vendredi 16 mai 2008

Jour J-2

Maintenant que je suis lancée, on ne va pas se laisser aller, en route pour le troisième épisode de nos aventures bretonnes.

 

Jeudi 8 mai, donc, jour férié un peu partout en France : il faut dire que c'est l'anniversaire de l'Armistice de 1945, donc c'est important à commémorer, y'a pas à dire.

Ce jour-là, donc, la première partie du programme, c'était d'aller livrer les clients de Vannes (voir billets précédents pour les détails).

Vers 12h30, nous étions de retour à Quimper, quelque peu en avance sur l'horaire prévu (une fois n'est pas coutume), donc, puisqu'un client en moins à livrer.

 

L'après-midi devait être consacrée à la préparation de la salle : nous avions pour instructions d'y être pour 14 heures, afin d'y retrouver des amis venus de Paris, dont les trois enfants ont exactement les mêmes âges que les nôtres : Cécile est née 3 mois après Noémi, Vincent est né 2 mois après Nathanaël, et Rébecca a 6 semaines de plus que Claire. Fanny, leur maman, est une de mes amies de fac (la seule qui me soit restée de Brest, après 11 ans maintenant), et son mari, rencontré après, est un de nos amis maintenant, et surtout, comme ma petite soeurette n'st pas fichue de me laisser mes jouets pour moi toute seule, ben elle a trouvé très chouette il y a de cela plusieurs années maintenant (en fait, au moment où je suis partie vivre ma vie à Dijon, en 1997), de me piquer aussi mes copains, et elle est donc devenue copine avec mes amis, ce qui fait que Fanny et François avaient en fait trois raisons de venir :

1- Fanny, c'est ma copine !

2- Par ricochet, c'est aussi devenu la copine de ma soeur, et son mari aussi,

3- Vincent, c'est le filleul de Jean-Luc !

(et tout plein d'autres raisons, dont en particulier celle qui veut que nos trois couples de "presque jumeaux" s'entendent à merveille, et qu'il aurait été très dommageable pour eux qu'ils ne puissent pas jouer ensemble).

Oui, mais.

Mais François ne reste pas tout le week-end : il a prévu un concert, en région parisienne, et la date est retenue depuis deux ans, et évidemment, c'est samedi soir, le 10. Fanny, elle, va donc rester avec les enfants, à partir de samedi matin. Ce qui nous laisse quand même le temps de les voir tous les 5 !

 

14 heures et quelques minutes (le temps de trouver la route pour aller à Scaër, heureusement que nous l'avions en partie faite dans l'autre sens, la veille au soir, en rentrant de chez le client) : nous voici arrivés à la salle où aura lieu la fête. Zabeth est déjà là, avec Donatienne, Sylvain, Etienne, Toudjani, Papa, Edwige et Denis Koch (c'est un nom alsacien, c'est vrai, et Edwige et Denis sont des amis de longue date de mes parents. En fait, Denis est originaire d'Alsace, mais ils habitent Grenoble avec leurs enfants. Et comme il y a certains points communs entre Edwige et Sylvain, au niveau professionnel, les parents ont trouvé sympa de les inviter, et donc, Edwige et Denis sont arrivés le matin même à l'aéroport de Brest, et Zabeth et Sylvain les ont ramenés jusqu'à la maison, à Quimper, où ils doivent rester jusqu'après le mariage, je ne sais pas combien de temps exactement...).

Bref, tout ce monde-là est arrivé à la salle, prêts à mettre la main à la pate pour transformer ce qui ressemble à s'y méprendre à une vaste demeure québecoise (forêt de persistants, murs en bois à l'extérieur, isolation intérieure en bois, ambiance rustique à l'intérieur, humide à l'extérieur (début de brouillard, temps gris et humide, la totale, quoi), Etienne n'était pas vraiment dépaysé) en salle de réception pour 180 personnes (sans compter les 15 enfants et leurs baby-sitters).

Tout le monde ? Non ! Pas Fanny ! Pas François ! Pas les enfants ! Diantre ! Et nous qui avons débarqué avec les nôtres, dans l'espoir de les voir occupés à jouer ensemble, et donc à nous ficher la paix pendant que nous travaillons ! Mais qu'allons-nous devenir ??? Enfer et Damnation !

 

Qu'à cela ne tienne, Edwige s'est improvisée baby-sitter pendant que nous débattions à propos de la place des tables : 10 tables rondes pour 8, au moins 5 ovales pour 10, ce qui fait... voyons : 80 +50 = 130 personnes ! Diantre ! Il en manque encore au moins 50, des places ! Plus les enfants !

Pas de panique, des tables, quand y'en a plus, y'en a encore ! Ouf ! 14 tables de 4 planquées derrière les paravents et les porte-manteaux ! Ce qui fait : 14 * 4 = 56 places, mais il faut 1 table pour les enfants de plus de 6 ans (elles sont trois), puis 3 tables pour les 11 plus jeunes et leurs trois baby-sitters, soit 4 tables de 4 en moins, ce qui fait 10 tables de 4, soit 40 places... Argh !!!! Il en manque encore !!!

 

Pas de panique. S'il en manque, y'a qu'à appeler le traiteur, il apportera le complément, et de toute façon, il faut l'appeler quand la salle sera à peu près prête, pour qu'il sache combien il doit prévoir de nappes...

OK, tout va bien, on respire.

Les chaises, maintenant.

Pas la peine de les compter, le monsieur qui loue la salle a dit qu'il y en avait assez... Nous commençons donc à les installer, et... Surprise ! Il en manque plein !!!

Ah non, là, dans le petit coin, on dirait qu'il en reste d'autres... Elles sont vertes, les autres sont blanches, et puis ce sont des fauteuils, avec des bras et tout, mais a-t-on le choix ? Après avoir installé le 35 fauteuils verts, il faut se rendre à l'évidence : il en manque !

Mais heureusement, Zabeth et son super téléphone portable sont là, ils vont régler la situation...

Oui mais voilà, dans ce coin paumé du centre Bretagne, y'a pas de réseau !!!!

Qu'à cela ne tienne, ce sera pour plus tard... quand y'aura du réseau...

 

Tables, chaises, tout y était, ou presque. Seulement, les chaises, ben elles n'étaient pas propres, entreposées qu'elles étaient depuis un bout de temps. Les tables non plus, d'ailleurs. Alors donc, Donatienne et Edwige se sont retrouvées préposées au nettoyage. Et BBK est venue les aider, haute comme trois pommes, elle assistait Edwige, chargée du nettoyage des chaises (assises et dossiers), et passait derrière elle en l'imitant, avec une éponge à la main... Grand fou-rire évidemment, à la voir ainsi affairée...

Noémi et Nathanaël, désoeuvrés en l'absence des copains promis, ont donc suivi le mouvement, et commencé à faire le ménage eux aussi (après avoir mis le bazar sur la scène) ; et Noémi a démarré le lavage des tables... à grandes eaux ! Il a donc fallu intervenir, avec torchons, chiffons, et l'aider à éponger un peu le surplus. Mais pas question de lui en vouloir : tout cela partant d'une très bonne intention, on ne va pas la décourager si vite ! Et c'est là que les parents du futur marié sont arrivés, avec toute la déco ! Et voilà donc Toudjani perché en haut de l'escabeau, pour accrocher au plafond, au centre de la salle, de longues bandes de tissus roses et blancs... BBK en a lâché l'éponge, pour aller donner un coup de main et mettre son grain de sel : c'est bien plus intéressant de monter sur un escabeau que de laver des chaises, et puis, les chaises, au bout de la dixième, on a compris... hein ?

 

Bref, comme la préparation de la salle touchait à sa fin, et que nous étions parfaitement inutiles pour ce qui restait à faire, Zabeth nous a dit que nous pouvions rentrer à Quimper.

Sauf que dans ma "lettre de mission", il était mentionné que je devais accueillir les invités qui logeaient sur place, afin de leur montrer l'emplacement du gite où nous avions nos chambres. Et j'ignorais totalement où se trouvait ce gîte, bien entendu.

