Maintenant que je suis lancée, on ne va pas se laisser aller, en route pour le troisième épisode de nos aventures bretonnes.
Jeudi 8 mai, donc, jour férié un peu partout en France : il faut dire que c'est l'anniversaire de l'Armistice de 1945, donc c'est important à commémorer, y'a pas à dire.
Ce jour-là, donc, la première partie du programme, c'était d'aller livrer les clients de Vannes (voir billets précédents pour les détails).
Vers 12h30, nous étions de retour à Quimper, quelque peu en avance sur l'horaire prévu (une fois n'est pas coutume), donc, puisqu'un client en moins à livrer.
L'après-midi devait être consacrée à la préparation de la salle : nous avions pour instructions d'y être pour 14 heures, afin d'y retrouver des amis venus de Paris, dont les trois enfants ont exactement les mêmes âges que les nôtres : Cécile est née 3 mois après Noémi, Vincent est né 2 mois après Nathanaël, et Rébecca a 6 semaines de plus que Claire. Fanny, leur maman, est une de mes amies de fac (la seule qui me soit restée de Brest, après 11 ans maintenant), et son mari, rencontré après, est un de nos amis maintenant, et surtout, comme ma petite soeurette n'st pas fichue de me laisser mes jouets pour moi toute seule, ben elle a trouvé très chouette il y a de cela plusieurs années maintenant (en fait, au moment où je suis partie vivre ma vie à Dijon, en 1997), de me piquer aussi mes copains, et elle est donc devenue copine avec mes amis, ce qui fait que Fanny et François avaient en fait trois raisons de venir :
1- Fanny, c'est ma copine !
2- Par ricochet, c'est aussi devenu la copine de ma soeur, et son mari aussi,
3- Vincent, c'est le filleul de Jean-Luc !
(et tout plein d'autres raisons, dont en particulier celle qui veut que nos trois couples de "presque jumeaux" s'entendent à merveille, et qu'il aurait été très dommageable pour eux qu'ils ne puissent pas jouer ensemble).
Oui, mais.
Mais François ne reste pas tout le week-end : il a prévu un concert, en région parisienne, et la date est retenue depuis deux ans, et évidemment, c'est samedi soir, le 10. Fanny, elle, va donc rester avec les enfants, à partir de samedi matin. Ce qui nous laisse quand même le temps de les voir tous les 5 !
14 heures et quelques minutes (le temps de trouver la route pour aller à Scaër, heureusement que nous l'avions en partie faite dans l'autre sens, la veille au soir, en rentrant de chez le client) : nous voici arrivés à la salle où aura lieu la fête. Zabeth est déjà là, avec Donatienne, Sylvain, Etienne, Toudjani, Papa, Edwige et Denis Koch (c'est un nom alsacien, c'est vrai, et Edwige et Denis sont des amis de longue date de mes parents. En fait, Denis est originaire d'Alsace, mais ils habitent Grenoble avec leurs enfants. Et comme il y a certains points communs entre Edwige et Sylvain, au niveau professionnel, les parents ont trouvé sympa de les inviter, et donc, Edwige et Denis sont arrivés le matin même à l'aéroport de Brest, et Zabeth et Sylvain les ont ramenés jusqu'à la maison, à Quimper, où ils doivent rester jusqu'après le mariage, je ne sais pas combien de temps exactement...).
Bref, tout ce monde-là est arrivé à la salle, prêts à mettre la main à la pate pour transformer ce qui ressemble à s'y méprendre à une vaste demeure québecoise (forêt de persistants, murs en bois à l'extérieur, isolation intérieure en bois, ambiance rustique à l'intérieur, humide à l'extérieur (début de brouillard, temps gris et humide, la totale, quoi), Etienne n'était pas vraiment dépaysé) en salle de réception pour 180 personnes (sans compter les 15 enfants et leurs baby-sitters).
Tout le monde ? Non ! Pas Fanny ! Pas François ! Pas les enfants ! Diantre ! Et nous qui avons débarqué avec les nôtres, dans l'espoir de les voir occupés à jouer ensemble, et donc à nous ficher la paix pendant que nous travaillons ! Mais qu'allons-nous devenir ??? Enfer et Damnation !
