qu'elle a joué, c'était "Pomme de reinette et pomme d'api" (je ne vous ferai pas l'affront de vous demander si vous connaissez, ça fait quand même partie du répertoire enfantin. Et un certain nombre d'entre nous étant restés un peu enfants, quelque part, ça ne doit pas être si loin que ça pour beaucoup). En réalité, comme Noémi vient tout juste de commencer le violoncelle, elle sait pour l'instant à peu près tenir son archet (pas trop longtemps, pour l'instant...), d'une part, et d'autre part, elle connaît trois notes sur la corde de Ré, qu'elle joue en pizz (corde pincée, pour les non-initiés) : le ré (corde à vide), le mi (un doigt sur la corde) et le fa dièse (trois doigts sur la corde). Le souci, c'est qu'elle n'a pas encore compris que la place des doigts est importante, et pour l'instant, elle les pose un peu au hasard, sans se soucier le moins du monde de la justesse. Elle tombe souvent bien pour le fa dièse, et bien sûr, c'est sans problème pour le ré. Quant au mi, il est souvent trop haut, tout simplement parce qu'elle n'écarte pas assez les doigts pour qu'il soit juste.

Quant à mettre les doigts de la main gauche sur les cordes et tirer ou pousser l'archet avec la main droite en même temps, c'est un peu beaucoup, après deux mois de cours.
Elle a donc joué "Pomme de reinette et pomme d'api", ou plus exactement, elle a joué les basses, soit le ré et le sol (cordes à vide), et le but du jeu, c'était qu'elle marque les temps avec ses deux notes. Et c'est Anne-Catherine qui a joué la mélodie.

Gros, gros succès.

 

Demain, ou après-demain, je mettrai ici une photo (ou deux). Faut d'abord que je retrouve l'appareil. Mais cette fois, je ne l'ai pas oublié. Promis.

 

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Voici les photos tant attendues !

 


 

 

 


 

(la prochaine fois, il faudra penser aux barettes !)

 

samedi 29 novembre 2008

Voyage à Bruges Jour 1


Voyage en Belgique

 

Alors voilà, je prends enfin le temps de l’écrire, ce fameux récit de vacances en Belgique, avec Gobolovna, Hallberg, Le Grand Migrateur, Val et Pearl of Light.

 

« Qui ??? » me direz-vous ?

 

Ah oui, ça demande quelques explications.

 

Tout est parti d’une idée d’Emilie, alias Pearl of Light, sur le site internet mentionné dans les premiers billets de ce blog : partir en vacances entre Yokotsuniens.

Au printemps, donc, la demoiselle a envoyé un mail à plusieurs membres européens, et a proposé qu’on se rencontre à plusieurs pendant les vacances (un week-end, par exemple), comme ça avait déjà pu se faire deux ans avant, à Paris. L’idée, c’était d’aller ailleurs qu’à Paris, et de préférence dans une ville visitée par Yoko, dans la bd.

Le choix s’est vite porté sur la Belgique, et sur Bruges en particulier. Après quelques tergiversations (qui vient ? avec qui ? Petit ami ou pas ? etc.), il a été finalement décidé qu’on cherchait d’abord un hôtel, pas trop cher, pour ceux qui étaient quasiment sûrs de venir, et que ceux qui voudraient s’ajouter à la liste des partants pourraient toujours le faire… à condition qu’il reste des places.

Je me suis donc chargée de faire les recherches, et j’ai trouvé un charmant petit hôtel à quelques minutes à pied du centre-ville de Bruges, qui avait l’immense avantage d’avoir des chambres allant de deux à 6 personnes (les chambres de 6 étant en réalité de véritables petits appartements, avec 1 chambre de deux, une de trois personnes, et un salon avec canapé qui pouvait aussi faire chambre.

