mercredi 31 octobre 2007

Anges...

Je vous parlais l'autre jour d'anges en nouilles.

Oui, ce n'est pas une blague. Avec les parents d'élèves, nous avions décidé de fabriquer des anges en pâtes alimentaires, à accrocher dans le sapin de Noël. Le but de la manoeuvre, c'est de les faire avant le 15 décembre, pour pouvoir les vendre à la fête de Noël de l'école maternelle des enfants. Les fonds recueillis permettront d'alléger la facture de la classe verte des grandes sections au mois d'avril.

 

Donc, avant de vous parler des anges, quelques mots sur notre organisation sans faille :

Nous avons décidé de bricoler entre mamans le mardi soir. Donc, tous les mardi soir du premier trimestre sont consacrés aux réunions PEEP, que ce soit pour préparer le conseil d'école, ou pour bricoler des cartes de voeux ou des anges en nouilles.

Mardi dernier, donc, je me présente comme prévu chez Isabelle avec ma caisse remplie de matériel (nouilles, pistolet à colle, peinture, pinceaux de tailles diverses, petits pots-godets à peinture, plateau, papier journal pour ne pas tacher la table, fil de laiton pour les suspensions, etc.).
Et là, je sonne, et je tombe sur Pierre (le mari d'Isabelle). Immédiatement (mais j'avais déjà comme un pressentiment avant même d'arriver), je vois à la tête de Pierre que quelque chose ne va pas.

"Je viens pour les anges en nouilles. Mais ce n'est pas ce soir, c'est ça ?"

"Euh, non, je ne crois pas, Isabelle est chez Cathy, mais elles ne font pas des anges en nouilles, elles essaient des bijoux"

(Bon sang, c'est vrai ! L'autre activité des parents d'élèves, ce sont les ventes à domicile : réunions tupperware, ventes de bijoux en sont les principales).

Pour plus de sûreté, Pierre téléphone chez Cathy, qui lui passe Isabelle, qu'il me passe, et on s'arrange toutes les deux, on s'explique tranquillement : Ce n'est pas grave, je suis coutumière du fait de toute façon.

Rendez-vous est donc pris pour la semaine suivante (hier, donc), et Isabelle s'en veut que je me sois trompée... Mais non, Isabelle, tu sais, c'est pas grave, parce que comme ça, je vais pouvoir passer une petite soirée tranquille avec mon mari, ce qui est aussi une bonne façon de passer un mardi soir !

 

Mardi suivant, je reprends ma caisse, complétée avec les têtes des anges que j'ai trouvées au magasin de bricolage de la galerie marchande de l'Intermarché de Sélestat (à nous deux, Isabelle et moi, nous avons dû faire tous les magasins de bricolage de Sélestat et une partie de ceux de Colmar pour y trouver ces fameuses boules de cellulose un peu plus grandes que les boules de cotillon...), et d'une aiguille à laine, pour percer lesdites têtes, et j'arrive à 20h00 pétantes chez Isabelle.

Et là, déjà deux autres mamans. Trois autres arriveront par la suite, soit sept personnes en train de peindre en blanc les nouilles (gros cylindres pour les corps, farfalles-papillons pour les ailes, petits macaronis pour les bras). Les techniques des unes et des autres sont variées, mais non moins efficaces. Pendant ce temps-là, je prépare les 35 têtes en cellulose : percer la boule avec l'aiguille en la traversant de part en part, introduire un fil de laiton, entortiller le fil pour qu'il ne bouge plus.

Avec un pinceau fin et de la gouache noire, peindre les yeux, le nez et la bouche sur chaque tête.

Avec un pistolet à colle, fixer chaque tête sur un corps, ajouter les ailes et les bras une fois la peinture sèche.

Pour les cheveux, c'est un peu plus compliqué. L'idéal, c'est la colle Uhu tous matériaux, en gel. Appliquer sur la tête aux endroits où on veut mettre des cheveux, et déposer doucement sur la colle des petites nouilles en formes de boules minuscules (modèle "Perles").

Après en avoir réalisé un complet, les autres ont décidé qu'il valait mieux ne pas peindre en blanc les cheveux : nous avons donc de petits anges blonds...

 

Dans l'idéal, il faut ensuite vernir les anges. Pour aller plus vite, deux mamans se sont chargées de cette tâche, d'abord ceux que Martine, Cathy et moi avions fini, avec les cheveux, donc, puis les autres. Seulement, vernir un ange, c'est plus rapide que lui coller des cheveux, surtout avec un pistolet à colle, pas du tout adapté à ce travail dans la mesure où la colle du pistolet à colle sèche bien plus vite que le gel Uhu à froid. Pour qu'un ange ait des cheveux décents - et non pas un début de calvitie -, il faut donc y aller lentement, en appliquant de petites surfaces de colle, puis des perles-cheveux, et encore de la colle, des perles, etc. jusqu'à ce que toute la tête soit "perruquée". Du coup, comme il fallait faire sécher les anges vernis, Pierre (toujours le mari d'Isabelle), les a enfilés sur des brochettes et les a fait sécher au-dessus du poêle en faïence de leur salon. Si bien que quand tous les anges (les 35) ont été vernis et mis à sécher, on s'est rendu compte qu'il y en avait une bonne dizaine qui étaient chauves !

Donc, il va falloir qu'on recommence dans quelques jours, c'est à dire que j'y retourne pour finir les 11 anges chauves, et ajouter des cheveux à ceux qui en auront perdu en cours de route.

 

Le gros avantage des anges en nouilles, c'est que c'est très répétitif (peindre, percer, fixer, coller...), et que donc, ça ne demande qu'un peu de concentration au début. Nous avons donc pu nous livrer à l'une de nos autres activités favorites : Parler !!

Cette fois-ci, la discussion a tourné autour de nos enfants (comme d'habitude), côté "amours enfantines" (celles dont je vous parlais dans un précédent billet).

Donc, aux dernières nouvelles, Quentin est amoureux de Noémi (pas Gobolovna, mais la jeune femme qui s'occupe des enfants à la garderie le soir), et il veut avoir deux enfants avec elle. Il a d'autre part décrété que Paul, qui a renoncé à l'amour suite à sa rupture avec Noémi (Gobolovna, cette fois), devait être très triste.

Quant à Noémi, elle a décidé que puisque Paul ne voulait plus se marier avec elle, elle allait épouser Louis (Milétic, pas Weiss). Ca tombe bien, Charlotte, sa maman, était avec nous hier soir. On va donc entamer des relations suivies entre futures belles-familles, histoire de voir si les fiançailles peuvent être officialisées...

 

L'autre activité annexe des parents d'élèves : manger et boire ! Si ! Donc, hier soir, Isabelle avait fait un crumble raté (elle avait oublié le beurre dans la pate), et il était quand même très bon, et Aurélie avait fait de petits gâteaux marbrés au chocolat. Au menu également : jus de pommes, jus de raisin, eau (indispensable, en fait...).
Bref, une belle et bonne soirée, productive et sympatique, tout ce qui fait la réussite de ce type de soirées bricolages entre prarents d'élèves...

Lib..., ég..., frat... ????

Petit florilège de nouvelles entendues aux infos ce matin au réveil :

 

Le mois de novembre verra une nouvelle grève dans les transports, suite au succès de celle du 18 octobre. Elle sera sans doute reconductible.

Les agents de la SNCF manifestent contre le projet de réforme de leur régime de retraite, le gouvernement les a laissés sur leur faim : si le projet passe, ils devront cotiser 40 ans.

 

Chouette alors. Je dois aller à Paris la semaine prochaine, justement ! C'est formidable, ça. Vous savez quoi ? Les agents de la SNCF ont décidément un sixième sens, qui leur dit exactement quand faire la grève, pour que ça tombe pile poil les jours où je suis censée y être, que ce soit pour des raisons personnelles ou professionnelles (ça, ils s'en fichent, le principal étant de pourrir la vie des autres, sinon, à quoi bon faire grève, si ça n'a pas d'impact ?). Donc, faire grève, oui, mais à condition que ça enquiquine sérieusement quelqu'un, sinon, ce n'est même pas drôle. Ne croyez pas que je me sente visée personnellement. Non. Mais je me mets dans la peau du Parisien Lambda qui doit subir ça tous les jours (parce que d'après Denise, des grèves à Paris, il y en a tous les jours, quand ce ne sont pas les agents de la SNCF ou de la RATP, ce sont les éboueurs, ou les électriciens, ou les facteurs, ou les motos-crottes, ou...). Il se trouve que je ne suis pas une parisienne Lambda, je dois juste y aller pour une formation d'une semaine. Vais-je pouvoir y aller ?

Et puis, d'abord, pourquoi ils râlent encore, ceux de la SNCF et de la RATP ? Parce qu'ils vont devoir travailler 40 ans ! 40 ans ! Vous vous rendez compte ? Mais c'est inimaginable, 40 ans ! et pourquoi pas 41 ou 42 pendant qu'on y est ?

Ces messieurs de la RATP et de la SNCF se rendent-ils compte qu'ils sont des privilégiés ???? Que dans le privé, ça fait déjà belle lurette qu'on doit travailler 40 ans. Et qu'en plus, avec leurs réformes des retraites, c'est sûrement 42 ans qu'on devra travailler... voir plus, si j'ai bien compris. Et parti comme c'est, quand j'arriverai à l'âge de la retraite (dans au mieux 30 ans, si j'ai bien compté), ben la retraite, elle n'existera plus de toute façon...

 

L'Elysée a triplé son budget ! Et la rémunération du président de la République a doublé. Le texte a été voté dans l'urgence, et la rémunération du Président de la République est revalorisée à 19.000 euros (et des poussières, j'étais tellement éberluée par le montant que je n'ai pas retenu les petits chiffres, faut m'excuser, je n'ai jamais été comptable) par mois pour s'aligner sur celle du Premier Ministre .

 

19.000 euros.

Ben il en a des dépenses, notre bon Président ! Tant qu'il est obligé de demander une rallonge ? J'y suis ! Il paie à Cécilia la pension alimentaire pour le petit dernier (les filles, ce sont celles de feu Jacques Martin, il n'est donc pas légalement obligé d'assumer leur éducation, et puis de toutes façons, elles sont grandes maintenant, mais le petit dernier, oui, c'est son fils, et tout président qu'il est, Nicolas est bien obligé d'assumer ses obligations paternelles).