Donc, à ma question : "au fait, Zabeth, pour les gîtes, on y va comment ?", l'interpellée s'est subitement souvenue qu'il y avait aussi des tas de choses à faire  là-bas : mettre les noms sur les portes des chambres, vérifier qu'il y avait assez de draps pour tous, ainsi que de matelas, vérifier également si ajouter deux matelas dans une petite chambre était envisageable, ou si c'était pure fantaisie... Bref, elle nous a donc conduits jusqu'aux chambres en question, sous la pluie maintenant battante. Et toujours pas de nouvelles de Fanny, François et les enfants... à 16 heures !

Après avoir fait le tour des chambres, j'ai trouvé de la patafix (ça fixe et ça refixe, ça vous dit quelque chose, non ?) sur l'une des portes, et j'ai commencé l'étiquetage en attendant le retour de Zabeth partie chercher le scotch oublié, et finalement, à son retour, elle a inspecté inspecté chaque chambre, et nous avons fini d'étiqueter toutes les portes. Ma mission était donc terminée pour la journée : j'avais quartier libre, et l'autorisation de rentrer à Quimper avec mari et enfants.

 

16h50 : nous voici en route pour Quimper. Et zou, le téléphone sonne ! C'est Zabeth, pour nous dire que Fanny, François et les enfants sont arrivés ! Voulez-vous revenir à Scaër ?

Elle est folle, elle ? Il y a 40 minutes de trajet, nous sommes à 30 minutes de Scaër, et de toute façon, Fanny et François doivent aller ce soir à Quimper ! On va les y précéder un peu, c'est tout !

Affaire conclue, et à 17 heures, nous débarquons au QG. Et Dring ! Re-téléphone. Zabeth encore. C'est maman qui a pris la communication, et Zabeth lui dit quelque chose comme : "On va aller à la crêperie ce soir, on sera 12, (Zabeth, Syvain, Les Platz, les Tillerot, Marine, Raphaelle et son mari qui vont arriver vers 20 heures, Etienne, Toudjani...) préviens Amélie et Jean-Luc".

Maman transmet, et tout de suite, je vois un problèmme : comment peut-on être 12, puisque Zabeth + Sylvain + 5 Platz + 5 Tillerot, ça fait déjà 12, et y'a encore plein de monde ? Ca y est, Zabeth a pété un fusible, et elle ne sait plus compter !

Maman m'explique : si si, douze adultes ! OK, là, on est d'accord, ça doit faire à peu près ça, effectivement. Oui, mais les enfants ? On les emmène ou pas, alors ?

Rappelle ta soeur, j'en sais rien, moi !

Oui mais voilà, si Zabeth peut appeler, elle ne peut visiblement pas recevoir d'appels : son téléphone est sur messagerie en permanence ! On va essayer celui de Sylvain... Ah ce réseau !

Un moment après, Zabeth rappelle, et me dit qu'on sera bien 12 adultes, + 4 enfants et 2 bébés, et je lui pose alors la question qui tue :

"Alors, on va où et à quelle heure ?"

"Ben j'en sais rien, moi ! C'est à toi de réserver !"

"Ben voyons... As-tu conscience, chère petite soeur, que nous sommes le jeudi 8 mai, qui, sauf changement dont je n'ai pas connaissance, est encore un jour férié, et que la plupart des crèperies sont petites, à Quimper, et que du coup, ce n'est pas pour 12, mais pour 18, qu'il faut réserver ?"

Réponse de Soeurette : "Ben j'ai pas d'annuaire sous la main, moi !"

(en gros : j'ai les idées, foireuses peut-être, irréalistes sans doute, mais débrouille toi avec...)

 

Mon expérience m'ayant appris qu'une future mariée peut être un rien stressée à deux jours du grand Jour, j'ai pris le parti de ne pas la mettre en face de ses contradictions, et de tenter de trouver un crêperie ouverte un jeudi soir, et surtout capable d'accueillir 18 personnes.

18 heures : je commence à téléphoner (avant, c'est trop tôt...). Crêperie du Vieux Quimper : pas la peine, elle est trop petite. Krampouzerie : fermée ce jour-là. Crèperie du Sallé : trop petite. Sainte-Catherine : pas de réponse.

J'en appelle une au hasard : Saint-Exupéry. Il est 18h15.

"Allô ?"

"Vous êtes bien la crêperie "Saint Exupéry" ?"

"Oui, que puis-je pour vous ?"

"Est-il possible de réserver ce soir ?"

"Bien sûr, pour combien ?"

"12 adultes, 4 enfants, 2 bébés, ça fait peut-être beaucoup, non ?"

"Pas du tout, ça ira très bien ! A quelle heure ?"

"(amélie, très étonnée que ce soit aussi facile) : Euh... 19h30 ?"

"19h30 ? Très bien, c'est noté, 12 adultes, 4 enfants et 2 bébés ! A tout à l'heure"

"Euh... oui, à tout à l'heure !"

 

Coup de sonnette : Fanny, François et les enfants ! Chouette !

Bonne nouvelle : la crêperie est réservée ! Pour tout le monde !

(du coup, les parents vont pouvoir passer une soirée tranquille, alors qu'ils avaient prévu un repas pour un nombre indéterminé de personnes, Zabeth ayant été incapable de leur dire qui exactement serait là...).

On récapitule : donc, la "jeune" génération (la nôtre, donc !) s'en va-t-à la crêperie avec les "petits" (nos enfants).

Edwige et Denis ont prévu une crêperie en tête-à-tête, histoire de ne pas encombrer la maison plus que nécessaire, sachant que d'autres arrivaient dans l'après-midi (Les Tillerot, ainsi que Raphaëlle et son mari, tout droit débarqués de... Grenoble aussi !).

Du coup, j'ai dit à maman : "mais c'est ridicule ! Vous n'avez qu'à aller aussi à la crêperie ! Avec les Koch, comme ça, vous passez une soirée sympa avec des amis que vous n'avez pas vus depuis des années !"

"Oui, mais tu sais, on ne sait pas exactement à quelle heure doivent arriver Raphaëlle et son mari, alors, tu sais, il faut quelqu'un ici pour les attendre..."

"Ben y'a qu'à leur dire où on est, et ils nous retrouvent là-bas, non ?"

 

Bref, finalement, papa et maman ont réservé pour 4 dans une crêperie, mais pas la même que celle où nous avions réservé (faut pas pousser, sinon, on n'avait qu'à réserver directement pour 22, et comme ça, ça allait plus vite, mais ça foutait en l'air la double soirée en amoureux des "vieux"... Mauvais plan, ça, pour eux...

 

Donc, entre temps, Fanny et François étaient enfin arrivés ! Et là, nous avons su le fin mot de l'histoire : en fait, ils ont pris un gîte, et ils sont bien arrivés, comme nous, la veille, mais la propriétaire croyait que c'était à partir du lendemain, et n'était pas là, la clé non plus, d'ailleurs. Ils ont donc passé cette première nuitée dans la voiture, et ont donc très mal dormi. Le temps donc de s'installer le lendemain, de donner bains et repas aux enfants, puis de trouver la salle... ils sont arrivés une demi-heure après notre départ...

Qu'à cela ne tienne, on s'installe pour le goûter (à 18h30, et donc 1h avant la crêperie, mais aucun problème...), et on commence à papoter. Et puis soudain, je pense à un truc : comment les autres vont-ils faire pour nous rejoindre ? Ils ne savent pas où on a réservé !

Ventrebleu ! Et le réseau qui est toujours en rade dans ce coin paumé ! Finalement, François, avec son super téléphone, communique par SMS l'heure et l'adresse de la crêperie sur le téléphone de Zabeth : elle finira bien par voir qu'elle a reçu un message !

 

19h10 : je commence à secouer les troupes : il est temps de préparer les enfants, si on veut être un tant soit peu à l'heure !

19h25 : Jean-Luc et les enfants sont prêts, la famille Tillerot au grand complet aussi, quand...

Ding-dong !

