lundi 5 mai 2008

Mais du pain toujours le fromage i' tombe !

... ou l'apprentissage compliqué de la grammaire française par Nathanaël !

 

Ce soir, au dîner, ce n'était guère évident de comprendre ce que Gobolovitch avait à nous dire. D'ailleurs, en ce moment, il est plutôt coutumier du fait : il faut régulièrement remettre dans l'ordre les différents éléments de ses phrases afin d'en comprendre parfaitement le sens. Et ça donne parfois lieu à des interprétations un tant soit peu farfelues.

Par exemple, ce soir, il m'a fallu m'y prendre à deux fois pour mettre de l'ordre là-dedans :

 

décryptage 1 : "Mais le pain il tombe toujours du fromage !"

décryptage 2 : "Mais le fromage il tombe toujours du pain !"

 

La version 2 étant la plus logique des deux (le pain étant sous le fromage, ou plutôt, le fromage étant posé sur le pain, et non l'inverse), c'est celle-ci qui a été adoptée.

Cette question grammaticale est peut-être une conséquence inattendue (certains diront peut-être "un effet pervers") de la politique linguistique que nous avons adoptée au Gobolistan : en effet, les enfants vont en classe bilingue français-allemand, et comme certains le savent peut-être, Gobolof tente de leur inculquer quelques notions d'Alsacien. Et pour simplifier tout cela, la seule langue étrangère que je parle étant l'Anglais, c'est cette langue-là qui est adoptée pour communiquer avec Manuela, marraine (autrichienne) de Noémi. Cependant, quand Manuela est en visite au Gobolistan et qu'elle parle avec Gobolof, ils utilisent l'Allemand. En revanche, si c'est Silvia (la marraine italienne de Gobolovitch) qui est en visite, nous reprenons l'une des deux langues "officielles" de notre petit Etat, à savoir le Français. Mais si Manuela est là, il arrive donc que nous parlions jusqu'à 4 langues différentes dans la même journée, d'où parfois de petits dérapages incontrôlés au niveau grammatical.

 

Les instits nous ont toutes dit que ces libertés prises avec la grammaire (qu'elle soit française ou allemande d'ailleurs) sont tout à fait normales, et qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Alors du coup, au Gobolistan, les instances supérieures du Parti ont plutôt tendance à prendre ce "souci" sur le ton de la franche rigolade, sans oublier toutefois de corriger les écarts et les erreurs grammaticales, histoire quand même que les petits Goboloviens ne prennent pas trop de mauvaises habitudes.

 

Pour Gobolovna, il semble que les choses soient en bonne voie : Alors qu'elle a appris à parler très tard, elle semble avoir rattrappé le peloton de tête en ce qui concerne les apprentissages élémentaires : elle n'est pas encore en CP qu'elle a déjà compris comment les lettres s'organisent entre elles pour former des mots, et la voilà bien partie sur le chemin de la lecture et de son corollaire, l'écriture.

Quant à BBK, elle se fait très bien comprendre, à grand renfort de "Papa", "Maman", "Tiens", "Da" (nous n'avons toujours pas réussi à savoir si par "Da" elle entendait approuver quelque chose, comme les Russes, ou s'il s'agit plutôt d'un mot polysémantique comme le "Yo" Alsacien, qui change de sens en fonction du contexte, et qui veut tout aussi bien dire "oui" que "merci", ou encore "au revoir", "bonne nuit", etc.) et de cris et hurlements en tous genres et sur tous les tons, en fonction de ce qu'elle veut nous dire. (Au même âge, Gobolovitch disait déjà un certain nombre de mots, et il faisait des phrases complètes à 2 ans, mais si on se réfère aux performances de Noémi, on se rend compte qu'elle n'avançait pas au même rythme, et que les phrases complètes ne sont réellement venues qu'à la fin du premier semestre d'école, soit vers ses 3 ans et demi. Comme quoi, tous les enfants ne grandissent pas au même rythme, et ce n'est pas pour cela qu'ils n'y arrivent pas. Ils ne font simplement pas tous les choses dans le même ordre, semble-t-il).

 

Après cette digression linguistique, je vous laisse retourner à vos activités quotidiennes et favorites.Sourire

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