La question que je me pose, c'est une question très naïve : Mais que va-t-il bien pouvoir faire de 19.000 euros par mois ? Parce que voyez-vous, à l'Elysée, il est nourri, logé, blanchi (au propre comme au figuré), et ça, ce sont justement des frais qui font partie de ce budget Elyséen collossal, puisque ce sont les frais de représentation (on voit mal un Président de la République Française logé dans un taudis, habillé de haillons, sans rien à manger, et sans personne pour le servir, vous me comprenez bien).
Or, que font les gens avec leur salaire, habituellement ? Ils se logent, ils paient leurs factures, ils mangent, ils s'habillent, ils achètent ce qu'il faut à leurs enfants pour l'école, par exemple, en plus des vêtements, consoles de jeux, télévision, dévédés, portable, etc.

Oui mais pour notre bien-aimé président, tout ça, c'est déjà dans les frais de fonctionnement liés à la fonction elle-même. Alors pourquoi a-t-il besoin de 19.000 euros par mois, sachant qu'au départ, il n'était pas pauvre, même avant de devenir président ?

Réponse : Il ECONOMISE ! Il prépare la fin de son mandat : Dans cinq ans, aux prochaines élections, il sera sans doute éjecté du pouvoir, et remplacé par quelqu'un d'autre. En fait, il se prépare son parachute doré personnel : parce que si on fait le calcul, 19.000 euros sur douze mois, ça fait : 228.000 euros par an. Il est arrivé il y a 5 mois, pendant lesquels il était payé deux fois moins (19.000/2=9.500 euros par mois quand même), sur 5 mois : 9.500*5=47.500 euros de mai à octobre, +19.000*7=133.000, soit 180.500 euros la première année, puis 228.000 euros par an pendant quatre ans. Soit au total : 180.500+(228.000*4)=1.092.500 d'euros à la fin du mandat présidentiel.

 

Alors oui, on est loin des parachutes dorés que notre président dénonçait dans sa campagne présidentielle. Il n'en reste pas moins que je trouve cela plutôt honteux, venant du chef de l'Etat qui nous dit que nous devons travailler plus pour gagner plus, et qui s'octroit comme ça, une rémunération (de l'argent de poche, en fait) exhorbitante. Il est au service des Français, non ?
Comment ça, naïve ?

 

Bref, ce matin, donc, j'ai pas mal réfléchi à ces questions de liberté, d'égalité et de fraternité. Rien que sur ces deux exemples, notre devise nationale est bien mise à mal :

 

La liberté, oui, mais où est-elle ? Si je veux travailler plus pour gagner plus, je dois faire cette formation à Paris. Or je risque de ne pas pouvoir la faire, parce que des agents de la SNCF et de la RATP ont décidé de faire la grève pour défendre leurs privilèges. Et du coup, leur droit de grève entrave mon droit au travail et ma liberté de mouvement.

 

L'égalité ? Ces mêmes agents de la SNCF et de la RATP font grève pour défendre des droits qui sont loin d'être ceux de tout le monde. Personnellement, je ne sais pas si j'aurai un jour un droit à la retraite. Qui peut prévoir ce qui se passera dans 30 ans ? Et si tout le monde réagit comme ils le font, c'est certain que la retraite n'existera plus... Parce que c'est mathématique, plus il y a de gens à la retraite, et plus ceux qui travaillent doivent payer pour les retraités. Ca fonctionne tant qu'il y a plus d'actifs que de retraités, et plus de temps de travail que de temps de retraite. Mais tout le monde sait bien que ça ne durera pas, et qu'on est plutôt en train d'inverser la manoeuvre, avec plus de retraités que d'actifs, et un temps de retraite qui s'allonge considérablement.

De plus, nous sommes dans un pays où même en ce qui concerne le droit de grève, nous ne sommes pas égaux. Parce que si je décidais de faire la grève, ben je ne serais tout simplement pas payée. Alors qu'eux, ils sont quand même payés. Si. La preuve, une fois, ils ont fait grève pour obtenir le paiement des jours de grève au-delà du quota annuel...

 

La fraternité, enfin... Un bien joli mot, qui sonne comme une injure parfois, quand on réalise que loin d'être des frères, nous finissons par être des ennemis : personnellement, si je voyais aujourd'hui un agent de la SNCF ou de la RATP gréviste, j'aurais très envie de lui envoyer mon poing dans la figure. Et pourtant, j'ai toujours été plutôt conciliante, essayant de comprendre le point de vue de l'autre avant de me faire une opinion, essayant de me mettre à sa place... Mais là, trop c'est trop.


Finalement, on est revenus à l'Ancien Régime, celui des castes, des privilèges, des Nobles et du Tiers-Etat...

Faudra-t-il décapiter encore quelqu'un pour voir le monde tourner dans le bon sens, ou au moins voir le bon sens revenir en ce bas monde ?

 

Heureusement, il nous reste la Foi. Cette foi qui nous dit de nous mettre au service des plus pauvres, cette foi qui a renversé, et continue de mettre toutes nos valeurs humaines à l'envers, et qui nous dit que les premiers seront les derniers, les derniers seront les premiers. Je ne prétends pas avoir compris tout ce que nous dit aujourd'hui encore cet Evangile. Je ne prétends pas non plus être sur le bon chemin. Ce que je viens d'écrire, d'ailleurs, me montre que j'ai encore beaucoup de chemin à faire : ai-je vraiment tous les éléments, toutes les cartes en main pour juger de ce que font mes semblables ? Est-ce que je connais tout le régime des retraites actuel, et la réforme proposée par notre actuel gouvernement, pour dire ici qui a tort, et qui a raison ? Ai-je même seulement le droit de les juger ???

Est-ce que je ne suis pas égoïste aussi quand ces grèves me font doucement rigoler quand je n'ai pas à me déplacer, et hurler quand je dois aller en formation à Paris ? Tant que les problèmes des autres ne me touchent pas, tant que leurs combats ne dérangent pas ma petite vie tranquille, ils peuvent faire ce qu'ils veulent, c'est ça ?

 

Voilà, je vous livre ici ces réflexions, loin de notre petite famille. Ce matin, en commençant l'écriture de ce billet, j'étais très énervée. Maintenant, je suis apaisée, calme.
On dit parfois que l'écriture est thérapeutique.

samedi 27 octobre 2007

Amours enfantines

Depuis la petite section de maternelle, notre Noémie avait un amoureux. Paul.

Le jour où Paul est venu à la maison pour la première fois, il n'était même pas descendu de la voiture qu'il me disait : "Tu sais, quand je serai grand, je me marierai avec Noémie". Voilà, j'étais prévenue, Noémie avait 3 ans et un prétendant.

Un jour, Noémie m'a demandé quand elle pourrait se marier avec Paul. Je lui ai dit qu'il faudrait patienter un peu, parce qu'en France, on n'a pas le droit de se marier avant 18 ans (Paul et Noémie ayant le même âge, même si la limite d'âge pour les filles est encore (pour combien de temps ?) inférieure à celle des garçons, il faudrait quand même qu'ils attendent 18 ans). Et que donc, ils avaient encore le temps de réfléchir avant de se décider.

 

Un peu plus tard, j'en ai quand même discuté avec la maman de Paul, Isabelle. Et elle m'a dit aussi que Paul parlait beaucoup de Noémie quand il était chez lui. Impossible de ne pas inviter Paul à l'anniversaire de Noémie, impossible de ne pas inviter Noémie à l'anniversaire de Paul. Et pas question d'attendre l'anniversaire : ces deux petits amoureux avaient déjà tout planifié : Noémie avait décidé qu'ils habiteraient un château, et tous les deux étaient d'accord pour avoir trois enfants. La seule chose qui leur posait problème, c'était le prénom du troisième. Parce que pour les deux aînés, c'était déjà tout vu : Le garçon, ce serait Paul, la fille, ce serait Noémie. Pour le troisième, Paul voulait l'appeler Isabelle (comme sa maman, qui a alors dit à Paul qu'ils pouvaient l'appeler Isabelle-Amélie, histoire qu'il n'y ait pas de jalousie côté grand-mères), et Noémie voulait l'appeler Taco (LGM, si tu lis ceci, tu verras à quel point ta "petite soeur" pense à toi). Mais bon, de toute façon, ils avaient le temps d'y penser : encore 14 ans à attendre avant de pouvoir se marier...

 

Et puis, cette année, c'est la grande section. Et là, catastrophe, pour des raisons obscures, la classe a été coupée en deux, et nos deux petits amoureux ne sont plus ensemble...

Un jour que Noémie était une fois de plus chez Paul, j'étais venue la chercher, et en partant, elle a dit "Moi je ne veux plus aller chez Paul !" C'était net et définitif. Elle était renfrognée, avec son air buté, rien à en tirer. J'ai d'abord pensé à de la méchanceté gratuite. Et puis, je me suis demandé s'il ne s'était pas passé quelque chose pendant la journée... Je l'ai interrogée en l'attachant dans la voiture, et là, elle s'est subitement mise à pleurer : "Paul, il ne veut plus se marier avec moi !" Ca y est, c'était dit, les fiançailles étaient rompues... et ma fille en larmes... Les chagrins d'amour, même chez les plus petits (5 ans, et pas encore 1,20 m de haut), c'est toujours très difficile... Et Noémie, elle est comme ça : quand elle est triste, elle devient agressive...

 

Quelques jours plus tard, Noémie m'en a reparlé (Paul et elle sont au même cours de musique), et quand je lui ai demandé si Paul était toujours son copain, elle m'a dit que non, qu'il ne voulait plus être son copain (ouh là, c'est grave, donc ! la rupture est vraiment consommée !), mais elle n'avait pas l'air si affectée que ça. Et elle m'a confié après que puisque Paul ne voulait pas se marier avec elle, eh bien, elle se marierait avec Louis ! (Ca tombe bien, des Louis, il y en a deux, et je connais bien leurs mamans, toutes les deux très gentilles, tout comme la maman de Paul). C'est qu'il va falloir qu'on organise des rencontres entre futures belles-familles potentielles, histoire de simplifier les choses...

