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mardi 27 septembre 2016

Rentrée des classes... bis

Cette année, nous avons donc un nouveau rythme pour Noémi et pour Louise-Marie qui a fait sa première rentrée scolaire. Mais ce ne sont pas les seules. Vous l'avez sûrement vu dans l'un des billets précédents, j'ai été amenée récemment à carrément changer de métier, de manière à pouvoir travailler un peu (un tout petit peu) tout en continuant à assumer mes obligations et engagements auprès des enfants.

Changer de métier alors qu'on ne s'y est pas vraiment préparée, ça n'a rien d'évident. Renoncer à un métier que l'on aime pour un autre que l'on découvre totalement, c'est même plutôt difficile, surtout quand on me connaît et que l'on sait que je m'étais juré de ne jamais devenir enseignante. Oui mais voilà, une fois encore, les voies de Dieu semblent impénétrables et, surtout, totalement imprévisibles.
Suite à ma journée du 2 septembre où j'ai pu rencontrer le directeur du SDEC (Service Diocésain de l'Enseignement et de la Catéchèse) ainsi que mes nouvelles collègues, tout aussi nouvelles dans le métier que moi d'ailleurs, j'ai également participé à la journée de pré-rentrée des IDR (Intervenants De Religion), où le directeur du SDEC nous a servi en gros la même chose que lors de notre rencontre avec lui le 2. En plus, nous avons eu droit à l'intervention de Pierre-Michel Gambarelli, qui nous a donné quelques billes au niveau de la pédagogie. Après cette journée, il est apparu essentiel à plusieurs de mes collègues (et à moi aussi, mais de mon côté, c'était une évidence depuis le 2 et surtout depuis l'acceptation de ce nouveau travail) que nous devions travailler ensemble pour mieux maîtriser ces nouveaux programmes que nous avons pour tâche de présenter aux élèves. Pour ce faire, rien de mieux que des séances de travail à plusieurs, histoire de ne pas être isolées face à nos classes et de profiter de l'expérience des autres pour les novices comme moi et du regard neuf des nouvelles pour les plus anciennes.
Dans le même temps, il y avait un bête problème administratif : je n'étais pas inscrite et n'avais donc pas encore le droit d'entrer dans les écoles pour y délivrer l'enseignement. Ma rentrée a donc été différée de quelques semaines par rapport à celle des élèves et de mes collègues ayant déjà l'agrément (non, on n'entre pas "comme ça" dans une école de la République, il faut des autorisations et des raisons valables) et j'ai profité des quelques deux semaines que j'avais devant moi pour remplir mon dossier administratif et l'envoyer au secrétariat du Service d'une part et pour préparer mes premiers cours d'autre part.
L'aide des autres dans ce domaine m'a été précieuse. Dès le 12 septembre, trois collègues chevronnées ont proposé de venir à la maison travailler avec moi sur le premier chapitre de la classe de CE2, durant les deux heures où Rebecca était à l'école (et les peintres dans le salon, mais ça, c'est une toute autre histoire. Et le 13 septembre, nous nous sommes retrouvées à une bonne dizaine autour de la table dans la salle de réunion du presbytère de Châtenois pour parler du programme de CM2 et voir comment le mettre en oeuvre. Cela a d'ailleurs été l'occasion de pointer certaines faiblesses dans le programme et d'élaborer des outils plus conformes qui seront, du coup, utilisés par tous les IDR de notre communauté de paroisses et de celle de Sélestat.

Ce même 13 septembre, mon dossier, enfin prêt (il manquait un document qui m'a été remis ce jour-là), j'ai pu l'envoyer par courrier au service, la version électronique (sauf le fameux document manquant) ayant été envoyée par mail la veille au soir. Le même jour, un peu plus tard dans l'après-midi, j'ai été contactée par la secrétaire qui me demandait de... refaire tout le dossier ! Devant mon incompréhension (et l'impossibilité de le faire, puisque le document manquant était parti avec le courrier du matin mais je n'avais pas eu le temps d'en faire une copie, sachant que c'était urgent), la secrétaire a pris le temps de reprendre mon dossier et m'a dit que le problème venait de l'affichage des pièces jointes !!! Tout ça pour ça... Bref, j'ai pu lui renvoyer dans la foulée les documents dans un autre format (Merci, PDF Creator !!) et la question a été réglée. J'ai par la même occasion demandé si j'avais l'autorisation d'intervenir dans les écoles, ou si je devais attendre de recevoir le papier du rectorat... qui ne sera délivré qu'après les vacances de la Toussaint ! Et oui, je pouvais démarrer dès la semaine suivante, soit le 19 septembre.

C'est là que les choses ont sérieusement commencé à se corser. Jusque là, tout s'était passé entre adultes. Tout restait encore théorique : la classe, les élèves, leurs réactions, la réalité des enfants d'aujourd'hui... tout cela m'était quasiment inconnu, ma seule expérience d'adulte dans une école consistant à aller chercher mes enfants à la fin de la journée, de rencontrer les instits en cas de problème (ou pas) et de gérer les conflits avec les copains du village via leurs parents, par téléphone. Et puis, il faut bien le dire, ce que nous vivons avec nos enfants au quotidien est forcément unique, donc forcément différent de ce que vivent les autres enfants dans leurs familles. Il n'y a pas deux familles qui se ressemblent, il n'y a pas deux enfants identiques et il faut donc composer avec cette réalité-là si on veut y arriver.
Ce lundi 19 septembre, je me suis donc rendue dans la première école, là où j'avais deux heures à passer devant mes élèves : des CE1-CE2 avant la récréation et des CM1-CM2 juste après ladite récréation.
Et là, ce fut le premier choc.
Vingt-quatre enfants devant moi, et moi, larguée par la maîtresse partie avec les six dispensés pour leur donner un cours de morale. Vingt-quatre enfants vifs, tous intéressés, avec une tonne de questions chacun et un débordement d'énergie impressionnant. Vingt-quatre personnalités, vingt-quatre intelligences, toutes différentes, avec deux classes d'âges et des niveaux différents en ce qui concerne la rapidité de lecture et d'écriture...
Mais surtout, vingt-quatre enfants habitués, parce qu'en double niveau, à gérer leur temps et leurs apprentissages de manière quelque peu... désordonnée. Voire carrément bordélique si je puis me permettre. Avec l'habitude de se lever pour un "oui" ou pour un "non", de parler avec les voisins, de se retourner pour discuter ou d'aller boire un peu d'eau s'il fait trop chaud...
Ma première heure a donc consisté à essayer de faire faire aux enfants qui n'en avaient pas un "chevalet" portant leur prénom, histoire que j'arrive à les connaître, et à leur faire remplir les feuilles d'un arbre avec les noms des personnes de leurs familles et deux ou trois petites choses qu'ils apprécient ou qu'ils n'apprécient pas.
Tout cela dans un bazar sans nom, au milieu des bavardages, des demandes répétées de celui qui veut aller faire pipi ou de celui qui se plaint parce que son copain n'a pas de colle (ou ne veut pas lui prêter la sienne, je ne sais plus).

Après cinquante minutes durant lesquelles j'ai plus ou moins loupé la partie "tenir la classe", la maîtresse est venue me délivrer de mon calvaire et a littéralement été "choquée" (ce sont ses mots) devant le bavardage et le bazar qui régnait dans sa classe. Il faut dire aussi que cette femme, sûrement très bonne enseignante, se laissait elle-même un peu envahir et n'avait pas mis en place les règles qui permettent aux enfants de vivre leur journée dans le calme et la tranquillité propices aux apprentissages. Du coup, elle a réagit, mais je vous en dirai un peu plus long là-dessus un peu plus loin.

Quelque peu traumatisée, de mon côté, par cette première expérience, je suis montée au premier étage où, après la récréation, devait avoir lieu mon deuxième cours. En ce qui me concerne, je n'avais pas vraiment pris la mesure de ce qui venait de se passer, tout simplement parce que, si je savais que la classe devait être calme, c'était la première fois que je me retrouvais devant des élèves et que, du coup, je n'avais aucune idée de ce qui était acceptable et de ce qui ne l'était pas, et surtout pas la moindre idée de ce qu'il convient de faire pour que les enfants soient un tantinet plus calmes.
Or là, dans cette deuxième classe, j'ai eu devant moi vingt enfants de CM1 et de CM2, tous très calmes, très posés (ou à peu près) et, pour plusieurs d'entre eux, très intéressés et intéressants parce qu'ils avaient déjà fait leur première communion ou avaient débuté le catéchisme depuis un an pour se préparer à la première confession. Du coup, ce que je disais me semblait un peu moins déconnecté de leurs réalités et ça a eu un peu plus de sens. Et surtout, le contraste avec l'agitation de la classe précédente était tel que j'ai eu l'impression d'être face à des anges... Je suis sortie de ces deux premières heures plutôt mitigée, consciente de mes manques en matière d'autorité mais aussi de ce qu'il convient de ma part d'accepter de la part de mes propres enfants, ou de refuser tout net. Rien n'est encore perdu, le tout est de redresser la barre à temps, si besoin.

Le lendemain, retour au presbytère de Châtenois, cette fois pour préparer les premières séances avec mes deux classes de CP qui m'attendaient le jeudi suivant, dans deux villages différents.
Et devant la masse de travail, j'ai retravaillé sur ces cours l'après-midi et le mercredi également, histoire d'être certaine de ne rien oublier (et d'avoir le temps de scanner les documents, de préparer les outils à donner aux enfants pour les trois heures qui m'attendaient le lendemain, alors même que mon ordinateur fait des siennes et refuse d'imprimer certains documents dans des délais raisonnables... ça aussi, il faudra que je vous en reparle !).
Le jeudi matin, j'étais donc dans un état de stress et de fatigue déjà avancé, parce qu'en plus, je savais que l'après-midi serait rude et que la journée ressemblerait à un marathon.

Tout d'abord, il y avait ce cours du matin dans la première école, avec une classe de CP-CE1.
Heureusement, contrairement à la première heure du lundi, ces élèves-là étaient très tranquilles et plutôt disciplinés ce qui a facilité nettement les choses. L'expérience, si menue soit-elle, aidant, j'ai aussi nettement moins accepté de laisser le bazar s'installer. Quand il s'agit d'une question de survie, on apprend vite à être autoritaire. Et tout s'est très bien passé durant cette première heure de la matinée.
Ensuite, je devais rentrer, aller chercher Louise-Marie à l'école, récupérer Rebecca sur le chemin et préparer rapidement le repas, attendre le retour de Noémi pour passer à table (elle était en stage à la boulangerie du village la semaine dernière) et faire en sorte que nous ayons fini de manger à 13 heures afin de pouvoir partir en laissant à Noémi, en congé l'après-midi, le soin de déposer sa petite sœur à l'école pour la sieste. Je devais être à l'école vers 13h20 pour avoir le temps de repérer les lieux, les classes et de faire les quelques photocopies indispensables pour le premier cours. Le problème, c'est qu'il faut quasiment quinze minutes pour y aller depuis chez moi, ce qui m'obligeait à partir au plus tard à 13h05, mais que Louise-Marie ne peut pas aller à l'école avant 13h20 puisque c'est à cette heure-là que les portes s'ouvrent, ici comme là-bas...
Le temps de passer les consignes à Noémi, de réunir le matériel nécessaire pour Louise-Marie (c'était sa première sieste à l'école), je suis partie avec un peu de retard et, pour couronner le tout, je me suis retrouvée dans les travaux sur l'autoroute, où j'ai encore pris un peu plus de retard sur l'horaire prévu.
Ensuite, il a fallu trouver la bonne entrée, la bonne classe, me présenter à la directrice, à l'enseignante, et j'ai pu commencer mon cours un peu après 13h35, soit cinq minutes après l'horaire initialement prévu.
Là, je me suis retrouvée face à treize élèves de CP qui n'avaient rien à envier, côté discipline, aux vingt-quatre CE1-CE2 du lundi précédent. Mais, moins nombreux, ils sont plus facilement canalisables et, surtout, on apprend plus vite leurs prénoms. Du coup, le bazar, cette fois encore, n'a pas pu s'installer et l'heure a, somme toute, été assez agréable. Pour le coup, enseigner la religion à des élèves de CP est loin d'être évident, surtout quand, adulte, on lit automatiquement. On en arrive à oublier que les enfants que l'on a en face soi ne font que découvrir la lecture et l'écriture et, même si certains savent déjà écrire "en attaché", cela ne veut pas dire pour autant qu'ils sont autonomes de ce point de vue-là et qu'ils n'ont pas besoin de plus de temps, de beaucoup plus de temps que les autres pour écrire simplement leur prénom sur une feuille... Et puis, à cet âge- là, on est très à cheval sur ce qui est permis et ce qui ne l'est pas. Et certains, bien sûr, essaient de faire ce qu'ils veulent en espérant que cela ne se verra pas, alors même qu'ils savent très bien que ce n'est pas autorisé. Seulement quand la maîtresse a disparu avec les dix autres élèves et que l'on est largué dans une classe dont on ne connaît pas le fonctionnement et les règles, c'est un peu difficile quand même. Même si les règles sont en général assez souvent les mêmes (on lève le doigt avant de parler, on ne se lève pas sans autorisation, on ne bavarde pas en classe...), il y a des règles subtiles que l'on ne connaît pas parce qu'elles appartiennent à la maîtresse. Comme le fait de ne pas colorier avec des feutres, mais avec des crayons de couleur, ou bien de n'utiliser qu'un stylo à plume et non pas l'effaceur, ou de prendre une feuille de "secours" jaune, mais pas la bleue ni la rose...

Et puis, là encore, il faut composer avec les personnalités des élèves. Avec celui qui sait déjà beaucoup de choses parce que, contrairement aux autres, il va à la messe avec sa mamie régulièrement. Ou celle qui a des grands frères et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, qui n'a pas froid aux yeux et qu'il est difficile de faire taire. Ou encore celui qui pense qu'on est une "maîtresse bis" et qui veut absolument que vous fassiez exactement comme la maîtresse ferait à votre place. Ou celle qui est installée, sans raison apparente, un peu à l'écart, qui est incapable de rester assise plus de vingt-huit secondes sur sa chaise, qui passe une partie de son temps sous sa chaise (si, si, je l'ai vue), qui parle très peu, même quand on l'interroge, qui semble avoir soit des troubles du comportement, soit des troubles de l'apprentissage, soit un sérieux problème mental type handicap, mais que la maîtresse a omis de signaler... Bref, cette classe de treize élèves est attachante mais compliquée à gérer, peut-être plus encore que les CE1-CE2 un peu vifs et indisciplinés de l'autre école...