Après avoir fait la proposition aux six partants sûrs, Hallberg (Jean-Luc en réalité) s’est chargé de faire la réservation, pour la seule raison qu’il fallait donner un numéro de carte bancaire, et qu’il jugeait qu’entre les étudiants et la famille du Gobolistan, il était le seul, avec Taco (Le Grand Migrateur) à ne pas avoir trop de nécessité monétaire, et qu’il pouvait donc faire l’avance des frais pour tout le monde sans que ça ne grève trop son budget.

 

La suite a été simple à organiser : trouver un billet de train, se mettre d’accord sur les heures d’arrivée, etc.

 

Finalement, j’avais décidé, travail oblige, de ne pas partir avec mon cher Gobolof, mais avec Gobolovna. Pour deux raisons : la première, c’est que si je partais avec mon mari, la question de la garde des petits Goboloviens risquait de devenir épineuse, mes parents étant sur le point de partir au Canada à ce moment-là, et mes beaux-parents dans l’incapacité de prendre les trois enfants en charge pendant tout un week-end (pétage de plombs garanti !). L’autre raison, c’était que Gobolovna avait manifesté à plusieurs reprises le sentiment d’être abandonnée de sa maman, et que la maman en question se disait que passer un peu de temps avec sa fille pouvait être une bonne idée.

Après moult discussions avec le papa, la décision fut prise : départ de Gobol et Gobolovna le 11 juillet, par le train Intercity qui relie Bâle à Bruxelles, avec arrêt à Sélestat à 7h41 du matin.

 

Le 11 juillet, donc, nous voilà parties toutes les deux en train. L’arrivée était prévue à Bruxelles à 13h30 environ. Mais les chemins de fer européens étant ce qu’ils sont, nous avons commencé à Luxembourg par un petit détour, et aux environs de Namur par un grand détour, à cause d’un suicide sur la voie près de Bruxelles…

14 heures, donc, nous voici en gare de Bruxelles Centrum. L’objectif était d’y passer quelques heures (au centre-ville, pas à la gare !), et de reprendre un train vers 17 heures pour Bruges.

 

Après avoir pris la mauvaise sortie, puis le boulevard dans le mauvais sens, nous voici sur le bon chemin, en direction de la Grand’Place, où j’avais repéré un musée du Chocolat, l’Hôtel de Ville, ainsi que la Maison du Roi. De quoi occuper Noémi avant de retourner à la gare.

 

Voici quelques photos prises sur la Grand'Place, et oui, il y a des trucs affreux sur la photo : c'est pas ma faute : y'avait un concert qui faisait un barouf' du diable cette après-midi là...

Grand'Place1Grand'Place2Grand'Place3Grand'Place4Hôtel de Ville 1Hôtel de Ville 2Maison du Roi

 

Seulement voilà, le plan prêté par Pearl lors de notre dernière rencontre à Paris, en Juin, datait un peu. Si bien que nous avons pas mal tourné en rond sur la Grand’Place, avant de comprendre que le musée du chocolat avait déménagé à l’autre bout, dans une petite ruelle parallèle à celle où il était précédemment situé. Qu’à cela ne tienne : faire deux fois le tour de la place nous a permis de trouver la maison de Tintin (autre curiosité pas loin), d’y acheter les cadeaux d’anniversaire des neveux de Jean-Luc, qui fêtaient leurs 8 et 10 ans la semaine suivante, et de rencontrer des militants flamands, qui distribuaient des ballons de baudruche aux couleurs de leur patrie.

Après avoir trouvé un distributeur (j’étais en panne pour l’entrée du musée du chocolat), nous avons pu enfin visiter le fameux « Saint des Saints ». Et là, surprise : de belles rencontres, notamment celle d’une chocolatière amoureuse de l’Alsace et du bon vin !