 

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Notre aînée, donc, est en pleine recherche du Prince Charmant (mon Dieu, que ça commence tôt...!!!).

Quant à notre deuxième, il est pour l'instant très discret sur sa vie affective. Mais Elisa l'est beaucoup moins.

Elisa, je l'ai rencontrée pour la première fois il y a environ un an, lors des préparations à la naissance. Non, ce n'est pas une maman. Mais sa maman a accouché d'une petite Anne-Lise le jour des deux ans de Nathanaël, soit 6 jours après la naissance de notre Rébecca. Et sa grande soeur Elisa est dans la même classe que Nathanaël. Et elle a dit à sa maman qu'elle aimait beaucoup Nathanaël. Quand ils rentrent en classe après la récréation, elle veut lui donner la main... Mignon, hein ?

Donc, connaissant les sentiments d'Elisa pour Nathanaël, j'ai profité du retour du cahier de vie, un week-end, pour regarder les photos des enfants de la classe avec notre petit bonhomme. Et je lui ai demandé de nommer les enfants. En arrivant à Elisa, je lui ai demandé : "Et la petite fille ? Tu sais comment elle s'appelle ?" Il m'a fait signe que non, mais quand j'ai commencé à dire la première syllabe du prénom ("E..."), il a répondu illico, avec un sourire jusqu'aux oreilles : "Elisa !" J'ai alors voulu en savoir un peu plus, et je lui ai demandé si Elisa était sa copine. Et toujours avec le grand sourire : "Oui..."

 

Mignon comme il est, elles vont toutes tomber sous le charme, j'vous l'dis, moi ! En tout cas, entre Noémi qui en est à son deuxième fiancé, et Nathanaël qui est joyeusement en train de faire craquer toutes les filles (parce que le cas d'Elisa n'est pas unique, loin s'en faut, en réalité, c'est à croire qu'il connaît toutes les filles de l'école, et qu'elles sont toutes ses copines...), je crois que nous ne sommes pas au bout de nos surprises...

 

Ceci dit, si les chagrins d'amour sont si difficiles à 5 ans, la camaraderie reprend vite le dessus à cet âge-là. Mais finalement, que sait-on de ce que vivent vraiment nos petits bouts ? Ca reste leur jardin secret...

mercredi 24 octobre 2007

Poux Wars Episode III : Le retour des Poux

Donc, à la rentrée, plus un poux ne venait gratouiller la tête de Noémi (ni la mienne, d'ailleurs !). Nous en avions joyeusement conclu que cet épisode douloureux était derrière nous, et juré qu'on ne nous y prendrait plus.

Les deux première semaines de classe, forte de mes belles résolutions, c'était passage de peigne obligé dans les cheveux de Noémi, de Nathanaël, et accessoirement des miens aussi (faut pas pousser, s'ils ont pu venir une fois, c'est que j'ai une tête à poux, contrairement à mon cher et tendre qui lui, a une tête à "papoux").

Bref, donc, pendant deux semaines, tous les matins, c'était le peigne. Et puis, deux semaines plus tard, voyant que le peigne était toujours "cleen" le matin, je me suis dit que c'était au "poil", et que les poux étaient partis, la menace avait été vaincue.

 

C'était sans compter les bisous entre copains, les prêtages de cagoules, d'écharpes entre copines...

 

Las, il y a deux semaines, (soit au début du mois d'octobre), je surprends ma Noémi en plein grattage.


Mon sang ne fait qu'un tour. Je m'empare du peigne... et je découvre dans ses cheveux une bonne vingtaine de poux bien vivants, bien frétillants... et donc forcément des tas de lentes... Je me revois avec les lotions, le peigne...

Non. C'est décidé, nous avons gagné la première bataille, nous gagnerons aussi celle-là, et aussi la guerre, tant que nous y sommes.

Reprise donc, tous les matins, et tous les soirs, de l'épouillage conscienceux et systématique. On les aura !

 

Au bout de deux semaines, donc, les poux se font rares chez moi (oui, moi aussi, pour le coup, j'en ai attrapé... évidemment...). Je me dis, devant les souffrances du matin (Noémi a de très jolis cheveux, mais tellement souples qu'ils s'emmêlent aussitôt qu'elle passe la main dedans pour les écarter de ses yeux... autrement dit, ils sont tout le temps emmêlés...), je me dis donc qu'il y a une solution : couper les cheveux. Et ça tombe bien, parce que je dois aussi aller chez le coiffeur. On va donc régler le problème en deux temps et trois coups de ciseaux, et hop, rendez-vous est pris chez le coiffeur.

 

Ce rendez-vous, c'était pour aujourd'hui, 17h30. Jean-Luc rentre donc plus tôt pour surveiller les deux plus jeunes pendant que j'emmène Noémi se faire couper les cheveux. 17h30 pétantes, nous voici donc chez le coiffeur, et là, la coiffeuse me demande ce qu'il faut faire à la petite. Je lui réponds qu'il lui faut une coupe, parce que le peigne à poux lui fait trop mal.

Malheur ! j'ai prononcé le mot tabou en salon de coiffure : POUX.

 

Examen minutieux de la chevelure de Noémi : "Elle a des lentes !" (ce qui sous-entend bien sûr qu'on ne peut pas lui couper les cheveux, parce que ça risquerait de contaminer le salon...). "Et vous ?" "Ben moi, j'en ai eu, mais je crois bien qu'il n'y en a plus, en tout cas, je n'en trouve plus quand je les cherche..." "Bougez pas, je vais regarder", me répond gentiment la demoiselle. Je m'assieds donc dans le fauteuil, et là, elles se mettent à trois pour fouiller dans mes cheveux. "Euh... il y a des lentes aussi, c'est vrai que c'est difficile, parce que vous avez aussi une dermite (oui, ça je sais, c'est d'ailleurs pour ça que je ne sais jamais si ce sont les poux qui grattent ou si c'est à cause de la dermite), mais vous voyez, les lentes, elles ne se décollent pas des cheveux (ça aussi, je le sais, parce que j'ai à faire à elles depuis plus de 4 mois maintenant, c'est bon, je connais leur tactique : elles me mettent de la super-glu dans les cheveux, ensuite elles se laissent emprisonner dedans, et la seule chose à faire, c'est attendre qu'elles éclosent pour les éliminer avant qu'elles ne deviennent adultes et se mettent à pondre elles aussi). Désolée, madame, mais on ne peut pas vous couper les cheveux aujourd'hui. Il faudra revenir d'ici 2 semaines, à peu près" "Dites, vous êtes sûres, là, parce que vous savez, dans moins de deux semaines, je dois être à Paris, et là, ça aurait été très bien que je puisse me faire couper les cheveux avant..." "Revenez à la fin de la semaine prochaine, on vérifiera, et on verra si on peut vous les couper...".

 

Eh ben voilà. Les poux ont donc trouvé des alliés inattendus pour me pourrir la vie : les coiffeurs !

Mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Ma vengeance sera terrible.

Le conseil de guerre s'est réuni à la pharmacie toute proche. Petit rappel des forces en présence :

- Les Poux, et le coiffeur d'un côté ;

- Les Platz, la pharmacienne et la machine à laver le linge de l'autre.

 

Côté Platz, on fourbit les armes. Au programme de ce soir : Epandage de Pouxit dans les cheveux de Noémi et les miens (même si en l'absence de Poux adultes, je doute de l'efficacité du produit, mais qui sait, ça tuera peut-être aussi quelques lentes).

Demain : Lever des combattants à 6 heures. Les troupes seront passées en revue puis au shampooing pour enlever le produit (histoire de ne pas arriver avec les cheveux trop gras, ni à l'ISSM, ni à l'école). Demain soir : Les lits seront tous défaits. Tous les draps, taies d'oreillers, serviettes de toilette et vêtements passeront à la machine à laver. La première tournera dès demain matin, après le shampooing, avec les vêtements d'aujourd'hui.


Samedi soir, on recommencera, en épandant de nouveau du Pouxit dans les cheveux de Noémi (et les miens, malgré les réticences déjà exprimées). Le fabriquant dit 7 jours entre deux traitements, mais l'expérience m'a appris que si on attend 7 jours, les lentes qui étaient déjà là lors du premier traitement et qui n'ont pas été tuées par le produit auront éclos dans la semaine, et donné de nouveaux poux qui, pour certains, seront déjà adultes et auront déjà repondu avant le deuxième traitement. Les lentes seront toujours vivantes, et il faudra à nouveau tout recommencer dans 2 semaines. Donc, on change les règles : un traitement complet tous les trois jours pendant deux semaines. Ca devrait les calmer et leur ôter l'envie de recommencer.

 

Dans deux semaines, donc, vous aurez droit au récit de la Saga Poux Wars Episode 4. Le titre de l'épisode sera-t-il : "Un nouvel espoir : l'arme fatale" ? ou bien "La revanche des Poux" ? Vous le saurez en lisant notre Saga, prochainement en technicolor dans "Les News des Platz : La Gobolskaïa du Gobolistan" (une superproduction sponsorisée par Pouxit, Itax, Parasidose, Poux Apaisyl, avec le concours de "La Coifferie" pour les rebondissements, et de la "Pharmacie du Cygne", que nous remercions pour avoir mis à notre disposition le savoir-faire de sa très gentille conseillère es-destruction massive de poux) (Il va falloir que je m'interroge : tout cela ne serait-il pas qu'une simple question de gros sous ? Car en fait, qui m'a décidée à retourner voir la pharmacienne ? la coiffeuse ! Et si tout ça, c'était magouille et compagnie ? Et si la pharmacienne était une traitre à la cause de l'envahisseur, et qu'elle ne me fournissait pas réellement toutes les informations susceptibles de me permettre de gagner cette guerre ???? Et si le fabriquant du produit disait 7 jours pour être sûr et certain que les poux seront revenus d'ici là, et qu'il faudra tout recommencer 7 jours plus tard ? Après tout, ça se tient, comme ça, le fabriquant, il vend plus de produit... Les Platz seront-ils seuls contre tous ? Parano, quand tu nous tiens...)

