lundi 31 mars 2008

Week-end de folie !!!


Alors comme d'habitude, le week-end dernier aurait pu être réjouissant : au programme, nous avions prévu :

Rien le samedi (une fois n'est pas coutume !)

aller chez des amis le dimanche, la première fois depuis leur déménagement il y a maintenant plusieurs mois, la première fois aussi depuis la naissance de leur 4ème (Tiphaine, née le 1er août, si Alzheimer ne m'a pas encore atteinte).

Or, vous vous en doutez bien, sinon je ne serais pas là à écrire ces lignes, les choses ne se sont pas tout à fait passées comme prévu.

 

En réalité, le désastre s'annonçait déjà dès jeudi soir. Je suis allée à Paris le 27 mars, et j'y ai retrouvé Emilie (Pearl-of-Light pour ceux qui fréquentent le site Yoko (voir dans les liens)), et j'ai eu aussi l'immense joie de rencontrer Valérie (Val sur le même site). Après un petit déjeuner sympathique à refaire le monde et à essayer de prévoir notre week-end à Bruges, je suis partie à ma réunion au CNAM. Tout s'est bien passé, et à part le retard de 10 minutes à l'arrivée du train le matin, je n'ai rien eu à déplorer ce jour-là : pas de manifestations, pas de suicides dans le métro, pas de problèmes de correspondances, bref, tout semblait bien se passer. Je suis arrivée à l'heure à la gare pour mon retour en Alsace, et coup de bol, le train était à l'heure à Sélestat aussi !

Et là, les choses ont commencé à doucement se gâter.

Tout d'abord, Gobolof m'avait promis d'être à la gare à 19h11 pour venir me chercher. Je ne le lui avais même pas demandé, il m'avait simplement dit qu'il voulait être là. Mais c'est que c'est une bonne idée, ça !

19h12 : je sors de la gare : pas de Gobolof. Pas grave, il va arriver ! J'attends !

19h15 : toujours personne. Bon, ça ne fait que 4 minutes de retard, ce n'est quand même pas la catastrophe !

19h17 : j'appelle Vincent, le frère de Gobolof, pour savoir si lui sait quelque chose (parce qu'en fait, je ne peux pas appeler Gobolof lui-même : c'est moi qui ai son téléphone !). Et là, Vincent me dit gentiment : "Mais si, je sais où il est ! Il est chez le médecin, Nathanaël a des boutons, et la maîtresse a appelé pour qu'on vienne le chercher parce qu'il est contagieux, et alors ils n'ont pas le téléphone de Jean-Luc, donc ils m'ont appelé, et comme je n'étais pas avec Jean-Luc, il n'a pu aller le chercher qu'à plus de 17 heures, et il est parti chez le médecin, et il n'est pas encore rentré."

Pas très clair, tout cela, si ce n'est que comme d'hab', Gobolof gère, et que je n'ai plus qu'à rentrer à pieds. Et puis, peut-être qu'entre temps, ils seront rentrés : le médecin ferme à 19 heures...

19h27 : je suis devant la maison, et y'a personne. Pas de voiture. Donc, puisque le médecin n'est pas là non plus (j'ai appelé à son cabinet), ben c'est qu'ils sont en route, vu que la pharmacie, à cette heure-là, doit elle aussi être fermée. Vont pas tarder.

19h28 : j'appelle maman parce que je viens de voir dans la boîte aux lettres que Popi est arrivé pour BBK : l'abonnement se terminait donc en Avril et pas en Mars, il faut donc le faire repartir à partir de Mai, et pas d'Avril. Et "au fait, Nathanaël est malade, sans doute la varicelle, je te tiens au courant". Je raccroche, et hop ! qui je vois arriver ? La voiture ! Donc, forcément, Gobolof, Gobolovitch et BBK aussi (Gobolovna est en classe verte-devenue-classe-de-neige jusqu'à vendredi !).

 

Explications de Gobolof : « C’est pas la varicelle ! C’est de l’eczéma ! »

Bref, on fait du neuf avec du vieux, quoi ! On pourrait dire aussi « Rien de nouveau sous le soleil », ce serait pareil. Parce que l’eczéma, au Gobolistan, on connaît bien. Avec Gobolovna, d’abord, on en a pris pour un an, et on en a été sauvés par la Canicule (vous savez, celle qui a fait environ 15 000 morts en France en 15 jours ? Ben au Gobolistan, elle a eu un effet inattendu et tout à fait bénéfique, en asséchant la peau et en faisant disparaître l’eczéma !).