Fort contentes de cette après-midi, nous sommes retournées sur la place d'Espagne, pour y goûter une gaufre. Eh oui ! Pas question de passer à Bruxelles sans goûter la spécialité du coin ! Et comme il était trop tôt pour les moules…

La fameuse Gaufre !Noémi Place d'Espagne

 

Bref, à 17 heures, après le goûter, nous voici de retour à la gare, pour y prendre un train en direction de Bruges. Après quelques détours, plantages, attente au guichet pour obtenir des renseignements compte tenu du manque d’affichage (le billet étant valable depuis Bruxelles Midi, pouvons-nous prendre le train à Bruxelles Centre ? Question ô combien épineuse !), nous voici sur le quai à attendre le train pour Oostende et Gand, qui s’arrête au bout d'un peu plus d'une heure, si mes souvenirs sont bons, à Bruges.

 

18 h 00 environ, donc, débarquement dans la petite gare de Bruges, et là, je me mets à paniquer un peu : j’ai bien le nom de l’hôtel et son adresse, mais pas moyen de savoir comment y aller… Qu’à cela ne tienne : ici nous sommes en Belgique, en Flandre, et même si la langue officielle est le Flamand, il y a fort à parier que les habitants causent au moins un peu français… Donc, je prends la valise dans une main, et la main de Noémi dans l’autre, et direction le centre-ville.

Et là, par je ne sais quel miracle, nous nous sommes retrouvées nez-à-nez avec Taco, le Grand Migrateur, parti à la gare chercher Hallberg (Jean-Luc, donc). Admirez le timing !

Taco, sachant que je partais le matin avec Gobolovna, était arrivé en éclaireur en début d’après-midi, et avait déjà repéré les lieux et pris ses quartiers à l’hôtel. Jean-Luc lui avait annoncé qu’il arriverait à 19 heures environ, il avait donc pris un peu d’avance.

Nous avons donc patienté un peu sur le parvis de la gare, et un peu après 19 heures, Jean-Luc a débarqué à son tour.

 

Du coup, nous sommes tous les quatre allés à l’hôtel, situé à une dizaine de minutes à pieds de la gare. L’appartement était spacieux, clair, situé au deuxième et dernier étage de l’hôtel. Petite cuisine équipée (avec de quoi faire du thé, surtout), télévision, salle de bains, deux chambres et salon : tout le confort, quoi !

A peine installés, nous sommes repartis : Valérie (Val) et Emilie devaient arriver à la gare vers 20 heures. Evidemment, nous sommes arrivés en retard… et sommes repartis une nouvelle fois à l’hôtel pour y déposer les valises de ces demoiselles. S’est ensuite posée la question du dîner : qu’allait-on bien pouvoir manger ? Direction le centre-ville, pour y trouver un petit restaurant. Evidemment, nous étions bien heureux de nous voir, et nous avions déjà, depuis nos arrivées respectives, pris l’option de bien délirer ensemble, les délires des premiers arrivés s’ajoutant à ceux des suivants. L’arrivée au restaurant, à plus de 21h30, ne passa donc pas inaperçue, et nous avons passé plus de temps à prendre des photos qu’à manger…

 

Toute l'équipe enfin arrivée à l'hôtel BonoboVal et PearlHal et Le Grand MigrateurHalRe-HalLes deux LGM (dur, les photos de nuits !) 

Après un repas tout à fait honorable malgré l’heure tardive, nous sommes retournés à l’hôtel, fourbus, mais très heureux de la journée…

 

La suite de nos aventures un autre jour !

dimanche 23 novembre 2008

Sécurité sanitaire au Gobolistan


Nouveau billet à propos des enfants, version « sécurité sanitaire » cette fois-ci.

 

La semaine dernière, nous avons connu un épisode épidémique inédit depuis de longs, très longs mois. En réalité, depuis le mois d’avril, où nous avions subi une attaque rangée de varicelle, nous n’avions pas connu un tel encombrement de médicaments. Et pour tout dire, la dernière fois, en avril, donc, c’était quand même plus simple : ils avaient tous les même chose, et il suffisait donc d’appliquer la même recette pour tout le monde… Oui, mais voilà, les choses ne peuvent pas toujours être aussi simples, ce ne serait sans doute pas assez drôle…

 