 

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La suite au prochain épisode.

samedi 20 octobre 2007

Aventures strasbourgeoises

Ce mercredi 17 octobre, Nathanaël avait rendez-vous chez le cardiologue pour un bilan cardiaque (souvenez-vous, il avait subi une opération à 1 an moins 1 jour, à Strasbourg, pour ouvrir une petite valve qui empêchait son coeur de fonctionner normalement, ou plutôt, le coeur fonctionnait bien, mais le sang avait du mal à en sortir, puisque la valve qui commande la sortie du sang du coeur vers les poumons était resserée. La pression et le débit sanguin étaient trop élevés, et notre petit bonhomme s'économisait sérieusement, parce que le moindre effort était visiblement un trop grand effort. Donc, à 364 jours exactement, Gobolovitch et moi étions entrés à l'hôpital pour que le cardiologue puisse "déboucher", c'est à dire amener jusqu'à la valve, en passant par la veine cave, un petit ballonnet (et une caméra, histoire de voir ce qu'il faisait). Le but était de gonfler le ballon dans la valve, puis de le dégonfler, de le ressortir (ainsi que la caméra, cela va de soi), et d'espérer très fort que ça suffirait pour remettre Gobolovitch sur pieds illico.

Contrôle le lendemain, de 4,2 m/s (débit et pression du sang à la sortie du coeur) avant l'opération, il était passé au lendemain de l'opération à 1,9 m/s (la normale, c'est entre 1 et 2 m/s), ce qui a fait dire au cardiologue : "Tout a bien fonctionné, on se retrouve dans 3 mois pour un contrôle". Trois mois après, en mars 2006, donc, contrôle, et là, la pression était inchangée : 1,9 m/s. "Très bien, c'est parfait, revenez dans 6 mois !"

Six mois plus tard, en septembre 2006, rebelotte, et là, le résultat tombe : "1,9 m/s ! Tout va très bien, revenez l'année prochaine !"

L'année prochaine, c'était donc mercredi (oui, je n'ai pas pu avoir de rendez-vous pile en septembre, c'était donc pour mi-octobre.

Contrôle : 1,4 m/s !!!!! Ouah ! Votre enfant ne peut pas aller mieux, il peut tout faire ! même de la plongée sous-marine ! (Euh pour la plongée, on va peut-être attendre un tout petit peu, il rentre tout juste en maternelle, là, et puis il a peur de l'eau, encore...).

 

Donc pour rassurer les lecteurs, sachez que le petit coeur de Nathanaël va on ne peut mieux.

 

Mais nos aventures strasbourgeoises, c'était quelque chose ! Parce que pour aller jusqu'à la rue Simonis où se trouvent le docteur, son cabinet et ses appareils à échographie, ce fut tout un périple !

 

D'abord, il a fallu déposer Noémi chez Paul, pour lui permettre d'aller à son cours d'éveil musical à 9 heures et demi. Parce que c'est pas parce que Nathanaël va voir le médecin que la vie des autres doit s'arrêter.

Départ donc de la maison un peu avant 9 heures, arrivée chez Paul à 9h précises, retour sur le parking de la gare avec Nathanaël, on gare la voiture, et la grande aventure commence.

9h12, j'arrive sur le quai, pour apprendre, bonne nouvelle, qu'un train part à 9h14 pour Strasbourg, il arrivera à 9h35 (20 minutes, c'est top !). Chouette, ça évitera d'attendre pendant 1/2 heure dans le froid.

9h35, arrivée à Strasbourg, direction les toilettes (parce que Nathanaël a refusé d'y aller dans le train, et comme je suis méfiante, je demande à voir, et de toute façon, les toilettes, c'est obligatoire). Et là, je donne 50 cents à la dame-pipi, "c'est pour une personne ?" "Oui, 1 seule" (de toute façon, je n'avais pas vraiment plus que 50 cents dans mon porte-monnaie). Et là, je découvre que Nathanaël n'a pas pu se retenir, et qu'il a commencé joyeusement à faire pipi dans sa culotte. Chouette, et je n'ai rien pour le changer, bien sûr... Bon, c'est pas grave, au moins, il saura ce que c'est qu'être mouillé, n'avait qu'à aller aux toilettes dans le train, après tout. Et puis, c'est pas non plus l'inondation, hein...

 

9h45, je vais à la recherche d'un plan des bus et tram de Strasbourg. Je sors sur le parvis, pour m'apercevoir que la guérite installée pendant les travaux a disparu, une fois les travaux finis. C'est bien ma veine...

Je me dirige vers le sous-sol où je sais que les tram passent, mais le problème qui se pose est le suivant : quel tram prendre ? Et pour où ? Et je descends où ? Et après, je dois prendre un bus ???

Je trouve des agents de police, qui me disent d'aller voir à l'office de tourisme.

Vite, le rendez-vous est à 10h45, j'ai un peu moins d'une heure, va falloir accélérer le mouvement.

Il est déjà 9h55, et il y a foule devant le guichet. Je patiente, et je finis par savoir ce que je veux : on me donne gentiment un plan avec le trajet que nous devons faire : Tram A direction Lixenbuhl, arrêt Etoile Bourse, puis bus 14/24, arrêt Neudorf Marché. Chouette. Reste plus qu'à trouver un ticket.

Justement, j'ai vu des distributeurs, à l'extérieur de la gare. 10h10, ça commence à être juste, mais ça va, j'ai le temps.

J'arrive devant le distributeur, et là, je me rends compte que je n'ai plus assez de monnaie (la dame à l'office de tourisme m'a dit 2,50€ pour un aller-retour, et avec le pipi de tout à l'heure, je n'ai plus qu'un euro...). Qu'à cela ne tienne, je vais bien trouver de la monnaie quelque part. J'interroge mes voisins, personne n'a de monnaie sur 5 euros. Je retourne dans la gare, interroge à la boulangerie "Non, on n'a pas de monnaie, on ne peut pas ouvrir la caisse !" (m'étonnerait beaucoup, ça, mais bon, je n'ai pas le temps de parlementer). Je me dirige vers l'office de tourisme, tout à côté, et demande si... Mais non, bien sûr. Pas de monnaie. "Allez au guichet ! vous pourrez acheter un billet sans avoir besoin de monnaie". Et le guichet il est où ? "Hall Nord, vous sortez, vous prenez à droite, vous re-rentrez, et vous allez au guichet".

Sauf que... tous les guichets sont occupés, et que... ce ne sont que des guichets SNCF. Et la SNCF, elle vend des tickets de tram de la CTS ? m'étonnerait beaucoup, ça. J'interroge les passants : "Un peu monnaie, sur 5 euros ?" "Allez au guichet" ! Euh... Non, ça fait quand même 40 minutes que je suis là, et je n'ai pas le temps de faire la queue ! Je veux pas vous voler, je veux juste de la monnaie ! "Garde la paix, madame !"

Ouais...

 

Ah ! Un café ! Là, y'aura de la monnaie ! 10h15. "Pouvez me faire de la monnaie sur 5 €, s'iou plait ?" "Non, on n'a pas de monnaie, ici, je dois même demander à mes clients de me donner des pièces..."

Désespoir... et rage ! Pas moyen de trouver de la monnaie ! Je commence à piquer ma crise... et là, trois hommes en train de prendre leur café me voient à bout de nerfs, et finissent par trouver au fond de leurs poches 3 petites pièces de 2 et 1 euros... Je leur donne mon billet, en les bénissant au fond de moi, et en les remerciant chaleureusement de me sauver la vie ainsi. Et hop, j'embarque Nathanaël direction le tram.

Descente des escaliers, on a failli se tromper de quai (merci le plan de l'office de tourisme). Je prend un billet sur le quai (parce que quand j'ai essayé au distributeur, il m'a demandé d'inserer ma carte Badgéo. C'est quoi, une carte badgéo ? Pas grave, puisqu'il n'y a pas moyen d'acheter un billet, je comptais voyager sans titre de transport, mais que vois-je là, sur le quai ? Un distributeur ! Chouette !)

 

Et c'est parti pour le tram. Le reste est une petite partie de plaisir : une fois qu'on y est... 10h45, je sonne à la porte du cabinet du cardiologue : à l'heure, à la minute près. Trop top !

 

(mais je ne remercierai pas la CTS : ils ne sont pas fichus d'annoncer clairement où se trouve leurs guichets, ni même s'il y a un guichet quelque part...).

 

Et vive l'organisation des transports en commun à Strasbourg...

mercredi 17 octobre 2007

Chorale, la der des der...

Bon ok, ce billet n'est qu'une excuse pour mettre ici les photos de la soirée de jeudi dernier, soirée que nous avons passée chez Lentz, à l'Auberge de la Paix (excellent restaurant que j'ai découvert à Sélestat, ce jour-là).

Parce que jeudi dernier, c'était ma dernière soirée avec la chorale, en tant que chef de choeur. Parce que suite au petit miracle décrit dans un billet précédent, la chorale a une chance de reprendre ses activités dès demain 18 octobre, avec Barbara pour me remplacer.

Donc, voici les photos de la soirée mémorable.

Sieglinde	Josiane, Christiane et moiLillySuzanne	Une petite partie de la choraleD'autres choristesMonique, Hélène,...... avec Gérard et JeannotMichèleMarie-Rose et Marie-Claire en grande conversationMartineL'entrée (je vous avais dit que c'était bon !)Le plat de résistanceLe dessertLe cadeau !... pour moi ! J'ai été gâtée...

Le petit monde des parents d'élèves

Il y a un peu plus d'un an, quand Noémi était en deuxième année de maternelle, ou plutôt, juste avant la fin de la petite section, j'avais été contactée par Isabelle, la maman de Paul (l'amoureux de Noémi, son fiancé quoi), pour faire partie de la liste des parents d'élèves aux élections de l'année suivante.

Déjà enceinte de BBK, j'avais donné mon accord de principe sous deux conditions : l'une, c'est que mon mari soit d'accord, l'autre, c'était d'être en fin de liste (genre 12e sur 12), de façon à ne pas être élue, sachant que je ne serais pas du tout dans les dispositions qu'il fallait à cause de la naissance de BBK à venir en décembre.