Mais le plus dur restait à venir, et je le savais. Les autres (mes collègues) m'avaient mise au parfum directement, histoire que je sois préparée à ce que j'allais trouver en face de moi, en cette deuxième heure du jeudi après-midi.
Quelques jours après, je me demande vraiment si l'on peut être préparée à ça.
A l'heure dite, je me suis présentée à la porte de la classe et j'ai frappé, espérant que la maîtresse m'entendrait. Et j'ai été surprise qu'elle m'entende et qu'elle me réponde, compte-tenu du brouhaha qui régnait à l'intérieur de la classe.
Je suis rentrée dans la pièce et j'ai découvert un spectacle assez incongru pour une salle de classe. La maîtresse était debout sur la petite estrade, tenant en ses mains un bâton de pluie qu'elle était en train d'annoncer de la manière suivante : "Vous connaissez la règle, quand la dernière goutte de pluie est tombée, vous devez être en silence". Sur le coup, je me suis dit que c'était assez créatif et sympa comme méthode pour obtenir le silence, puis, immédiatement après, que si elle en arrivait là, c'était sans doute que les moyens classiques étaient totalement inefficaces. En regardant plus précisément les élèves qui se trouvaient face à moi, j'ai eu la surprise d'en découvrir un à ma droite, allongé par terre, un autre tout au fond, devant le lavabo, en train de boire, puis de se laver les mains et de les sécher consciencieusement, alors même qu'une des élèves avait levé la main pour demander la parole et était en train de dire tout haut "Nous souhaitons la bienvenue à notre nouvelle intervenante de religion" (une phrase absolument adorable venant d'une élève, et aussi totalement incongrue dans cet environnement quasi-apocalyptique qu'était la salle de classe à ce moment-là...)

Au bout d'une heure passée à faire le gendarme et à essayer d'avancer un tout petit peu sur ce que j'étais censée leur dire, je me suis sentie très heureuse d'entendre du bruit de l'autre côté de la porte. Il était 15h25 et la maîtresse regagnait sa classe pour libérer les élèves. En entrant, elle m'a demandé, comme l'avaient fait tous les autres enseignants rencontrés cette semaine, comment la séance s'était passée. Je n'ai pu dire que "c'était compliqué".
Et là, j'ai vu la maîtresse se dévoiler un tout petit peu, en une phrase : "C'est mon quotidien". Et puis elle m'a confié que deux jours plus tôt, elle avait été inspectée et que les élèves avaient été extrêmement créatifs dans la bêtise et le bazar qu'ils étaient capables de faire, devant l'inspecteur. Comme s'ils lui avaient réservé leurs meilleurs tours pour cette occasion un peu exceptionnelle...
J'ai brutalement pris conscience de la détresse de cette maîtresse. Tous les bâtons de pluie n'y feront jamais rien : face à une telle classe, on se demande qui, de la maîtresse ou des élèves, est le plus à plaindre. Et en fait, la réponse vient immédiatement, et ce ne sont pas les élèves qui gagnent. Face à une classe pareille, ce ne sont pas les élèves turbulents que l'on repère, mais les trois qui s'accrochent, qui écoutent et arrivent à se concentrer dans un b****l pareil. Et on ne peut que s'interroger sur le devenir de ces élèves. Surtout quand on apprend, le lendemain, d'une amie, institutrice elle aussi, que ces mêmes élèves, en CE2 l'année précédente, avaient cumulé, à eux seuls, le plus important turn-over chez les instits et la belle performance d'être les seuls élèves de l'Académie à avoir déclenché une grève... du travail de la classe (grève des devoirs, grève de la préparation de la dictée, grève de la dictée elle-même... et j'en passe, bien sûr).

Après cette deuxième journée de travail, où il a encore fallu courir pour arriver à l'école pas trop en retard (la maîtresse était prévenue, et j'ai eu la chance d'avoir une collègue qui terminait son cours dans l'école d'Ebersheim quelques minutes avant 15h30 et qui s'était engagée à aller chercher Louise-Marie le jeudi après-midi, pour que je n'aie pas à stresser sur la route pour être à l'heure, mais que je devais présenter à la maîtresse ce jour-là pour qu'elle repère qui devait aller chercher ma fille), j'ai littéralement explosé de rage contre les enfants, à la moindre bêtise, au plus petit bruit, au premier signe de désobéissance. Le stress avait été tel qu'il s'est retourné contre moi (via des maux de têtes impressionnants) et par ricochet contre les enfants, avec lesquels je suis subitement devenue hyper exigeante, ne lâchant rien, ne laissant rien passer...  déclenchant chez Louise-Marie des colères impressionnantes, tout simplement parce qu'elle n'avait dormi que vingt minutes à l'école, au lieu de la sieste de deux heures et demi qu'elle fait d'habitude à la maison.
Le soir venu, j'ai compris que je ne tiendrai jamais ce rythme toute l'année et que ce n'était pas une bonne idée, ni pour moi, ni pour les enfants, que d'avoir accepté ce travail. J'ai aussi pris conscience (et mon époux aussi) qu'en voulant "calmer" Pôle-Emploi, j'avais mis le pied dans un piège qui venait de se refermer sur moi et que, quitte à faire un boulot simplement pour que Pôle-Emploi ne me relance pas tout le temps en me demandant si je menais des recherches actives pour trouver un nouveau travail, je n'aurais pas mieux fait d'accepter cet emploi de porteur de journaux...

Seulement, il y avait une autre donnée à prendre en compte : je n'étais pas là pour gagner de l'argent, mais pour répondre à la mission qui m'avait été confiée par le curé de ma paroisse. Et s'il m'avait appelée là, c'était parce qu'il estimait que j'étais capable de le faire. Et donc que je devais le faire, mais pas au prix de la paix et de la santé de mes enfants. Parce que l'objectif avait toujours été clair et les priorités, dès le début, bien énoncées : si j'arrête mon travail à Mulhouse, c'est parce que c'est mieux pour les enfants, pour leur équilibre, que je sois à la maison pour m'occuper d'eux plutôt que de les confier à la nourrice, au périscolaire ou à la cantine, quelles que soient les qualités des personnes qui ont la charge de ces services. En regardant le plus froidement possible la situation dans laquelle j'étais, je me suis dit qu'il y avait une solution pour apporter un peu de paix dans la famille tout en remplissant la mission qui m'était confiée : réduire mon temps de présence devant les enfants, en classe, à trois heures par semaine pour l'instant, et uniquement le matin pour que cela ne porte pas préjudice à la sieste de Louise-Marie. L'autre avantage étant que cela portait à trois le nombre de niveaux à travailler au lieu de quatre et que la préparation des cours en serait simplifiée.

Dès le vendredi matin, je suis donc allée voir le curé de la paroisse, à qui j'ai exposé le problème du stress et de l'emploi du temps incompatible avec la vie de famille et les heures de siestes de Louise-Marie. En quelques phrases, il a compris le problème et m'a assuré que je pouvais le considérer comme réglé. Le samedi, nous avions la marche de rentrée avec les jeunes collégiens se préparant au sacrement de la confirmation et à la profession de foi et, à cette occasion, il m'a confirmé qu'il avait trouvé un remplaçant pour ces deux classes du jeudi après-midi, réglant du même coup le problème de mon emploi du temps et de la sieste de Louise-Marie.

Le lundi suivant, je me suis donc retrouvée devant ma classe de CE1-CE2, puis devant les CM1 et CM2, comme la semaine précédente. Et je dois avouer que l'ambiance était nettement plus agréable que la semaine précédente. Dans la première classe, parce que l'institutrice avait pris conscience du problème de discipline et qu'elle avait tout de suite pris les mesures qui s'imposaient. Depuis une semaine, les élèves travaillent avec elle le silence, le calme, le respect de l'autre et des consignes. De mon côté, j'ai commencé par rappeler les consignes, puis, avec les élèves, nous les avons réécrites au tableau pour que les élèves les aient dans leur cahier de religion et puissent s'y référer.
Et avec les CM1-CM2, j'ai retrouvé une classe agréable, avec des élèves un peu dissipés, comme tous les enfants de 9 ou 10 ans, beaucoup plus "normaux" que la semaine dernière. Sans doute m'avaient-ils paru particulièrement calmes, en comparaison avec la classe précédente, alors qu'ils sont juste des enfants qu'il convient de canaliser et à qui il faut régulièrement rappeler les règles de la vie collective sans lesquelles il est impossible d'apprendre sereinement.

Je souhaite simplement bonne chance à mon remplaçant du jeudi après-midi : il va devoir développer des trésors de patience, de calme et d'autorité pour mettre au pas cette classe, ne serait-ce qu'une heure dans la semaine. Et je prie pour leur maîtresse, qui m'a semblée, trois semaines seulement après la rentrée, au bord de la crise de nerfs. Je prie pour qu'elle puisse trouver de l'aide et une hiérarchie attentive, compétente et consciente du problème et qui saura l'aider à faire face, qui pourra la comprendre. Je prie pour qu'elle sache prendre les bonnes décisions afin de préserver sa santé mentale tout en cherchant les meilleures solutions pour les élèves qui lui sont confiés.
Et puis je pense aux trois élèves de cette classe qui, contre vents et marrées, tentent et parviennent visiblement à se concentrer, à écouter et à apprendre. Ces trois élèves, si elles parviennent sans encombre jusqu'à la Sixième, seront aptes à gérer n'importe quelle situation de stress parce qu'elles auront appris à faire face au bruit, à la bêtise des autres et, surtout, elles auront compris très tôt, bien plus tôt que les autres, qu'elles sont à l'école et, plus tard, au collège, pour apprendre. Pour elles, pour leur avenir. Je leur souhaite "bon vent" et qu'elles puissent trouver des oreilles attentives pour entendre la souffrance qui est sûrement présente malgré la bonne volonté dont elles font preuve dans leur classe, dans leurs apprentissages. Je souhaite surtout qu'elles persévèrent dans cette voie difficile qui est de ne pas céder aux tentations d'entrer, elles aussi, dans l'indiscipline...

mercredi 27 février 2013

Des dangers de la viticulture

On pourrait penser que le métier de viticulteur, c'est un métier sain, beau, au contact avec la nature, etc.
Oui, bien sûr ! Sauf si on utilise des pesticides, des engrais chimiques, divers produits, chimiques également, qu'ils rajouteront dans le vin et des insecticides pour protéger les vignes. Heureusement, Gobolof, lui, ne fait rien de tout cela. Vin 100% naturel, avec 0% de produits ajoutés dedans (sauf, il est vrai, le souffre naturel indispensable à la conservation du vin blanc, sans quoi, ce serait de la piquette que boiraient les clients. Au prix de la bouteille, autant ajouter un tout petit peu de souffre, histoire que le client soit sûr d'acheter ce qu'il boira réellement plus tard !).
Bref, trêve de bavardages, la viticulture, c'est quand même dangereux.

Surtout dans les vignes.

Bien sûr, il y a la période des vendanges : pendant les vendanges, le travail peut être dangereux. On peut se couper un doigt (ou couper le doigt du vendangeur d'en face) en lieu et place de la grappe de raisin. Ça, ça fait mal ( et j'ai testé pour vous, une année, Jean-Luc, lui, "teste" tous les ans : à croire qu'il en redemande et que la "leçon" ne sert jamais !).
Autre risque, toujours pendant les vendanges : les accidents avec les machines. Ce n'est pas parce qu'on travaille en bio qu'on n'utilise pas de machine. Notamment des tracteurs (pour rapporter les cuves des vignes à l'exploitation), une rogneuse (pour couper au-dessus et sur les côtés des rangées histoire de voir où on est et où on va), une charrue (ben oui, si on n'utilise ni engrais, ni désherbants, il faut bien trouver un moyen pour enlever les mauvaises herbes dans les rangées histoire qu'elles n'étouffent pas les pieds de vigne, et l'avantage de la charrue, c'est qu'elle enfouit les mauvaises herbes dans la terre et que, du coup, la décomposition des mauvaises herbes améliore quelque peu la qualité de la terre, sans pour autant utiliser des produits chimiques ni "surcharger" la terre. J'espère que mon propos est clair, j'avoue avoir un petit doute à ce sujet-là quand même), et d'autres machines diverses et variées, dont un pressoir ou deux, une étiqueteuse, une boucheuse, une capsuleuse, une laveuse de bouteilles, un trans-palettes pour déplacer les palettes de vin, etc, etc. Parmi toutes ces machines, il serait bien étonnant qu'aucune d'entre elles ne provoque jamais de dégâts chez ceux qui les utilisent, non ? Une année, c'est le pressoir qui a failli décapiter Jean-Luc alors qu'il était en train de le nettoyer. Il a eu "chaud", ce jour-là !

Mais bon, normalement, c'est un métier où on est à l'air pur, dans la nature. En hiver en particulier, quand c'est le moment de la taille. Pendant cette période, le viticulteur, armé de son sécateur (le même que pour les vendanges !) ou du sécateur électrique, c'est plus lourd, mais ça va plus vite, taille la vigne et arrache le bois. Pour les maladroits, il y a toujours la possibilité de se couper un doigt en taillant, ou encore de se faire une tendinite avec le sécateur (électrique ou pas) à force de faire toujours le même geste. Mais il y a aussi l'arrachage du bois, qui, lui, se fait à la main (avec des gants, ça fait moins mal !). La vigne étant une liane, elle s'accroche aux fils de fer avec des petites branches très fines qui s'entortillent autour du fil. Et là, gare au visage quand on tente de les décrocher de force ! C'est que ça tient bien, ces tortillons ! (bon, vous me direz avec une logique imparable que c'est quand même fait pour ça, certes...).

