Le mois de mars a été l'occasion pour moi d'approfondir mes recherches à propos du Taï Chi Chuan. Les lecteurs de ce blog sont aussi destinataires de notre lettre annuelle, et savent donc que depuis trois ans, j'ai commencé à suivre l'enseignement d'un maître de Taï Chi. Il est français, d'origine bretonne, et passionné par son art. Il se rend régulièrement au Japon pour y poursuivre son propre apprentissage et en revient tous les ans plus passionné encore.
Depuis quelques temps (depuis le mois de janvier en fait), je me posais un certain nombre de questions à propos de ces histoires d'énergie qui circulent. Le professeur nous disait que nous sentirions au bout de quelques années de pratique cette énergie venir dans les mains. En ce qui me concerne, je vivais au début les cours de Taï Chi comme une occasion d'avoir deux heures dans la semaine rien que pour moi, et de coupler ces deux heures avec une activité sportive qui me permettait du même coup d'être un peu plus à l'aise avec mon corps et en plus d'être plus sereine à la maison. Une sorte de relaxation, de gym douce.
Le Taï Chi est tout ça, mais pas que.
En discutant avec une de mes amies du groupe de prière, après la préparation de la dernière veillée, il y a un peu plus d'une semaine, j'ai pris conscience que ces questions que je me posais à propos du Taï Chi n'étaient peut-être pas sans fondement. Elle m'a conseillé d'aller voir sur le site du Père Verlinde, un prêtre, ancien gourou de Méditation Transcendentale. Il a touché à un peu tout : les philosophies orientales, la MT, l'occultisme, il a rencontré Dieu, a pensé allier sa foi et son passé asiatique (il a vécu un certain nombre d'années en Inde)... avant de comprendre qu'il avait touché à des forces très puissantes, et que tout cela n'est pas compatible avec la foi chrétienne. Pire : un certain nombre de pratiques traditionnelles d'origine asiatiques (en particulier les arts martiaux internes tels le Taï Chi qui n'est autre qu'une sorte de Yoga chinois, une méditation), font entrer en jeu les Chakras, qu'il a identifiés comme étant des portes vers les forces occultes.
Et oui, je suis en train de vous parler là de magie noire, de démons, de pouvoirs paranormaux. Et j'en frémis rien que d'y penser. Parce que je ne me suis rendu compte de rien. J'ai été totalement aveuglée par le bien-être que je ressentais. Finalement, je ne me suis posé des questions que parce qu'une amie m'a demandé si il n'y avait pas opposition entre la philosophie sous-jacente dans le Taï Chi et la foi catholique. Cette question, même si je l'ai réfutée tout d'abord, m'a tourné dans la tête jusqu'à cette rencontre de mercredi de la semaine dernière, où les choses se sont mises en place.
Vous connaissez tous mes croyances, ma foi en Christ. Vous savez quel est mon attachement à Dieu. Vous savez aussi que je crois profondément en l'action de l'Esprit Saint dans nos vies, et que je crois aussi en l'existence du Diable. Non, le Diable n'est pas une personnification de nos mauvais penchants. En tout cas pas uniquement. Le Diable est un être mauvais qui ne veut qu'une seule chose : nous éloigner de Dieu, nous gagner à sa cause. Et il avait essayé plusieurs fois avec moi, en tentant de jouer sur la séduction. Il a failli réussir, mais j'ai fini par comprendre et ça s'est bien terminé cette fois-ci.
Là, c'était beaucoup plus insidieux, très pervers. Sous couvert d'une activité sportive douce, respectueuse du corps et de ses blessures, du rythme de chacun, le Taï Chi ouvre les chakras, c'est-à-dire ces portes vers les puissances occultes, vers le Démon. Et en faisant circuler ces énergies "vitales", la personne acquiert progressivement des connaissances, une capacité à percevoir les choses par le toucher, éventuellement en ayant la capacité par la suite de sonder la personnalité des autres en face d'elle quand tous les chakras sont ouverts (il y a au total 7 chakras, donc 7 "portes").