Ensuite, on a remis ça avec Gobolovitch, en plus fort, plus long, encore plus étendu (si c’était possible !) et encore plus suintant (ça aussi, je n’aurais jamais pensé que ce fût possible…).

Parce que l’eczéma de Gobolovitch, il était non seulement atopique, comme celui de Gobolovna, mais également allergique ! Chouette !

Donc, de l’eczéma. Ouf. Rien que nous ne sachions soigner et gérer, en fait. J’étais presque déçue que ce ne soit pas la varicelle !

Et Gobolof poursuit : « Et puis la maîtresse, elle disait qu’il était contagieux » (Ben bien sûr que non, puisque c’est de l’eczéma, c’est donc pas du tout contagieux).

Ok, donc, pour demain, y’aura qu’à la rassurer, et il pourra retourner à l’école ! C’est que je travaille, moi, demain !

 

La journée de jeudi, qui aurait pu si mal se terminer, a donc fini paisiblement, et Gobol s’en est allée au lit, rassurée, certaine que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes dès le lendemain.

Mais voilà…

 

8h15, vendredi matin : Gobolof est parti avec Gobolovitch et BBK à 8h05, pour déposer Gobolovitch à l’école. Et il téléphone : « Amélie, la maîtresse elle dit que Nathanaël est contagieux et qu’il faut un certificat du médecin pour qu’il puisse retourner en classe ! Attend, je te donne le nom du virus pour qu’il puisse faire le bon certificat : c’est le Parvovirus B19, il paraît qu’il est dangereux pour les femmes enceintes, et que c’est pour ça que la maîtresse est partie, hier, et elle ne reviendra que quand ils auront le certificat pour Nathanaël ».

Ben voyons. Et ils pensent qu’un certificat, ça se trouve dans une pochette surprise ?

Le problème, c’est que du coup, Nathanaël a été exclu de l’école jusqu’à l’obtention du certificat en question. Va donc falloir faire quelque chose.

 

8h17 : j’appelle le service de l’éducation : « Madame, je vous appelle parce que Nathanaël est interdit d’école à cause du Parvovirus B19. C’est quoi ce délire ? » « Ben je ne sais pas, madame Platz, faut vous adresser à l’éducation Nationale. Mais je note qu’il ne sera pas à la cantine, c’est ça ? » « Ben oui, puisqu’il n’a pas le droit d’aller à l’école ! Et c’est légal, ça ? » « J’en sais rien, faut voir avec l’Education nationale ».

8h19 : « Allo docteur ? Je suis désolée de vous déranger, mais Nathanaël, c’est bien de l’eczéma, qu’il a ? » « Ben oui, pourquoi ? » « Parce qu’il a été refusé à l’école sous prétexte qu’il est contagieux, et ils veulent un certificat comme quoi il n’a pas le Parvovirus B19 ! » « Bon sang, c’est qui le médecin, ici ? Eux ou moi ? C’est pas contagieux l’eczéma ! et c’est pas non plus dû à un virus ! Mais on est en plein délire, là ! » « Ben je suis bien d’accord avec vous, moi, mais il leur faut un certificat, sinon, il ne pourra pas retourner en classe ! »

« Attendez, je me renseigne et je vous rappelle ».

 

8h30 : j’appelle l’école : « Bonjour, je voudrais parler à la directrice, s’il vous plaît » « La directrice est en classe verte » « Ah oui, c’est vrai, ma fille est avec eux. Bon, je vous appelle à propos de Nathanaël Platz » « Je vous passe sa maîtresse ! » (l’autre, parce que l’enseignante de la partie allemande est en arrêt de maladie, là, j’ai droit à l’enseignante française).

« Bonjour Madame Platz ! Oui, il faut un certificat pour Nathanaël » « Mais c’est que je ne peux pas vous donner de certificat, moi ! Je ne peux pas aller chez le médecin tous les jours : hier, il nous a dit que c’était un eczéma, et l’eczéma n’est pas contagieux, et puis, je suis sûre que c’est ça, ça va déjà mieux avec la crème qu’on lui a donnée. » « Vous savez, madame, je l’ai vu ce matin, et il avait toujours les joues aussi rouges qu’hier ! » (c’est ça, traitez-moi de menteuse, pendant que vous y êtes !)