Qu'à cela ne tienne, Edwige s'est improvisée baby-sitter pendant que nous débattions à propos de la place des tables : 10 tables rondes pour 8, au moins 5 ovales pour 10, ce qui fait... voyons : 80 +50 = 130 personnes ! Diantre ! Il en manque encore au moins 50, des places ! Plus les enfants !
Pas de panique, des tables, quand y'en a plus, y'en a encore ! Ouf ! 14 tables de 4 planquées derrière les paravents et les porte-manteaux ! Ce qui fait : 14 * 4 = 56 places, mais il faut 1 table pour les enfants de plus de 6 ans (elles sont trois), puis 3 tables pour les 11 plus jeunes et leurs trois baby-sitters, soit 4 tables de 4 en moins, ce qui fait 10 tables de 4, soit 40 places... Argh !!!! Il en manque encore !!!
Pas de panique. S'il en manque, y'a qu'à appeler le traiteur, il apportera le complément, et de toute façon, il faut l'appeler quand la salle sera à peu près prête, pour qu'il sache combien il doit prévoir de nappes...
OK, tout va bien, on respire.
Les chaises, maintenant.
Pas la peine de les compter, le monsieur qui loue la salle a dit qu'il y en avait assez... Nous commençons donc à les installer, et... Surprise ! Il en manque plein !!!
Ah non, là, dans le petit coin, on dirait qu'il en reste d'autres... Elles sont vertes, les autres sont blanches, et puis ce sont des fauteuils, avec des bras et tout, mais a-t-on le choix ? Après avoir installé le 35 fauteuils verts, il faut se rendre à l'évidence : il en manque !
Mais heureusement, Zabeth et son super téléphone portable sont là, ils vont régler la situation...
Oui mais voilà, dans ce coin paumé du centre Bretagne, y'a pas de réseau !!!!
Qu'à cela ne tienne, ce sera pour plus tard... quand y'aura du réseau...
Tables, chaises, tout y était, ou presque. Seulement, les chaises, ben elles n'étaient pas propres, entreposées qu'elles étaient depuis un bout de temps. Les tables non plus, d'ailleurs. Alors donc, Donatienne et Edwige se sont retrouvées préposées au nettoyage. Et BBK est venue les aider, haute comme trois pommes, elle assistait Edwige, chargée du nettoyage des chaises (assises et dossiers), et passait derrière elle en l'imitant, avec une éponge à la main... Grand fou-rire évidemment, à la voir ainsi affairée...
Noémi et Nathanaël, désoeuvrés en l'absence des copains promis, ont donc suivi le mouvement, et commencé à faire le ménage eux aussi (après avoir mis le bazar sur la scène) ; et Noémi a démarré le lavage des tables... à grandes eaux ! Il a donc fallu intervenir, avec torchons, chiffons, et l'aider à éponger un peu le surplus. Mais pas question de lui en vouloir : tout cela partant d'une très bonne intention, on ne va pas la décourager si vite ! Et c'est là que les parents du futur marié sont arrivés, avec toute la déco ! Et voilà donc Toudjani perché en haut de l'escabeau, pour accrocher au plafond, au centre de la salle, de longues bandes de tissus roses et blancs... BBK en a lâché l'éponge, pour aller donner un coup de main et mettre son grain de sel : c'est bien plus intéressant de monter sur un escabeau que de laver des chaises, et puis, les chaises, au bout de la dixième, on a compris... hein ?
Bref, comme la préparation de la salle touchait à sa fin, et que nous étions parfaitement inutiles pour ce qui restait à faire, Zabeth nous a dit que nous pouvions rentrer à Quimper.
Sauf que dans ma "lettre de mission", il était mentionné que je devais accueillir les invités qui logeaient sur place, afin de leur montrer l'emplacement du gite où nous avions nos chambres. Et j'ignorais totalement où se trouvait ce gîte, bien entendu.
Donc, à ma question : "au fait, Zabeth, pour les gîtes, on y va comment ?", l'interpellée s'est subitement souvenue qu'il y avait aussi des tas de choses à faire là-bas : mettre les noms sur les portes des chambres, vérifier qu'il y avait assez de draps pour tous, ainsi que de matelas, vérifier également si ajouter deux matelas dans une petite chambre était envisageable, ou si c'était pure fantaisie... Bref, elle nous a donc conduits jusqu'aux chambres en question, sous la pluie maintenant battante. Et toujours pas de nouvelles de Fanny, François et les enfants... à 16 heures !