Et hop, Zabeth, Sylvain, Toudjani débarquent. Etienne débarque aussi, mais de sa chambre, où il était monté se reposer à son retour de la salle, deux heures plus tôt, et Etienne n'a pas l'air bien du tout... il semble qu'il ait du mal avec le décallage horaire...

Quid alors de la crêperie ? "Non, allez-y sans moi, je ne me sens vraiment pas bien du tout".

"Et bonjour Zabeth, et bonjour Sylvain, et alors, Toudjani, la salle, elle est belle ???" et patati, et patata...

19h35 : Bon, faudrait quand même pas tarder, là ! On est en retard !

Allez-y, on vous rejoindra !

 

(Pause, je vais chercher les enfants, la suite, dans un autre billet).

Arrivée en Finistère

Je n'avais pas prévu de le faire ce soir (il est très tard, au Gobolistan, et comme nous sommes une toute petite enclave au beau milieu de l'Alsace, il se trouve que nous sommes à la même heure que le reste de l'Alsace, elle-même sur le même fuseau horaire que la France de l'Intérieur, donc je suppose qu'il est la même heure partout en France, soit très tard aussi), mais je ne résiste pas à vous dire quelques mots sur nos aventures bretonnes.

 

Tout d'abord, nous sommes arrivés vers 21 heures (voir billet précédent) à Quimper, chez mes parents. Et là, surprise ! Qui voit-on ? Etienne, mon petit frère émigré au Canada (Montréal), et Toudjani, un ami de ma soeurette Zabeth débarqué l'après-midi même du Cameroun, via Zurich et Orly, où l'attendait mon petit frère, fraîchement débarqué du Québec, avant de prendre le train pour joindre la lointaine province bretonne.

Je vous laisse découvrir ci-dessous leurs photos, charge à vous de savoir qui est Etienne, et qui est Toudjani.

 

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Vous avez trouvé ? Oui ? Avouez que celle-là, elle était facile quand même, hein ?

 

Donc, Etienne que je n'avais pas vu depuis l'été dernier nous accueille chez nos parents, ainsi d'ailleurs que nos parents, qui étaient eux aussi chez eux, et Donatienne, mon autre petite soeurette, la toute dernière (petite, oui, parce que comme je suis l'aînée, toutes mes soeurs sont forcément mes "petites" soeurs, mais pas la toute petite, parce que les filles Gravrand, une fois adultes, ont toutes la même taille à peu de chose près, il est donc difficile de dire laquelle est plus petite que l'autre, et dans ce domaine, ce n'est pas forcément le rang de naissance qui fait foi).

Donc, pour continuer les présentations, voici Donatienne, ainsi que mon papa et ma maman, Henri et Cécile :

 

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(alors avant que les puristes ne m'en fassent la remarque : oui, la photo de ma maman est floue, mais c'est la seule où elle est bien dans toutes celles que j'ai, et non, mon papa n'est pas le petit garçon qui tient un caribou canadien appelé Canada dans ses mains, mais bien le monsieur sur les genoux duquel est assis le petit garçon en question, qui lui, est bien Nathanaël. Ca va, vous suivez toujours ???)

 

Donc, nous voici arrivés à Quimper, tous fourbus après une longue route (voir épisode précédent pour ceux qui débarquent). Evidemment, comme d'habitude, Nathanaël s'était endormi à environ 30 secondes de l'arrivée, mais quand on a voulu le sortir de la voiture, ben pas de bol, ça l'a réveillé, d'autant plus que son parrain (Etienne) était là, ce qui n'a pas favorisé l'atterrissage en douceur que nous avions espéré.

Bref, à l'arrivée, bien sûr, et toujours selon notre rituel quasi-immuable, il y a des tas de choses à faire, et en particulier :

1- sortir le vin de la voiture afin de renflouer le stock et de faire le point sur ce qui reste, sur où se trouve le vin pour le mariage Cateloy, pour le mariage Curunet et pour le mariage Gravrand, histoire de pouvoir ajuster au besoin avant le jour J ;

2- donner à manger aux zouaves : Des pâtes, des pâtes, oui mais des ... (je ne mentionne pas le nom, tout le monde aura compris à quoi je fais allusion), qui sont la nourriture de base des petits Goboloviens. Oui, mais le repas, à Quimper, ça se mérite. D'abord, il faut dire bonjour à tout le monde : Papapa, Mamama, Donatienne, Etienne (puisqu'il est là), Toudjani (en tant qu'invité, il mérite en plus tous les égards dûs à ceux qui ont fait un long, difficile chemin pour arriver jusqu'en Finistère (département qui, parmi les 97 que compte la France, porte le mieux son nom, si vous voulez mon avis, Finistère venant du latin Finis Terrae, ce qui signifie, on s'en doute, "Fin de la Terre", ce qui, quand on regarde une carte de France, est parfaitement évident effectivement : à croire que celui qui a créé les Départements (Napoléon 1er si mes souvenirs d'histoire sont bons), soit manquait totalement d'imagination, soit voulait être certain que tout le monde saurait où situer le département le plus à l'Ouest de la France)) puis il faut raconter par le menu les péripéties de la route, les dernières nouvelles d'Alsace (les DNA, comme le dit si bien un des deux quotidiens locaux, l'autre étant plsu sobrement intitulé "L'Alsace"), etc, etc. ;

3- sortir les bagages de la voiture (non, ce n'est pas forcément la première chose que fait Gobolof quand il arrive ici, voir le 1-, même si parfois, la succession des événements se fait de manière très rapide dans le temps, voire le 2- pendant le 1- et le 3-, tout dépendant du point de vue où on se place, et de qui on observe, puisque, comme vous avez pu le constater sur les photos, Gobol et Gobolof sont deux êtres humains distincts, non soudés, non siamois, et qu'à ce titre, ils bénéficient chacun d'une totale liberté de mouvements, ce qui permet à Gobolof de sortir le vin, puis les bagages de la voiture, pendant que Gobol donne à manger aux zouaves, par exemple ;

4- Préparer psychologiquement les petits Goboloviens à aller au lit, ce qui sous-entend d'abord de préparer les lits, puis de trouver les pyjamas, puis de mettre les trois petits Goboloviens en pyjamas, et de leur faire accepter l'idée qu'ils peuvent aller au lit, et que le lendemain, leurs grands-parents (papapa et mamama), leur oncle, leur tante, et tous les autres seront encore là, et que donc ils pourront jouer avec eux, les voir, leur parler, et faire tout ce qu'on fait habituellement dans une journée normale de vacances normales chez des grands-parents normaux.

5- Manger (en général, l'ordre entre le 2- et le 5- importe peu : parfois, les enfants mangent avant, parfois ils mangent en même temps que les adultes : cela dépend et du temps imparti pour faire cuire les pâtes (seront-elles prêtes plus tôt, ou plus tard que les tartes pour les adultes), ou bien tout simplement du manque d'organisation au démarrage (ou plutôt à l'arrivée) : il arrive fréquemment que les adultes se mettent à table en même temps que les enfants, tout simplement parce qu'il faut courir après les enfants pour les faire manger, alors qu'en général, les adultes trouvent tout de suite le chemin de la cuisine ;

6- coucher tout le monde : c'est la conséquence du 4-, et ça se passe forcément après le 5-, mais là encore, il nous faut toujours un certain temps pour arriver à une bonne sychronisation. En général, d'ailleurs, nos rythmes arrivent à s'accorder... la veille du départ ! Ce qui est plutôt normal, dans la mesure où (voir le billet sur le sommeil), à la base, nous n'avons déjà pas les mêmes rythmes de sommeil (vous vous souvenez sans doute des "couche-tôt - lève-tôt", des "couche-tard - lève-tard" ?) et qu'en plus, nous arrivons d'une part dans un environnement qui n'est pas notre habitat naturel (les petits Goboloviens ont toujours été très sensibles aux changements de lieux), et d'autre part, que notre arrivée est toujours perçue différemment en fonction du point de vue de chacun : Si Gobolof n'a qu'une envie, c'est d'aller se reposer après la longue route et plus de 1000 km en voiture, Gobolovitch et Gobolovna, eux, sont tellement heureux en général d'être chez Papapa et Mamama, qu'ils font les fous, sautent partout, et ont énormément de mal à se calmer. BBK, de son côté, a toujours beaucoup de mal à changer de chambre, qui plus est de lit, comme c'était le cas cette fois-ci encore, et donc passe un certain temps à hurler pour montrer sa désapprobation, et de mon côté, l'arrivée à Quimper est toujours synonyme de retrouvailles avec ma famille d'origine, celle d'avant mon immigration au Gobolistan, et à ce titre, il y a toujours des tas de choses à se dire les uns aux autres, des choses importantes comme des choses pas importantes : l'impression qui domine est qu'il y a longtemps que la conversation a été interrompue, et que, sans la reprendre là où elle avait été laissée, il convient au moins de rattrapper le temps perdu...