Seulement, il y a encore un danger que nous n'avions pas encore rencontré. Il a été inauguré cet après-midi, avec heureusement plus de frayeur que de mal, mais bon, j'imagine que Gobolof s'en serait bien passé.
Il était tranquillement dans les vignes en train de réparer (entendre par là remplacer les fils de fer et les poteaux cassés, par exemple), quand il a soudain entendu le bruit caractéristique d'animaux qui chargent. Une vingtaine de sangliers venaient à toute berzingue dans sa direction, dans la rangée où il était ! Il s'est mis à courir en criant à son frère et à ses neveu et nièce de se mettre à l'abri dans la camionnette. C'est sans doute ce qui l'a sauvé : le cri a du faire peur aux bestiaux, qui ont du coup dévié de leur trajectoire, partant en biais dans les vignes au lieu de suivre la pente et la rangée dans laquelle se trouvait Jean-Luc. Arrivés en bas (bien avant Gobolof, c'est que c'est rapide, ces bestiaux !), ils ont dû avoir peur des grues qui se trouvaient là (il y a un chantier en contrebas pour la nouvelle maison de retraite de Bergheim) et ils ont marqué un temps d'arrêt avant de repartir dans une autre direction, défonçant le grillage qui entourait le terrain voisin de celui du frère de Jean-Luc. Ledit voisin appréciera les dégâts, tout comme Gobolof, qui devrait se rendre dans la parcelle demain pour évaluer les réparations à (re)faire.

Plus de peur que de mal, donc, heureusement ! C'est qu'un sanglier qui charge, même seul, c'est capable de défoncer la carrosserie d'une voiture ! Alors un troupeau de vingt, même avec des marcassins, je vous laisse imaginer ! Bien sûr, malgré le port du téléphone portable, mon cher et tendre rescapé n'a pas eu la présence d'esprit de prendre des photos des assaillants. Je ne vais pas l'en blâmer : je préfère l'avoir vu rentrer vivant !

vendredi 26 août 2011

What a great job !!!


Ce matin, il m'est arrivé un « truc de ouf », comme ils disent à la télé.
Ou plutôt, quelque chose de très marrant, et de totalement inattendu. Je vous explique.

Il y a deux mois, quand j'ai eu les premiers exemplaires de « La messagère du temps », j'en ai déposé un au Journal l'Alsace, à la demande de l'éditeur. J'ai été reçue par Anne Suply, directrice de l'agence et réceptionniste quand la réceptionniste n'est pas là, ce qui était le cas le 24 juin dernier. Je lui parle du roman, elle le feuillette, trouve le concept du plan rigolo, me dit que si la journaliste chargée des infos culturelles n'a pas le temps, c'est elle qui fera l'article, etc.
Fin juillet, quelques jours avant de partir en vacances, j'ai rencontré Madame Marissal, la journaliste, qui a fait son boulot, m'a interviewée, et un article est paru début août.
L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais non.

Parce que dans l'article, madame Marissal a parlé de Yoko Tsuno, qu'elle connaît bien pour en être fan aussi, mais que des aventures terrestres (elle n'est pas trop fan de science fiction). Seulement, quand Anne Suply a lu l'article, ça a fait tilt. Parce qu'elle est fan aussi. Inconditionnelle, même. Et du coup, quand j'ai rappelé à la demande du libraire pour annoncer la séance de dédicaces du 10 septembre, elle m'a dit qu'elle voulait faire un article sur moi. On a un peu parlé, de Yoko, du plan (qui l'intéresse toujours), et de Rothenburg, de photos... et je lui ai dit que j'avais fait imprimer un petit livre à partir des photos de notre voyage de trois jours en 2009, et que je lui montrerai le résultat, puisqu'elle ne connaît pas Rothenburg (et elle rate quelque chose), et qu'elle aime Yoko Tsuno. Je ne pouvais pas ne rien faire.

J'y suis donc allée ce matin, sans prévenir. Je lui ai montré le petit livre en question, elle l'a feuilleté, a beaucoup aimé, et m'a demandé de but en blanc si je voulais être correspondante locale du journal. Oui, moi.
Gros blanc.
Écrire, j'aime bien, vous le savez. Encore me faut-il un sujet. Là, elle me disait en gros : « Vous avez carte blanche, vous choisissez un sujet, vous le traitez, si votre sujet est accepté, il est publié, et vous avez des honoraires variables en fonction de la taille de l'article ».

Soit. Ce serait formidable. Sauf que ma pauvre imagination ne parvient à se mettre au travail que si j'ai une contrainte au départ. Je lui explique la chose, comment je travaille, comment j'écris, comment vient l'inspiration, et elle me dit que si je veux, elle a une contrainte pour moi. Et pas des moindres.
Il s'agit ni plus ni moins qu'une série d'articles sur une œuvre d'art qui se trouve sur les anciens remparts de Sélestat, et qui consiste en une série de plaques de rues apposées les unes à côté des autres.
« Une plaque, un article par semaine. Ça vous va comme contrainte ??? »

Nous avons topé là.
Je suis correspondante locale pour l'Alsace, à compter de là maintenant tout de suite, et plus précisément à partir du moment où j'aurai écrit un article.
Elle est pas belle, la vie ???

jeudi 27 janvier 2011

La Messagère du temps

P'tit message pour vous annoncer que je viens de recevoir un contrat d'édition avec l'éditeur Jérôme Do. Bentzinger, de Colmar, pour le roman que j'ai écrit !
Pour plus d'infos, c'est ici et !

lundi 14 juin 2010

Livraisons et week-end en amoureux !

La semaine dernière a été particulièrement chargée pour toute la famille.
Une fois n'est pas coutume, j'ai travaillé trois jours (pour une reprise, c'était une vraie reprise), mais trois jours consécutifs ! Du coup, mercredi soir, j'étais particulièrement fatiguée. Mais j'avais échappé à la "journée marathon" dont Jean-Luc a hérité : conduire les enfants à l'école de musique le matin, puis Noémi à son examen de violoncelle (oui, elle s'est très bien débrouillée !). Une heure après, elle a enchaîné avec l'orthophoniste, qui a confirmé qu'il n'y avait pas de problème actuellement ! Alléluia, de ce côté, ça semble aller de mieux en mieux !

Donc mercredi après-midi, Jean-Luc a emmené Nathanaël et Rébecca à Bergheim, chez ses parents, où ils devaient rester les trois jours suivants. De mon côté, je suis rentrée de Mulhouse plus tard que prévu, parce que ce mercredi 9, nous avions une rencontre avec Guy Delhasse, éducateur spécialisé et écrivain, qui venait parler aux étudiants et personnes intéressées (dont moi, forcément), de l'écriture, des liens entre écriture et travail social, et de l'importance de la littérature. L'après-midi s'est terminée autour d'un jus de fruits sur la place de la Réunion, en plein coeur de Mulhouse, et je suis rentrée par le train, en passant au préalable devant une librairie.
Aïe.
J'ai donc ramené au Gobolistan, en plus du livre de Guy, un livre sur l'histoire de la réunion de Mulhouse à la France en 1798, ainsi qu'un roman se déroulant en partie à Mulhouse, au 19e siècle...

Arrivée à la maison, j'ai terminé le sac de Noémi, que j'ai ensuite (après le dîner parce qu'il était déjà tard !) déposée chez Paul, un de ses grands copains depuis la maternelle.

Retour à la maison, et Vive la liberté ! Sans enfants pendant trois jours, Gobolof et moi étions un peu perdus... Mais que le lecteur se rassure : ça n'a pas duré très longtemps ! Nous avons bien vite retrouvé nos marques de jeunes mariés, et les choses sérieuses ont commencé le lendemain matin, dès 5h30. Nous sommes partis tous les deux en amoureux, livrer du vin en Moselle, puis à Paris. Le soir, après un crochet par Villers-Cotterêts, nous sommes allés jusqu'à Soissons où nous attendait une pizzeria sympa et un hôtel minable (si tant est qu'il mérite le nom d'"hôtel"). Minable, parce que la chambre était trop petite, le ménage n'avait sans doute pas été fait correctement (au vu du nombre incalculable de trucs noirs sur le sol). La literie était correcte, les draps et serviettes propres (c'est le minimum vital !). La salle de bain était microscopique, l'abattant des toilettes monté de travers, la télé était non pas accrochée en hauteur (forcément, les attaches avaient cédé et fait des trous dans le plafond), mais posée sur la toute petite table. Nous n'avions pas grand chose à y poser, mais comme les patères murales étaient inutilisables parce que cassées, la table entière aurait été la bienvenue pour que nous y posions sacs et vêtements... ce qui n'a bien sûr pas été possible. Enfin, il régnait dans cette chambre une odeur mêlant renfermé et vieille pisse... Si nous étions arrivés une heure trente plus tôt, j'aurais fait un scandale et demandé à changer de chambre. Mais dans ce type d'hôtel où tout est automatique (règlement par carte à l'entrée, obtention d'un badge et du numéro de chambre sur un ticket délivré par la machine), le contact humain est réduit à son strict minimum. Et bien entendu, ce ne sont pas les lutins de la machine qui sont responsables des dégradations dans la chambre...

Nous avons tout de même pu dormir à peu près correctement (sauf le bruit des voitures sur l'autoroute voisine), et le petit déjeuner, sans être formidable, nous a tout de même requinqués. J'en ai profité pour râler un peu histoire de marquer le coup, et j'ai déballé mon sac au gentil jeune homme chargé de préparer le petit déjeuner. Il a pris note de nos griefs. Mais le mal est fait : N'allez jamais au Première Classe de Soissons !!!!!!

Heureusement, la journée du lendemain s'est très bien passée, et nous étions même en avance sur notre planning. Tellement en avance qu'au lieu de livrer un client du nord de la Belgique le samedi, nous avons eu le temps d'y aller le vendredi. Et comme, à force de les voir, ces clients deviennent un peu plus que ça, celui-ci comme les autres fois nous a offert à boire. Une pause bienvenue, avant le retour en France pour les trois derniers clients. Nous avons alors pris la route de Valenciennes où se trouvait notre hôtel. Chat échaudé craint l'eau, dit-on. Forts de cet adage, en chemin, nous avons annulé la réservation au Première Classe de Valenciennes pour réserver une chambre à l'Etap'Hotel en face. Bien nous en a pris : nous sommes passés devant l'hôtel où nous aurions dû loger, et il était strictement identique à celui de la veille !

Le soir, après avoir inspecté la chambre, nous sommes allés manger. Et là, surprise : personne ! Les rues désertes, les restaurants fermés... le seul ouvert à moins de 10km à la ronde était un chinois (ça tombait bien, c'était le plan A pour le dîner du soir). Nous y sommes allés et avons été agréablement surpris. Sans que ce soit le haut de gamme, les plats étaient tout à fait corrects ! Au cours du repas, une réflexion de notre voisin nous a donné une piste quant à l'explication de la fermeture de tous les restaurants que nous avions croisés jusque-là : vendredi soir, c'était l'ouverture de la Coupe du monde de foot ! L'explication était forcément là. Nous avons bien ri, parce que du coup, pour une fois, nous avions beau venir dîner assez tard, nous avons été servis très vite !
Après un bon repas, nous sommes retournés à notre hôtel (nous sommes maintenant des habitués des lieux, c'est la troisième fois que nous y faisons étape). Une bonne douche et une bonne nuit plus tard, nous voici repartis, direction la Belgique cette fois. Là encore, de belles rencontres et retrouvailles pour certains clients !
Le retour a été rapide (ou plutôt, Gobolof a roulé bien vite), et nous sommes rentrés épuisés, fourbus, un peu avant minuit ce samedi soir. Mais avec de beaux souvenirs en tête, et surtout la joie d'avoir pu passer trois jours seuls, sans les enfants. Un vrai bienfait dans un quotidien fait de questions des enfants, de réponses parfois agacées, de stress pour les conduire à l'école, pour qu'ils soient prêts à l'heure, qu'ils se lavent les dents ou se brossent les cheveux, que les devoirs soient faits...
L'impression, ce week-end, d'avoir passé une semaine de vacances, avec le dépaysement et les joies et déboires des voyages compris !

Vendredi, les enfants (Gobolovitch et BBK) ont été également fort occupés : c'était la kermesse de l'école. Emmenés par les grands-parents, ils se sont apparemment bien amusés. Mais comme d'habitude, nos enfants étant plutôt secrets, nous n'en saurons pas plus...

vendredi 30 janvier 2009

Sereinement Bio ferme…sereinement !


 

Eh oui, c’est définitif depuis le vendredi 16 janvier : J’ai demandé la radiation de mon entreprise du registre des métiers du Bas-Rhin.

A cela, plusieurs raisons.

 

La première, c’est tout simplement que je n’ai pas le temps actuellement de faire tourner mon entreprise.

Ce n’est pour l’heure pas une question d’argent : j’ai un déficit pour 2008, mais c’est normal compte tenu de ma faible activité. J’espérais pouvoir « décoller » en décembre, mais pour que cela soit possible, il aurait fallu que je puisse faire garder BBK au moins une journée par semaine. J’avais trouvé une nourrice disponible le vendredi, à partir du 1er décembre, seulement voilà : son mari tient un restaurant, et elle l’aide le samedi et le dimanche. Dans la semaine, elle garde donc des enfants, sauf le lundi.

Or en novembre, j’avais fait une demande pour travailler une journée de plus à Mulhouse, devant le surcroît de travail qu’il y avait au centre de doc. J’avais donc besoin, au pire, d’une nourrice le lundi, et au mieux d’une nourrice le lundi et le vendredi.

Or celle que j’avais contactée ne pouvait pas prendre BBK le lundi, parce que c’est le seul jour de la semaine où elle peut voir son mari… chose que je comprends, respecte et encourage à 100%, même si ça ne m’arrange pas du tout. Elle m’a donc dit qu’elle connaissait une autre nourrice qui elle, pourrait prendre BBK le lundi… sauf qu’entre-temps, ladite nourrice n’avait plus de place.

Plus de mode de garde pour BBK, donc. Et me voilà obligée d’attendre septembre 2009 au plus tôt pour travailler plus.

 

Ca n’aurait pas été vraiment un problème si la crise n’avait rattrapé Jean-Luc, ou plutôt son entreprise. Non pas la crise du mois de septembre, qui n’a finalement eu que des retombées très limitées sur l’exploitation de ma moitié en 2008, mais une autre beaucoup plus insidieuse, liée à plusieurs facteurs :

-         une année de grêle en 2006, et donc peu de vins à vendre en 2008

-         des investissements importants en 2008 (remplacement de matériel, travaux sur les bâtiments…) qui augmentent les dépenses de l’entreprise, et font donc diminuer les bénéfices

-         une fin d’année désastreuse au niveau de l’économie mondiale, qui a peut-être rendu les clients habituels plus méfiants, ce qui a fait sensiblement baisser les ventes de vins chers (ceux de Jean-Luc).

Du coup, entre des baisses de ventes sur les produits les plus rentables, une moindre quantité de bouteilles à vendre et des dépenses plus élevées, le salaire de Jean-Luc a été diminué de quasiment la moitié pour 2009.