« Non, ça va mieux, il n’a plus rien sur les jambes, le ventre… et puis, vous savez, l’eczéma, je sais ce que c’est, et là, c’est rien, c’est atopique, ça peut récidiver pendant plusieurs années, mais ce n’est pas contagieux ! » « Peut-être, mais il faut un certificat ! » (bon, ça va, j’ai compris…)

« Au fait, c’est quoi, ce « parvovirus B19 ? Ca sort d’où, ça ? »

« Ben c’est un virus tout à fait bénin chez les enfants, mais qui provoque des fausses couches chez les femmes enceintes au cours du troisième trimestre, et comme l’autre maîtresse connaît, elle a demandé conseil à son médecin traitant, qui a préféré l’arrêter pour lui éviter de prendre des risques… »

etc, etc.

 

Bilan du coup de fil : le certificat médical est obligatoire, sans cela Nathanaël n’ira plus en classe.

Je rappelle le médecin, qui voit rouge et me dit qu’il ne peut pas le faire, parce que pour le faire, il faut que je revienne avec Nathanaël, qu’on fasse des prélèvements, qu’on envoie le tout à Lyon pour les faire analyser, et que ça prendra une semaine au bas mot pour avoir des résultats, et que zut, y’en a marre des enseignants !

Vous en faîtes pas, docteur. Vous pouvez peut-être faire un certificat comme quoi la maladie qu’il a n’est pas contagieuse ? Comme ça, ça vous évite la paperasse, ça nous évite les prélèvements, l’attente, et à l’école, ils auront le certificat demandé, et il pourra retourner en classe demain ?

Il est d’accord, alors on est parti comme ça.

 

9 heures : il est temps que je me prépare pour aller à mon stage : c’est dans 45 minutes.

Allez zou, séquence maquillage, je me fais belle, et à 9h15, je suis prête. Je dois faire vite : je voudrais passer à la pharmacie pour aller chercher un nouveau tube de crème pour Nath, et au service de l’éducation pour inscrire Gobolovna au CP. Y’a pas de temps à perdre !

Je descends, et au moment où je veux sortir : pas moyen, la porte est fermée à clé ! Et où est la clé ? Pas là ! Chouette ! Je suis enfermée à la maison ! Et bien entendu, pas moyen d’appeler Jean-Luc : la veille, Vincent lui a donné un nouveau portable avec un nouveau numéro, parce que François partait en livraisons, et qu’il avait besoin du téléphone, et que Vincent aussi partait en livraisons, et qu’il avait donc lui aussi besoin du téléphone, et que jusqu’à présent, ils avaient réussi à se débrouiller avec seulement deux téléphones pour trois, mais que là, un troisième était devenu indispensable. Sauf qu’il avait oublié de nous donner… le numéro ! Impossible de joindre Jean-Luc.

J’appelle donc Vincent, puisque François (le père), est injoignable sur l’ancien numéro de Jean-Luc (le téléphone que j’avais la veille à Paris !). Et là, il me dit qu’il n’est pas du tout à Sélestat, qu’il ne peut pas m’aider, qu’il n’a pas le numéro de Jean-Luc sur lui, et que je n’ai qu’à passer par la fenêtre !

 

Après avoir vérifié, je me rends compte que, pour bête que ce soit, c’est néanmoins la seule chose possible. Je prends donc mon courage à deux mains, et j’ouvre la fenêtre. Premier problème : atteindre le balai qui se trouve debout, à droite de la table de jardin qui se trouve sous la fenêtre. Après quelques contorsions, j’arrive à attraper le balai, et je peux alors soulever un côté de la table pour enlever l’eau qui stagne dessus (vous savez, il a neigé en début de semaine, et l’eau qui stagne, ce sont les restes !). Je remets mes chaussons, parce qu’il est hors de question que je descende en chaussettes, et commence à tenter une sortie. Et que faire si la clé n’est pas dans la poche de ma veste ? Comment rentrer ? Comment fermer la fenêtre ? Comment appeler l’institut pour dire à Frédérique que je ne peux pas venir ? On verra après. Pour l’heure, j’ai réussi à sortir, à escalader le mur, à descendre sur la table en plastique qui miracle, ne s’est pas cassée (je suis donc moins lourde que je ne le pensais ???), à descendre de la table, et hop, sans perdre mes chaussons, à ouvrir la porte extérieure provisoire (celle qui ne ferme pas), à ouvrir la penderie dans le vestibule, et ô miracle, mes clés sont dans ma poche : J’ouvre la porte d’entrée, retourne dans la cuisine pour fermer la fenêtre, récupère mon sac, vite, ma veste, mes chaussures, et c’est parti. Je n’aurai pas le temps pour le service de l’éducation, mais la pharmacie, ça devrait être possible !