Ce qui donne en général un coucher décalé : d'abord BBK, qui pour l'heure est la première à capituler (combien de temps cet état de grâce va-t-il encore durer ? un an ???), puis Gobolovitch et Gobolovna, qui finissent toujours par se calmer sous la menace d'une expulsion s'ils ne se taisent pas, puis Gobolof, qui lui, ne tient pas la route sans un certain quota d'heures de sommeil, et surtout, ne tient plus la route passée une certaine heure le soir, et enfin, Gobol, qui pour sa part, capitule le plus tard possible, soit quand elle ne tient vraiment plus debout du tout, soit quand tous les autres sont déjà couchés ou sur le point de le faire, soit encore parce qu'elle culpabiliser de laisser Gobolof seul dans un milieu qui n'est pas son milieu d'origine.

 

Tout cela m'a donné l'envie de dormir, je vais donc, moi aussi, me coucher. Demain est un autre jour, et nos aventures continuent !

Bonne nuit à tous !

mercredi 14 mai 2008

Voyages, voyages...

Remarquez là encore la parfaite cohérence de la chose : le billet s'intitule "voyages, voyages...", et la catégorie à laquelle il appartient : je vous le donne en mille : Voyages ! (trop forte, la Gobol !)

 

Ceci dit, c'est pour une fois un titre et une catégorie qui parleront bien de ce dont ils sont censés parler, à savoir, donc, d'un voyage.

 

Le dernier en date nous a vus partir à cinq à l'autre bout de la France, en Bretagne.

Partis à 6h38 exactement le mercredi 7 mai, nous avons commencé par faire un léger détour par Reims (je vous passe les péripéties de la route : arrêts pipi fréquents, pique-nique improvisé permanent, besoins compulsifs de boire, et donc arrêts-pipi fréquents...). Et à Reims, nous avons fait halte chez un client, qui avait commandé du vin. Le GPS, malgré son âge (trois ans, ce qui peut s'apparenter à un age canonique pour un GPS, puisqu'il n'est même plus possible de le mettre à jour), a bien fait son office, et nous a conduits directement chez le client, ou plutôt chez sa voisine d'en face, le client en question n'étant pas là au moment où nous pouvions le livrer. Mais qu'à cela ne tienne, la voisine avait été prévenue, et ce fut l'occasion pour Jean-Luc d'expliquer ce qu'il faisait. Peut-être qu'un jour, si elle a besoin de vin, la voisine en question demandera l'adresse et le numéro de téléphone du viticulteur de son voisin, et peut-être qu'elle deviendra une cliente à son tour ?

 

La suite était plus simple : il s'agissait de partir directement de Reims, et d'aller le plus vite possible (en prenant garde tant aux radars qu'aux autres voitures) jusqu'à Paris : l'objectif était de quitter Paris avant le déjeuner, histoire de pouvoir s'arrêter tranquillement sur l'autoroute pour manger, sans avoir à se poser des questions stupides : Périph ? Pas périph ? Francilienne ? Bouchons ? etc.

Aussitôt dit, aussitôt fait, et nous voilà partis en direction de Paris.

A 13 heures exactement, nous quittions la Francilienne (Nationale 104), et arrivions sur l'autoroute A11 (si c'est bien comme ça qu'elle s'appelle à cet endroit-là, en tout cas, c'est ainsi qu'elle s'appelle par la suite), direction l'Ouest de la France.

Après l'A11, ce fut l'A81, puis la Nationale 165, ou encore Voie express bretonne, celle qui est gratuite depuis qu'Anne de Bretagne a accepté de céder la Bretagne à la France par le biais du mariage de sa fille Claude avec François 1er, à condition que les routes bretonnes restent gratuites (pas de droit de passage) (si mes souvenirs d'histoire sont exacts, merci de corriger si je me suis plantée, ça fait belle lurette que je n'ai plus fait d'Histoire...). (C'était notre séquence "culture").

Donc, la voie express à partir de Vitré est gratuite, et c'est pour cela que ce n'est pas une autoroute.

Vers 17 heures, après un énième arrêt pipi, nous étions à Rennes. Petite pensée émue pour Morgane, chez qui nous faisions halte lors de nos précédents voyages, mais là, nous n'avions pas le temps, ce sera donc pour une autre fois...

Donc, le GPS nous indique qu'il faut sortir juste avant Lorient, ce que nous faisons, et là, commence une véritable galère : 40 minutes, pas moins, par les petites routes, pour aller jusque chez le client suivant, perdu entre Gourin et Scaër... Ce n'est qu'une fois arrivés chez lui que nous nous rendons compte qu'en restant un tout petit peu plus longtemps sur la voie express, nous pouvions raccourcir ce trajet de quelques minutes, et surtout emprunter de bien meilleures routes. C'est que notre chère "Madame Papatte", comme Nathanaël a surnommé le GPS, a le chic pour nous faire passer les par les routes (ou plutôt les chemins) les plus invraisemblables, du moment que le kilométrage est plus court. Le principe de base, c'est donc : "Passer coûte que coûte par le chemin le plus court". Sauf que parfois, le plus court n'est pas forcément le moins long, et qu'en plus, cela veut parfois dire passer par les chemins de terre longeant les exploitations agricoles ou les champs, et tout cela pour éviter un "détour" de 100 mètres, qui nous ferait simplement passer par la départementale voisine.

Bref, avec le temps, Gobolof a appris à connaître Madame Papatte, et se méfie de plus en plus de ses "conseils", d'autant plus que la mise à jour étant impossible, il arrive de plus en plus souvent qu'elle confonde les rues, nous guide à travers champs parce qu'elle ne sait pas qu'il y a une route nouvellement achevée à 500 mètres de là, etc. Les commentaires du genre "Hors route, Calcul en cours" se multiplient donc, et il arrive fréquemment qu'elle ne trouve même pas le chemin pour aller là où nous voulons nous rendre, ce qui est tout de même embêtant pour un GPS, dont c'est la fonction principale, il faut bien le dire...

 

Bref, l'aller s'est relativement bien passé tout de même...

 

En arrivant chez le deuxième client de la journée, vers 19h45, nous nous sommes aperçus que nous n'étions qu'à quelques kilomètres de Scaër, en Finistère, lieu où nous devions aller le lendemain pour la préparation de la salle. Zut alors, nous venons de perdre une heure en faisant une escale par ici, alors qu'il aurait suffi de venir le lendemain et faire ainsi d'une pierre deux coups ! Mais le client nous a tout de suite rassurés : rallier Scaër depuis chez lui, c'est bien plus compliqué et long que de le faire depuis Quimper, alors que le village n'est qu'à 17 km... C'est ça aussi les surprises des voyages, parfois, les détours sont plus courts que les chemins directs... Allez comprendre.

Donc, nous partîmes de nouveau un peu après 20 heures (le temps pour Gobolof de papoter, c'est-à-dire de maintenir de bons rapports avec la clientèle), et l'arrivée à Quimper se fit sans encombre à 20h52 exactement (c'est-à-dire mieux que la fois précédente, au mois de décembre 2007, où nous étions arrivés à bon port à 21h15, en passant par chez ce même client breton, mais sans le client de Reims, mais avec un client à livrer en banlieue parisienne, mais en partant à 7h30, c'est-à-dire que je ne sais pas trop si cette fois-ci ce fut mieux que cette fois-là... finalement...).