Rien de dramatique, mais du coup, de mon côté, je peux difficilement me permettre de perdre encore de l’argent, en continuant avec mon entreprise, d’autant plus qu’à partir de septembre 2009, comme je ne satisferai pas à la condition de 1200 heures travaillées par an en tant que salariée (puisque je n’ai pas obtenu mon 75% à Mulhouse), je serai redevable de la totalité des cotisations sociales sur mon entreprise.

Entre des charges plus élevées sur mon entreprise et un salaire plus faible sur celle de Jean-Luc, plus la question de la garde de Rébecca, il devenait évident que je devais réduire les coûts…

 

Sereinement Bio a donc fermé ses portes officiellement le 16 janvier 2009, avec effet rétroactif au 31 décembre 2008.

Sans regrets, sans amertume, et en toute « sérénité » ! Parce que l’objectif de départ, ma « métamorphose », est atteint, je me sens désormais bien dans mes baskets, bien dans mon travail de documentaliste, et beaucoup mieux dans mon corps. J’ai pu apprendre ce que je voulais apprendre depuis longtemps, à savoir prendre soin de moi, et j’ai pu enfin mener un projet de bout en bout, même si c’est pour y mettre un terme au bout de 4 mois.

 

Hauts les cœurs : au 1er janvier 2009, un nouveau statut a fait son apparition dans le monde de l’entreprise : celui d’auto-entrepreneur. Concrètement, cela veut dire que les démarches pour créer son entreprise sont simplifiées, et surtout que, contrairement à ce qui se passait jusqu’à présent, où les cotisations sociales étaient d’abord prélevées, puis calculées et éventuellement remboursées si elles avaient été indûment perçues, ce statut permet de simplifier les calculs en procédant par déclarations mensuelles : soit on a gagné de l’argent au cours du mois, et on paie dessus des cotisations, soit on n’en a pas gagné, et on n’a rien à déclarer… De plus, ce n’est pas rétroactif : une fois payées, personne ne peut revenir sur les déclarations effectuées et les sommes versées pour la période considérée…

Ce qui veut dire que le plus simple, c’était, pour moi, de procéder à la radiation de mon entreprise, et de la recréer si la situation était plus favorable dans un an ou deux…

 

L‘avenir nous le dira…

jeudi 16 octobre 2008

Magali a une remplaçante !

Nous en étions restés, à l'ISSM, à la première salve d'entretiens d'embauche pour une documentaliste, remplaçante de Magali, partie en congé maternité.

Le lundi qui a suivi cette journée mémorable (voir billet précédent), le 29 septembre, donc, la directrice avait décidé de procéder aux autres entretiens d'embauche, et de mettre tout le monde à égalité en le faisant également par téléphone. Et ceci pour plusieurs raisons.

La première, c'est que notre directrice manque de temps. Et recevoir 7 personnes au total, c'est beaucoup de temps... surtout quand on n'en a pas. Donc, faire des entretiens par téléphone, c'était un gain de temps appréciable.

La deuxième, c'est que les premiers entretiens s'étaient bien déroulés, même si faire passer des entretiens par téléphone, c'est à double tranchant, et c'est un exercice très difficile, tant pour le recruteur que pour le candidat. C'est redoutable, parce qu'il est difficile de se mettre dans une situation de convaincre quelqu'un quand on ne le voit pas. Par téléphone, c'est toujours un peu virtuel... Pour le recruteur, c'est délicat aussi, parce qu'il se passe beaucoup de choses dans le non-dit : l'attitude, la tenue (la façon de se tenir, en fait), les gestes, etc. On voit si la personne est plutôt ouverte de caractère, ou si elle est anxieuse, renfermée, ou au contraire avenante, souriante... bref, on peut se faire une idée relativement précise sur une personne rien qu'en la voyant... ce qu'on ne peut pas faire par téléphone...

La troisième raison, c'est tout bêtement qu'il aurait été particulièrement injuste pour les candidates venant de loin d'avoir des conditions de recrutement difficiles (par téléphone), et de favoriser de fait les candidats du lundi, qui eux viennent tous de la région, en les recevant. Pour ne léser personne, la directrice a donc préféré appeler tous les candidats, en se réservant le droit de convoquer par la suite les personnes qui avaient retenu notre attention, si jamais nous ne parvenions pas à les départager.

 

Bref, ça a commencé un peu comme le jeudi précédent, à l'envers.

Je devais être à l'ISSM pour 14 heures. Et pour cela, j'avais un train qui quittait la gare de Sélestat à 13h11. Le temps de manger, et hop, Jean-Luc passait à la maison récupérer BBK, pour que je puisse partir. Si j'avais décidé de prendre le train précédent, j'aurais dû quitter la maison à 11h40 pour un train quittant Sélestat à 11h50... Trop tôt, difficile pour Jean-Luc, et parfaitement inutile, puisque les entretiens ne devaient débuter qu'à 14h15...

Oui, mais voilà, c'était sans compter sur la formidable ponctualité des réseaux ferrés européens, puisque le train de 13h11, c'était en fait un train venant de Bruxelles, et allant à Zurich. Il faisait donc une partie du trajet en Belgique, un bout en Alsace qu'il traversait du nord au sud, et avait son terminus en Suisse.

A mon arrivée à la gare, je vois deux lignes qui clignotent sur les moniteurs. Pour deux trains dont le départ est prévu à 13h11 : l'un en direction de Strasboug, l'autre vers Zurich. Sur le premier, le retard indiqué était de 5 minutes. Fort bien, me dis-je naïvement, 5 minutes, comme d'habitude, mais je serai quand même relativement à l'heure... Sauf que quand je suis arrivée sur le quai, l'affichage indiquait 30 minutes de retard. Je suis donc retournée à l'intérieur de la gare, furieuse contre la SNCF d'être si mal organisée, et ne sachant pas si mon train avait en définitive 5 ou 30 minutes de retard... pour me rendre compte au final que les deux trains avaient du retard et que j'avais lu un peu vite l'affichage : l'un avait 5 minutes de retard, et l'autre 30 minutes. Et devinez lequel était le mien ?

 

Déroutée et surtout très embêtée (parce que 30 minutes de retard, ça me faisait arriver au mieux à 14h30 à Mulhouse... donc sérieusement en retard, pour le coup...), je suis allée directement au guichet, pour demander si par hasard, il y aurait un autre train qui irait vers Mulhouse. Après avoir cherché, la guichetière m'a gentiment dit que le plus rapide, c'était d'attendre le train de Zurich, parce que la seule autre solution, c'était un train omnibus qui allait jusqu'à Colmar, puis un autre omnibus, qui me faisait arriver à Mulhouse bien après 15 heures...

Décidée à faire contre mauvaise forture bon coeur, mais consciente malgré tout des problèmes qui s'ensuivraient, j'ai quand même expliqué à la guichetière (pour une fois que c'en était une sympa, j'en ai profité) que je devais aller faire passer des entretiens d'embauche à 14h15, et qu'il fallait au moins que je prévienne de mon retard (rentrer à la maison récupérer la voiture, et y aller avec ce moyen de transport n'était pas non plus envisageable, puisqu'aller de Sélestat à Mulhouse en voiture, ça prend en soi 45 à 50 minutes, plus 10 pour rentrer à pied de la gare, plus 5 pour appeler Jean-Luc et lui expliquer la situation, plus 10 pour qu'il rentre à la maison avec la voiture, plus un certain temps pour que je me perde dans le centre de Mulhouse, puisque je n'y vais jamais qu'en train, et ne sais donc pas trop comment on va de l'autoroute au centre-ville en voiture, plus au moins le même temps pour que je trouve une place pour me garer... soit au total bien plus de temps que si j'attendais tranquillement le train, malgré la 1/2 heure de retard).

Dont acte. La guichetière me passe le téléphone, et j'appelle l'ISSM. Il est 13h15, et je réalise qu'il est sans doute un peu tôt : le secrétariat n'ouvre qu'à 13h30... Mais c'était sans compter Hassina, qui mange régulièrement à l'ISSM à midi, après avoir fait son marché. Et là, coup de bol, elle est là, et peut prendre le message : je n'arriverai que vers 14h45...

En attendant, je prends mon mal en patience... et un bon bouquin. Et j'attends. 13h50, le train de Zurich entre enfin en gare, et je m'empresse d'y monter. A cette heure-là, il n'est pas trop bondé, en revanche, il est plein de bagages plus ou moins volumineux... Mais tant pis. De mon côté, je voyage léger, il suffit de trouver une place, ce qui n'est pas un problème à cette heure-là.

 

14h30, le train entre en gare de Mulhouse. Avec donc presque 40 minutes de retard sur l'horaire prévu. Je me dépêche, et 10 minutes plus tard, je tombe nez à nez avec Casimir, qui rentre chez lui. Il m'annonce en pleine rue qu'il a fini par partir, parce qu'il est là depuis 9h30 du matin, et qu'il n'a toujours pas mangé, mais qu'il ne voulait pas laisser la bibliothèque ouverte sans personne, parce que s'il n'y a pas de documentaliste, en revanche, les étudiants sont bien là ! Et la doc ne désemplit pas, atelier de recherche oblige.

Il m'annonce qu'il est quand même parti, et qu'il y a plein de monde au centre de doc... Il m'accompagne à l'ISSM, et m'explique en chemin que Cyril, formateur, lui a demandé de laisser les étudiants travailler au centre de doc... ce qui ne doit pas se faire, en temps normal... Donc, je fonce avec Casimir, pour trouver Cyril dans la bibliothèque, avec quelques étudiants. Et il me dit, la bouche en coeur : "Ah bon, c'est bien, maintenant que tu es là, les étudiants peuvent rester..."

Euh... Non, Cyril, parce que je repars illico presto pour les entretiens, là, je n'ai que le temps de récupérer les 4 CV et lettres de motivation, ainsi que les numéros de téléphone, et je m'en retourne au 2e étage... Pas de doc à la doc !

Entre-temps, Casimir, qui fait preuve d'une grande initiative sur ce coup-là, et semble être en très grande forme (comme quoi, les champions du monde, des fois, ils peuvent être tout à fait bien !), revient avec Odile, la directrice-adjointe. Elle a l'habitude de ce genre de situation, elle saura gérer avec Cyril. Je prends mes papiers, du brouillon, un stylo, et je me sauve.

 

Annie (la directrice) m'attend dans son bureau. Je m'excuse... et on récapitule : l'ordre des candidats, les numéros de téléphone, les CV... tout y est. Je fais un topo rapide sur le premier à appeler : tout jeune, 20 ans, sorti tout juste de l'IUT, peu d'expérience à part les stages obligatoires dans le cursus... A voir.

Annie l'appelle, s'excuse du retard et explique le souci de train. "Ce n'est pas grave", répond le jeune candidat... On commence l'entretien : rappel de son parcours, "Qu'est-ce qui vous plaît dans ce métier ?" "Comment vous décririez-vous ?" "Pouvez-vous nous donner votre plus gros défaut et votre plus grande qualité ?" Le petit jeune ne se laisse pas démonter, et se décrit comme quelqu'un de sérieux, de rigoureux, avec le défaut qui va avec : la tendance à être un peu trop méticuleux... Ce qui peut être une qualité pour un documentaliste, mais qui peut vite tourner au cauchemar si deux documentalistes de la même équipe ont ce même "défaut"... ce qui est mon cas justement... parce que les deux n'ont pas forcément la même vision du travail, et que cette rigueur peut aller jusqu'à une certaine rigidité, et si on est tous les deux rigides, mais pas de la même façon, ça risque de poser de légers problèmes...

On arrive à la partie "questions". Je prends le combiné, pour lui répondre, et les seules questions qu'il pose, ce sont les horaires, et où mange-t-on ? Je lui explique notre organisation de travail actuelle, ainsi que le rôle de la cuisine pédagogique (sans lui parler pour autant des repas du mardi et du jeudi), et rends le combiné à Annie, interloquée par ces questions très en-dehors de la question centrale qui est le travail en doc, au quotidien...

 

On passe vite à la suivante. L'entretien était prévu à 14h45. Il est 15h20. Une jeune fille, qui finit une vacation à l'école des Beaux-Arts de Mulhouse. Elle est de Strasbourg, et a demandé à ce qu'on la rappelle sur le portable de sa collègue.

Le coup de fil commence très bizarrement. Annie commence directement par confondre haut-parleur et touche pour raccrocher quand on est en mains-libres. Elle fait donc le numéro, et raccroche aussitôt, en appuyant sur le mauvais bouton. Elle regarde le téléphone, très surprise du résultat, et visiblement, ne comprend pas tout de suite d'où vient l'erreur, puisqu'elle me dit : "Ca n'a pas marché ? Je recommence ?" Je ne sais pas trop comment lui dire qu'elle s'est trompée de bouton... J'acquiesce, et la voilà repartie. Elle tombe cette fois-ci sur la propriétaire du téléphone portable, et commence à lui parler, pour se rendre compte au bout de quelques secondes qu'elle n'a pas mis le haut-parleur. Et raccroche.

Sauf que là, elle se rend compte qu'elle a fait une erreur de bouton, et rappelle illico. Evidemment, comme souvent, ça sonne occupé... On recommence la manoeuvre, et là, la "collègue" de notre candidate qu'elle a au bout du fil lui dit que de toute façon, la jeune documentaliste n'est pas là, qu'il faut l'appeler chez elle, parce que passer un entretien d'embauche par téléphone pendant ses heures de travail, c'est... disons... moyen...

Dont acte. Annie raccroche, puis décroche le combiné, forme le numéro, attend que ça réponde, tente de mettre le haut-parleur et... raccroche ! Là, je n'y tiens plus, et je pars d'un grand éclat de rire. En fait, j'ai essayé au départ de ne pas rire : je ne voulais pas que ma directrice pense que je me fichais d'elle... Seulement, quand un fou rire vient, il vient, et il n'y a rien à faire pour l'en empêcher. C'est exactement ce qui s'est passé ce jour-là. Et coup de bol, la directrice l'a bien compris comme ça, et s'est mise à rire franchement également... Le temps de nous calmer toutes les deux, et elle refait le numéro de téléphone, non sans m'avoir confié la lourde tâche de mettre moi-même le haut-parleur en marche lors des prochains appels...

La suite est un rien plus classique : mêmes questions que pour le premier : Pourquoi ce métier ? Qu'est-ce qui vous plaît ? Comment vous décririez-vous ? Votre plus grande qualité ? Votre plus gros défaut ? Des questions sur notre organisation ?