Mes conditions ont été acceptées, et mon nom s'est joyeusement retrouvé en fin de liste, comme exigé de mon côté, et promis par Isabelle. Cela ne devait pas me prendre beaucoup de temps, disait-elle : il s'agissait simplement de mettre mon nom pour qu'il y ait assez de parents pour présenter une liste au conseil d'école. OK, tant que ça ne me demande pas d'y passer trois soirs par semaine en réunions diverses...

 

Seulement voilà, une semaine après les élections (4 sièges pour la Peep (nous), et 2 pour la Fcpe !, donc, 8 élus en comptant les suppléants et 4 pour la fcpe), ben y'avait déjà le conseil d'école ! Donc, réunion le mardi précédent chez la tête de liste (Isabelle, si vous avez bien suivi), pour faire le tour des questions posant problème (fête de Noël, organisation de la fête de la St Martin, bricolage, et surtout, surtout, quid du projet de destruction-restructuration-reconstruction de l'école de nos chers petits ?). Donc, première réunion. Premiers pas dans le monde des associations de Parents d'Elèves.

 

Nous avons donc fait notre devoir : 1- poser les questions qui fâchent aux élus : "Et les travaux, ils vont débuter quand ?" "Et la sécurité ? Vous avez prévu quoi ?" "Et la cour d'école ? Elle sera aménagée comment ? Vous avez prévu de mettre des préfabriqués sur le parking, mais est-ce qu'il y aura la place pour une cour d'école ? Ils devront la partager avec les enfants du primaire ? Vous allez amputer la cour des primaires ? Vous allez vous servir de l'allée entre le primaire et l'église pour en faire une cour ? Le parking en face ??? Mais ça va pas, non ????" etc.

2- bricoler : l'une des tâches principales des parents d'élèves, qui se doivent de fournir aide, assistance et matériel en tout genre pour aider au financement des activités diverses des enfants (en gros, on paye pour bosser en fournissant le matériel du bricolage, pour avoir quelque chose à vendre à la fête de Noël, puis on repaye pour acheter ce qu'on a bricolé pendant tout le premier trimestre). Non, en fait, j'exagère : pour la deuxième année, on peut se faire rembourser les fournitures par l'école, y'a pas de raison qu'on les paye deux fois, en plus du travail que ça demande.

3- papoter. Une des activités principales et fondamentales de l'association de parents d'élèves. Parce que pour savoir ce qui se passe à l'école, ben y'a rien de tel que la parlotte, finalement. Donc radio-ragots se met en route périodiquement, avec les annonces des grossesses en cours, les absences des enseignants, les difficultés de couple des unes et des autres, expliquant d'une part le caractère un peu perturbé de la progéniture, et la solidarité entre parents, puisque l'avantage de l'association de parents, c'est aussi de se créer une bande de copines (faut pas se leurrer, la plupart des membres actifs, ce sont les mamans, sauf dans les coups de feu comme la kermesse ou la fête de Noël, où on a besoin de gros bras pour installer le matériel, et où les pères sont largement mis à contribution par leurs épouses dévouées toute l'année à la cause des enfants), une bande copines, donc, susceptibles de donner un coup de main en cas de coup dur, en particulier pour des problèmes de garde quand il y a un imprévu ou un rendez-vous chez le toubib. La parlotte, activité souvent dénigrée et considérée souvent comme de la curiosité malsaine, surtout quand elle est pimentée des ragots entendus dans la cour de l'école, est pour le coup quelque chose de formidable. Il faut nous reconnaître ça : en discutant, on parvient à résoudre pas mal de petits problèmes du quotidien, qui sans ça auraient été bien plus compliqués.

Un exemple : Ce matin, j'avais rendez-vous avec Nathanaël chez son cardiologue à Strasbourg, à 10h45. Or, pas de bol, Jean-Luc pressait le Grand Cru Altenberg Vendanges Tardives récolté lundi. Donc, il ne pouvait pas venir avec moi. Qu'à cela ne tienne, j'irai en train, ce ne sera ni la première, ni la dernière fois.

Oui mais voilà, le problème, c'est que pour être à 10h45 à Strasbourg, je dois tenir compte du temps de trajet (20 minutes en TER 200, mais je ne suis pas sûre d'avoir un TER 200), et du temps en bus et/ou en tram pour aller jusque chez le médecin. Le départ est donc prévu pour 9 heures, de la maison, histoire d'attraper si possible le train de 9h14, ou 9h31 au plus tard. Sauf que, si Jean-Luc ne peut pas venir, il ne peut pas non plus se permettre de faire l'aller-retour à 9h30 puis à 10h30 pour emmener et rechercher Noémi à son cours de musique à Sélestat.

 

Eh bien, à force de papotages à la sortie de l'école, une solution a été trouvée : Isabelle, la maman de Paul, qui est dans le même cours de musique que Noémi, se propose de prendre notre grande en charge. Seulement, elle-même doit aller voir un médecin, elle propose donc que ce soit son mari qui se charge des allers-retours, sachant qu'elle-même prendra le relais après son rendez-vous.

Ben voilà, à 9 heures, donc, Noémi était chez Paul, et nous étions, Nathanaël et moi, en route pour Strasbourg.

Mais ça, c'est une autre aventure.

 

Donc, dites-moi, qu'aurais-je bien pu faire si je n'avais pas papoté avec les mamans à la sortie de l'école, la semaine dernière ? J'aurais sans doute dû annuler le cours de Noémi, soit pour pouvoir l'emmener avec moi à Strasbourg, soit pour qu'elle puisse aller avec son père sur l'exploitation. Et elle aurait loupé en prime une sortie cet après-midi à la Montagne des Singes, et la vidéo de Pinocchio chez Paul.

Ca c'est de l'organisation !

Merci les parents d'élèves !

 

Hier, donc, nous avons fait notre deuxième réunion bricolage (la semaine dernière, je n'ai pas pu y aller, je me suis rattrappée cette semaine), chez une des mamans : au programme, comme la semaine dernière, confection de cartes de Noël. Ben elles sont si belles que si j'en achète, je ne sais pas si je pourrai les écrire : je crois que je n'aurais pas du tout envie d'écrire dessus...

La semaine prochaine, Jean-Luc pourra encore appeler ses clients : nous allons chez Isabelle faire des anges en nouilles (grand succès de la saison 2005-2006), et comme je suis la seule à maîtriser la technique, je vais leur donner un cours en plus. Qui a dit que j'étais nulle et que je ne savais rien faire ???

Vendanges

J'ai hésité dans la catégorie, entre "Travail" et "Hobbies", mais là, maintenant, il s'agit clairement de travail... même si le vin reste la grande passion de Jean-Luc (Gobolof pour ceux qui ont suivi).

 

Donc, Jean-Luc est un viticulteur formidable, passionné par son métier, et qui fait un vin fabuleux (et ne me dites pas que je ne suis pas objective, parce que c'est faux : le vin de mon cher mari est le seul vin blanc que j'arrive à boire sans avoir mal à la tête : et ça, si ce n'est pas objectif, comme critère...). Bref, en plus de ne pas donner mal au crane, le vin de Gobolof est fait avec amour et patience, sans engrais, sans désherbage dans les vignes, avec un minimum de traitements pour ne pas poser de problème ni à la vigne, ni à l'environnement, ni aux futurs buveurs du vin. Bref, un vin plus bio que bio, parce que contrairement au bio, qui autorise les traitements bios, ce vin-là n'a quasiment pas de traitements et en plus n'a pas de produits ajoutés, ni dans les vignes, ni dans le vin (la meilleure chose à faire, plus que des longs discours, c'est de venir goûter, vous ne serez pas déçus, pour ceux qui ne connaissent pas encore la production familiale) (et oui, je fais de la pub, mais là, c'est en toute connaissance de cause, parce que si je ne la fais pas, personne ne la fera ici, à ma place...).

 

Et pourquoi je vous dis tout ça ? Parce qu'il y a une période dans l'année particulièrement tendue au Gobolistan : les Vendanges. Pourquoi les vendanges ? Parce que pour faire du si bon vin, il faut le traiter avec patience et amour. En clair ça veut dire que pour obtenir du bon vin, il faut d'abord obtenir du bon raisin, et donc le laisser mûrir sur pied plus longtemps, arriver à maturité, et cela sous-entend que ce n'est pas le viticulteur qui décide quand il va vendanger, c'est la vigne qui décide du moment adéquat, en ce sens que si le viticulteur veut vendanger, mais que le raisin n'est pas encore tout à fait mûr, ben il peut aller se rhabiller et attendre encore un jour ou deux, parce que si c'est vendangé trop tôt, ça ne donnera pas du bon vin.

Le seul problème, c'est quand toutes les parcelles décident en même temps qu'il est l'heure pour elles d'être vendangées. Et c'est un peu ce qui se passe cette année. Autant les vendanges ont commencé timidement fin août (ce qui est quand même très tôt, mais c'est normal, vu qu'on a eu une mini-canicule en avril, qui a précipité la floraison, dont dépend la date des vendanges), autant maintenant, il faudrait vendanger jour et nuit pour arriver à tout rentrer à l'heure dite. Seulement voilà, il y a des limites à ce que peuvent faire les hommes, et surtout, au nombre d'heures dans une journée. Malheureusement, travail ou pas, vendanges ou pas, les journées n'ont que 24 heures (des fois, j'aimerais vraiment qu'il y en ait 48, histoire d'avoir un peu plus de chances de tout faire...).

 

Enfin bref, finalement, on y arrive, à la fin des vendanges. Après les crémants blanc et rosé, après les génériques, on en est au pressage du Grand Cru Altenberg Vendanges Tardives. 12 heures sur le pressoir, au bas mot, sans compter le temps de macération, depuis lundi soir (soit plus de 36 heures. Avec un peu de chance, ce mercredi soir, 17 octobre, le vendanges tardives devrait être fini.

Parce que voyez-vous, ce n'est pas le dernier vin. Il reste encore les riesling (toujours les derniers, ceux-là, vendanges tardives ou pas), et ça, c'est encore au moins trois parcelles à vendanger, et une partie des gewurtztraminer. Pas encore couchés, quoi...