J'ai donc fait des recherches. Parce que je n'y croyais pas une seule seconde. Ce n'était même pas envisageable pour moi que le Taï Chi soit mauvais et conduise à de telles pratiques. J'ai donc farfouillé sur le
site du Père Verlinde, ce fameux prêtre, considéré comme le spécialiste en France de ces questions (en ce qui concerne l'église catholique, bien sûr). Et j'y ai trouvé matière à réflexion, c'est le moins qu'on puisse dire.
Je vous laisse y fouiller à votre tour : il y a de tout, décrypté avec le regard et la sagesse de l'Église, depuis les philosophies orientales jusqu'au Da Vinci Code, en passant par le New-Age, la Méditation transcendantale, le Magistère de l'Église catholique, un dictionnaire et un forum parlant aussi bien des films de Myazaki que des dangers du Chi Qong (pratique liée à celle du Taï Chi qui permet de préparer le pratiquant à une meilleure circulation des énergies). Ce site devrait être connu de tous les croyants qui souhaitent faire la part des choses entre l'affabulation et la réalité, entre l'exagération, la diabolisation et les mythes.
Vous l'aurez compris, le Taï Chi, c'est terminé. Parce que j'avais déjà passé la première étape : après le bien-être et la sérénité qui sont le premier résultat d'une pratique régulière du Taï Chi, et qui poussent à continuer (parce qu'on se sent bien, plus calme, plus posé, plus serein et que ça se répercute positivement sur la famille et l'entourage), vient le moment où on se détache, on s'éloigne tant de Dieu que de la famille justement. Parce que l'un des effets du Taï Chi est de dissocier le corps et l'esprit pour parvenir à l'état d'éveil (recherché notamment dans la tradition bouddhiste, l'Éveil est le but des réincarnations successives que subit l'homme dans cette croyance). Les proches s'en rendent compte mais ne le lient pas au Taï Chi au début. Et quand ils comprennent que ça vient de là, le pratiquant, lui, ne veut plus le voir. J'ai donc eu de la chance (je pense que c'est mieux que de la chance en ce qui me concerne : Dieu ne me lâche pas, il m'accompagne au quotidien sans jamais me brusquer, mais sans me perdre), parce que grâce à ces personnes qui m'ont posé des questions judicieuses au bon moment et à l'accompagnement dont je bénéficie, j'ai pu comprendre où j'avais mis les pieds.
Je sais que certains lecteurs de ce blog vont me prendre pour une dingue, une fois de plus. Mais tant pis : dingue ou pas, je sais qu'il y a des forces avec lesquelles il ne faut pas jouer. Et là où le Malin est très fort, c'est que justement, il a caché sa puissance dans des mythes auxquels les gens comme vous et moi n'accordent pas de crédit, en tout cas pas dans nos civilisations cartésiennes occidentales. Et comme ça "n'existe pas", la magie, les démons, et tout ça, pourquoi en avoir peur ? Oui mais voilà : ces forces sont bien réelles. Et cela, que l'on soit croyant ou non, c'est une réalité.
Mais tout cela m'interroge sur un point : si l'existence du Diable est bien réelle mais cachée aux yeux de tous sous la forme de mythes et de légendes, c'est peut-être aussi parce que le Diable n'a pas besoin d'attirer à lui ceux qui lui sont déjà acquis. Pourquoi se révéler et faire peur à ceux qui ne croient pas en Dieu ?
"Celui qui n'est pas avec moi est contre moi." Cette phrase vient directement des Évangiles de Matthieu 12 : 30 et de Luc 11 : 23.
Sachant ce que je sais maintenant, je ne peux qu'y voir une exhortation à choisir le Christ pour ne pas être, de fait, du côté du Démon. Et je me devais de le dire ici au moins.