Celle-ci se décrit comme un peu réservée (ce qui se sent au téléphone, mais n'en fait pas pour autant quelqu'un d'aussi insaisissable que celle de Caen, la semaine précédente), mais fiable. Quand on lui demande de préciser, elle nous dit qu'elle entend par là qu'elle est digne de confiance. La suite de l'entretien est édifiante : contrairement au précédent, elle pose des questions. Des tas. "J'ai vu sur votre site internet que vous avez instauré un système de chèque de caution pour éviter les vols... c'est la première fois que j'entends parler de cette possibilité. Vous n'avez pas de système anti-vol ?..." S'ensuit une discussion très intéressante sur le rôle de la documentaliste quant à l'incitation à la lecture, la question des retours d'ouvrages, du problème des pertes et des vols... Bref, quelqu'un de plus ouvert et de moins réservée qu'elle ne le pense elle-même, et en tout cas de très intéressante...

 

Suivante. Une Jordanienne. L'entretien était prévu à 15h15. Il est 15h45. Nous l'appelons sur son téléphone portable. Elle marche, elle doit aller prendre un bus ou un tram. Elle s'excuse, et nous demande s'il est possible de la rappeler après 17 heures, parce que là, elle ne sera pas dans de bonnes conditions pour répondre à nos questions et passer cet entretien... Annie approuve, et confirme qu'elle rappellera à 17 heures.

Entre temps, Annie découvre sur sa messagerie internet deux messages de cette même jeune fille, expliquant qu'elle ne peut pas attendre plus longtemps l'appel d'Annie, et demandant qu'on la rappelle soit le soir, soit le lendemain... Réaction d'Annie : "Au moins, elle est réglo !"

Du coup, on est quasiment à l'heure pour le dernier entretien, prévu à 15h45. C'est parti. Une jeune fille de Sélestat. Mêmes questions que pour les autres. Elle avait préparé l'entretien. Elle avait des questions, elle lisait visiblement des notes qu'elle avait prises à la lecture de la présentation de notre centre de doc sur Internet, et quand on lui a posé les questions de son défaut et de sa qualité, elle a eu une réponse qui trahissait tant sa jeunesse que sa candeur : "Ah zut, celle-là, je ne l'ai pas vue venir : c'est une question bateau, pourtant, mais je ne l'ai pas préparée !" Sourire en coin de la directrice. Et réponse de la candidate : "Je me décrirais comme rigoureuse, méticuleuse, peut-être au point que ça en devienne un défaut". Encore !

 

Le "classement" est le suivant, à l'issue de ces trois entretiens : La candidate de la région Bordelaise, entendue le jeudi précédent, vient en première position, suivie de très près par la Strasbourgeoise. Vient ensuite la jeune fille de Villeurbanne, puis celle qui est en CDD aux Beaux-Arts, et enfin le jeune homme. La personne de Caen est éliminée. Reste la Jordanienne. Et les scrupules.

S'engage alors une longue discussion sur la jeune fille de Bordeaux : peut-on décemment la faire venir pour 1000 € par mois, pour 6 mois, dans une région qu'elle ne connaît pas, même si elle y a des amis et pas de problème de logement ? On finit par en arriver à mon propre parcours : il y a 10 ans, je démarrais à l'ISSM, débarquée de Quimper, avec les mêmes questions. Et 10 ans après, je suis mariée, mère de famille, et je ne regrette aucun des choix que j'ai fait à ce moment-là (ni plus tard). Et j'explique à Annie que j'ai eu la chance d'avoir été la seule candidate à l'époque pour ce poste. Et que si ma place s'était jouée sur la question géographique, j'aurais été déçue de me la voir soufflée par une candidate "locale", pour la seule raison qu'elle était originaire d'un peu plus près...

Annie en convient, mais me dit que l'un des administrateurs, plus particulièrement chargé des questions de personnel à l'ISSM, n'aurait pas les mêmes scrupules : si deux candidates sont bien, et que l'une d'elle vient de la région et l'autre pas, il prend celle qui vient de la région. Sans état d'âme.

Je reparle alors de l'entretien passé avec l'administrateur, où il me posait très justement la question de la distance. Je l'avais rassuré en lui disant que j'avais de la famille dans le coin, et que pour ce qui était de la mer, elle ne s'évaporerait pas de sitôt, et que je pourrai toujours y retourner... le principal pour moi étant de trouver du travail, tout en sachant que les postes de documentalistes sont rares, donc chers...

 

Décision est prise de rappeler la candidate de Bordeaux, pour rediscuter avec elle de la question de la distance, justement...

Il est 17 heures 15, l'heure de rappeler la Jordanienne. Et pas de réponse : c'est la boîte vocale.

Seulement, de mon côté, je dois rentrer, partir au plus tard à 18 heures... S'il faut encore attendre pour la rappeler, ça va être dur pour Jean-Luc...

Annie me renvoie chez moi, en me disant qu'elle rappellera la jeune femme vers 18 heures, et qu'elle lui dira de m'appeler si elle a des qestions sur le travail lui-même. Je rentre à la maison en me surprenant à prier pour que la candidate de Bordeaux soit prise... Le CV de la Jordanienne est impressionnant, mais sa personnalité semble loin de "coller" au poste. Et puis, il semble aussi, au vu de son parcours, qu'elle soit plus informaticienne que documentaliste... elle risque de s'ennuyer dur ! et très vite !

 

Mardi 30 septembre. Je croise Annie à 8h30 au secrétariat. Et je vais donc aux nouvelles. Pour elle, la Jordanienne ne bouleverse pas beaucoup notre "tiercé" gagnant, et elle vient plus en 4e ou 5e place... ex-aequo avec la jeune femme de Villeurbanne. Je lui demande si elle a pu joindre la Bordelaise, comme on l'a surnommée entre nous, et elle me répond qu'elle s'apprêtait à l'appeler quand je suis arrivée...

Rien d'autre à faire, donc, qu'attendre que la décision soit prise.

Je descends à la doc pour ma matinée de travail. J'y trouve Casimir, inquiet, très inquiet sur l'identité de la remplaçante... et sur la sauce à laquelle il va être mangé ! Je le rassure, en lui disant qu'on a deux candidates sérieuses, et qui ont l'air toutes les deux très bien, bien que très différentes l'une de l'autre. Et que je suis aussi dans l'expectative...

12h30 : l'heure du déjeuner dans notre "cuisine" devenue "cantine" pédagogique. Et Annie se joint à nous. Elle me demande alors si la Jordanienne a appelé. Tiens, non, c'est vrai, je n'y pensais plus... Aucune nouvelle...

Je redescends à la doc, libère Casimir pour qu'il puisse rentrer déjeuner, et me lance dans mon après-midi d'enregistrement des nouveaux étudiants dans notre base de données. Vers 16 heures 30, le téléphone sonne : la Jordanienne. La conversation prend un tour surréaliste :

"Bonjour, je vous appelle parce que la directrice m'a demandé de le faire".

Ah. Ca commence bien.

"Oui, c'est essentiellement pour pouvoir répondre aux questions que vous vous posez sans doute sur le poste".

"Ben écoutez, en fait, non, je n'ai pas trop de questions : j'ai travaillé dans un CDI, d'après ce que j'ai pu voir, c'est très comparable, je m'en sortirai... Ah si, les horaires ? Madame Steiner me les a donnés, hier, mais je ne les ai pas bien notés... Vous pourriez m'en dire plus ?"

"Bien sûr : Lundi toute la journée, mardi, mercredi, jeudi après-midi. Pas d'autres questions ?"

"Non, c'est bon... J'espère que je pourrai travailler avec vous ! A bientôt, peut-être ?"

"Oui, peut-être... Au revoir !"

Et hop, conversation terminée. Elle n'avait pas de questions. Rien. Décevante.

 

Annie redescend à ce moment-là, et passe à la doc (je ne l'aurai jamais vue autant en si peu de temps ! D'habitude, il faut se lever de bonne heure pour la voir une fois dans la semaine !). Je lui raconte l'entretien, qui confirme son impression à elle, et place la Jordanienne en 5e position, à égalité avec le jeune homme, et uniquement à cause de son expérience professionnelle, sinon, elle était en dernière position...

 

Jeudi 2 octobre. Toujours pas de nouvelles. Qu'en est-il ? Annie a-t-elle pu joindre la Bordelaise ?

Je la croise dans l'escalier en arrivant. Elle me dit qu'elle viendra me voir très vite.

Effectivement, un peu plus tard dans la matinée, Annie m'apprend que le mardi, elle n'a pas eu une seconde pour appeler notre "favorite". Mais que la veille, mercredi, elle avait prévu de passer ce coup de fil en priorité, en arrivant. A 8h40, donc, elle s'apprêtait à décrocher le téléphone, quand celui-ci a sonné. C'était elle, qui appelait, inquiète, pour savoir si elle pouvait avoir des nouvelles sur sa candidature. Parce que si elle devait venir le lundi suivant, il fallait qu'elle le sache très vite...

Je ne sais pas ce qu'elles se sont raconté mercredi matin, mais toujours est-il que Mathilde a été embauchée à partir du mardi suivant. Elle avait déjà regardé sur Internet pour les billets de train, elle avait appelé sa meilleure amie pour savoir si elle pourrait loger à Thann, dès la fin de la semaine...

 

Mardi 7 octobre, la "Bodelaise", qui jusque-là n'avait qu'une voix, a enfin un visage. Elle s'est présentée au centre de documentation à 9 heures, comme prévu, et je me suis retrouvée dans la peau d'un guide et historien de l'ISSM et de son centre de documentation.

Bien sûr, je n'ai pas fait l'impasse sur Casimir. J'ai préféré la mettre au courant immédiatement. Annie lui en avait déjà touché un mot lors de leur rencontre la veille (Mathilde était passée à l'ISSM pour repérer les lieux, et avait pu voir Annie), et lui avait dit que je lui en parlerais plus le lendemain.

A 10 heures, Casimir, justement, est arrivé. J'en ai profité pour entamer une visite de l'école avec Mathilde, et pour lui présenter nos collègues. Ca nous a pris le reste de la matinée (Françoise est bavarde !), et quand nous sommes retournées au centre de documentation, ce fut pour dire à Casimir que nous montions manger... J'avais prévenu Caroline que nous serions un de plus au déjeuner ce jour-là...

L'après-midi, Magali est venue rapporter ses clés, pour que Mathilde ait son propre jeu pour le lendemain : Casimir serait là à son arrivée, mais elle n'aurait pas de clé pour le caisson où nous rangeons nos sacs et affaires personnelles, et elle ne pourrait pas fermer le soir... Je lui ai ensuite parlé de l'histoire du centre de documentation, de son lourd passif, de son fonctionnement quand j'étais seule, des nouveautés introduites par Isabelle, puis Magali, quand on a pu être plusieurs sur le poste, et donc mettre en place ce qu'il était impossible de réfléchir avant, en termes d'animations, d'expositions...

 

Je l'ai quittée le soir en lui disant que le lendemain allait être difficile, et toute la semaine suivante aussi : je devais aller à Paris le jeudi 9 : elle serait donc seule à la barre dès le lendemain de son arrivée, et pour une semaine... Un baptême du feu en quelque sorte, puisque dans le même temps, elle aura aussi à apprendre à connaître Casimir, avec qui elle travaillera toute la matinée du vendredi, pour avoir une semaine complète. Le lundi, ce sera journée continue, et le mardi, je serai de retour. Elle pourra bien sûr m'appeler le mercredi ou le vendredi, en cas de problème, à la maison. Je lui ai laissé les codes d'accès à ma session informatique pour qu'elle puisse travailler, et nous avons créé un profil pour elle sur le logiciel documentaire, pour qu'elle puisse commencer à se faire la main en indexation (redoutable exercice, mais le plus efficace pour se mettre d'emblée dans le bain). Elle s'en est bien sortie, et a appelé Magali le jeudi, parce qu'elle ne savait pas quoi indexer dans les revues qu'elle devait dépouiller. Et bien sûr, j'étais injoignable.

Si si, un jour, j'aurai un téléphone protable. C'est promis.

 

Mardi dernier, nous avons donc fait le point sur ce qui s'était passé durant la semaine. J'ai repris certaines choses, rattrapé d'autres, mais globalement, elle avait su prendre les bonnes décisions, sélectionné les bons articles, et après quelques recadrages, ça ira comme sur des roulettes. Nous ne nous sommes pas trompées en la préférant aux autres...

Du coup, je suis aussi moins inquiète. Quelle que soit la décision de Magali, nous avons une remplaçante tout à fait compétente. Et libre, ce qui est important, si elle doit rester après le congé maternité de Magali...

 

La suite (ou plutôt le reste) dans un autre billet : il est temps d'aller au lit !

 

 

vendredi 26 septembre 2008

Recrutement

Hier, j'ai fait une expérience pour l'heure inédite pour moi : j'ai participé à des entretiens d'embauche.

A l'ISSM, les choses bougent très très vite en ce moment. Jeudi dernier, le 18 septembre, Magali a fait sa dernière journée de travail. Elle est partie en congé maternité jeudi soir.

Alors bien sûr, il faut lui trouver une remplaçante.

N'allez surtout pas croire que nous nous y prenons au dernier moment. Non. Les circonstances sont contre nous.

 

Le 31 juillet, notre directrice a fait passer un annonce dans deux réseaux : celui de l'IUT d'Illkirch, près de Strasbourg, qui forme des documentalistes, et celui de l'antenne alsacienne de l'ADBS (Association des Documentalistes et Bibliothécaires Spécialisés). Oui, mais voilà, pour je ne sais quelle raison, l'annonce n'est pas parue à l'ADBS. Et à l'IUT d'Illkirch, vacances obligent, ils ont tout gelé jusqu'à la rentrée. Et du coup, ils ont pris du retard dans la publication des annonces, et la nôtre n'est parue à l'IUT que le 13 septembre... pour un remplacement à compter du 15 !

Evidemment, entre-temps, nous nous sommes inquiétés, la directrice a appelé, et finalement, Magali a transmis l'annonce à l'ADBS nationale, le 13 également. De mon côté, j'ai envoyé la même annonce à réseaudoc, un réseau de documentalistes avec lesquels je travaille de temps en temps, à Mulhouse et dans la région. Mais comme je ne travaille que le mardi et le jeudi, je n'ai pu faire l'envoi que le 16 au matin... Au moment où je recevais confirmation de l'envoi de l'annonce, je recevais en même temps 4 messages de la directrice, me transférant 4 CV et lettres de motivations de 4 candidats, 3 issus de l'IUT d'Illkirch, et 1 venant de la région bordelaise, qui avait eu l'annonce par le biais de l'ADBS.