 

Et bien non. Parce que je croise Claire-Marie. Et on commence à papoter. Et au bout de quelques minutes, je me rends compte que si je n’active pas, ce n’est pas la peine d’y aller ! Je vais être en retard !!!

9h45 pétantes : me voici à Soleil Beauté, l’institut de beauté où j’effectue mon stage pour préparer le CAP. La journée a commencé il y a moins de 3 heures, et j’ai déjà l’impression d’y être depuis une éternité…

Heureusement, le stage se passe bien. Le premier soin n’est qu’à 10 heures, ce qui me laisse le temps de me poser, et le deuxième à midi, ce sera fini vers 13h30, reprise à 15 heures.

Pendant la pause, je découvre trois messages sur le répondeur : l’un de Jean-Luc, inquiet à propos de cette histoire de clés, à 9h30 (je devais être partie depuis moins de 3 minutes…), le deuxième vers 10h45, le médecin pour me dire que le certificat est prêt, ainsi que l’ordonnance, que Jean-Luc a oubliée la veille au cabinet médical, et le troisième de Jean-Luc, à 13h36, étonné que je ne sois pas encore rentrée (mais mon chéri, il me faut au bas mot 10 minutes à pieds, minimum, pour rentrer, et je finissais à 13 heures 30, mais j’en ai profité pour aller d’abord au service de l’éducation qui ouvre à 13h30, inscrire d’une part Noémi au CP, et d’autre part les deux grands au centre de loisirs pendant la première semaine des vacances de printemps, puisque je dois faire un stage…, et puis ensuite, je suis passée à la pharmacie pour les médicaments de Nath, et donc, je suis rentrée vers 14h15, j’ai donc maxi ½ heure pour manger, heureusement qu’il y a encore des choses à réchauffer pour midi, ça devrait suffire).

 

Je rappelle néanmoins Jean-Luc, histoire de le prévenir pour le certificat, parce que Noémi rentre ce soir de classe verte, et que je ne pourrai pas être partout, alors tant qu’à faire, s’il peut passer chez le médecin avant de rentrer à 17h30, ce serait bien…

 

18 heures, je suis de retour à la maison. Et là, bien sûr, je me dis que je suis à la bourre, puisque l’heure de retour de Noémi, c’est… 18 heures ! Eh ben non ! Pour une fois, je suis contente du retard : 18h15, ça suffit ! Chouette ! Un pipi, et c’est reparti pour un tour, direction l’école, cette fois. Allez, en voiture, Simone !

18h30 : tout le monde est enfin réuni, et Noémi nous raconte les péripéties de la classe verte transformée par la météo en classe de neige depuis mardi (50 cm en hauteur, fallait pas les rater !)

 

20h : les trois zouaves sont au lit, on va peut-être pouvoir passer une soirée en amoureux ?

(la suite au prochain épisode).


 

lundi 24 mars 2008

Pâques !

 

je m'y prends une fois de plus un chouia trop tard, mais le coeur y est :

Je vous souhaite à tous de belles et saintes fêtes de Pâques !

Ou plutôt, je souhaite que vous ayiez tous passé de très belles fêtes pascales.

 

Que vous ayiez bien mangé, que vous ayiez pu retrouver ceux que vous aimez, passer de belles journées avec eux.

Pour ceux qui y croient, je voulais partager avec vous la joie qu'ont été pour moi ces journées, et comme chaque année, la grande joie d'entrer dans cette fête par la célébration de la Sainte Cène.

J'ai eu la grâce aussi de vivre le sacrement de la réconciliation, et j'ai pu ainsi vivre pleinement la journée du Vendredi Saint, dans le recueillement, et sans, pour une fois, me battre en permanence avec les enfants.

Samedi a, comme tous les ans, été une journée de silence (relatif, la vie continue !) et de préparation, du moins le matin. J'ai pu trouver le temps de faire les Lammala pour toute la famille (sauf pour Rébecca, un peu trop petite, mais ce sera pour l'an prochain), soit quatre en tout. J'ai aussi pu préparer un flan pour l'après-midi (pas encore Pâques, mais déjà de la visite !) et nous avons eu la joie de recevoir ma grand-mère, ainsi que deux de mes tantes, trois de mes cousins, et une des nombreuses arrière-petite-filles de ma grand-mère ! Au menu de l'après-midi : papotage, gâteau, vin et jus de fruits pour les enfants, maquillage pour ma grand-mère (venue aussi pour me servir de cobbaye, donc), épilation des sourcils d'une de mes cousines, et du coup, trois cobbayes de plus (ma tante, et ses deux filles !)