Vendredi 14 novembre, donc, je me suis rendue avec Noémi, Nathanaël et Rébecca chez le bon Docteur Firer, notre médecin de famille. Et la première question qu’il m’a posée, après la traditionnelle heure d’attente, a été pour savoir qui des 4 était malade. Et là, j’ai bien rigolé, et je lui ai dit qu’en réalité, je venais pour une consultation globale, et lui ai demandé s’il faisait un tarif de groupe. Parce que nous étions tous les 4 malades. Eh oui, mais remarquez que quelque part, c’est mieux comme ça, au moins je ne fais qu’une seule fois la queue dans la salle d’attente. Si on était malades à tour de rôle, il faudrait y aller au minimum 3 fois…

 

Bref, il a commencé par Nathanaël. Nez, gorge, oreilles, pesée, taille… « Ben c’est costaud : trachéite et bronchite ! » (Bon, la bronchite, ça va, je connais, c’est comme au mois d’octobre, je sais gérer. La trachéite, ça faisait longtemps, mais bon…).

Au tour de Noémi. Observation attentive des mêmes zones, pesée, taille… « Ah, là, c’est pas pareil : j’vous mets une angine et une bronchite ! » (Ben oui, c’est pas drôle s’ils ont tous la même chose ! Faut bien un peu d’originalité !)

A BBK maintenant. Taille et poids, et puis ensuite, bras de fer : la petite ne veut pas se laisser faire, et refuse catégoriquement de montrer sa gorge et ses oreilles ! Il faut se mettre à deux pour la maîtriser, et le verdict tombe enfin : « Double ottite moyenne ! A droite et à gauche ! » (Ah ben ça ! Quand je pense que je venais pour un contrôle, pour elle… Je ne savais pas qu’elle était malade ! Elle a l’air en pleine forme, pourtant !).

A qui le tour ?

A moi.

« Dites, les enfants, votre maman, c’est un rouge-gorge ! Si, si ! Pour vous, ce sera une angine, et une ottite également ! »

(ben zut, je me serais donc trompée dans mon pronostic ? J’aurais juré qu’il s’agissait d’une bronchite aussi !)

 

Retour à la maison après un détour par la pharmacie, et début du traitement dès le soir :

Pour Nathanaël : expectorant, paracétamol, « pschitt » dans le nez, et antibiotique.

Pour Noémi : sirop contre la fièvre, expectorant, comprimé d’antibiotique.

Pour BBK : « pschitt » dans le nez et les oreilles, antibiotique, cortisone.

Pour Gobol : traitement « light » parce que peu de temps pour le prendre (merci, docteur, de penser à moi !) : cortisone le matin, antibiotique matin et soir.

 

Bilan des courses : après 2 jours de traitement, soit le dimanche soir, les troupes du Gobolistan vont mieux.

Ah non… le Général en chef donne des signes inquiétants de fatigue…

« Mon chéri, soigne toi, je t’en prie ! Sinon, on va tous retomber malades ! »

 

Mercredi, fin du traitement pour tous, et ouf, Gobolof va mieux aussi. Parce que non, je ne reviendrai pas chez le médecin avec tout le monde la semaine prochaine ! Oui, je reviens chez le médecin lundi (demain…), mais c’est pour faire le bilan qu’on n’a pas pu faire pour BBK. Rien de plus. Le bilan, d’ailleurs, est obligatoire : elle aura deux ans dans deux semaines, il est temps de s’en occuper !

 

Vive l’automne, au Gobolistan !

 

On ne m’y reprendra plus : à partir de maintenant, c’est cure d’oligo-éléments pour moi, et tentative de cure de probiotiques pour les enfants ! J’espère qu’ils accepteront, les premiers signes indiquent que ce n’est pas si évident que ça… Paraît que le comprimé à croquer n'a pas bon goût ! En plus, il faudrait que ce soit bon ? Mais les médicaments, ce ne sont pas des bonbons, que diable !

 

Allez zou, finalement, tout est rentré dans l'ordre, et nous voici prêts à reprendre une activité normale !

 

 

______________

 

 

24 novembre.