 

Enfin, des réponses. Enfin, des CV, des personnes à contacter, des candidates pour un poste à pourvoir dans l'urgence.

 

Le 17 au matin, deux nouvelles candidatures sont arrivées, et une autre au début de la semaine suivante (le 22).

Au total, 7 candidatures pour un poste à mi-temps, en CDD.

Sur les 7, une ne m'a pas plu, immédiatement. Un CV alambiqué, bourré de trous (qu'a-t-elle bien pu faire entre 1992 et 2000 ? Combien de temps son expérience au centre de formation de la Croix-Rouge d'Alençon a-t-elle duré ?), bref, un truc bizarre, avec une lettre particulièrment peu soignée pour une personne qui se dit rigoureuse et ayant une bonne maîtrise de l'informatique... Mais on ne sait jamais...

 

Donc, sur 7 candidatures, 4 sont du Bas-Rhin, trois d'ailleurs (Vénissieux, Caen et Bordeaux). Pas question de les faire venir pour 1/2 heure d'entretien, pour un poste qui ne va pas leur permettre de vivre (1000€ net par mois, pour 20 heures par semaine, vu le coût de la vie aujourd'hui, c'est plutôt difficile...). En revanche, deux des trois candidatures sont intéressantes, l'une d'elles semble vraiment correspondre au profil, la deuxième est un tant soit peu surdiplômée (le risque, c'est qu'elle s'ennuie très vite à ce poste), et la troisième est à contacter pour éclaircir les zones d'ombre de son CV. Bref, la directrice décide donc de convoquer tout le monde, mais les entretiens se feront par téléphone (ça évite quand même des frais importants à des étudiantes qui habitent loin...).

 

Hier, donc, les entretiens étaient programmés à 14h30, 15h15 et 16h. Et j'avais rendez-vous avec la directrice pour qu'on voie exactement ce qu'on allait leur demander, à ces candidates. Parce que bien sûr, ce n'est pas mon rôle de faire passer des entretiens d'embauche. Je ne sais pas faire ça, et je ne peux que donner un avis sur les questions techniques, pas sur l'embauche...

 

Bref, la matinée a été particulièrement agitée. Sachant que je ne serai pas du tout à la doc l'après-midi, j'avais demandé à Casimir de venir de 14 heures à 17 heures et non pas de 10 à 13 heures. Du coup, j'étais seule à bord, et il se trouve qu'en cette période de rentrée, nous cumulons les mises à jour du fichier emprunteur, le dossier économie des 1er années, et l'atelier de recherche pour les 2e années. Beaucoup de monde, donc, au centre de documentation, avec des demandes incessantes (recherches bibliographiques, documents à sortir des archives...), mise à jour informatique des fichiers d'adresses... bref, pas de quoi s'ennuyer, sachant que la priorité sur tout autre travail, c'est bien entendu l'étudiant. D'autre part, il y a encore un certain nombre de livres, commandés en juillet, qui sont toujours en attente d'être catalogués, indexés et mis en rayons. Faute de temps et de documentaliste pour faire ce travail, ça attendra encore un peu. Pour ne rien arranger, l'inventaire du mois de juillet a montré un certain nombre de pertes, et nous retombons en fait beaucoup sur les mêmes... ceux qui avaient déjà disparu avant l'inventaire de 2006. Or, en novembre, je dois passer une autre commande d'ouvrages, censée remplacer les livres disparus ou volés. Seulement voilà, avant de racheter, encore faut-il pointer précisément ce qui a disparu... J'ai réussi à finir de pointer tous les emprunts en cours depuis mon arrivée (certains livres ont disparu depuis plus de 10 ans, ce travail n'ayant pas pu être fait avant que j'arrive... ni depuis mon arrivée, puisque nous avons toujours été en sous-effectif et que nous n'avons pu commencer ce travail que cette année, le reste ayant pu être mis en place dernièrement).

 

Je vous ai parlé d'autre part de l'initiative des formateurs, et je me suis rajoutée au cercle, pour les repas de midi. Oui mais voilà, hier, c'était Marie-Claire qui devait se mettre aux fourneaux, seulement en cette même période de rentrée, elle ne pouvait pas être là à midi, et la veille, elle n'avait pas pu préparer de repas. Elle est passée à la doc vers 11 heures pour me prévenir qu'il n'y avait rien à manger, et je me suis dit que ce n'était pas bien grave : une fois n'est pas coutume, j'irai m'acheter un sandwich ! Seulement voilà, en l'absence de Casimir, sortir de la bibliothèque pendant la pause de midi est tout simplement impossible : bibliothèque bondée, demandes continuelles, priorité à l'étudiant...Bref, j'ai pu me libérer à 13h30, soit une demi-heure avant mon entretien préparatoire aux entretiens d'embauche avec la directrice. J'ai vite foncé au 2e étage, pour découvrir qu'il n'y avait plus de sandwichs dans le distributeur. Je suis redescendue au premier pour y prendre mon sac et mon manteau, et j'ai foncé à la boulangerie du coin... pour me casser le nez une fois de plus : un pannonceau indiquait que la boulangerie était fermée de 13h15 à 13h45 (sans doute pour qu'ils puissent manger également... C'est dommage, ils font des super pizzas et de très bonnes quiches et tartes à l'oignon...). Je continue donc mon chemin : Monoprix n'est pas très loin, en allant vers la Rue du Sauvage (la plus grande artère commerciale de Mulhouse), ils ont un rayon boulangerie-sandwicherie, je devrais trouver mon bonheur. J'entre, et là, surprise, il reste des sandwichs ! L'autre option, c'était Paul, spécialiste des Bretzels et des Mauricettes, mais pour le même prix, j'ai deux fois moins à manger, et j'avoue qu'à 13h40, il commence à faire sérieusement faim ! Va donc pour un sandwich thon-mayonnaise-tomates et une part de mille-feuilles (pour une fois que j'ai l'occasion, tant pis pour le régime, je mangerai plus sainement ce soir).

 

Retour dare-dare à l'ISSM, où j'apprends par Hassina et Christine (les secrétaires) qu'Annie (la directrice) n'est pas encore là. Ouf, je peux me poser pour manger. Direction la "cuisine pédagogique", et je m'installe. Mais il faut faire vite : à mon arrivée, il est 13h50, le rendez-vous est dans 10 minutes, faut pas trainer : tant pis pour le dessert, je le mangerai quand j'aurai le temps.

14 heures : j'ai fini de manger. Je file à la doc chercher mes affaires (CV des postulantes, lettres de motivation, numéros de téléphone pour les appeler, stylo et papier pour prendre des notes), et je remonte au secrétariat, pour apprendre que la directrice n'est toujours pas là. Je retourne à la cuisine, et me fais chauffer de l'eau pour un thé. J'ai eu le temps pendant que l'eau chauffait, d'aller aux toilettes (la première fois depuis mon arrivée à 8h30 !), et hop, je me pose. Je n'ai plus qu'à attendre : Casimir est en bas, avec les étudiants, je peux donc être tranquille, ils peuvent faire leurs recherches sereinement.

14h15, puis 14h30 arrivent, toujours pas d'Annie... Je commence à stresser tellement pour les postulantes que je me décide à arrêter de tourner en rond au secrétariat, et à manger ma part de gâteau à la cuisine. Au moins, ça m'occupe, et qui sait, ça la fera peut-être arriver ?

Ben non. Toujours pas. Je redemande à Christine, pour la dixième fois, si elle a des nouvelles, et lui explique le pourquoi de mon stress. Elle me dit qu'il suffit de l'appeler pour savoir ce qui se passe. Ce qu'elle fait dans la minute qui suit (vive le téléphone portable... Je ne pensais pas en arriver là un jour...), et elle n'a le temps de rien dire : Annie connaît tellement bien Christine (qui fait partie des meubles de l'ISSM depuis plus de 20 ans maintenant), qu'elle sait exactement pourquoi celle-ci l'appelle. Christine raccroche donc au bout de 10 secondes en me disant qu'Annie est en bas de l'immeuble, et qu'elle monte.

Ouf, la vie va pouvoir reprendre un cours normal, et mon coeur va pouvoir se remettre à battre tranquillement : le Chef est là.

 

Evidemment, on ne peut pas arriver d'un déjeuner avec le vice-président de l'association, s'asseoir sur sa chaise et décrocher le téléphone pour un entretien d'embauche immédiatement. Il faut un minimum de préparation quand même : qui on appelle ? et pourquoi ? et que doit-on lui demander ?

Bref, 14h50, on s'y met. La première candidate vient de Vénissieux, elle est encore étudiante, doit finir son Master doc en décembre, mais est libérée de cours. Elle peut donc se déplacer, travailler...

Seulement, à la lecture de son CV, elle m'avait sembée un peu trop diplômée. L'entretien confirme mon opinion : très intéressante, enjouée, bon contact, mais trop diplômée il me semble pour ce qu'il y a à faire. Elle le sent d'ailleurs bien, à travers les questions qu'elle pose... A retenir, donc, parce que sa personnalité est intéressante et qu'elle correspond plutôt bien au profil recherché. Mais avec cette réserve du diplôme et manque d'intérêt potentiel du poste pour elle... Ce ne serait pas un problème si nous cherchions uniquement une remplaçante pour 5 mois. Seulement Magali m'a appris avant de partir que son mari avait trouvé un poste en région Rhône-Alpes, et que si la période d'essai se passait bien, elle partirait sans doute le rejoindre, soit à la fin de son congé maternité, en février, soit à la fin de l'année scolaire (elle a une fille de l'âge de Nathanaël). Tout dépend donc du travail de son mari, mais vu son profil, il a plus de chances de rester que de repartir... Donc, nous devons recruter quelqu'un dans l'optique de transformer éventuellement son CDD en CDI... et si la personne s'ennuie à ce poste, va-t-elle rester par la suite ? N'aurait-elle pas d'autres opportunités, plus intéressantes pour elle professionnellement, ailleurs ?

 

15h25 (on commence à rattraper le retard !), deuxième appel. C'est la candidate de Caen, celle qui a de gros trous dans son CV. L'entretien consistera donc à essayer de les boucher, pour comprendre son parcours et en savoir plus sur elle (sa lettre aussi bien que son CV sont plutôt laconiques...). Ca commence mal d'emblée. Le téléphone a un problème, et on commence illico par couper la conversation pour la rappeler par la suite. Deuxième essai, deuxième échec : le haut-parleur doit être coupé pour que la conversation puisse avoir lieu. Je n'entends donc plus que les réponses d'Annie, ses questions, mais rien de la candidate. Seulement, à l'air effaré, dubitatif, estomaqué par moments de la directrice, je me rends compte qu'on est à des années lumières de la première... J'attends patiemment qu'on en arrive aux questions sur le poste, pour pouvoir parler avec elle, et j'ai l'impression de me retrouver à faire les demandes et les réponses. Elle ne semble pas intéressée par la question, elle est toujours très laconique, et semble s'intéresser uniquement à l'aspect technique (purement documentaire, donc). Je lui repasse Annie, qui lui pose les deux questions rituelles : "Comment pourriez-vous vous décrire ? Qu'aimez-vous dans le métier de documentaliste ?"

Les réponses sont édifiantes : "Je sais écouter, je suis plutôt gentille" seront les réponses à la pemière question. Et "ce que j'aime, c'est le livre, le côté technique du métier. Bien sûr, il y a les usagers, il faut connaître le public auquel on s'adresse."

 

et vlan. Ce que j'avais pressenti en lui parlant des tâches qui font partie de notre quotidien se révèle exact : c'est un vrai rat de bibliothèque ! Pas une documentaliste moderne ! Elle aurait plus sa place dans un service d'archives... ou dans une grande bibliothèque universitaire, où son travail consisterait surtout à cataloguer des ouvrages... Seulement voilà, le travail qu'on lui propose, c'est beaucoup d'indexation et de catalogage, mais c'est aussi, et surtout, beaucoup de contact...

Bref, pour elle, mon avis est un "non" franc et massif. Et je vois que la directrice est à 100% d'accord avec moi...

 

Reste la troisième, celle qui vient de Bordeaux. Ce matin, elle m'avait déjà appelée, très inquiète, et persuadée que l'entretien devait avoir lieu la veille... Elle avait donc attendu pendant plusieurs heures que le téléphone sonne... en vain bien sûr ! Je l'avais rassurée le matin même, et lui avait confirmé notre appel pour 16 heures.

 

Oui, mais après la deuxième, il fallut faire une pause. Même en plein entretien d'embauche, la directrice doit être sur tous les fronts à la fois. Là, il s'agissait de Pascale, en pleine programmation pour les étudiants AVS (auxiliaires de vie sociale), avec un gros pataquès en cours avec un autre organisme de formation qui coorganise le projet... J'en profite pour retourner aux toilettes, et à mon retour, Marie-Hélène (pourtant à la retraite depuis un an) est là, et en pleine discussion avec Annie au sujet de ces mêmes AVS, mais pour un autre souci : l'organisation d'ateliers cuisine en Allemand...

 

Après cet intermède, nous revoici au téléphone, avec la troisième candidate. Elle nous parle avec passion de son métier, nous explique sans fausse modestie son parcours, semble-t-il plutôt brillant, et nous dit que l'éloignement n'est pas un souci, dans la mesure où elle a de la famille à Thann, c'est-à-dire pas très loin de Mulhouse, et qu'elle peut y loger sans souci pendant la durée de son contrat. Elle a un bon contact, et par certains côtés, me fait penser à Magali... Son CV et sa lettre de motivation m'avaient déjà donné une très bonne impression. L'entretien n'a fait que la confirmer... Je crois que j'aimerais assez travailler avec elle. Elle passe directement en première position, et celle de Vénissieux en 2e. Celle de Caen est éliminée...