Après avoir fait le tour des chambres, j'ai trouvé de la patafix (ça fixe et ça refixe, ça vous dit quelque chose, non ?) sur l'une des portes, et j'ai commencé l'étiquetage en attendant le retour de Zabeth partie chercher le scotch oublié, et finalement, à son retour, elle a inspecté inspecté chaque chambre, et nous avons fini d'étiqueter toutes les portes. Ma mission était donc terminée pour la journée : j'avais quartier libre, et l'autorisation de rentrer à Quimper avec mari et enfants.
16h50 : nous voici en route pour Quimper. Et zou, le téléphone sonne ! C'est Zabeth, pour nous dire que Fanny, François et les enfants sont arrivés ! Voulez-vous revenir à Scaër ?
Elle est folle, elle ? Il y a 40 minutes de trajet, nous sommes à 30 minutes de Scaër, et de toute façon, Fanny et François doivent aller ce soir à Quimper ! On va les y précéder un peu, c'est tout !
Affaire conclue, et à 17 heures, nous débarquons au QG. Et Dring ! Re-téléphone. Zabeth encore. C'est maman qui a pris la communication, et Zabeth lui dit quelque chose comme : "On va aller à la crêperie ce soir, on sera 12, (Zabeth, Syvain, Les Platz, les Tillerot, Marine, Raphaelle et son mari qui vont arriver vers 20 heures, Etienne, Toudjani...) préviens Amélie et Jean-Luc".
Maman transmet, et tout de suite, je vois un problèmme : comment peut-on être 12, puisque Zabeth + Sylvain + 5 Platz + 5 Tillerot, ça fait déjà 12, et y'a encore plein de monde ? Ca y est, Zabeth a pété un fusible, et elle ne sait plus compter !
Maman m'explique : si si, douze adultes ! OK, là, on est d'accord, ça doit faire à peu près ça, effectivement. Oui, mais les enfants ? On les emmène ou pas, alors ?
Rappelle ta soeur, j'en sais rien, moi !
Oui mais voilà, si Zabeth peut appeler, elle ne peut visiblement pas recevoir d'appels : son téléphone est sur messagerie en permanence ! On va essayer celui de Sylvain... Ah ce réseau !
Un moment après, Zabeth rappelle, et me dit qu'on sera bien 12 adultes, + 4 enfants et 2 bébés, et je lui pose alors la question qui tue :
"Alors, on va où et à quelle heure ?"
"Ben j'en sais rien, moi ! C'est à toi de réserver !"
"Ben voyons... As-tu conscience, chère petite soeur, que nous sommes le jeudi 8 mai, qui, sauf changement dont je n'ai pas connaissance, est encore un jour férié, et que la plupart des crèperies sont petites, à Quimper, et que du coup, ce n'est pas pour 12, mais pour 18, qu'il faut réserver ?"
Réponse de Soeurette : "Ben j'ai pas d'annuaire sous la main, moi !"
(en gros : j'ai les idées, foireuses peut-être, irréalistes sans doute, mais débrouille toi avec...)
Mon expérience m'ayant appris qu'une future mariée peut être un rien stressée à deux jours du grand Jour, j'ai pris le parti de ne pas la mettre en face de ses contradictions, et de tenter de trouver un crêperie ouverte un jeudi soir, et surtout capable d'accueillir 18 personnes.
18 heures : je commence à téléphoner (avant, c'est trop tôt...). Crêperie du Vieux Quimper : pas la peine, elle est trop petite. Krampouzerie : fermée ce jour-là. Crèperie du Sallé : trop petite. Sainte-Catherine : pas de réponse.
J'en appelle une au hasard : Saint-Exupéry. Il est 18h15.
"Allô ?"
"Vous êtes bien la crêperie "Saint Exupéry" ?"
"Oui, que puis-je pour vous ?"
"Est-il possible de réserver ce soir ?"
"Bien sûr, pour combien ?"
"12 adultes, 4 enfants, 2 bébés, ça fait peut-être beaucoup, non ?"