Le soir, j'étais de service pour la Vigile Pascale. Les enfants étant trop petits et un peu trop turbulents aussi, Jean-Luc a fait du baby-sitting pour la deuxième année consécutive (promis, mon chéri, bientôt, nous pourrons y retourner en famille !). La messe était très belle, très priante, sans fioriture, mais très joyeuse !

Dimanche, re-belotte : messe à 11 heures, avec les enfants cette fois. mais contrairement à la messe du Jeudi Saint et à celle du Vendredi Saint, un temps de partage de l'Evangile était prévu pour les enfants de maternelle, ce qui a permis à nos deux grands de mieux suivre ce qui se passe pendant ces journées. Restait le problème de BBK, qui n'a rien de mieux à faire que d'explorer l'église dans tous les sens ! Depuis qu'elle marche, il faut qu'elle aille partout !

Vendredi, elle a réussi à faire tomber la Croix, le Crucifix de Saint Damien qui devait être exposé devant l'autel à la fin de la célébration. J'ai pu voir que BBK n'avait rien, j'ai alors eu peur pour la croix...

Dimanche, elle a jeté son dévolu sur les lumignons, pile-poil à sa hauteur dans le présentoir !

A la fin de la messe, nombreux étaient ceux qui se demandaient s'il fallait se souhaiter une belle fête de Pâques ou... un Joyeux Noël ! Il a neigé toute la matinée !

 

L'après-midi, nous avons enfin pu nous retrouver un peu seuls Jean-Luc et moi, avant d'aller chez mes beaux-parents pour la traditionnelle chasse aux oeufs ! Le lièvre de Pâques a donc bien déposé les oeufs en chocolat, et chacun des trois zouaves Goboloviens a pu retrouver le paquet qui avait été déposé pour lui. Puis, nous avons eu la surprise de voir débarquer le frère de Jean-Luc avec femme et enfants, ce qui a encore augmenté d'une part le volume sonore ambiant, et d'autre part le bazar dans la maison. Mais c'est vrai que 5 enfants entre 1 et 5 ans, ça déménage !

 

Profitez bien de cette belle journée fériée en famille ou entre amis !

 

Et n'oubliez pas !

 

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

 

mardi 18 mars 2008

Semaine Sainte

Ca y est ! Nous sommes entrés depuis Dimanche dernier dans la Semaine Sainte.

Je ne vous ferai pas l'affront de vous expliquer ce qu'est la Semaine Sainte : même les non croyants, en général, savent à quel point ce moment de l'année peut être important pour les chrétiens : on en parle même sur TF1...

Mais cette semaine, c'est aussi une semaine intense de stress, notamment quand on s'est engagé auprès de la paroisse en tant qu'animateur/animatrice/chef de choeur/organiste (rayer la mention inutile).

Parce que voyez-vous, la Semaine Sainte, c'est certes, comme toutes les semaines, une messe par jour (oui, il y en a qui y vont tous les jours, et pas uniquement le dimanche), mais comme c'est une semaine particulière, ce sont des messes particulières. Par exemple, pour 2008 (comme chaque année, d'ailleurs, me direz-vous), nous avons la Semaine qui commence par la Messe des Rameaux (ça, c'était dimanche dernier). Puis, le lundi, il n'y a pas grand'chose de particulier, ni le mardi non plus, d'ailleurs, si ce n'est des célébrations pénitentielles collectives, histoire de se préparer spirituellement aux événements à venir, et le mercredi, les grandes festivités commencent : messe chrismale à la Cathédrale (bon, là, d'accord, c'est pas évident pour nous). Le Jeudi, ça se corse un tout petit peu : c'est la célébration de la Cène, le dernier repas du Christ, moment où Il nous fait don de l'Eucharistie (personnellement, pour moi, la messe du dimanche est une véritable nourriture, au sens propre (la communion) comme au figuré (la Parole). La messe du Jeudi Saint est donc particulièrement importante, puisque c'est l'institution du don que Jésus nous fait de son corps et de son sang). Le Vendredi, c'est la célébration de la Passion du Christ : C'est le jour où Il meurt sur la croix. Moment intense et grave, où l'on fait silence (les cloches ne sonneront plus jusqu'à la Résurrection), et en Alsace, c'est particulièrement important, puisque héritage protestant oblige, on a en plus droit à un jour férié (pas moyen d'oublier, quoi !). Le samedi, on a droit à deux messes, si on veut : la messe du jour (comme tous les autres samedis), et la Vigile Pascale, le soir. Et là, c'est carrément la fête : le Christ est RESSUSCITE ! Rien que ça ! Si, si, il était mort, et il est Vivant ! Pour nous, et jusqu'à la fin du monde ! (bon, alors c'est vrai qu'expliquer ça aux enfants, ça peut paraître un peu compliqué, mais bon, pour l'instant, ils ne posent pas trop de questions, sans doute parce qu'ils ne semblent pas être encore bien conscients de ce qu'est réellement la mort...). Et le dimanche c'est la grande fête de Pâques.