 

16h30 : je me retrouve chargée d'organiser 4 nouveaux entretiens d'embauche, toujours par téléphone. Le souci, c'est d'une part que c'est un exercice difficile, et d'autre part que le temps est compté... L'agenda d'Annie est compliqué et plein, et il faut faire vite. Les trois candidates se sont déclarées prêtes à démarrer la semaine prochaine. Les besoins sont criants en doc, d'autant plus qu'actuellement, je peux me libérer quelques heures supplémentaires par semaine, mais c'est difficile à cause de la garde de BBK (sans parler de mon entreprise), et que je dois faire face à d'autres soucis : d'une part la réunion à Paris le 9, pour le thésaurus, et d'autre part le rachat de la boite qui vend notre logiciel par une autre boîte, avec changement de logiciel à la clé. La réunion d'information a lieu à Besançon le 20 octobre... et je dois y être, alors que j'ai un rendez-vous à la même heure à Sélestat. Il va falloir déplacer, mais ça veut surtout dire qu'il faudra que la remplaçante soit opérationnelle dès le 8, puisque ce jour-là, elle sera seule aux commandes l'après-midi, et que le 9, je ne serai pas là pour répondre à ses questions...

Ce qui me laisse en réalité une journée pour lui expliquer le fonctionnement du centre de doc, l'utilisation du logiciel, les tâches qu'elle aura à faire... Difficile, surtout pour elle !

Je redescends donc à la doc, pour y trouver Casimir totalement déboussolé : "Il y a eu du monde tout le temps, je devais aller aux archives, chercher des documents, répondre aux questions, enregistrer les prêts, les retours, faire les recherches avec les étudiants..." Je lui ais simplement dit que c'était la période... Je ne lui ai pas dit que c'était ça, le travail de documentaliste, celui qu'il veut faire en passant le DUT en cours du soir en plus de son travail ici. Je ne lui ai pas dit que j'avais fait bien pire ce matin, parce qu'en plus de ce qu'il avait fait, j'avais continué à rechercher les livres perdus... Je ne lui ai pas dit que pourtant, c'était ce qu'il m'avait dit aimer, un an auparavant, quand il m'avait dit qu'il n'aimait pas le mois de janvier parce qu'il n'y avait plus d'étudiants à l'ISSM puisqu'ils sont tous en stage à cette période-là. Je ne lui ai pas dit non plus que s'il "craquait" maintenant, cela poserait de gros problèmes... Je sais que Casimir ne pourra sans doute jamais être documentaliste. Je sais aussi que quand il n'est pas sous pression, il fait correctement son travail. J'ai vu qu'hier, il était sous pression, et je redoute le moment où je vais avoir à faire le point sur les entrées et les sorties d'ouvrages. Je redoute aussi le moment où la tension actuelle sera retombée : va-t-il décompenser, comme la dernière fois ? Comment va-t-il gérer l'arrivée de la remplaçante de Magali ?

Je prends donc le téléphone : j'ai 1/2 heure pour contacter les 4 candidats.

Pour la première : pas de réponse. Je passe à la seconde : pas de réponse non plus. Le troisième a un téléphone portable : c'est un bon point, mais pas de bol, il est sur messagerie. Heureusement, il a eu l'intelligence de mettre le numéro de téléphone fixe. Il a 20 ans, et il sort tout juste de l'IUT. Aucune expérience professionnelle, hormis les stages obligatoires. Bref, il est comme moi quand j'ai commencé à l'ISSM... Il a toutes ses chances ! Je lui donne rendez-vous à 14h15, lundi prochain. J'appelle la dernière : elle décroche tout de suite, mais semble perdue quand je lui propose un entretien téléphonique : elle ne sait visiblement pas de quoi je parle. Elle m'explique qu'elle a posé plusieurs candidatures, et me demande de lui redire qui on est... Ca commence bien ! Je m'exécute, et lui fixe rendez-vous à 14h45, lundi 29.

La suite est plus difficile : il me faut joindre les deux qui ne répondent pas. J'essaie de nouveau le téléphone de la première candidate. Je tombe sur sa mère, mais le téléphone bugge chez moi, et je dois raccrocher. Je recommence : messagerie. Je réitère, et je retrouve la maman, qui m'apprend que sa fille est à Mulhouse jusqu'au mardi 30. Pas de numéro de portable, pas de numéro de téléphone où la joindre sur son lieu de travail, où elle fait des vacations. J'opte pour le mail, en lui demandant de me confirmer sa présence le 29, et surtout de me donner un numéro de téléphone où on pourra la joindre...

La dernière est une jeune fille de 21 ans, qui a une musique de "Djeuns" sur son portable. Ca fait mal aux oreilles, et ça dure tout le temps que la mesagerie se mette en route... Bref, pour ne pas avoir à subir ça une nouvelle fois, je laisse finalement un message, à charge pour elle de me confirmer le rendez-vous de lundi... On verra bien ce que ça donnera !

17h27 : j'appelle Jean-Luc... Je lui apprends que je dois retourner à l'ISSM lundi, et qu'il devra garder BBK l'après-midi. Le problème, ce sont les vendanges ! Mais chouette, lundi, il ne vendangera pas... et il me dit qu'il est déjà à Sélestat, qu'il a pu aller chercher les enfants tout de suite après l'enterrement... et là, je reconnecte brusquement les neurones... Sa  Grand-mère est décédée lundi matin, et avec tout ça, j'ai totalement oublié l'enterrement, qui avait lieu à 14h30... J'avais prévenu que je pouvais pas y être, mais je pensais que j'aurais eu une petite pensée à cette heure-là... Seulement, dans le stress de la journée, ma tête s'est copieusement vidée de son contenu autre que professionnel... Il est de toute façon l'heure de rentrer, nous pourrons en parler à mon retour...

 

mercredi 17 septembre 2008

Vendanges

Ca y est ! Les vendanges ont débuté !

 

Les réjouissances ont commencé lundi matin, le 15, date officielle de l'ouverture des vendanges pour le Crémant d'Alsace.

Depuis lundi, donc, notre rythme de vie a pris une autre tournure, qui sera désormais la nôtre chaque jour de récolte. Lever tôt le matin, coucher tard le soir, voire pendant la nuit...

La journée type, quand je ne "travaille" pas (c'est-à-dire quand je ne suis pas à l'ISSM), ça donne à peu près ceci :

Lever 6h30-6h40 en même temps que Jean-Luc, douche pour moi, puis on descend préparer les enfants pour l'école, les jours où ils vont à l'école, bien entendu.

7h30 : Jean-Luc est en général prêt à partir, et je n'ai plus qu'à houspiller Noémi pour qu'elle se dépêche de terminer son petit déjeuner.

Jean-Luc parti, le stress commence à monter chez moi (je ne sais pas pourquoi, quand je suis seule, je suis plus irritable...).

A 8 heures au plus tard, Noémi doit être à l'école, CP oblige. Lundi dernier, il était 8h05 (on était déjà en retard...), et mardi, elle a énervé son père et a traîné tellement qu'ils ne sont arrivés qu'à 8h15... et comme elle avait honte d'être en retard, il a même fallu que son papa l'accompagne jusque dans la classe... Ce qui lui a encore fait perdre du temps, parce qu'après, il fallait accompagner Nathanaël à la maternelle et le préparer (lui faire mettre ses chaussons, retirer la veste, mettre le ticket de cantine dans la boîte aux lettres de l'entrée... Bref, l'entrée de Nath à l'école, c'est en gros 15 minutes... sans compter BBK qui en général file visiter la classe d'en face au moment où il faut partir...).

 

Toujours est-il que lundi, donc, à 8h05, Noémi a passé le portail de l'école, et est entrée en classe. 8h25, je sors de l'école maternelle avec BBK, je la mets dans la voiture, et c'est parti pour les courses. Oui, le lundi matin, je fais les courses. Ca évite d'avoir à les faire avec les enfants le soir, et en général, le matin, il y a moins de monde, donc on va plus vite parce qu'on attend moins longtemps aux caisses. Seulement voilà, lundi dernier, les courses ont été plus longues que d'habitude (la semaine dernière, j'étais rentrée à 9h05, record imbattable actuellement au Gobolistan, sachant que Leclerc n'ouvre ses portes qu'à 8h30, j'ai donc tout fait en moins de 30 minutes, puisqu'il faut 10 minutes pour rentrer du Leclerc à la maison, en voiture). Lundi 15, donc, les courses ont été plus longues, parce que cet après-midi, mercredi, Noémi fête son anniversaire avec ses copains de classe. D'habitude, on fait ça en été, mais là, c'était un peu juste à organiser, avec les examens, les résultats des examens, les anniversaires des copains... Donc, j'ai préféré reporter en septembre (après tout, elle est du 21 août, ce qui fait que la fête est quand même plus proche de sa date d'anniversaire que si je le fais le 3 juillet...).

Organiser un anniversaire, c'est un minimum de préparatifs quand même : s'assurer qu'on a assez d'oeufs, de levure et de sucre vanillé pour faire les gâteaux et les crêpes pour les enfants, racheter quelques bougies d'anniversaires (elles ont tendance à s'user assez vite, quand on fête plusieurs fois les anniversaires des enfants), prévoir quelques petits cadeaux pour les enfants invités, ne pas oublier les serviettes en papier, la nappe, les décorations, et zut, ils n'ont plus de ballons, mais bon, on fera avec ou plutôt sans... et puis il faut penser aux bonbons, aux sodas, aux chocolats à distribuer l'après-midi... Que des choses que nous n'achetons que pour les anniversaires, justement (à part les chocolats...).

Donc, lundi matin, j'étais de retour avec BBK à 9h45...

Et là, je me rends compte qu'il n'y a plus de pain. Je mets les lutins à contribution, parce que si nous avons des "esclaves" au Gobolistan, c'est pour qu'ils travaillent, pas pour que je fasse tout à leur place par bonté d'âme. Donc, j'ai mis ce qu'il fallait dans le bol mélangeur et la machine a fait le reste.

Même chose à la buanderie : une tonne de linge sale à laver, et donc, du travail pour les lutins de la machine du sous-sol. On en profite pour ranger quelque peu la salle de jeu, et j'ai fini par démonter la tente de Noémi (cadeau de sa marraine pour son anniversaire, que je remonterai tout à l'heure pour que les enfants puissent y jouer, mais qu'il me fallait à tout prix ranger, pour pouvoir faire un peu de place et de ménage là-dedans...).

Autre tâche : depuis quelques temps, à l'ISSM (depuis la rentrée, en fait), certains formateurs ont eu une très bonne idée : on prépare chacun le repas de midi à tour de rôle, les mardi et jeudi. Ca évite d'avoir à penser à la préparation d'un repas chaque jour, et c'est très convivial : les informations s'échangent aussi beaucoup de cette manière informelle, soit autour d'un repas, soit devant un thé ou un café. Je n'ai malheureusement jamais le temps de participer aux petits déjeuners avec les autres, à cause de la masse de travail en doc. En revanche, ces déjeuners communs sont formidables, ça tombe de toute façon les jours où je travaille, et en plus, à l'heure de ma pause. Jeudi dernier, donc, Sébastien nous avait préparé des lasagnes, avec framboises et fraises du jardin (si si, il en avait encore !), melon, et un petit vin rouge.

Je n'ai pas fait si élaboré, mais mardi, hier, c'était mon tour. Il restait du paté en croûte de l'anniversaire de François, j'ai complété avec une salade de tomates du jardin avec de la feta (pas du jardin celle-là) et des pommes bio. Le repas a été apprécié, notamment de Julie, la fille d'une des formatrices. Mais tout ça, ça veut dire aussi qu'il faut y penser avant... Mon autre tâche a donc été de réfléchir intensément au sujet de ce repas : en général, j'ai beaucoup, beaucoup de mal à trouver des idées de repas. Et quand je dis beaucoup de mal, je devrais dire plutôt que s'il était possible de se passer de repas le soir, je le ferais volontiers (et à midi aussi, tant qu'à faire). Autrement dit, le jour où on aura inventé les pilules nutritives, je serai contente..., et je regretterai le temps où on cuisinait à la maison, sans doute. Parce que ne croyez surtout pas que je n'aime pas ça. C'est juste que je manque cruellement d'imagination, quand il faut trouver tous les jours des menus différents pour manger sain et équilibré...

 

Bref, Lundi, je suis donc rentrée des courses à 9h45, j'ai mis la lessive en route, j'ai vidé la machine à laver la vaisselle (qui s'était terminée entre temps), et j'ai rangé les courses. Et comme je suis finalement une grande enfant, ça m'a pris le reste de la matinée, parce que oui, j'ai profité des cadeaux des enfants. J'ai tout sorti des boîtes, et je les ai tous essayés les uns après les autres ! Du coup, c'est vrai que ça prend pas mal de temps. Ce ne sont que de petits jouets, mais il y a des choses sympas : toupie, crécelle, trucs qui font du bruit quand on souffle dedans, trucs qui volent quand on tire sur le fil, bidules à trous où il faut mettre des billes, mini-flippers où selon l'endroit où tombe la bille, on gagne 100, 500, 1000, 2000 ou 5000 points, mini voiture, scooter, camion ou moto... Bref, de quoi remplir de petits sachets pour faire plaisir aux enfants.

Oui mais voilà, se pose un autre problème : après vérification, mon stock de sachets est épuisé. Il m'en reste en tout et pour tout 2. 2 pauvres malheureux et solitaires sachets à Bredalas... Et bien entendu, chez Leclerc, des sachets, ils n'en ont pas encore, tout simplement parce que ce n'est pas encore l'Avent, et que les Bredalas, on n'en fait que pendant l'Avent. Donc, on n'a pas besoin de sachets à Bredalas hors période de l'Avent, sauf si on utilise les sachets à Bredalas pour autre chose que pour y mettre des Bredalas, ce qui est mon cas, mais du coup, ben des sachets, je n'en ai pas assez...

 

Dilemme.

Que faire ?

Comment faire pour préparer des paquets de jouets, bonbons et chocolats pour 12 loustics entre 2 et 6 ans, sans contenants ???

 

Internet.

Origami.

Ouais !

 

L'après-midi, donc, après le déjeuner (vous vous souvenez ? Il m'a fallu tout le reste de la matinée pour ranger les courses !), après le déjeuner donc, j'ai couché BBK, et je suis montée au bureau. Et là, les lutins de l'ordinateur ont formidablement bien coopéré. Ils m'ont donné ce que je voulais : des patrons de boîtes en papier, en origami.

Oui mais voilà, une boite en papier, pour qu'elle soit solide, elle doit être bien faite. Et en plus, je suis limitée par la taille des feuilles de papier. Je m'explique. Une boite carrée, ça se fait avec un papier carré. Logique. Et pour obtenir un papier carré avec une feuille A4, il faut en couper un bout, de manière à obtenir un carré de 21 cm de côté (le plus petit côté de la feuille A4, donc). Et la taille finale de la boîte, c'est 1/4 de la dimension d'origine. Autrement dit, avec un carré de 21 cm de côté, on obtient une boîte de 21/4=5,25 cm de côté.