Ceci dit, cette année, la vendange est belle, abondante (quand ils ont vu que la floraison était très précoce, ils n'ont pas fait de vendange verte, histoire de ne pas vendanger en plein mois de juillet... mais du coup, il y a de quoi faire !), très acide (eh oui, les pluies de l'été, et surtout du mois d'août ont été redoutables), mais aussi très sucrée (l'été indien a été très chaud : plus de 30°C en septembre et au début du mois d'octobre !), et de fait, très bonne ! Le cru 2007 sera un grand millésime !

Poux Wars Episode II : Les Platz contre-attaquent


Donc, nous en étions au retour des vacances, et le champ de bataille avait été laissé libre aux Poux, qui menaient à l'époque une lutte acharnée pour le maintien de leurs positions dans la place forte localisée très précisément sur le cuir chevelu de Gobolovna.

Au retour des vancances, j'ai fait une énième tentative à la pharmacie, et j'ai profité de la maladie de Gobolovitch et de la visite mensuelle de BBK pour demander à l'éminent représentant de la Faculté de nous fourbir des armes plus sophistiquer pour parvenir à l'extinction de l'espèce incriminée. Après examen de ma propre tête (puisque moi aussi, à force de parler des Envahisseurs, je commençais ou plutôt, je recommençais à en sentir les symptômes gratouillants), il m'a rassuré : en ce qui me concerne, point de poux, mais une belle dermite ! Chouette. Ca faisait longtemps qu'on n'en avait plus entendu parler, de la dermite. Voyons voir. La dernière fois, ça devait être en mai 2005, si je ne m'abuse, et c'était pour Gobolovitch... Qu'à cela ne tienne, je vais donc traiter ma tête pour la dermite. "Mais quand même, docteur, vous n'avez rien contre les Poux ? J'ai fait Itax, Poux Apaysil, Paranix, Parasidose, Pouxit... 3 fois, Pouxit !" "Non, Pouxit, c'est très bien, continuez. Il faut persévérer, vous les aurez !" (Oui, on y croit très fort, heureusement, parce qu'il paraît qu'il n'y a que la foi qui sauve...).

 

Donc, retour au Gobolistan, et reprise des hostilités après la trève médicale.

Et là, éclair de génie (oui, je crois qu'on peut dire ça), de Gobol : Puisque le problème est qu'ils se reproduisent plus vite que l'action des traitements, on va les avoir à l'usure.

Donc, on reprend Pouxit pour la énième fois.

Temps de pose : 8 heures. Heureusement que ce sont les vacances.

Le soir : shampooing pour Gobolovna. Et comme Pouxit, c'est une arme mécanique (comprenez un système huileux sensé engluer les envahisseurs et les empêcher de respirer, et par répercussion, les tuer), ben c'est dur, très dur à laver. Ca ressemble un peu à de la mélasse au niveau de la texture, ou à de l'huile d'olive, au choix, mais sans odeur, et surtout incolore. Donc, ce n'est pas un mais 2 shampooings qu'il faut faire pour enlever tout cela de la tête de Gobolovna. Allez, courage, après, j'ai un plan. Une tactique. Imparable.

 

Par contre, mon plan, s'il est sûr de marcher, va prendre du temps. Beaucoup de temps. Mais on vaincra.

 

Donc, du plan, on passe à l'action. Sitôt le shampooing terminé, je reprends l'autre arme mécanique à ma disposition : le peigne fin anti-poux. Et j'enlève les bestioles qui ont succombé. Ca, c'est la partie la plus simple : on enlève les cadavres. La prochaine étape va être plus délicate : persuader Gobolovna de l'obligation de répéter cette opération tous les matins et tous les soirs jusqu'à élimination totale. Un génocide, quoi. Parce que c'est simplement ça : enlever manuellement les poux de la jolie tête de Gobolovna, et éliminer les lentes au fur et à mesure qu'elles écolosent, pour les empêcher de devenir adultes et de se reproduire. Temps estimé : 10 minutes d'épouillage deux fois par jour en traitement d'attaque. Puis, la deuxième semaine, même traitement une fois par jour (matin ou soir, en fonction du temps qu'on a, parce que je ne suis pas totalement hors de la réalité non plus : dans une semaine, c'est la rentrée, ce qui veut dire aussi que le grand cirque va recommencer, avec les allers-retours à l'école. Il faut donc éliminer les Poux au plus vite. Une semaine. J'ai une semaine.

 

Et ça marche. Au bout d'une semaine, la veille de la rentrée donc, le terrain est dégagé, le champ de bataille est limpide et clair, débarrassé des cadavres et autres survivants. Les lentes (futurs guerriers) sont elles aussi en passe d'être éliminées. On tient le bon bout !

Prochaines tâches : vérification quotidienne pour prévenir toute récidive.

lundi 15 octobre 2007

Communication

Depuis quelques temps, je me pose pas mal de questions sur notre façon de communiquer. Ca a l'air bizarre, comme ça, à l'heure d'Internet, du téléphone portable, des bornes Wi-Fi un peu partout, des moyens de transport de plus en plus rapides et performants... Mais c'est une chose que j'observe de plus en plus : On a du mal à se parler, à se faire comprendre, à comprendre les autres... et on dépense une énergie incroyable là-dedans...

 

De plus en plus, je ne sais pas si c'est parce que je vieillis, mais je me rends compte que je ne sais rien sur rien. J'ai tout à apprendre. J'ai des idées, des valeurs, mais je me dis que je ne peux vraiment parler que de ce que je connais réellement, de ce que j'expérimente au quotidien. Parce que le reste, même si j'ai a priori un avis sur la question, je me rends compte tous les jours que soit je n'ai pas compris le problème ("vous pouvez répéter la question ???), soit je n'ai pas vu tous les tenants et aboutissants, et mon point de vue étant partiel, il est souvent erroné.

Par exemple, l'autre jour, au boulot, on discutait avec ma collègue au sujet d'un article qu'elle avait trouvé dans "Le Monde", à propos de ce qui se passe dans certains pays, où des couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants font appel à des mères porteuses. Et moi, toute persuadée de mon avis éclairé de maman, je commence mon discours à propos des couples qui veulent à tout prix avoir un enfant, y compris en ayant recours à des procédés contraires à l'éthique. C'est vrai quoi, qu'est-ce que ces couples font de la mère porteuse, celle qui a fait grandir ce bébé ? Fut-ce un bébé issu des gamètes des futures parents ? C'est quand même elle qui porte cet enfant à la place de la mère biologique qui ne peut le faire pour diverses raisons (hystérectomie, par exemple, dans le cas de l'article). Et je conclus en disant que de toute façon, avec trois enfants, je ne peux pas comprendre ce type de comportements : c'est vrai, je ne suis pas stérile, loin s'en faut, et je n'ai pas besoin de me poser ces questions...

Et là, je finis par me rendre compte que ma collègue ne se sent pas vraiment bien. Je m'arrête, en me disant que "Ca y est, j'ai gaffé..."

Et ma collègue me regarde, les larmes aux yeux, en me disant qu'il faut vraiment qu'elle m'explique, que c'est trop dur... J'ai du mal à comprendre : elle a une petite fille de trois ans adorable... Et elle me déballe tout : sa première grossesse, sa fausse couche, la découverte qu'il s'agissait de jumeaux et que l'autre vit toujours, mais dans la trompe, l'avortement à 1 mois et demi de grossesse, l'ablation de la trompe, les problèmes qui s'ensuivent... le miracle de la naissance de leur fille malgré tout, les rendez-vous chez le gynécologue, la préparation de la FIV... et je réalise le mal que j'ai dû lui faire, avec mes bons sentiments, mes certitudes...

Je m'excuse, bien sûr, me fais toute petite... et me promets une fois de plus de ne plus parler de choses que je ne peux pas comprendre, ou que je ne connais pas...

 

De retour à la maison, je me rends compte qu'en fait, ça n'avait rien à voir. Mon malaise suite à celui de ma collègue n'était pas de mise : d'abord, je connais sa fille, j'étais à mille lieues de me douter qu'elle avait des problèmes de ce côté-là. Et même si leur fille n'était pas née naturellement, je suppose qu'elle ne me l'aurait pas dit spontanément. Donc je ne pouvais pas savoir. Et puis, finalement, l'article en question ne portait pas sur la FIV, la PMA ou d'autres techniques permettant d'aider, de donner un coup de pouce aux parents, mais bien sur une méthode illégale en France, qui finit par transformer une femme en utérus... et par instrumentaliser le corps humain au profit de personnes en mal d'enfants... Donc, là, c'est aussi en partie un problème de communication : on discute bien ici de deux choses différentes...

 

Au quotidien, ça donne aussi des choses assez bizarres : je parle à Jean-Luc, et je lui dis certaines choses, et plus tard, il me dit qu'il m'en veut parce que je le stresse... Etonnement de ma part : "Mais comment ça se fait ???" "Ben quand tu me téléphones pour me demander à quelle heure je rentre, et que je te dis que je rentre à 19 heures, je stresse parce que si je ne suis pas rentré à 19 heures, je sais que ça va être dur pour toi, avec les enfants, etc."

Et là, je comprends : tout ce que je dis est automatiquement interprété. Tout, absolument tout. Si je demande à Jean-Luc à quelle heure il va rentrer, c'est souvent uniquement pour savoir si oui ou non je le compte pour le dîner... Parce que je sais qu'il a beaucoup de travail, je sais que pendant les vendanges, par exemple, tout dépend de ce qu'il a fait dans la journée : s'il a vendangé, et qu'il reste au pressoir, ça peut durer toute la nuit ou seulement quelques heures, en fonction du raisin ramassé, ou du moment dans la saison (plus de travail à la fin qu'au début des vendanges). Donc, dans ces cas-là, certaines fois, il ira manger chez ses parents, ou à la dégustation, ou encore à la maison. Sauf que lui, il interprète ma demande comme une heure butoir à laquelle il doit être rentré sous peine de pétage de plombs de mon côté...