 

Le lendemain, le premier objectif fut donc de livrer les quatre autres clients qui avaient commandé du vin : l'un était assez loin de Vannes, du côté de Nantes, mais la personne s'étant trompée de semaine, elle était partie en week-end, et a accepté d'être livrée à Vannes, qu'elle connaît très bien, chez un autre client chez qui nous devions passer puisque lui aussi avait commandé du vin. Bref, au lieu de 4, nous avions donc 3 lieux différents, tous à Vannes. Départ fut donc donné à 8h45 au lieu de 8 heures, et le premier client fut livré comme prévu vers 10 heures. Puis, nous allâmes chez le deuxième, à trois minutes en voiture (dixit Madame Papatte) du premier, et enfin, nous nous dirigeâmes vers le dernier, qui faisait également dépôt pour la première-qui-n'était-pas-là, en plein centre-ville de Vannes. Et c'est là que les choses se sont un peu corsées, dans la mesure où Madame Papatte a subitement décidé de se mettre en grève, en nous indiquant une rue qui ne semblait pas exister ! Il nous a donc fallu nous arrêter, errer quelques minutes dans les rues piétonnes, pour finalement tomber pile face à une maison porteuse d'un numéro 14, tel celui que nous cherchions. Comme la rue ne portait pas de nom, c'est au pifomètre que nous avons terminé cette livraison, en sonnant un peu au petit bonheur la chance...

Finalement, la chance était avec nous, si ce n'était le temps (pourri à notre départ de Quimper, radieux à partir de Quimperlé, la pluie nous avait finalement rejoints à Vannes à notre arrivée chez le deuxième client). Le quatrième et le premier client furent donc livrés dans les temps (l'heure limite de dépôt était 11 heure du matin, le client devant partir après), et nous sommes repartis en faisant un nouveau détour dans Vannes pour aller voir l'ancienne maison de ma grand-mère, décédée le 28 juin dernier.

Je m'attendais à des changements : que nenni ! Rien  n'avait bougé, la maison était fermée, pareille à celle que j'avais toujours connue, mais vide...

Séquence nostalgie, la page était tournée, il nous fallait rentrer.

C'est en quittant la maison de Mamie que Madame Papatte nous a montré l'étendue de ses talents, nous faisant partir à contre-sens, vers l'est au lieu d'aller vers l'ouest... heureusement que nous connaissions la route, si on devait se fier à l'informatique, on ne serait pas arrivés !

 

L'après-midi, le but du jeu était d'aller à la salle où devaient se dérouler les festivités du week-end suivant. Nous devions donc dans un premier temps trouver la salle, ne pas nous perdre, visiter les lieux et installer tout ce qu'il était possible d'installer... Ce fut fait, et vers 17 heures, nous étions de retour au QG, à savoir la maison de mes parents, à Quimper.

 

Vendredi 9 mai, le programme était chargé, et finalement, il ne s'est pas du tout déroulé comme il aurait dû, ma petite soeur et future mariée étant une professionnelle des plans foireux qui changent en permanence. J'avoue que là, pour le coup, j'ai admiré finalement le sens de l'organisation de ma soeurette : ça aurait pu être bien plus alambiqué !

 

Samedi 10 mai, Jour J, D Day. Ce jour fera l'objet d'un nouveau billet, tant il y a à dire...

 

Le retour était prévu lundi 12, très tôt. Finalement, j'avais sans doute mal compris. Quand je me suis couchée, j'étais persuadée que nous devions nous lever à 5 heures du matin, histoire de partir à 6. Que nenni ! Gobolof m'appris alors qu'il avait mis le réveil à sonner à 6 heures ! "Diantre !, fit Gobol,  Nous allons être à la bourre ! Et les bouchons à Paris, y as-tu-donc pensé, mon chéri ?

- Voui voui, bien sûr ! t'inquiètes pas ! On n'a pas de clients à livrer au retour !

- Certes, mais il paraît que Bison Futé va voir rouge..."

 

Bref, comme nous avions besoin de sommeil tous les deux, c'est à 6 heures du matin que nous nous sommes réveillés, c'est-à-dire en même temps que ma petite soeur Hélène qui rentrait à Nieul-le-Virouil le même jour, et avait prévu de partir à 8 heures du matin, en se disant que comme ça, elle avait une chance d'être partie à 8h30.

Finalement, le temps de tout mettre dans la voiture, d'habiller les enfants, de dire au revoir à tout le monde, nous avons décollé vers 7h30 seulement. Après 50 mètres maximum, Gobolof s'est arrêté pour vérifier qu'il y avait assez d'eau dans le moteur. Et devinez quoi ? Ben y'en avait pas assez ! Nous avons donc fait demi-tour, juste à temps pour voir Hélène partir (donc à 7h32 environ, soit avec une heure d'avance sur le timing espéré), et avons donné à boire au moteur. Après ce faux départ, nous voici partis dans la bonne direction, soit la voie express (la même qu'à l'aller).

Après une heure de route, soit un peu après Lorient, BBK a commencé à nous renvoyer le contenu de son petit déjeuner. Ne voulant pas s'interrompre pour si peu, Gobolof a continué de rouler, pendant que je tentais d'éponger et de sauver la jolie robe rose de BBK. A peine était-ce fini qu'elle a recommencé : le biberon était-il donc si grand pour contenir tout ça ? Je reprends mon essuie-tout, pour me rendre compte que la livraison n'était pas encore complète : une troisième vague arrivait, puis une quatrième. Coup de bol, à ce moment-là, Jean-Luc repère une sortie. Nous voici donc sur le bord de la route, à éponger le siège de BBK, et à la changer. Ce sera un t-shirt (pas trop sale) de Noémi qui lui tiendra lieu de vêtements : si jamais l'inondation recommence, au moins, comme ça, les lutins de la machine à laver ne travailleront pas pour rien.

A peine repartis, Gobolovitch réclame un arrêt-pipi (alors qu'il n'avait pas envie deux minutes avant), et Gobolovna également. On re-stoppe donc à l'arrêt suivant (heureusement qu'il y a aussi des aires de repos sur la voie express), non sans gronder les empêcheurs de conduire...

11 heures 45, cela fait un peu plus d'une heure 30 que je conduis, et malheureusement, l'autoroute a tendance à avoir sur moi l'effet d'un hypnotique doublé d'un somnifère. Il est temps de s'arrêter pour manger un peu. Et ça tombe bien : il y a une aire de repos tout près !

Je sors de l'autoroute, et qui vois-je, à ma gauche, en train de sortir de sa voiture ? Damien ! Mon cousin ! Celui qui était assis juste derrière moi au repas de noces, et avec qui je n'ai pas eu une minute pour échanger quelques mots !

Je gare la voiture dare-dare, puis retourne à pieds vers la sienne, et l'invite, ainsi que sa femme et sa fille, à partager notre pique-nique, constitué des restes du repas du retour de noces, soit de la charcuterie, des salades composées et du jambon. Il accepte immédiatement : cela lui économise le restaurant, et en plus, cela nous permettra de nous voir un peu. Troisième raison : en acceptant, il fait oeuvre de bienfaisance : comme nous avions 200 bouteilles de vin à livrer à l'aller, nous n'avions pas emporté de glacière pour venir, et donc, fatalement, nous n'en avions pas non plus au retour. Ce qui veut dire qu'en ce début d'été, et par les températures qu'il faisait ce jour-là, la charcuterie aurait eu du mal à survivre jusqu'à Sélestat, sans même parler des salades.

Bref, la pause déjeuner dura une heure, après laquelle nous reprîmes chacun la route.

 

Et hop, une fois sur la Francilienne, soit exactement une heure après notre départ de l'aire de repos, BBK nous a rejoué la scène de l'innondation, version risotto au poisson cette fois. Pour ce deuxième opus, ce fut un t-shirt (toujours pas trop sale) de Nathanaël qui fit office de vêtement, et de toute façon, vu la chaleur ambiante, pas de risque qu'elle s'enrhume !

