Nous nous étions couchés bien tard, le dimanche soir. Le lundi matin, donc, nous avons émergé un peu tard aussi. Mais comme je voulais profiter du temps qu'il nous restait pour repartir à la recherche de la maison d'Ernst Schiffers, nous avons "décollé" vers 9 heures, direction la partie de la ville dans laquelle nous n'étions pas allés : le nord-est. Seulement voilà : il nous fallait d'abord trouver pour nos amis et les parents de Jean-Luc un petit cadeau. Hors de question de retourner en Alsace chercher les enfants sans ramener à ceux qui nous les avaient gardés si gentiment un souvenir...
Depuis deux jours, nous tombions sans arrêt sur des magasins vantant les "Schneeballen", ces pâtisseries fabriquées uniquement à Rothenburg (paraît-il). Dès le premier jour, nous y avions goûté en allant à la boulangerie, et ma foi, ce n'est pas mauvais, loin de là. Seulement, que choisir ? Après avoir fait le tour des magasins, nous nous sommes rendus compte que le moins cher semblait être la boulangerie où nous les avions goûtés, justement. Seulement, comme nous n'avions rien goûté d'autre, il était difficile de nous faire une opinion. Le mieux était donc de demander à Birgit ce qu'elle ne pensait.
Elle nous a conseillé d'éviter les gros magasins (tous ceux que nous avions vu, en fait),e t d'aller dans une boulangerie (celle où nous étions allés le premier jour était parfaite), d'une part, et d'autre part de ne pas prendre les "enrobés" comme nous les avions appelés, mais les schneeballen au sucre (glace ou roux), qui sont les originaux.
La boulangerie étant tout près de la pension, nous sommes allés là d'abord, pour la trouver fermée... Mais le boucher à côté nous a précisé qu'elle allait ouvrir d'ici peu, c'est-à-dire vers 10 heures. Oui mais voilà, nous avions encore pas mal de choses à faire, et perdre bêtement une heure nous ennuyait sérieusement. Donc, nous sommes remontés un peu vers la marktplatz pour y trouver un autre boulanger. Après avoir goûté, décision fut prise d'investir chez eux (tant pis pour les autres, ils n'avaient qu'à ouvrir plus tôt), et nous voilà repartis à la conquête de Rothenburg, nos Schneeballen sous le bras.
Le quartier Nord-est est tout aussi joli que le reste, cela va sans dire. Simplement, nos pérégrinations nous avaient emmenés là uniquement par les remparts. Le but du jeu était de repartir de la Rödertor et de remonter jusqu'à la Schrannenplatz, à la recherche de la maison d'Ernst Schiffers (le long des remparts, mais pas "sur" les remparts, donc !). Déception : pas de maison ressemblant de près ou de loin à celle de la bd. Et pas de plan non plus, donc (on peut toujours rêver, hein !). Pourtant, après avoir vu les remparts sud la veille, il n'y avait pas d'autre endroit possible : la hauteur des remparts est bien plus importante au nord et à l'est qu'au sud : forcément, au sud, la ville donne directement sur un escarpement abrupt et sur la vallée de la Tauber. Pas besoin donc de hautes murailles pour protéger la ville : la nature l'avait déjà très bien fait ! En revanche, au nord et à l'Est, la ville continue sur un plateau, les murs sont donc bien plus hauts.
Mais peu importe. Si Roger est très précis dans son dessin, je savais qu'il invente aussi certains lieux (comme la maison de Madame Pohlen, ou le Kampong, par exemple, pour des raisons diplomatiques, parfois, ou pour que ça "colle" mieux à l'intrigue).
En retournant dans la ville depuis la Galgentor, nous sommes tombés par hasard sur une nouvelle librairie, ouverte, celle-là. Et comme d'habitude, je sors la bd, je la montre au libraire en lui demandant si par hasard, il connait, et s'il peut m'indiquer où se trouve la maison en question. Il me dit qu'il ne connait pas la maison elle-même (et pourtant, il connaît parfaitement Rothenburg, et me dit que ce doit être une maison qui donne sur la Schrannenplatz, étant donné la hauteur des remparts, ou bien du côté de Mülhacker. Je le détrompe, en lui disant que nous n'avons rien trouvé dans ces deux endroits, et il me dit qu'il ne peut en dire plus, sauf que peut-être ça n'existe pas... Je lui demande alors s'il a la version allemande de la bd, et il me montre ... l'intégrale !
Banco ! J'achète, donc, parce que là, pour le coup, j'en ai trois en une ! Plus le cahier de croquis et d'explications... Bon, d'accord, c'est en Allemand (bien entendu, puisque c'est ce que je cherchais), et qui plus est j'ai déjà la même en français, mais quand on aime...
Retour dans la rue, j'ai décidé de laisser tomber la recherche de la maison d'Ernst Schiffers : nous avons fait deux fois le tour des remparts, en passant dans les remparts, et au pied des remparts, dans les deux sens. Impossible que nous l'ayions ratée... Elle n'existe donc pas. Du coup, à force de me concentrer sur les remparts, j'en ai oublié que nous n'avions pas vu une partie du centre-ville, et pas la moindre.
Je repris donc mon appareil photo et commençais à tout mitrailler.
Voici le résultat :
(La photo du mur a été prise en face de la maison du Docteur Schultz, et je l'ai prise non pas à cause du mur, qui finalement n'est qu'un mur, mais à cause de l'échelle : ce qu'on ne voit pas sur la photo, c'est qu'elle est faite d'un blog... Il y en avait deux sur le mur...)
Voici d'ailleurs la maison du Docteur, dans la bd. Et figurez-vous que... C'est celle d'un docteur. D'un centre de soins, pour être exacte. Marrant, non ?
Bon d'accord, ce n'est pas le médecin de famille des Pohlen, mais bon...
Notre périple touchait à sa fin. Nous avions un peu plus de 3 heures de route avant d'arriver à Sélestat, une heure supplémentaire pour aller chez nos amis récupérer les enfants, et nous ne voulions pas arriver trop tard quand même.
Nous avons donc fait une dernière halte sur la Marktplatz, histoire de prendre une dernière part de Forêt Noire pour Jean-Luc, et un dernier chocolat chaud pour moi (dans le même salon de thé, que la veille, donc). Seulement voilà, de Forêt Noire, il n'y avait plus, et le petit déjeuner n'étant pas loin, le chocolat chaud ne me disait pas grand-chose. Une part d'autre chose pour Jean-Luc et un bon thé pour moi firent l'affaire avant que nous ne levions l'ancre définitivement et ne quittions Rothenburg...
Au moment de partir, nous avons fait le tour de la ville en sortant par la Rödertor et en contournant l'enceinte par la droite. En arrivant à la Kobolzeller Tor, nous avons pris le chemin qui descend dans la vallée et passé le pont sur la Tauber. Les lecteurs yokophiles comprendront...
Après avoir admiré la vue, nous sommes repartis, cette fois-ci en direction de l'Alsace, des souvenirs pleins l'appareil photo, et des rêves pleins la tête...