 

Voilà pour le côté "religieux". Parce qu'il y a l'aspect stressant. Par exemple, pour le Jeudi Saint, c'est à mon tour d'animer la célébration. Et ben c'est pas gagné ! Parce que là, on est mardi soir, et je n'ai toujours pas le déroulement définitif de cette célébration (je l'ai préparée toute seule, et j'attends donc les modifications de notre curé... qui ne semble pas bien pressé de me faire ses observations !). Mais il y a pire. Samedi soir, pour la Vigile, les deux chorales rescapées plus mes ex-choristes chanteront, sous la direction des deux chefs, alternativement. Répétition ce soir, mais sans l'une des deux chefs ! Elle est partie pour la semaine, et rentrera en fin de semaine (mais quand ? That's the question of the day !). Autre sujet de préoccupation : notre curé (encore lui !) m'a gentiment demandé de chanter les psaumes qui seront comme un écho à chacune des lectures de la célébration. Oui, mais lesquels ? A l'heure qu'il est, il ne m'a toujours pas donné d'indications précises (ni les psaumes en question, ni les mélodies, ni les textes...). Heureusement, l'organiste est encore plus stressé que moi, et il m'a appelée ce soir pour me demander de lui donner les textes, afin qu'il sache exactement comment jouer sur les psalmodies. Il a été sidéré d'apprendre que je n'avais même pas le "programme" (oh que je n'aime pas ce terme quand il s'agit de la messe... ce n'est pas un concert !), et que je ne savais même pas ce que je devais chanter. Du coup, c'est lui qui m'a transmis ce qu'il avait, c'est-à-dire le déroulement précis, les titres des chants, et les partitions pour les trois psaumes. Et là, surprise ! Ce ne sont pas deux, mais trois psaumes, et uniquement des chants que je ne connais pas ! Chouette ! En plus, va falloir les travailler ! Bon, pas de panique, j'ai le temps, demain, entre 9h30 et 10h30, d'aller au presbytère "sonner les cloches" de notre curé pour obtenir des explications, des éclaircissements, et surtout des partitions complètes, comprenant non seulement la musique, mais aussi les paroles...

 

L'autre aspect de Pâques, ce sont les traditions culinaires alsaciennes. Parce qu'ici, il y a un petit truc que je n'ai jamais rencontré ailleurs : le Lammala. Le Lammala est un agneau en biscuit confectionné le samedi saint, et consommé exclusivement le matin du dimanche de Pâques. Et comme je me dois, ayant épousé un Alsacien pure souche, de me mettre aux coutumes locales, j'ai pris le parti de faire les Lammalas à la maison (parce que bien entendu, on peut les acheter, mais honnêtement, ce n'est pas pareil, et c'est bien plus cher...). En ces temps difficiles où le pouvoir d'achat des Français, des Alsaciens et des Goboloviens est mis à mal, ce n'est pas un aspect à négliger. Mais le Lammala n'est pas la seule tradition. S'y ajoute aussi le Pain de Pâques. Depuis quelques années, c'est-à-dire depuis mon arrivée à Sélestat, je me fais livrer tous les ans ce pain, confectionné uniquement le Samedi Saint, tout comme le Lammala. Et en plus, ça fait travailler une association à caractère social locale, et ce n'est donc pas plus mal (et encore en plus en plus, c'est carrément bon, donc on ne va pas refuser de se faire du bien, et de faire du bien aux autres, ce serait parfaitement stupide, non ?). Autre tradition, mais celle-là semble être répandue bien au-delà de l'Alsace et du Gobolistan : la chasse aux oeufs, et sa variante, la livraison du lapin de Pâques, qui tient à la fois de la visite familiale et du Père Noël à Pâques. Chez nous, ou plutôt dans la famille de Gobolof, cela se traduit invariablement par un défilé des frères, parents et oncles côté Platz. Et là, c'est la débauche, l'avalanche, à croire qu'il y a  un concours, dont le gagnant est celui qui apportera le plus gros lapin en chocolat... Je vous avouerai que c'est l'aspect qui me plaît le moins là-dedans : que faire de trois lapins de 60 cm de haut chacun ??? et que faire quand ça se multiplie par trois parce que trois enfants, puis par 5, parce que chacun y va de son cadeau (les deux frères de Gobolof, ses parents, son oncle et sa grand-mère) ? Et comme ce serait mal vu que nous ne rendions pas la pareille, ben on est bien obligés de s'y mettre aussi... Mais je me refuse à la surenchère. Donc, ici, c'est un budget raisonnable par enfant, c'est la même chose pour tout le monde (comme ça, y'a pas de jaloux), et rien ou presque pour nos propres enfants (ils auront déjà bien assez de la part des autres, c'est pas la peine qu'on en rajoute...).