Et c'est pareil pour tout : quand j'écris un post sur le site Yoko Tsuno, la plupart du temps, je dois ensuite expliquer en long, en large et en travers, sous peine que mes propos soient interprétés de travers. C'est un des membres (Kaldorion), qui m'avait fait prendre conscience de tout ça : ou plutôt de l'inverse. Je me souviens d'une de nos discussions, où il me répondait, et j'avais l'impression qu'il était à côté de la plaque. En réalité, pas du tout : il ne faisait que redire exactement ce que j'avais dit moi-même quelques messages plus haut. En réalité, je pensais avoir dit telle ou telle chose, parce que mon message était bourré de sous-entendus. Mais lui ne lisait que ce que j'avais réellement écrit, et du coup, je me suis rendu compte à quel point mon propre discours pouvait être tronqué, dans le sens où je ne trouvais pas nécessaire d'écrire des choses évidentes pour moi, sans me rendre compte que ce qui est évident pour moi ne l'est pas du tout pour les autres, d'une part, et d'autre part, que quelqu'un qui lit ce que j'ai écrit le lit avec ses propres repères, et est donc susceptible de l'interpréter, en fonction de son histoire, de son éducation, de sa langue d'origine, de sa culture, etc.

Du coup, tout devient plutôt compliqué : comment exprimer simplement une idée, quand on sait que le discours qu'on a est interprété avec les yeux et le vécu de l'autre, forcément différent du mien, même si j'ai une part commune avec mon interlocuteur (qui peut être mon père, ma mère, mon mari, mes enfants, ma soeur, un ami, etc.) : même si on a vécu la même chose (cas des membres d'une même famille : soeur, frère, père, mère), on a enregistré les événements, puis on les a interprétés selon sa propre vision des choses, forcément tronquée, et donc partielle, voire partiale. Tout l'art de faire passer une idée est donc de pouvoir dire quelque chose à quelqu'un en évitant les ambiguités... et si possible les fausses interprétations... Or ça me semble impossible, tant le vécu de l'autre et son propre vécu, digérés, ressassés, assimilés, font partie intégrante de la personnalité. Ce qu'on dit, ou ce qu'on écoute, est donc interprété sans même qu'on s'en rende compte...

 

Finalement, j'en suis arrivée à la conclusion que communiquer avec quelqu'un, c'est quelque chose de vraiment très très compliqué, parce que tout ce qui est dit est susceptible d'être interprété, et pas forcément dans le bon sens. Donc, le mieux, c'est de parler. De dire ce que l'on ressent, la façon qu'on a de percevoir les choses, de manière à donner un indice à l'interlocuteur sur la façon dont le message est perçu. Afin, si besoin, de corriger le tir en cas de "mal-entendu"...

 

C'était ma réflexion philosophique du jour. Bon courage, et merci à ceux qui m'ont lue jusqu'au bout.

 

Dans quelques jours :  Poux Wars Episode II : Les Platz contre-attaquent.

mercredi 10 octobre 2007

Poux Wars : Episode 1 : la menace invisible

La guerre des Poux a commencé au Gobolistan au mois de juin 2007. La première bataille a duré un peu plus de deux mois, s'est donc terminée juste avant la rentrée. Mais il vaut mieux commencer par le commencement.

 

Il était une fois, dans un petit royaume Alsacien, le Gobolistan, petite enclave au coeur de la belle ville de Sélestat, une petite fille, l'une des cinq membres de la Gobolskaïa, qui revint un jour de l'école en se grattant furieusement la tête. Gobol sa maman commençait à s'inquiéter, parce que depuis quelques temps, à l'école de Gobolovna, on entendait parler d'envahisseurs, une armée sournoise et belliqueuse, les Poux. Seulement, au Gobolistan, pour l'instant, personne n'avait jamais eu à lutter contre cette armée, et donc personne ne savait vraiment comment faire...

Seulement, ce mercredi matin, il fallut se rendre à l'évidence : malgré toutes les précautions prises, l'ennemi avait réussi à passer les lignes de défenses, la place forte avait été envahie, il fallait préparer la riposte, et en attendant d'avoir forgé les armes, il fallait parer au plus pressé.

Tout d'abord, voir l'état des troupes, et donc examiner en détail les cheveux de Gobolovna, ainsi que ceux de son frère Gobolovitch, et pourquoi pas aussi ceux de la maman Gobol. Après tout, nul ne pouvait savoir depuis quand l'envahisseur était parmi nous, il convenait donc de tout reprendre à zéro afin de se familiariser avec l'ennemi à abattre.

Oui mais voilà, ce jour-là était donc un mercredi, et Gobolof, le papa, était au travail. D'autre part, BBK et Gobolovitch étaient malades, et il était difficile pour Gobol de partir avec les trois petits, alors qu'un monceau de tâches ménagères, cuisine, médicaments, et autres étaient à faire... Bref, heureusement, un coup de main de l'extérieur vint soulager la maman légèrement dépassée. Ce jour-là, Isabelle, la maman de Paul Richter (le fiancé de Noémi), m'appela pour avoir des nouvelles, et savoir si je survivais à la maladie des deux derniers du Clan. Je fis donc part de mes soucis guerriers à Isabelle, qui me proposa gentiment de passer pour moi à la pharmacie chercher de quoi bouter hors les frontières cet ennemi implacable autant que quasi-invisible. Proposition à laquelle je souscrivis immédiatement, trop heureuse de m'épargner un autre aller-retour à la pharmacie, alors que j'avais déjà passé la matinée chez le médecin pour les deux plus jeunes.

 

Vers 16 heures, donc, Isabelle passe à la maison pour m'apporter une lotion anti-poux, et là, les hostilités commencèrent.

Première victime, Noémi, et donc principale "testeuse" de la première arme de destruction massive, la lotion Itax. Et zou, tartinage, massage du cuir chevelu, temps de pose, et on recommence avec moi (Amélie), puisque j'avais déniché des envahisseurs dans ma chevelure également.

Une fois le temps de pose respecté, les deux montent rapidement à la salle de bains, pour voir le résultat de cette première offensive : découverte alors de la seconde arme de destruction massive : le peigne anti-poux. Et là, les choses se corsent : Noémi a certes de beaux cheveux, mais pas de bol, ils sont si fins et si souples, que le démêlage s'avère être une corvée... et surtout très douloureux...

Alors voyons voir... et une fois qu'on a enlevé les bébêtes, on fait quoi ? Rien ? Ah si ! Là, en bas, la petite ligne en petits caractères : l'application est à renouveler au bout de trois jours, deux fois de suite... Ben voyons... Le seul problème, c'est que pour traiter deux personnes, il m'a déjà fallu plus de la moitié de la bouteille... Ce qui veut dire que dans trois jours, je vais devoir retourner à la pharmacie pour me réapprovisionner ? OK.

Le plan de bataille est donc bien rodé, au point : application de la lotion, temps de pose, rinçage, épouillage, et on reprend au début trois jours plus tard, après avoir racheté de la lotion.

Oui mais voilà, le problème, c'est qu'à la pharmacie, l'arme de destruction massive Itax, ben ils n'en ont plus ! Oh ils en ont d'autres, l'arsenal est même bien fourni. Celle qu'ils me conseillent, c'est la même chose qu'Itax, mais ça s'appelle Pouxit. Ben voilà, c'est parti pour Pouxit, pour la deuxième application. Ah oui, mais Pouxit, c'est pas tous les trois jours, c'est tous les 7 jours. Et c'est pas deux heures de pose, c'est 8... Faut donc le faire la nuit, parce que sinon, bonjour la tronche au boulot ou à l'école (en fonction de la personne). Dont acte : ce sera pour la nuit prochaine.

Et là, oh joie, oh bonheur, Nathanaël, jusque là épargné, a lui aussi fini par être infesté. On va donc passer à trois têtes à traiter... Chouette !

 

Et puis, fin juin, nous voilà avertis du décès de Mamie Vannes, ma grand-mère. Toute la Gobolskaïa prend donc le départ, et se rend illico presto à Quimper, où doit avoir lieu l'enterrement. Oui, mais voilà, le problème, c'est que nous ne sommes pas venus tous seuls. Eh oui, les Poux étaient aussi du voyage... Le traitement se poursuit, mais il faut bien se rendre à l'évidence, les envahisseurs sont de plus en plus nombreux, et se propagent très vite. La maman de Gobol participe à la bataille également : draps à laver, têtes à traiter, tout y passe... Et après l'enterrement, toute la Gobolskaïa (et les Poux qui les accompagnent) retourne au Gobolistan.

 

Le traitement avance, cependant, et les têtes des deux enfants sont généreusement vaporisées de Pouxit. C'est que je n'ai pas envie d'y passer les vacances, moi ! On y va donc. Et là, déception : l'envahisseur résiste encore et toujours.

Retour à la pharmacie, juste avant le départ en vacances (on en est donc à la troisième bouteille de lotion anti-poux, et on est déjà fin juillet (bon sang, c'est pas gagné...). Et là, je finis par demander au pharmacien s'ils n'ont pas quelque chose de plus fort, parce que là, ça fait déjà plus d'un mois que ça dure, et y'en a marre.

Et lui, me dit que non... Que le Pouxit, c'est ce qu'il y a de mieux, qu'il n'y a pas grand chose à faire d'autre que persévérer... et "bon courage, Madame" ! Ouais...

 

Départ en vacances, donc, le 1er août. Arrivée à Quimper le soir même, et là, découverte : les Poux ont annexé la maison et en ont fait leur base arrière. La bataille s'annonce rude...

Ma maman me fait même des reproches plus ou moins déguisés... Mais bon, je la comprend : pas drôle de récupérer des Poux chez soi alors qu'on n'en avait plus entendu parler depuis de nombreuses années... Bref, le combat acharné reprend...

 

 

dimanche 7 octobre 2007

Un petit miracle...

Décidément, les voies du Seigneur sont impénétrables...

Le mariage d'hier après-midi s'est très très bien passé. Les mariés étaient très heureux et ils ont trouvé tous les deux que la chorale avait très bien chanté. Ce qui est étonnant, c'est que pendant la célébration, l'une des choristes m'a dit que ce qu'elle regrettait le plus dans la "mort" de la chorale, c'était justement qu'ils n'animeraient plus de messes, puisque la chorale était dissoute... A quoi Jean-Luc, notre curé, qui célébrait le mariage, a répondu qu'il espérait bien retrouver ces choristes dans d'autres chorales, pourquoi pas, et qu'en tout cas, il espérait bien les voir de nouveau chanter dans la paroisse. Seulement, comme je le disais dans mon billet précédent, c'est plus une question de personnalités, de répertoires, d'ambiance... toutes ces petites choses qu'une chorale a une personnalité, et qu'on ne peut pas toujours la quitter pour en intégrer une autre...