Eh bien non. Il semble que reprendre une activité normale ne soit pas au programme !

Aujourd'hui, lundi, les enfants sont comme d'habitude allés à l'école. Et pourtant, Nathanaël avait bien tenté de rester à la maison : "Maman, j'ai mal au cou !", nous a-t-il dit ce matin, après avoir passé une demi-heure devant la télé, et nous avoir dit qu'il n'avait pas envie d'aller à l'école. Seulement voilà, Nath, on le connaît : il est soit malade, et dans ce cas-là, il comate sur le canapé, comme dimanche soir, soit en pleine forme, et il va à l'école. Donc, pas de raison de rester à la maison : tout le monde va en classe !

Sauf que pour une fois, Gobolovitch avait raison : à 9 heures du matin, la maîtresse a appelé Jean-Luc pour le prévenir qu'il avait vomi ! Chouette ! Le problème, c'est que Jean-Luc était à Bergheim avec BBK, parce que de mon côté, j'étais chez la sage-femme... Ensuite, je devais aller faire les courses (il faut bien remplir le frigo de temps en temps), et comme je ne suis pas non plus dans une forme olympique, je ne suis rentrée qu'à 11h40 du matin, et n'ai eu le message qu'à midi moins 5 petites minutes... A midi 10, donc, Nathanaël était de retour à la maison, il avait mangé une tranche de pain et et un peu de yaourt à la cantine, et semblait en pleine forme...

15h30, donc, je me rends chez le médecin pour le bilan des deux ans de BBK. Et là, je lui dis "Oui, je sais, docteur, je ne devais venir qu'avec BBK, mais voyez-vous, ils m'ont rendu Nath à l'école ce matin, il paraît qu'il est malade... Un truc du genre gastro..."

Pour la petite histoire, dès que le docteur a ouvert la porte, Nathanaël et BBK se sont précipités dehors. Et dès que BBK a reconnu le médecin, elle a fait demi-tour et est retournée en salle d'attente, signifiant par là qu'elle avait très bien compris ce qu'on venait faire là ! 

Un examen, et un bras de fer avec BBK plus tard, les doutes sont confirmés : Nath a la gastro, et BBK est guérie et en pleine forme. Re-détour par la pharmacie, et Nathanaël, tout content, prend son goûter en me demandant "le sirop à la banane !"

Eh oui... apparemment, il aime autant les médicaments que BBK les déteste...

Fête des Lanternes


Je viens vous parler un peu des enfants. Et plus exactement de la fête de la Saint Martin, le 11 novembre. A Sélestat, cette fête est célébrée le vendredi précédent le 11 novembre, soit le 7 cette année, et est organisée conjointement par la Mairie de la ville et l’association Schlettstadter Sterickle, association de parents d’élèves bilingues de la ville de Sélestat.

 

Alors, me direz-vous, qu’est-ce donc que la St Martin ???

 

Parce que c’est bien gentil, tout ça, mais la St Martin, on n’en a jamais entendu parler, et elle n’est célébrée nulle part ! Eh bien, en réalité, la St Martin est au départ une fête allemande, et c’est une célébration du partage. Alors quel rapport entre St Martin et le partage ?

 

Peut-être connaissez-vous St Martin de Tours ? C’était un soldat romain, au Moyen-âge. Une nuit, en songe, il a vu le Christ, nu, dans le froid. Plus tard, en ville, il a croisé un mendiant, qui avait faim et froid. Il a partagé son manteau en deux, et en a donné la moitié au mendiant.

