Il est des choses bizarres, parfois, dans la vie. On ne demande rien, on a un planning hyper chargé (surtout quand bien sûr on a très peu de temps pour tout faire), et sans qu'on ne comprenne pourquoi, tout part en vrille.
Hier soir, j'avais un tas de choses à faire. Mais bien sûr, comme c'est souvent le cas quand je suis fatiguée et que j'allume l'ordinateur, j'ai surfé sur Internet et sur Facebook, et je ne me suis pas couchée bien tôt (enfin tout dépend du point de vue : il était très tôt, ce 28 septembre...).
Du coup, j'avoue que j'étais un peu (en fait, non. Très) fatiguée ce matin, mais que comme j'avais un certain nombre de choses à faire, autant y aller et on verrait après pour le repos.
Allez, juste pour le fun :
- Faire la lessive (et pour ça, remplir le flacon de lessive avec la recharge, préalable indispensable pour pouvoir verser la lessive dans le bac à lessive. Les initié(e)s comprendront).
- Faire les comptes (parce qu'on va changer de banque, alors autant savoir où on en est).
- Imprimer les contrats d'assurance habitation du Gobolistan II, les signer.
- Porter les contrats signés à la banque qui fait aussi l'assurance (et non pas à l'assurance qui fait aussi la banque comme c'est le cas actuellement. Ca va, c'est clair ? Oui, je sais, mais c'est pas de ma faute : ces professionnels de la banque et de l'assurance ont une fâcheuse tendance à vouloir mélanger leurs métiers et de fait à brouiller les cartes pour les péquins moyens comme vous et moi qui cherchons à nous y retrouver).
- Aller chez l'assureur qui fait aussi la banque pour récupérer les attestations d'assurance des filles et modifier le contrat d'assurance puisque le Gobolistan I ne sera bientôt plus considéré comme résidence principale et qu'on n'aura plus besoin d'assurer les meubles qui seront bientôt assurés au Gobolistan II par la banque qui fait aussi assurance (re-oui, je sais).
- Passer à la pharmacie.
- Aller chez Intersports pour acheter une tenue de danse pour Gobolovna, puisqu'elle veut suivre l'exemple de BBK et s'y mettre aussi.
- Ranger le linge propre qui séchait dans la buanderie (qu'il faut donc au préalable avoir repassé), pour pouvoir étendre celui que j'ai mis dans la machine.
- Travailler sur la finalisation de l'atelier d'écriture que je vais animer la semaine prochaine à l'ISSM.
- Relire le mémoire de mon stagiaire du printemps dernier pour sa soutenance prévue mardi après-midi.
- Faire le bilan de la session de formation que nous avons organisée en juin pour le CA de l'association de documentalistes commanditaire de ladite formation, qui a lieu le 12 octobre à Paris.
- Faire les billets comptes-rendus de lectures pour Replay, Le Tueur de Temps et Bons baisers de Cora Sledge sur le blog "Les lectures d'Amélie".
- Aller voir le médecin pour faire établir les certificats médicaux nécessaires à la pratique de la danse pour Gobolovna et BBK (après, bien sûr, être allée chercher les enfants à l'école, cela va sans dire, mais cela va aussi mieux en le disant).
Bref, un beau paquet de choses à faire.
Mais ça, c'était avant.
Avant le suicide collectif des lutins du congélateur.
J'étais dans la buanderie, en train de me battre avec ma lessive (vous savez, celle que je devais transvaser dans le flacon pour pouvoir la verser dans la machine ?) quand j'ai senti comme une odeur de brûlé, venant du côté de la chaudière (derrière la douche, donc, pour ceux qui ont suivi l'épisode précédent).
Et alors là, il s'est passé un truc bizarre : j'ai le cerveau qui s'est mis à fonctionner de manière étrange. Fatigue ? Incrédulité ? Rêve éveillé ?
Je ne sais pas. Mais j'ai d'abord cherché, forcément, à savoir d'où ça pouvait bien venir. J'ai vu de la fumée, j'ai donc couru jusqu'au congélateur (parce que bon, ça se voyait que ça ne venait pas de la douche, ni de la chaudière d'ailleurs), et j'ai regardé sans trop comprendre en me demandant ce qui pouvait bien se passer.
Ben je vous le donne en mille : c'était tout bonnement un début d'incendie !!! Si !
Donc la première chose à laquelle j'ai pensé, ça a été de mettre de l'eau pour éteindre. Juste quelques petites flammes, pas bien méchantes en soi, mais j'ai hésité. Et j'ai bien fait. Parce que ce que j'ai remarqué quelques millièmes de secondes plus tard, c'est que c'était le bloc électronique (contrôle de la température et tout) qui était joyeusement en train de cramer. Un court-circuit, quoi, sur lequel je m'apprêtais à jeter de l'eau !
J'ai donc tiré sur le fil d'alimentation pour le débrancher, et me suis ruée sur le téléphone pour appeler Gobolof au secours.
Sur son conseil avisé, je suis ensuite allée couper le disjoncteur (au premier étage, donc avec un certain nombre de marches à monter et à redescendre), (ce qui après réflexion ne servait en fait plus vraiment à grand-chose puisque j'avais déjà débranché le congélateur) et sans trop savoir quoi faire ensuite, je suis redescendue à la buanderie. Pour constater que loin de s'arrêter, l'incendie prenait de l'ampleur. Grosses flammes, odeur manifeste de brûlé et de plastique fondu... pas très réjouissant, tout ça !
Début de panique. Et gros moment de solitude. Que faire ?
Je suis remontée à la recherche du téléphone, pour appeler les pompiers. Sauf qu'en coupant le disjoncteur, j'avais aussi coupé l'alimentation des téléphones. Et c'est là qu'on est content d'avoir un portable.