"Pas du tout, ça ira très bien ! A quelle heure ?"
"(amélie, très étonnée que ce soit aussi facile) : Euh... 19h30 ?"
"19h30 ? Très bien, c'est noté, 12 adultes, 4 enfants et 2 bébés ! A tout à l'heure"
"Euh... oui, à tout à l'heure !"
Coup de sonnette : Fanny, François et les enfants ! Chouette !
Bonne nouvelle : la crêperie est réservée ! Pour tout le monde !
(du coup, les parents vont pouvoir passer une soirée tranquille, alors qu'ils avaient prévu un repas pour un nombre indéterminé de personnes, Zabeth ayant été incapable de leur dire qui exactement serait là...).
On récapitule : donc, la "jeune" génération (la nôtre, donc !) s'en va-t-à la crêperie avec les "petits" (nos enfants).
Edwige et Denis ont prévu une crêperie en tête-à-tête, histoire de ne pas encombrer la maison plus que nécessaire, sachant que d'autres arrivaient dans l'après-midi (Les Tillerot, ainsi que Raphaëlle et son mari, tout droit débarqués de... Grenoble aussi !).
Du coup, j'ai dit à maman : "mais c'est ridicule ! Vous n'avez qu'à aller aussi à la crêperie ! Avec les Koch, comme ça, vous passez une soirée sympa avec des amis que vous n'avez pas vus depuis des années !"
"Oui, mais tu sais, on ne sait pas exactement à quelle heure doivent arriver Raphaëlle et son mari, alors, tu sais, il faut quelqu'un ici pour les attendre..."
"Ben y'a qu'à leur dire où on est, et ils nous retrouvent là-bas, non ?"
Bref, finalement, papa et maman ont réservé pour 4 dans une crêperie, mais pas la même que celle où nous avions réservé (faut pas pousser, sinon, on n'avait qu'à réserver directement pour 22, et comme ça, ça allait plus vite, mais ça foutait en l'air la double soirée en amoureux des "vieux"... Mauvais plan, ça, pour eux...
Donc, entre temps, Fanny et François étaient enfin arrivés ! Et là, nous avons su le fin mot de l'histoire : en fait, ils ont pris un gîte, et ils sont bien arrivés, comme nous, la veille, mais la propriétaire croyait que c'était à partir du lendemain, et n'était pas là, la clé non plus, d'ailleurs. Ils ont donc passé cette première nuitée dans la voiture, et ont donc très mal dormi. Le temps donc de s'installer le lendemain, de donner bains et repas aux enfants, puis de trouver la salle... ils sont arrivés une demi-heure après notre départ...
Qu'à cela ne tienne, on s'installe pour le goûter (à 18h30, et donc 1h avant la crêperie, mais aucun problème...), et on commence à papoter. Et puis soudain, je pense à un truc : comment les autres vont-ils faire pour nous rejoindre ? Ils ne savent pas où on a réservé !
Ventrebleu ! Et le réseau qui est toujours en rade dans ce coin paumé ! Finalement, François, avec son super téléphone, communique par SMS l'heure et l'adresse de la crêperie sur le téléphone de Zabeth : elle finira bien par voir qu'elle a reçu un message !
19h10 : je commence à secouer les troupes : il est temps de préparer les enfants, si on veut être un tant soit peu à l'heure !
19h25 : Jean-Luc et les enfants sont prêts, la famille Tillerot au grand complet aussi, quand...
Ding-dong !
Et hop, Zabeth, Sylvain, Toudjani débarquent. Etienne débarque aussi, mais de sa chambre, où il était monté se reposer à son retour de la salle, deux heures plus tôt, et Etienne n'a pas l'air bien du tout... il semble qu'il ait du mal avec le décallage horaire...
Quid alors de la crêperie ? "Non, allez-y sans moi, je ne me sens vraiment pas bien du tout".
"Et bonjour Zabeth, et bonjour Sylvain, et alors, Toudjani, la salle, elle est belle ???" et patati, et patata...
19h35 : Bon, faudrait quand même pas tarder, là ! On est en retard !
Allez-y, on vous rejoindra !
(Pause, je vais chercher les enfants, la suite, dans un autre billet).