 

Toujours est-il, et c'est ça, le petit miracle, que ce matin, nous étions à la première fête d'automne de notre paroisse, destinée à multiplier les occasions pour les paroissiens des deux "rives" (en fait, les deux côtés de la ville, séparée en deux par la ligne de chemin de fer) de se rencontrer et de célébrer ensemble. Et du même coup d'accueillir les nouveaux paroissiens et paroissiennes. Parmi ces rencontres, un jeune couple avec deux enfants, allemands, et une jeune femme, qu'une des paroissiennes habituées de notre communauté me présente comme s'appelant Barbara, et étant musicienne, désireuse de s'investir dans la paroisse (animation liturgique en particulier). Je lui pose deux trois questions, et lui demande si elle n'envisagerait pas de prendre en charge une chorale qui n'a plus de chef de choeur. Et elle dit "Pourquoi pas ?" Vivement intéressée, je lui demande un peu plus ce qu'elle fait, et il se trouve qu'elle est organiste, chef de coeur, musicienne professionnelle (elle a son CAPES de musique)... Eh bien la voilà, notre chef de choeur ! Je lui parle de la chorale, du petit nombre de choristes, des deux seuls hommes, des trois voix au lieu de quatre, du manque total de ténors, du nombre important d'altis, du petit nombre de soprani... rien ne semble l'effrayer dans tout cela, et elle me propose de les rencontrer, avant de dire oui... Je lui parle de notre prochaine rencontre, à savoir jeudi prochain, au restaurant, pour "enterrer" la chorale au départ. Je crois que ce sera surtout, du coup, pour fêter mon départ, et la renaissance in extremis des Coeurs Chantants...

 

Après le déjeuner, échange d'adresses, et rendez-vous est pris pour le jeudi suivant (le prochain, elle a un concert, elle ne pourra donc pas se joindre à nous au restaurant, ça aurait pourtant été la meilleure façon de la connaître et de démarrer avec elle), afin de faire connaissance, avant, pourquoi pas, de démarrer avec elle une nouvelle année liturgique...

En tout cas, tout cela me semble aller dans le bon sens, et moi qui me sentais coupable de quitter mes responsabilités, je vois que Dieu pourvoit à tout, et qu'il nous aide aussi à assumer les choix que nous faisons, quand ils sont justifiés et cohérents...

 

J'ai hâte de pouvoir annoncer à mes ex-choristes la bonne nouvelle !

 

samedi 6 octobre 2007

Une page se tourne...

Voilà, suite à divers changements de perspectives et d'activités, je mets fin cet après-midi à 7 ans de bons et loyaux services auprès de la chorale "Coeurs chantants", si bien nommée quand on connaît les choristes. Je voulais ici leur rendre hommage, parce que si j'ai pu trouver si facilement ma place à Sélestat, et si j'ai pu m'y intégrer aussi rapidement, c'est justement grâce à eux.

Avec eux, j'ai fêté mes 25 ans, puis les Catherinettes, mes fiançailles, mon mariage, la naissance des enfants, nous sommes partis ensemble à Lourdes pour un congrès de l'Ancoli, en 2001, idem en 2004, à Mulhouse, nous avons fêté le Vin Nouveau, tiré les Rois, beaucoup ri, nous avons animé avec d'autres chorales une messe télévisée, chanté à Pâques, à Noël, à des mariages, des enterrements ou des messes normales, aussi, à des ordinations, diaconales et sacerdotales, nous avons participé à la consécration de l'autel de notre église, chanté tantôt à la Tribune, tantôt dans le Choeur, en fonction du nombre de participants, etc... les souvenirs sont nombreux, très beaux pour la plupart, même si tout n'a pas été toujours facile.

 

Seulement voilà, les enfants, le travail, les projets qui se bousculent m'ont décidée à prendre le large et à quitter la chorale. Que feront-ils ? Cette chorale aura chanté pendant 27 ans. Certains iront chanter avec d'autres, d'autres ne peuvent pas s'y résoudre (question d'ambiance, de répertoire, de difficulté, de rythme ?), tous sauront trouver d'autres activités (pour ceux qui n'en ont pas déjà de nombreuses !), et participeront encore à leur manière à la vie de notre petite ville et paroisse.

 

Cet après-midi, à 16h30, nous animerons un mariage, le dernier. Un beau départ, puisqu'un mariage, c'est aussi un très beau pari sur l'avenir.

 

Bonne route à tous ces Coeurs chantants, qu'ils puissent s'épanouir encore longtemps en d'autres lieux...

 

Les "Petits Balladins de Dieu", chorale d'enfants de 6 à 12 ans, ont sans doute plus de chance : ils ont trouvé une chef de c(h)oeur pour me remplacer. Cette toute petite chorale a fait son apparition dans notre paroisse à la demande des enfants eux-mêmes, il y a deux ans. Devant la motivation des enfants, leur plaisir évident à chanter, j'ai eu du mal à me résoudre à arrêter la direction de cette petite chorale. Mais il y a des choix à faire, et le principal est que ces enfants puissent continuer de chanter, fût-ce avec quelqu'un d'autre pour s'occuper d'eux. C'est chose faite : Nathalie Durgetto, qui dirigeait l'an dernier la chorale des jeunes, reprend, suite à la disparition de cette chorale, la chorale des "Petits Balladins de Dieu". Qu'elle en soit remerciée, et qu'elle puisse les aider à chanter et à prier longtemps, malgré toutes les difficultés qui ne manqueront pas de se poser un jour ou l'autre.

 

Bonne route aussi à ces enfants, qu'ils trouvent dans la musique et cette chorale autant de plaisir que j'en ai eu à les diriger pendant deux ans.

mercredi 3 octobre 2007

Allergies alimentaires

Autre sujet de préoccupation au Gobolistan, comme vous le savez tous déjà, les allergies alimentaires de Nathanaël.

Petit résumé :

 

- Mai 2005 (5 mois) : hospitalisation d'un mois pour une entéropathie exsudative dûe à des allergies alimentaires sévères et multiples : lait, oeuf, blé, soja, arachide, fruits à coque (dans des proportions variables, mais à des degrés tels pour certaines que ça passait même dans le lait maternel). Suite à cela, Nathanaël est mis au régime strict Néocate jusqu'après son opération du coeur, à 1 an.

- Courant 2006 : découverte de l'allergie au poisson (1cm² de truite fumée : urticaire géant en deux minutes), et de l'allergie au céleri (même punition que pour la truite). Découverte en même temps de l'arme fatale : l'Aerius (sirop Anti-histaminique, en permanence à portée de main depuis ces expériences douloureuses).

- Janvier 2007 : Rendez-vous bilan chez le Professeur De Blay à Strasbourg pour savoir où en est Nathanaël : tests cutanés, et aucune allergie aux pollens, graminés, par contre forte allergie aux blanc et jaune d'oeuf, au lait de vache et à l'arachide. Rien pour le soja, fin de l'allergie au céleri, pas de test pour le poisson.

- Fin mai 2007 : TPO (Test de Provocation Orale) au lait de vache à l'hôpital Hautepierre, service pédiatrique,  à Strasbourg : 73 ml de lait en milieu hospitalier, sans réaction. Réintroduction progressive par la suite : 100 ml pendant deux semaines, puis 150 ml les deux semaines suivantes, puis 200 ml, et là, le corps a dit "halte-là, c'est trop !" (ceci dit, en parallèle, Nathanaël ne pouvait pas se résoudre à ne pas manger de fromage. Il a donc absorbé bien plus de lait que les quantités "officielles" et recommandées par le corps médical). Du coup, aucun problème sur la question des 200 ml, puisque nous savions qu'il était bien au-delà...

- Fin août 2007 : Re-rendez-vous bilan chez le Pr De Blay : entretien avec l'interne puis le médecin : identification d'une allergie aux pépins de tomates depuis le printemps (en réalité, il s'agit d'une réaction histamino-libératrice, pas d'une allergie, mais pour nous, ça veut dire la même chose : ne pas manger de pépins de tomates, sous peine de provoquer un urticaire important). Point sur la réintroduction du lait : ne reste qu'une intolérance à la crème et au beurre : soit une allergie à la caséine, la dernière qui reste en général chez les anciens allergiques au lait.

PAI à faire pour l'école, TPO à prévoir pour l'arachide (les tests sanguins montrent une sensibilité très importante, mais sensibilité ne veut pas dire allergie, il faut donc tester en milieu hospitalier, de manière à savoir où se situe le seuil de tolérance).

- Septembre 2007 : Nathanaël veut absolument manger du beurre... On lui donne donc du beurre, et bizarrement, pas de réaction. Il se peut donc que l'allergie à la caséine soit elle aussi de l'histoire ancienne... Comme quoi, les allergies alimentaires, ça fluctue pas mal...

 

Notre petit bonhomme est donc en attente d'un TPO sur l'arachide, et d'un PAI (Protocole d'Accueil Individualisé, voir billet "Yaourt et compote bis repetita") pour la cantine en décembre. Seulement, l'évolution rapide des allergies et surtout de leurs manifestations fait penser plusieurs choses : d'une part, le PAI peut être sans objet en décembre, au moment où il aura le droit d'aller à la cantine, d'autre part, l'évolution peut aussi aller vers d'autres aliments, voire d'autres formes d'un même aliment (on m'a cité le cas d'une personne allergique tantôt à la mie de pain, tantôt à la croûte...).
Bref, en ce qui concerne les allergies alimentaires, il semble qu'il n'y ait pas de traitement. Pas de désensibilisation non plus : la prise en charge consiste en une réintroduction très progressive de l'allergène, et on s'arrête là où il y a réaction. Puis, on continue à la maison, à partir de la dose maximale tolérée observée à l'hôpital. Si ça marche, on continue en augmentant, si ça ne marche pas, on continue l'éviction totale de l'aliment.

 

Advienne que pourra.