Le côté sympa, c'est que le week-end de Pâques dure 4 jours entiers, et qu'on a le temps de voir la famille (dont ma tante de Strasbourg, elle aussi "exilée" en Alsace depuis quelques années, et elle aussi "adaptée" aux traditions locales : elle a encore plus de mérite que moi, puisque son mari, tout comme elle, est normand, et qu'ils n'étaient pas du tout obligés de s'y mettre !) ! Donc, soit nous allons à Strasbourg le lundi de Pâques, soit, comme cette année, ce sont eux qui viendront nous voir, et puis ce seront les visites chez les parents, frères, oncle et grand-mère de mon cher Gobolof.

Et finalement, je trouve que ces traditions ont du bon : elles permettent de se préparer à la fête, de penser à chacun, elles permettent aussi de se revoir, alors que ce n'est pas si facile que ça de se poser quand on a un quotidien surbooké comme le nôtre (mais je sais que nous ne sommes pas des cas isolés, loin de là !). Ca demande beaucoup de temps et de préparation, un peu (beaucoup, parfois !) de stress, mais le plaisir de se revoir aussi...

 

Et puis, n'oublions pas le principal : si nous sommes ici pour en parler, de Pâques, c'est parce qu'il y a 2000 ans environ, un certain Jésus a donné sa vie pour nous sauver de la mort, et qu'il est ressuscité. Et qu'au passage, il nous a promis la Vie éternelle. Ca mérite qu'on s'y arrête, non ?

lundi 17 mars 2008

Travail, travail, travail... toujours !

Bon, alors c'est vrai que ça fait hyper longtemps que je n'ai plus écrit ici. Non, je ne délaisse pas le blog. Non. Mais voyez-vous, il y a des moments, des périodes, même, où c'est plus difficile d'écrire.

Les problèmes de page blanche, je connais aussi, comme toute personne qui souhaite écrire un peu. Et là, en ce moment, il y a tellement de choses dans ma petite tête que ça a du mal à se mettre en ordre pour pouvoir être couché sur du papier ou un écran d'ordinateur.

Donc, le présent billet s'appelant "Travail, travail, travail... toujours !", je suis censée vous parler... Travail ! Oui, c'est bien, vous suivez.

Et bien non, je n'ai pas du tout envie de vous en parler.

Parce que ça aurait tendance à me déprimer un peu, tout ça.

 

D'abord, le travail de qui ?

 

De Gobolof, qui est de nouveau à Péta-ou-schnok pour la semaine ? De son travail qui me prive de mon mari et de son soutien, de son aide au quotidien ? Il a un métier superbe, une vraie passion pour lui, un travail en harmonie avec la nature, dans le respect de la nature... Mais c'est sa passion à lui, et des fois, je la déteste (sa passion !) de me l'enlever si souvent...

 

Du mien, alors ? Duquel ? Documentaliste ? Oui, ça, c'est mon métier. Un métier que j'aime, mais qui, parfois, me sort par les yeux. Entendons-nous bien, il ne s'agit pas de mon travail au quotidien, de mes tâches de documentaliste. Parce que ça, c'est sans problème. Ce qui me sort parfois par les yeux, ce sont les relations avec F. (je ne citerai pas son nom...), mon "cher" collègue. Parce que F. est franchement compliqué. Il est notre aide-documentaliste, avec certaines particularités qui font qu'il est à la fois unique, touchant, énervant, surprenant... Bref, il nous oblige, Magali (ma collègue documentaliste, dont je vous ai déjà parlé il y a quelques temps) et moi, à nous remettre sans cesse en questions, et si c'est bénéfique la plupart du temps, si ça nous aide nous aussi à avancer, à ne pas nous laisser scléroser par les petites habitudes du quotidien, eh ben parfois aussi, c'est usant, parce que se remettre en cause sans arrêt, c'est franchement compliqué : ce que je faisais hier, il faut le changer, faire attention à ci, ou à ça... Oui, mais demain ? Qu'est-ce qu'il va encore trouver ? Qu'est-ce qui va encore me tomber dessus ? Qu'est-ce qu'il va encore inventer ? Sur quoi portera la discussion ? Ses états d'âme ???