 

Cette fête a lieu chaque année à Sélestat, et permet aux enfants plusieurs activités à l’école, dont la confection de lanternes. Les enfants partent en cortège de l’une des places du centre-ville, et se rendent avec leurs lanternes, après un circuit dans tout le centre historique, à une autre place. Là, des bénévoles racontent l’histoire, et la saynète est jouée avec le mendiant, repoussé et hué par les enfants. St Martin arrive ensuite à cheval, déchire son manteau et en donne la moitié au mendiant, qui n’a plus froid. La soirée se termine par une distribution de pain à tous les participants. Cette année, l’association avait rajouté la vente de vin chaud, fort apprécié d’ailleurs ! Les enfants sont tous contents, en général, avec leurs lanternes. Partie de quelques-uns, cette fête s’étend désormais à toute la ville, et tous les enfants des écoles de Sélestat participent, en confectionnant leurs propres lanternes (jusqu’au CE1-CE2, après, ils sont un peu trop grands, ça ne les intéresse plus beaucoup…). Pour les petits Goboloviens, cette fête est aussi l’occasion d’apprendre et de chanter des chansons allemandes, et nous avons maintenant notre « Tube » de l’automne :

 

Laterne, Laterne,

Sonne, Mond und Sterne

Brenne auf mein Licht

Brenne auf mein Licht

Aber nur meine Liebe Laterne nicht

 

(toutes mes excuses aux germanophones qui lisent ces lignes : j’avoue ne pas être certaine de l’orthographe des paroles de cette jolie chanson…).

 

C’est bien dommage : une fois de plus, j’avais oublié l’appareil photo… En revanche, les enfants ont comme tous les ans fait la « une » de la presse locale…

 

 

Toutefois, voici quelques photos prises la veille du défilé, à la maison :

 


 

La grande lanterne, c'est celle de Noémie, la lanterne en forme de citrouille (c'était Halloween la semaine précédente...), celle de Nathanaël. L'an prochain, il y en aura trois !

 

jeudi 20 novembre 2008

Noémi et le violoncelle


Alors voilà, ça fait un petit moment que je ne vous ai plus parlé des enfants. Et pourtant, des choses à dire, il y en aurait !

 

Le titre de ce billet est explicite (ou alors, je suis devenue idiote, ce qui pourrait bien se faire un jour, et pourtant, j'espère bien que Dieu m'en préservera !) : Noémi, depuis la rentrée, fait du violoncelle.

Alors vous me direz : « Où donc a-t-elle été pêcher une idée pareille ? »

La réponse est simple : au cours d'éveil musical, l'an dernier.

Depuis le printemps, Noémi nous disait régulièrement qu'elle voulait faire du violoncelle et de la flûte traversière quand elle serait au CP.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas bien, y'a de l'hérédité là-dedans. Si je me souviens bien, quand j'étais petite (j'avais alors environ 5 ans, peut-être un peu plus), ma maman travaillait le violoncelle à la maison. Eh oui ! Et nous étions là, Hélène et moi (Hélène, ma petite soeur de quasiment pile un an de moins), autour de maman, à regarder cette grosse bête d'où sortait un son somme toute plutôt agréable, grave, soutenu. Et puis, mon papa, lui, faisait de la flûte traversière, à la même époque. Il a même continué bien plus longtemps que maman, qui, elle, s'est arrêtée, peut-être faute de temps (mais il faudrait le lui demander...). Qu'à cela ne tienne, ma deuxième petite soeur, Elisabeth (un an de moins qu'Hélène : vous savez, celle qui s'est mariée au mois de mai ?), quand elle en a eu marre de jouer seule du piano, a décidé de faire du violoncelle en plus pour pouvoir jouer avec d'autres, dans un orchestre. Elle a donc récupéré celui de maman, qui entre temps était allé à un de mes cousins, qui avait commencé à en jouer après que maman a arrêté. Et finalement, aujourd'hui, le violoncelle, si je ne m'abuse, se trouve à Brest, dans l'appartement de Zabeth et Sylvain.

 

Toujours est-il qu'étant moi-même violoniste (pas pro, non, mais j'en ai quand même fait pendant près de 15 ans), je me suis dit que le mieux pour commencer, c'était de passer d'abord par le plus difficile (non, je ne suis pas sadique !), à savoir le violoncelle. Pourquoi ? Tout simplement parce que le violoncelle va lui permettre, mieux que la flûte, je pense, de développer son oreille musicale qui ne demande que ça. A la flûte, c'est autre chose qu'on développe : la respiration, en particulier. En revanche, les instruments à cordes ont cela de commun, et de difficile, que la note n'est pas déjà « faite », il faut la chercher, la créer, en quelque sorte, et c'est un long apprentissage avant d'en avoir la maîtrise. Comme Noémi n'était pas capable de se décider, j'ai un peu forcé les choses, et ai choisi pour elle.