 

Le reste de la route nous a paru bien long, égrénant les kilomètres, les aires de repos, les arrêts pipi... La variété venait de ce que nous trouvions sur le chemin : Damien à midi, une petite voiture, reproduction d'un des personnages du film "cars" à 16 heures... L'objet étant visiblement abandonné, j'ai pris la liberté de le donner aux enfants. Bien mal m'en a pris : à compter de cet instant, Noémi et Rébecca n'ont eu de cesse de vouloir le prendre à Nathanaël... (Ca m'apprendra à voler, tiens ! Bien mal acquis ne profite jamais, j'aurais dû m'en souvenir, que diable !)

 

Finalement, malgré l'absence de clients à livrer au retour, nous n'avons guère amélioré notre temps : l'arrivée se fit juste après 21 heures. Ouf ! Vite, une douche, les enfants au lit, et nous aussi !

 

(très bientôt, le récit de ce qui s'est passé sur place !)

Nos têtes

Alors nous y voilà.

Mais qui peut bien se cacher derrière les pseudonymes que nous avons adoptés ici au Gobolistan ? (pseudos d'ailleurs qui ne servent que sur ce blog, le reste du temps, nous avons un état civil tout ce qu'il y a de plus normal).

 

Tout d'abord, je vous présente le chef de famille, en la personne de Gobolof, alias Jean-Luc Platz dans le monde "normal" :

 

 P1000005

 

Puis, voici les petits Goboloviens :

 

Noémi (appelée aussi ici Gobolovna) :

 

 P1000016

 

Nathanaël (ou Gobolovitch pour ceux qui commencent à nous connaître) :

 

 P1000184

 

Rébecca, aussi surnommée BBK (par Gobolovitch) :

P1000004

 

Et enfin, Amélie, la maman, c'est-à-dire Gobol :

 

 P1000013

 

 

Tout cela a pour objectif de mettre ici des photos, et donc de savoir d'une part si les lutins de l'ordinateur acceptent de travailler conjointement avec leurs homologues de l'appareil photo numérique, et d'autre part, de vérifier si j'ai bien tout compris au mode d'emploi de ce blog.

Parce que sinon, ce billet n'a strictement aucun intérêt, dans la mesure où son accès est réservé aux personnes qui en font la demande, à savoir ceux que ça intéresse potentiellement, donc, dans la plupart des cas, nos amis ou les membres de notre famille.

Remarquez la formidable logique : ça ne sert à rien puisque tout le monde nous connaît donc on le fait (ça devrait être quelque part dans le manuel Shadok, ça...).

 

 

 

Photos

Alors, par où commencer ???

Par le commencement peut-être ?

Donc, la première étape, c'est sans doute de vous préciser quelques petits changements au Gobolistan.

Suite à certaines circonstances qui seront relatées dans un autre message, nous avons "adopté" de nouveaux lutins. Si, c'est vrai. Et ceux-là sont nomades, on peut les emmener partout avec soi, pas comme ceux de notre lave-vaisselle ou de l'ordinateur (qui ne fait pas partie des "portables") : non, ceux-ci se glissent dans une poche, et pour l'instant, ils ont l'air d'obéir au doigt et à l'oeil.

Mais, me direz-vous, quelle est donc leur fonction au Gobolistan ???

Question importante s'il en est, et ce que je peux vous dire, c'est qu'ils vont sans doute nous simplifier grandement la vie, et nous permettre de vous donner encore plus d'informations en encore moins de temps qu'avant. Car ces lutins sont spécialisés dans la photographie, et vont nous permettre, moyennant quelques lutins supplémentaires dans l'ordinateur (en espérant que cette fois-ci, le mariage sera accepté), de visualiser et de publier ici, d'envoyer par Internet également, des photos des enfants, de nous-mêmes si besoin, et des événements importants qui se succèdent dans notre vie.

 

Nous avons donc acheté un appareil photo numérique, et là, dès le début, les soucis sont là. Pour l'heure, j'ai plein de photos, et malgré un logiciel vendu avec l'appareil, l'ordinateur peine à les récupérer, et j'ignore pourquoi. C'est aussi pour cette raison que je commence par là, c'est que pour ce billet-ci, pas besoin de photos. En revanche, pour le récit des derniers jours, les photos seront une aide précieuse...

Je vais de ce pas retourner voir les lutins de l'ordinateur, et les supplier de ne pas tomber dans le coma. Je vais donc tenter de voir comment on peut faire travailler de concert ces deux corporations que sont les lutins "photographes" et les lutins "informaticiens".

Je reviendrai bien vite vous donner des nouvelles à ce sujet.

lundi 12 mai 2008

News toutes "fraîches" !

Très prochainement, le récit plus ou moins détaillé de notre voyage en Bretagne, où toute la Gobolskaïa s'est rendue pour célébrer un très important événement. Vous y apprendrez nos déboires sur la route, le détail des festivités, les rencontres que nous y avons fait, et comment de nouveaux lutins sont venus renforcer l'équipe déjà au travail au Gobolistan. Tout ce que je puis vous révéler pour l'heure, c'est que ces lutins-ci sont nomades !

 

Bonne nuit à tous, et rassurez-vous, nous sommes bien rentrés du Far West !

lundi 5 mai 2008

Un Tiers de siècle !!!

Eh oui ! Aujourd'hui, j'ai 33 ans!

Un tiers de siècle.

Dans deux fois mon âge, dans deux fois le temps qu'il m'a fallu pour aller de ma naissance à aujourd'hui + un an, j'aurai 100 ans.

100 ans ! Vous vous rendez compte ?

 

C'est quoi, une centaine d'années ? Les déchets toxiques vivent bien plus longtemps. Les éléphants aussi d'ailleurs... mais un peu moins quand même que les déchets toxiques...

Dans deux fois 33 ans, dans 66 ans donc, nous serons en 2074.

A partir de là, on ne peut que supposer...

Ce qui semble certain aujourd'hui, c'est que si Dieu me prête vie pour voir ça, je ne serai certainement pas la seule centenaire ! D'ailleurs, être centenaire ne devrait plus vraiment être spectaculaire, si j'en crois le nombre de personnes qui atteignent cet âge vénérable actuellement...

 

Où serons-nous, dans 66 ans ?

La Terre existera-t-elle encore ?

On parle tellement du réchauffement climatique que le doute est permis aujourd'hui ! Ou bien alors les hommes seront peut-être devenus enfin raisonnables et peut-être auront-ils arrêté de ne penser qu'à eux pour penser un peu au groupe, à nos communautés humaines, à notre survie ?

Peut-être que notre monde sera devenu invivable ?

Ou peut-être que nous serons de toute façon trop nombreux pour y vivre, et qu'au lieu d'émigrer vers les villes ou d'autres continents, nous aurons commencé de coloniser les autres planètes de notre système solaire ?

Peut-être même que nous irons encore plus loin ? Dans d'autres mondes ? Peut-être que nos sociétés seront un peu plus avancées technologiquement, et que nous aurons trouvé le moyen d'explorer enfin ces planètes qui nous font rêver depuis que nous sommes tout petits, et que nous aurons trouvé le moyen de vivre en bonne intelligence avec leurs habitants ?

 

Où serai-je dans 66 ans ?

Je me vois bien avec Jean-Luc, qui en aura trois de plus que moi. Il sera très vieux, mais les progrès de la médecine, de l'esthétique et de l'alimentation seront tels que nous serons tous les deux plutôt bien conservés. Nous serons donc très vieux. Et nos enfants aussi. Et nos petits-enfants auront des enfants, qui seront déjà presque en âge d'être eux-mêmes parents. Nous serons donc très heureux, parce que nous aurons eu la grande joie de voir grandir nos enfants et nos petits-enfants, parce que ce que nous aurons construit pendant notre vie aura été transmis à ceux que nous aimons. L'entreprise de Jean-Luc sera désormais florissante, après des moments difficiles, mais le tournant écologique aura été le bon, et les choix faits à la fin du siècle précédent et au tout début du 21e siècle auront porté leurs fruits et se seront révélés prometteurs et intelligents : en 2074, l'agriculture sera (re)devenue entièrement biologique, les pesticides et autres nitrates auront été bannis des terres cultivables et des parcelles de vignes, parce que l'homme se sera enfin rendu compte, à grande échelle, de l'impasse où il allait en surexploitant de la sorte ses terres agricoles...