Sauf que pour une fois, je ne l'avais pas dans ma poche, parce que sur le chemin du retour hier soir, Jean-Luc m'avait appelée pour savoir ce que je devenais (j'étais en retard, mais on ne peut pas faire plus vite quand on doit porter un sac de légumes, une mallette de pique-nique, un sac à mains et une pochette de documents ramenés du bureau pour pouvoir y travailler durant le week-end, et en plus passer au guichet pour acheter le billet du mois d'octobre après avoir payé les légumes au maraîcher et retraversé la gare et le parking pour récupérer la voiture et enfin rentrer à la maison). Donc, le téléphone, il était tout bonnement resté sagement dans la voiture, sur le siège passager.
Je suis donc sortie en courant (et en chaussons, sans pull et dans le froid) dans la cour pour récupérer le téléphone (en oubliant, dans la panique, de prendre la clé pour ouvrir la voiture, bien sûr, parce que sinon c'est moins drôle), et j'y ai vu le voisin en train de maçonner des parpaings sur le mur mitoyen. Ni une, ni deux, je lui ai expliqué que le congélo avait pris feu et "s'il vous plaît, vous pouvez m'aider ?" Il est descendu de son échelle et est arrivé, le temps que je rentre pour chercher la clé et prendre mon portable dans la voiture. Retour à la maison, direction la buanderie, où le début d'incendie continuait toujours de ne pas vouloir finir, alors dans la panique, j'ai pris la première serviette de toilette qui se trouvait là et ai assommé les flammes avec.
Ben croyez-le ou non, ça l'a "mouché" vite fait, bien fait ! Entre-temps, le voisin était arrivé, et m'a confirmé que mon congélateur était mort, mais que c'était terminé et que ça n'irait pas plus loin, sauf s'il me prenait l'envie saugrenue de le rebrancher.
Ben oui, mais je fais quoi, moi, avec mes pizzas, mes mirabelles, mes poissons panés, mes saucisses et tout le reste ???
Dans les trois minutes qui ont suivi, Gobolof est arrivé, a constaté les dégâts, et m'a donné son avis imparable : "Il est foutu".
Ok, ça, je le savais. Mais concrètement, on fait quoi, là ???
Il ne nous a pas fallu plus de deux minutes pour nous décider à en acheter un autre (heureusement qu'on ne va pas faire tous les travaux tout de suite, au Gobolistan II, et qu'on a fini ceux du Gobolistan I, parce que d'autres dépenses comme ça, on ne pourra pas faire face, si vous voyez ce que je veux dire). Et c'est sur le chemin du magasin que nous avons pensé à l'assurance (vous savez ? celle qui fait aussi banque ?) et que ni une, ni deux, nous avons bifurqué vers le centre-ville pour voir si pour une fois, ça servait à quelque chose de cotiser...
Évidemment, en cas de sinistre, on n'a pas le temps de prendre rendez-vous avec son assureur. Alors nous sommes arrivés comme ça, et j'ai bien vu que la personne dans le bureau face à la salle d'attente ne comprenait pas bien pourquoi on était si speed... Jusqu'à ce que je lui dise un peu vertement, depuis la salle d'attente : "Quand on vient d'avoir un début d'incendie chez soi et qu'il n'est pas encore 9h30 du matin, on a le droit d'être speed, au moins un peu !". Elle n'a plus bronché, et une autre conseillère, qui nous a pris pour le client qu'elle attendait mais qui était en retard, nous a mis en relation avec le service sinistres.
Après avoir fait notre déclaration, j'ai quand même réussi à demander à la charmante première conseillère de nous imprimer les fameuses attestations pour les enfants (histoire de ne pas avoir à revenir immédiatement) et je voulais faire le changement de contrat quand elle m'a dit que je pouvais le faire par téléphone ! Incrédulité de ma part. Ah bon ? Et y'a rien à signer ?
Bref, je démêlerai ça un autre jour, parce que là, l'urgence, c'était quand même de trouver un congélateur. Retour au magasin, exploration, tractations, et à 10 heures 30 pétantes, nous étions de retour avec un beau congélateur... sans aucune place pour le brancher dans la maison, bien sûr (sinon, on n'aurait pas besoin de changer de maison, soit dit en passant, et ce serait quand même bien moins fun !). Du coup, il est dans l'entrée, ce qui facilitera le déménagement quand on y sera (et j'espère qu'on y sera très vite !!!). Reste qu'il faut attendre plusieurs heures avant de pouvoir "charger" le congélateur avec ce que contenait l'ancien.
Comme vous pouvez le constater, mon planning a donc été un tantinet chamboulé. Parce que bien sûr, du coup, à part aller chercher les attestations et lancer une lessive, je n'ai encore rien fait de ce que j'étais censée faire aujourd'hui. Il faut maintenant contacter le service après-vente (j'ai déjà essayé deux fois, mais ça ne répond pas) pour le papier nécessaire à l'assurance pour le remboursement, remplir le congélateur, aller chercher les enfants à l'école... et au lieu de ça, je suis là à écrire dans ce blog.
Journée bizarre...
Mais nous en sortirons vainqueurs ! (ce qui n'est pas le cas de nos lutins du congélateur, que nous enterrerons d'ici peu à la décharge, parce que je crois que malheureusement, il n'y a plus grand-chose d'autre à faire pour eux !).
C'était nos aventures gobolistanaises, épisode je ne sais plus combien... merci de votre attention ! (hauts les cœurs : la maison est toujours debout, toujours vendable et, cerise sur le gâteau, nous n'avons aucun mort humain à déplorer).