 

Eh bien, figurez-vous que ça lui plaît !

La petite a donc eu son premier cours à la mi-septembre, deux semaines après la rentrée. Le premier cours a été épique : il n'y avait tout simplement pas de violoncelle à sa taille. Parce qu'à 6 ans, un « vrai » violoncelle, c'est bien trop grand, bien trop gros, bien trop lourd, et l'archet est impossible à ternir pour les petites mains d'une enfant de cet âge. Donc, sa prof a commencé par aller au secrétariat lui chercher le seul et unique violoncelle en location de l'école de musique : un demi (les violoncelles, comme les violons, les altos, existent en plusieurs tailles : 1/8e, 1/4, 1/2, 3/4, entier. Il en existe même des plus petits, je crois, mais c'est assez peu fréquent). Même le demi était trop grand !

Pour la première semaine, nous avons fait avec, parce qu'il n'y avait rien à faire d'autre : il fallait attendre que le violoncelle soit prêt chez le luthier à Strasbourg, et la prof se chargeait de le ramener à Sélestat. Ce qui fut fait la semaine suivante, et Noémi a pris possession de son nouvel instrument.

Les cours durent une demi-heure maximum, mais c'est largement suffisant pour Noémi : elle a encore du mal à se concentrer assez longtemps. Il faut donc varier les activités, et 30 minutes de violoncelle, c'est déjà pas mal !

Alors c’est sûr, pour l’instant, Noémi n’est pas très « productive » : la dernière fois, sa prof m’a dit en rigolant que la langue marchait bien, qu’elle était bavarde ! Son professeur de solfège m’a fait la même remarque la semaine précédente : Noémi est un tantinet dissipée en classe, et joue beaucoup. Du coup, j’ai dû sévir et interdire les porte-clefs sur la trousse, histoire de ne pas favoriser les égarements et les « décrochages ». Mais quelque part, ça me réjouit aussi : il semble aujourd’hui que Noémi commence à jouer, ce qui est assez inédit chez elle et méritait d’être souligné. Peu importe quelle forme prend le jeu chez elle : le principal, c’est qu’elle y prenne goût ! Après tout, elle n’a que 6 ans, et bien le temps de se prendre la tête avec des questions graves… Tant qu’à faire, autant profiter de l’âge qu’on a, et faire ce qu’il faut, au moment où il le faut… (et fin de la parenthèse).

 

Pour les cours, ça va. La prof semble très contente, et trouve les progrès constants, même si la petite n'est pas très régulière question travail. Hier, Noémi est sortie de son cours toute fière, une partition dans les mains (la première !), avec un morceau à jouer, en première position, en pizzicatti (corde pincée, et non frottée avec l'archet comme on le ferait habituellement), tout simplement parce qu'elle ne sait pas encore tenir assez bien l'archet pour pouvoir jouer des notes variées en même temps : c'est trop difficile ! Bref, la consigne pour la semaine : travailler l'archet sur les cordes « à vide » (c'est-à-dire sans chercher à faire des notes avec les doigts de la main gauche), uniquement au talon (apprendre à allonger l'archet, ça viendra plus tard, il faut d'abord maîtriser la prise en main de l'outil !). Et le morceau, Noémi doit le jouer en « pizz », note à note, pour apprendre le placement correct des doigts de la main gauche.

 

A la sortie du cours, j'ai eu la surprise d'entendre la prof me dire qu'il y aurait une audition le 4 décembre (jour des 2 ans de BBK !), et que Noémi jouerait !

 

Je vous en dirai sans doute plus d'ici deux semaines...