De mon côté, je goûterai un repos bien mérité, après avoir passé la moitié de mon temps dans les livres, et l'autre moitié à tenter d'apporter un peu de bien-être aux personnes souffrantes, seules ou en difficulté. Les débuts n'auront pas été faciles, c'est une évidence : il aura fallu créer une micro-entreprise, trouver des clients, démarcher d'abord dans les cliniques, puisque c'étaient les seuls établissements, au départ, à avoir les fonds nécessaires pour apporter ce type de service aux personnes accueillies en leur sein. Mais quand les instances politiques ont enfin compris qu'ils prenaient les choses dans le mauvais sens, et qu'ils ont enfin vu qu'il vaut mieux prévenir que guérir, la Sécurité sociale a fait de nombreuses économies (d'autant plus qu'elle avait pu récupérer des recettes quand l'Etat avait décidé enfin de transformer ces honteux contrats aidés en véritables contrats de travail, et donc de donner à tous les travailleurs les mêmes droits, et donc les mêmes devoirs aussi, notamment celui de participer activement à la solidarité nationale, y compris en terme de santé), économies qui ont permis d'apporter ce petit "plus" qui fait que l'hôpital public est plus accueillant et respecte mieux la personne elle-même. Ce qui s'est traduit immédiatement dans la façon dont les soignants ont commencé à voir leurs patients, non plus comme des numéros de chambres ou des pathologies, mais comme des personnes. Du coup, ils ont commencé aussi à se soucier non plus seulement de leurs souffrances et de leurs maladies, mais aussi de leur bien-être pendant le temps qu'ils passaient à l'hôpital. Les services comme ceux que je proposais se sont alors développés : on a vu entrer à l'hôpital des coiffeurs, des esthéticiennes, des conseillers en image personnelle... Ma petite entreprise qui avait eu tant de mal à démarrer a pris alors son envol...

 

_________________

 

5 mai 2008...

Je redescends sur Terre.

Demain, j'irai travailler comme tous les mardi. En rentrant, je passerai à l'Institut pour passer ma commande de matériel pour l'examen du mois de juin.

Mercredi, toute la famille prendra la route pour la Bretagne où nous irons faire la fête pour le mariage de ma petite soeur Zabeth et de Sylvain (oui, elle ne se marie pas toute seule : elle se marie avec Sylvain).

Dans un mois, les épreuves théoriques seront passées, et je serai déjà en train de stresser pour les épreuves orale et pratique.

 

En tout cas, aujourd'hui, j'ai 33 ans. J'ai un mari formidable, qui s'occupe merveilleusement bien de moi, et de nos enfants. J'ai la chance de pouvoir faire ce que j'aime. J'ai la chance aussi de pouvoir avancer, me remettre en question, faire des projets...

J'ai parfois l'impression que ma tête bouillonne, tant les idées s'y bousculent ! C'est bon signe : un de mes autres projets étant de me remettre sérieusement à l'écriture, ça laisse présager des tas de choses !

Aujourd'hui, j'apprécie de faire les magasins, j'apprécie l'idée d'être jolie pour mon mari. J'ai mis le paquet pour en arriver là, mais le pari semble en bonne voie d'être gagné. Tout est possible ! Et il reste encore tellement de temps, pour tellement de choses à vivre et tant de projets !

 

Demain...

Demain est un autre jour. Et comme le dit si bien l'adage :

A chaque jour suffit sa peine !

 

Mais du pain toujours le fromage i' tombe !

... ou l'apprentissage compliqué de la grammaire française par Nathanaël !

 

Ce soir, au dîner, ce n'était guère évident de comprendre ce que Gobolovitch avait à nous dire. D'ailleurs, en ce moment, il est plutôt coutumier du fait : il faut régulièrement remettre dans l'ordre les différents éléments de ses phrases afin d'en comprendre parfaitement le sens. Et ça donne parfois lieu à des interprétations un tant soit peu farfelues.

Par exemple, ce soir, il m'a fallu m'y prendre à deux fois pour mettre de l'ordre là-dedans :

 

décryptage 1 : "Mais le pain il tombe toujours du fromage !"

décryptage 2 : "Mais le fromage il tombe toujours du pain !"

 

La version 2 étant la plus logique des deux (le pain étant sous le fromage, ou plutôt, le fromage étant posé sur le pain, et non l'inverse), c'est celle-ci qui a été adoptée.

Cette question grammaticale est peut-être une conséquence inattendue (certains diront peut-être "un effet pervers") de la politique linguistique que nous avons adoptée au Gobolistan : en effet, les enfants vont en classe bilingue français-allemand, et comme certains le savent peut-être, Gobolof tente de leur inculquer quelques notions d'Alsacien. Et pour simplifier tout cela, la seule langue étrangère que je parle étant l'Anglais, c'est cette langue-là qui est adoptée pour communiquer avec Manuela, marraine (autrichienne) de Noémi. Cependant, quand Manuela est en visite au Gobolistan et qu'elle parle avec Gobolof, ils utilisent l'Allemand. En revanche, si c'est Silvia (la marraine italienne de Gobolovitch) qui est en visite, nous reprenons l'une des deux langues "officielles" de notre petit Etat, à savoir le Français. Mais si Manuela est là, il arrive donc que nous parlions jusqu'à 4 langues différentes dans la même journée, d'où parfois de petits dérapages incontrôlés au niveau grammatical.

 

Les instits nous ont toutes dit que ces libertés prises avec la grammaire (qu'elle soit française ou allemande d'ailleurs) sont tout à fait normales, et qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Alors du coup, au Gobolistan, les instances supérieures du Parti ont plutôt tendance à prendre ce "souci" sur le ton de la franche rigolade, sans oublier toutefois de corriger les écarts et les erreurs grammaticales, histoire quand même que les petits Goboloviens ne prennent pas trop de mauvaises habitudes.

 

Pour Gobolovna, il semble que les choses soient en bonne voie : Alors qu'elle a appris à parler très tard, elle semble avoir rattrappé le peloton de tête en ce qui concerne les apprentissages élémentaires : elle n'est pas encore en CP qu'elle a déjà compris comment les lettres s'organisent entre elles pour former des mots, et la voilà bien partie sur le chemin de la lecture et de son corollaire, l'écriture.

Quant à BBK, elle se fait très bien comprendre, à grand renfort de "Papa", "Maman", "Tiens", "Da" (nous n'avons toujours pas réussi à savoir si par "Da" elle entendait approuver quelque chose, comme les Russes, ou s'il s'agit plutôt d'un mot polysémantique comme le "Yo" Alsacien, qui change de sens en fonction du contexte, et qui veut tout aussi bien dire "oui" que "merci", ou encore "au revoir", "bonne nuit", etc.) et de cris et hurlements en tous genres et sur tous les tons, en fonction de ce qu'elle veut nous dire. (Au même âge, Gobolovitch disait déjà un certain nombre de mots, et il faisait des phrases complètes à 2 ans, mais si on se réfère aux performances de Noémi, on se rend compte qu'elle n'avançait pas au même rythme, et que les phrases complètes ne sont réellement venues qu'à la fin du premier semestre d'école, soit vers ses 3 ans et demi. Comme quoi, tous les enfants ne grandissent pas au même rythme, et ce n'est pas pour cela qu'ils n'y arrivent pas. Ils ne font simplement pas tous les choses dans le même ordre, semble-t-il).

 

Après cette digression linguistique, je vous laisse retourner à vos activités quotidiennes et favorites.Sourire

vendredi 2 mai 2008

Formation

Nous en étions restés si je ne m'abuse, à mon premier jour de stage à Sélestat. Eh bien, depuis, il s'en est passé des choses !