Parce que F. est handicapé mental, tendance paranoïaque, gay, et son ami est Suisse de surcroît. Oh, n'allez pas croire que ça me pose un problème en soi : chacun est libre, tant que ça n'interfère ni sur les autres (leur liberté), ni sur le travail qu'il est censé faire. Et c'est là le hic : il a fallu se battre pour faire sortir l'homosexualité des priorités documentaires de notre centre de doc... Il a fallu batailler ferme pour lui faire comprendre que nous n'étions pas ses psys, ni ses copines à qui il peut raconter ses problèmes et partager ses états d'âme, ses questionnements sur la sexualité, le mariage, les enfants, l'éducation, la législation suisse avec ses avantages et ses inconvénients côté patrimonial ou social...

 

La question qui se pose, c'est comment réagir quand il "pète un fusible" ? Comment prévenir les crises ? Alors oui, du chemin, j'en ai fait. J'ai arrêté de le considérer comme quelqu'un de "normal" (mais qu'est-ce donc que la normalité ???), pour prendre en compte le fait qu'il n'est pas normal du tout, et qu'il convient de surveiller tout ce qu'on lui dit, et tout ce qu'on fait, parce que figurez-vous que F., non content d'être en thérapie depuis des années à cause de sa maladie, a trouvé le moyen de tomber amoureux d'un... psychiatre... Oui ! Du coup, il analyse tout ! Nos actes, nos paroles, ses erreurs ("Je ferai cette étiquette une autre fois, parce que ça fait trois fois que je la recommence aujourd'hui, et trois fois que je me trompe, donc inconsciemment, je dois avoir un problème avec cette étiquette, ou alors avec le livre où je dois la coller" : vous voyez le genre ???). Donc, la règle d'or : ne jamais parler tout de suite. Jamais. Ca risquerait de déclencher une crise aiguë de paranoïa, du style : "tu veux me mettre en difficulté devant les élèves [nous, à l'ISSM, on dit plutôt des "étudiants", compte-tenu de leur niveau post-bac, mais il n'y a pas moyen de le lui faire comprendre], tu veux qu'ils me voient comme un incapable, tu veux me faire sentir que c'est toi la chef, que je fais mal mon travail" etc, etc. Donc, quand il y a quelque chose à revoir avec lui, la règle d'or, c'est DIFFERER ! Toujours ! Ne jamais dire maintenant ce qui peut attendre demain ! (sauf que j'ai du mal à ne pas dire les choses quand ça ne va pas... Et pourquoi ce serait forcément à moi de m'adapter ? Pourquoi ne pourrait-il pas en faire autant ???) (ouf, ça fait du bien de se défouler un peu...)

Donc, des fois, le travail, c'est pesant.

Ah ! c'était pas de ce travail-là qu'on devait parler ? Non ? L'autre, alors, le futur ?

Esthéticienne.

Oui. Peut-être un jour, si j'arrive à finir mon stage. Si j'arrive à travailler mes cours, si j'arrive à passer l'examen, à obtenir le diplôme... Si j'arrive à devenir esthéticienne, quoi. Ca a beau être un CAP, je trouve ça vraiment difficile. Alors, analysons-ça un peu ! Est-ce parce que je n'ai plus mis les pieds à l'école depuis 10 ans ? Est-ce parce que c'est une formation à distance ? Est-ce parce que je suis vraiment dingue de faire ça ? Est-ce parce que j'ai trois enfants et un mari absent cette semaine ? Est-ce parce que accessoirement, j'ai aussi deux lessives à faire tourner aujourd'hui, avant le retour de mon cher mari (qui va me ramener de quoi en faire deux de plus) ? Est-ce parce que j'ai une messe à préparer pour le Jeudi Saint, et que du coup, je suis incapable de me concentrer sur tout à la fois ? Est-ce parce que Noémi part en classe verte la semaine qui suit Pâques et que rien n'est prêt ? Que ça me fait paniquer à l'idée de savoir ma petite grande fille loin de nous pendant une semaine ???? Est-ce tout ça à la fois ???

 

Dur dur, en ce moment, en tout cas... le travail...