Pas bien grand comme boite, donc.

Alors j'ai essayé autre chose : j'ai essayé d'agrandir le carré, en collant deux feuilles A4 l'une contre l'autre, et d'avoir un carré de 29,7 cm de côté. Mais du coup, je l'ai recouvert de papier autocollant, pour avoir une boîte plus solide, sinon, ça ne tient pas. Ben oui, mais je n'ai pas assez de papier autocollant pour 12 boîtes, donc l'idée ne peut pas marcher non plus.

Alors, j'ai cherché un autre modèle de boîte. Qui semblait très bien sur le site. Mais soit je n'ai rien compris aux explications, soit c'est infaisable, toujours est-il que j'ai tourné dans tous les sens sans trouver comment ça marche.
Bref, j'ai quand même fait mes 12 petites boîtes carrées, et j'ai mis les petits cadeaux dedans. C'est bien, ça tient, mais si je leur donne les boîtes comme ça, elles n'arriveront jamais jusqu'à chez eux intactes...

Bon sang, que faire ????

 

Idée : emballer les boîtes. Oui, mais il faut pour cela du papier d'emballage. Le papier cadeau, ça ne va pas, le craft, ce n'est pas joli, le papier transparent, qu'on utilise pour couvrir les livres, c'est trop épais, et de toute façon, ça sert surtout à couvrir les livres...

Les serviettes en papier ! Des vertes pour les garçons, des roses pour les filles, ça devrait le faire.

Ni une, ni deux, je teste, mais il faut un lien pour fermer la serviette, sinon, même conséquence : ça n'arrivera pas entier au domicile des enfants... Donc, je fouille et farfouille... et finis par trouver un reste de ficelle dorée que j'utilisais l'an dernier pour fermer les sachets de Bredalas. Ca ira : je commence l'emballage.

 

Bon sang ! Il est déjà 17h15 ! Il faut aller chercher les enfants à l'école !

Au moment où je m'apprête à partir, bien entendu, BBK se réveille ! Je file dans sa chambre, la récupère, la change, et c'est parti pour le biberon : les autres auront goûté au périscolaire : si je lui donne à manger en rentrant, ils voudront manger aussi, c'est courru d'avance.

Donc, biberon pour BBK, et c'est parti pour l'école.

Une fois arrivée, je me gare devant la porte du préau, histoire de m'éviter de faire le tour... pour me rendre compte qu'elle est fermée à clef... Zut, je vais donc avoir à faire le tour... Mais non ! Bizarrement, le portillon qui donne sur le bâtiment où se trouve le RASED (Réseau d'Aide Scolaire aux Enfants en Difficulté) est ouvert, ainsi que le portail, un peu plus loin. Etonnée, je passe par là, et rentre dans la cour, accompagnée de BBK. Et là, je tombe sur Louise, la responsable, qui m'interpelle d'emblée à propos de ce qu'a dit Noémi la semaine précédente : selon elle, elle doit attendre sous le préau à 17h15, après l'étude surveillée, que Jean-Luc aille la chercher, avant qu'il n'aille chercher aussi Nathanaël. Oui mais voilà, Louise n'est pas du tout de cet avis. Noémie est inscrite au périscolaire après l'étude surveillée, elle doit donc y aller, même si c'est seulement pour 2 minutes. Louise me fait donc tout un sermon pour un truc que je ne comprends qu'à peine (qu'en est-il de la réalité ? Noémi a-t-elle bien compris ce que Jean-Luc lui a dit ???). Bref, je n'épilogue pas, j'approuve à 100% ce que dit Louise, et je vais chercher mes deux loustics. Retour à la voiture : on retraverse toute la cour dans l'autre sens, et on passe cette fois, guidés par Nathanaël qui ouvre la marche, par le portail tout au fond de la cour. Re-interrogation muette de ma part : et si un enfant se sauvait ? Est-il normal que 3 points d'entrée (et de sortie) soient ouverts, alors que la porte du préau est fermée ? Dans la cour, le soir, il y a des enfants entre 3 et 8 ans. Si les plus grands savent qu'ils ne doivent pas sortir, je ne suis pas convaincue que les petits de trois ans le comprennent. Alors bien sûr, ils ne sont pas seuls, livrés à eux-mêmes. L'équipe d'encadrement est là, et en hiver, les enfants sont à l'intérieur à dessiner. Mais quand il fait beau, comme c'est le cas cette semaine, ils sont beaucoup dehors...

Bref, ceci m'amène donc à la voiture, et là, ça devient formidable. Je n'ai plus grand-chose à faire en réalité. Parce que ce qui est bien, avec les enfants, c'est qu'ils grandissent tous les jours. Et qu'en plus, ils ont cette faculté de toujours vouloir faire "tout seul" !

 

Au Gobolistan, ça donne ceci :

 

Nathanaël s'habille seul le matin, ainsi que Noémi. BBK allume la lumière seule quand elle est sur la table à langer. Gobolovitch et Gobolovna se lavent seuls les dents et les mains, Gobolovna prend seule sa douche, Gobolovitch se lave et se rince seul dans le bain. BBK innonde seule la salle de bains. Gobolovitch et Gobolovna montent seuls dans leur chambre et se mettent seuls en pyjama le soir, ils montent seuls dans la voiture, et s'y attachent seuls. BBK enlève seule ses chaussures, et ses chaussettes, dès qu'elle a dix secondes devant elle, et que je ne regarde pas ce qu'elle fait.

Conséquences :

1- Je n'ai plus besoin de faire deux fois le tour de la voiture pour attacher les enfants à leurs sièges.

2- En cas d'urgence, je peux démarrer la voiture avant qu'ils ne soient attachés, et ils s'attachent pendant qu'on roule : en général, c'est fait avant même que j'aie quitté l'allée de la maison.

3- J'ai acheté des chaussons et des chaussures à lacets à BBK le même lundi 15 septembre : maintenant, elle ne peut plus les enlever seule. En revanche, elle s'entraîne maintenant à mettre seule des chaussettes par-dessus les chaussons. Il y a encore du boulot.

 

Retour à la maison. Avec tout ça, il est déjà plus de 18h. Et bien entendu, les deux grands me posent la rituelle question : "Est-ce qu'on peut aller chez Clément ?" (je précise que Clément est un enfant de 4 ans, qui se trouve être notre voisin, et également dans la même école que les enfants). Il est donc impossible de ne pas voir Clément tous les jours. Et d'aller chez Clément tous les jours. Et de jouer avec Clément tous les jours, de l'inviter tous les jours. Heureusement, les parents de Clément et nous, on s'entend plutôt bien. Ce qui fait que cet été, c'était à tour de rôle : Clément venait 1 heure à la maison, puis il allait goûter chez lui, et les nôtres allaient ensuite chez lui (en vélo, il faut bien s'entraîner !) pour une petite heure. A 18 heures, chacun retournait dans ses pénates, et en route pour le bain. Oui mais voilà : les vacances sont finies, et le retour le soir se fait vers 18 heures. Il est donc impossible d'aller chez Clément après l'école.

Heureusement, il y a les mercredi et les samedi. Ca aide.

 

18 heures 30, il est l'heure pour les enfants de se mettre en pyjama. Bien entendu, ils se décident à ce moment-là pour aller prendre un bain, alors que ça fait déjà environ une demi-heure que je leur demande de monter à la salle de bains. Seulement voilà : A 20 heures, j'ai une réunion pour la rentrée de Noémi, à l'école primaire. Les enfants n'ont pas mangé, le repas n'est de toute façon pas prêt... Je vais devoir sévir, pour qu'ils aillent se mettre en pyjama. Tant pis, demain c'est le même cirque, encore pire même parce que je ne rentre qu'à 19 heures et je repars à 20 heures, le bain attendra donc mercredi. Pendant les vendanges, il faut s'adapter.

 

19h15 : j'appelle la baby-sitter pour qu'elle vienne 10 minutes avant 20 heures (bien entendu, quand j'ai demandé la veille si elle pouvait venir, je lui ai donné l'heure de la réunion, et je n'ai, comme d'habitude, pas tenu compte du temps qu'il me fallait pour aller à la réunion. Ce qui fait que si je lui dis de venir à 20 heures et que la réunion est à 20 heures, je serai forcément en retard à la réunion. Vous suivez ?).

Donc, je téléphone pendant que les carottes cuisent. 19h20 : j'appelle les enfants. Noémi et Nathanaël sont en pyjama, ils descendent manger, et bien entendu, regardent avec suspicion ce qu'il y a dans la poêle. Quand Noémi découvre qu'il s'agit de carottes à la crème avec un reste de pâtes et des lardons (des macaroni carbornara aux carottes, donc), elle donne son accord, et du coup, Nathanaël déclare que c'est bon et qu'il aime les carottes. J'installe BBK devant son assiette et je la laisse se dépatouiller avec ses carottes. Elle souffle dessus, me signifiant donc, comme d'habitude, et même si ce n'est pas le cas, que c'est trop chaud, je souffle avec elle, elle croit que c'est moins chaud, et accepte de manger.

19h35 : après la compote de Nathanaël et de BBK et le chocolat liégeois de Noémi, direction les chambres : histoire, prière, bisous, dodo.

19h50 : Béatrice, la baby-sitter, arrive, comme d'habitude à l'heure pile (avec cette jeune fille, au moins, pas de stress...). Elle s'attendait à devoir mettre les enfants au lit après leur avoir donné à manger, découvre qu'ils sont déjà au lit, et me demande donc si je peux lui donner une feuille de papier pour qu'elle puisse écrire une lettre... puisqu'elle pensait avoir plus de choses à faire et qu'elle n'a du coup rien prévu... Je file au 2e lui trouver une feuille blanche et un stylo, et je file à ma réunion.

 

Et les vendanges, dans tout ça, me direz-vous ?

J'ai appelé mon cher mari au moins dix fois dans la journée. Il est content : il y a du vent, et du Nord, de surcroît, ce qui a l'immense avantage de sécher très rapidement les vignes, et donc d'éviter de récolter trop d'eau, ou plutôt de récolter des grappes plus mûres, avec un taux de sucre plus élevé. L'inconvénient, c'est qu'il a beaucoup plu les derniers jours, et qu'il a commencé à faire froid. Donc, ça pourrit. Très vite. Pour le premier jour, ça va : les grappes pourries ne sont pas trop importantes : il suffit de couper ce qui n'est pas bon (parce que pour faire du Crémant, le raisin récolté doit être parfaitement sain...). D'autre part, il a eu la visite de pas moins de 4 camping-cars aujourd'hui, donc 4 clients, qu'il a dû servir (il faut expliquer comment on travaille, comment est fait le vin, faire déguster les différents types de vins... ça prend du temps !), mais il était content : c'était une bonne vente ce soir !

 

Seulement, ça se gâte dès le deuxième jour... Alors que lundi soir, en rentrant à 23 heures, pendant que j'étendais la lessive, Jean-Luc m'avait dit qu'il vendangerait toute la semaine, et que ce serait fini samedi, il m'a annoncé hier soir qu'il vendangerait certainement aussi lundi... Sauf que moi, de mon côté, j'ai prévenu ma directrice que comme il ne vendangerait pas lundi prochain, je pouvais venir remplacer Magali, qui part jeudi en congé maternité (les premières lettres de candidature pour son remplacement à compter du 15, pour qu'on ait le temps de former la suivante sont arrivées... lundi 15 !).

Bref, une fois de plus, on va être coincés... Mais l'habitude aidant, on trouvera bien une solution à tout ça.

Le Crémant commence donc tout doucement à rentrer.

Dans un premier temps il faut presser le raisin. Jean-Luc le fait le soir, à partir de 17 ou 18 heures (à cette heure-là, le soleil est encore bien présent, mais il se couchera un peu après 18h30, ce n'est donc pas une question de lumière, mais surtout de température et de temps) : il faut peser les cuves, les benner dans les pressoirs, presser le raisin lentement, goûter les jus de manière à arrêter avant qu'il ne soit astringent... Le tout prend quand même environ 6 heures... ce qui est peu ! Pour les génériques, le cycle prend plus de 10 heures, et une de plus pour les vendanges tardives et les grains nobles...

 

Mardi, le même cirque recommence : emmener les enfants à l'école, aller vendanger, rechercher les enfants à l'école, préparer le dîner, s'assurer que les enfants mettent leur pyjama pour Jean-Luc. De mon côté, départ à 7h30 avec le repas pour les collègues, retour à 19 heures par le train (5 minutes de retard, une fois de plus), départ de Jean-Luc à mon retour (il doit retourner au pressoir, Vincent étant de garde auprès de ses propres enfants pendant que sa femme travaille de nuit, trois jours de suite, cette semaine), dîner, coucher des enfants, rangement de la cuisine, accueil de la baby-sitter (Mathilde, la petite soeur de Béatrice), changement de vêtements pour mon premier cours de Tai Chi Chuan (oui, je sais, ça fait beaucoup, mais c'est finalement le seul truc que je ne fais pas pour les autres... mais pour moi ! et ça fait un bien fou !!!), retour à 22 heures (parce qu'avec Charlotte (la maman de Louis, qui est dans la classe de Noémie), qui commence le Tai Chi en même temps que moi, on a un peu papoté, juste une demi-heure !), payer la baby-sitter, fermer la maison, envoyer un mail au curé pour les dates où je serai disponible pour l'animation des messes (sinon, je devrai aller à une troisième réunion, ce soir, après avoir passé la journée avec 12 loustics...), et enfin, me coucher, au moment où Jean-Luc sort enfin de la douche : il est rentré un peu après 23 heures, et il a moins vendangé qu'hier : le raisin a eu le temps de pourrir plus, il a fallu faire plus de tri...

 

Aujourd'hui mercredi, c'est le jour des enfants... et de l'anniversaire. Il est bientôt 11 heures, je vais aller mettre une lessive en route, faire un gâteau au chocolat, préparer la pâte à crèpes, faire du pain, préparer le déjeuner... et si j'ai encore le temps, ranger un peu le salon (pas forcément tout dans cet ordre-là, sachant qu'il faudra quand même faire manger les enfants dans environ une heure...).

 

A bientôt, donc, pour le récit des prochaines aventures des Goboloviens au Gobolistan !