Tout d'abord, je l'ai (enfin !) fini, ce fameux stage. 25 jours. Les vendredi, d'abord, le 25 janvier, les 1er, 8 et 15 février, puis du 19 au 23 février inclus, le 29 février, le 28 mars, les 4 et 5 avril, puis 4 jours par semaine, du mardi au vendredi, pendant trois semaines consécutives. 25 jours. Plus ou moins intéressants, plus ou moins fatigants... mais qui ont eu le mérite évident de me prouver plusieurs choses :

- je ne suis pas faite pour travailler en institut : c'était déjà évident pour moi au mois d'août, lors de mon premier stage, c'est devenu une condition sine qua non : esthéticienne oui, à condition que ce ne soit pas en institut.

- je ne peux pas faire ce métier à temps plein : ça a beau être un métier passionnant, j'ai beaucoup apprécié l'alternance Mulhouse-Sélestat, Documentaliste-Esthéticienne.

- c'est vraiment ce métier que je veux exercer comme activité complémentaire : les moments où je me suis vraiment sentie bien, ce sont les moments où j'ai pu "m'exercer" : soit sur Frédérique, qui me recevait en stage, soit sur les clientes qui acceptaient de me servir de cobbaye, ou qui acceptaient un modelage des mains pendant un soin du visage par exemple.

- c'est l'aspect "social" qui me convient le plus dans ce métier : même si c'est l'aspect le plus difficile et pour lequel on est le moins formé, c'est le plus intéressant : cela répond aux questions : comment apporter un peu de bien-être à une personne fragilisée ? Comment entrer en contact avec cette personne quand la parole n'est pas le bon moyen ?

 

Je suis maintenant convaincue du bien-fondé de ma démarche. Et comme j'ai terminé mon stage, j'ai tout à fait le droit de passer le CAP.

Oui, mais. Parce qu'il y a un "mais" :

j'ai encore du pain (beaucoup !!!!) sur la planche !

Le programme d'études prévoit 61 devoirs. A ce jour, j'en ai réalisé 15. Soit un quart, à pile un mois des épreuves écrites.

Les épreuves sont difficiles :

- Sciences appliquées (biologie, technologie, biochimie, anatomie) : deux heures d'écrit, coefficient 4

- Arts appliqués à la profession : 1h30, coefficient 1

- Vie sociale et professionnelle (législation, gestion d'entreprise, législation du travail) : 1 heure, épreuve écrite, coefficient 1

- Vente : épreuve orale, 10 minutes, coefficient 2

- Pratiques esthétiques : épreuve pratique, 3h30, coefficient 7

 

Alors on ne va pas se leurrer, avec seulement un quart du programme appris, et finalement très peu de pratique, rien en vente, je n'ai que très peu de chances d'avoir ce diplôme, en tout cas cette année. Maintenant, je peux très bien le passer cette année pour voir ce que je vaux, garder les éventuelles notes supérieures à 10/20 (l'objectif est d'obtenir la moyenne générale pondérée), et repasser l'an prochain les épreuves où je me suis plantée.

Il peut aussi y avoir un miracle. Mais en ce qui concerne les sciences, je n'y crois pas trop : si j'ai un schéma fléché d'anatomie à légender, soit je sais, soit je ne sais pas, mais je ne pourrai pas inventer... Donc, les miracles, on ne va pas y compter, ce serait stupide.

Maintenant, je peux aussi avoir de la chance : on peut très bien ne pas me demander de poser de faux ongles, ou de teinter des cils ou des sourcils... De toute façon, d'après ce que dit l'esthéticienne qui m'a reçue en stage, l'épreuve pratique est impossible à réussir dans les temps : sur 3h30, il y a déjà 30 minutes de fiche technique. Puis trois heures de pratique, avec : une épilation (maillot ou aisselles ou 1/2 jambes ou 1 jambe entière), un soin du visage complet, avec démaquillage complet, épilation des sourcils, gommage, l'utilisation de deux appareils obligatoirement, modelage, pose d'un masque, puis d'un crème de jour, puis une manucure complète (démaquillage des ongles, travail des cuticules, modelage des deux mains et avant-bras, éventuellement pose de faux-ongles et pose de vernis avec plusieurs techniques et couleurs différentes (french, lunule, vernis nacré et/ou laqué), et enfin, maquillage (jour, soir ou cocktail, avec éventuellement teinture de cils et/ou de sourcils, pose de faux-cils...). Autant de choses à faire en 3 heures, c'est mission impossible : il faut déjà 1h15 pour le soin du visage, 1h pour la manucure, 20 minutes pour l'épilation, et au moins 30 minutes pour le maquillage. Rien que ça, c'est déjà plus de 3 heures, et ça, c'est quand on a pratiqué tous les jours à l'école pendant au minimum un an, qu'on peut tenir ce timing ! Autrement dit, c'est quelque chose qu'il m'est impossible de faire dans le temps imparti.

Sinon, globalement, je sais à peu près tout faire, sauf les "prothèses" (faux-ongles, faux cils) et les teintures... Après, tout dépendra du sujet. Mais autant vous dire que ce n'est pas gagné du tout !

 

Ceci dit, quand on y réfléchit bien, il reste à répondre à la question cruciale : Pourquoi donc me suis-je lancée là-dedans, hormis le projet de travailler à mon compte à temps partiel, en maison de retraite ou en clinique ?

La réponse se trouve dans les billets précédents : pour moi ! Pour savoir comment prendre soin de moi, et transmettre ce savoir à mes filles, pour qu'elles apprennent à s'occuper d'elles sans faire trop de bêtises (du style, éviter ce que j'ai fait, du genre s'épiler les jambes à la pince à épiler, et comme c'était trop long (forcément !), finir à la lime à ongles (si, si, j'ai fait cela ! c'est très efficace, mais avec le même rendu qu'un rasoir, la douleur post-épilatoire en plus !), pour ne citer que ces deux exemples).

J'espère par là leur éviter les complexes que j'ai eus, et éviter qu'elles ne perdent trop de temps à ces bêtises que sont les questions du genre "Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état-j'erre ?" qu'elles se poseront forcément, d'ailleurs, puisque ce sont les questions de base de l'adolescence. Mais au moins, sur les questions purement esthétiques, elles pourront trouver des réponses.

Et puis, surtout, je le fais pour moi.

Je le fais parce que j'en ai eu marre de ne pas supporter mon reflet dans le miroir de notre chambre à coucher. J'en ai eu marre de ne pas savoir m'habiller, d'avoir honte de moi, et de sentir les regards au mieux étonnés, au pire méprisants ou dédaigneux. J'ai eu envie de devenir vraiment une femme comme les autres, à part entière. Une femme qui sait s'occuper d'elle-même, qui n'a pas besoin de compter sur les autres pour cela, qui n'a pas honte de sortir le soir, qui n'a pas à rougir de ce qu'elle est, de qui elle est. Une femme qui assume pleinement le fait d'être une femme et une épouse, bien dans ses baskets et dans sa tête.

 

Alors oui, je pourrais m'arrêter là. Je pourrais me dire que ça y est, j'ai appris, je sais, et je n'ai besoin de rien d'autre.

Mais je suis du genre acharnée. Et pour une fois, j'aimerais beaucoup aller jusqu'au bout du projet. J'aimerais passer cet examen, le réussir, soit cette année (ce serait le pied !), soit l'an prochain (ce serait un moindre mal !). J'aimerais aussi ne pas avoir déboursé autant d'argent juste pour apprendre à me maquiller et à harmoniser les couleurs, à me faire les ongles et à m'épiler seule. Parce que pour le coup, ça fait un peu cher la leçon d'auto-maquillage ! Donc, je vais passer cet examen. Et je vais le réussir, au plus tard au mois de juin 2009. C'est du moins l'objectif que je me suis fixé. On verra s'il tient !

 

Les dates des épreuves sont fixées :

- 2 juin, 11 heures : Vie sociale et professionnelle (1h)

- 3 juin, 14 heures : Sciences appliquées (2 heures)

- 3 juin, 16 heures 30 : Arts appliqués (1h30)

- 19 juin, 7h30 : Vente (10 minutes)

- 19 juin, 13h30 : Pratique (3h30).

 

5 épreuves, résultats début juillet. Le compte à rebours a commencé : Aujourd'hui, nous sommes à J-30 !