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lundi 26 septembre 2016

Famille à géométrie variable... ou Vive l'internat !

Alors la dernière fois, je vous avais déjà parlé de la rentrée scolaire de nos enfants, réjouissante pour les uns, plutôt mouvementée pour les autres. Noémi est donc à la MFR, avec un fonctionnement particulier par rapport à ses frère et soeurs. Et qui dit fonctionnement particulier dit adaptabilité à la maison. Et c'est parfois assez gratiné...

Jusqu'à l'an dernier, les choses étaient plutôt simples : à la maison, nous étions six : Jean-Luc et moi, Noémi, Nathanaël, Rebecca et, depuis trois ans, Louise-Marie.
Durant les vacances scolaires, nous étions toujours six le soir et souvent cinq à midi, Jean-Luc étant au travail et ne pouvant rentrer pour le repas de midi, sauf le mercredi. Et durant les périodes scolaires, nous étions le plus souvent six le soir et les week-ends, parfois cinq quand Jean-Luc était en salon et trois à midi, Noémi et Nathanaël mangeant à la cantine quatre jours par semaine.

Cette année, les choses se compliquent un tout petit peu.
Par exemple, la semaine dernière, nous étions quatre aux repas de midi : Noémi, Rebecca, Louise-Marie et moi. Sauf mercredi midi, où nous nous sommes retrouvés à cinq avec Nathanaël en plus. Les vendanges battant leur plein, Jean-Luc n'était pas là. En revanche, le soir, nous étions six, ainsi que le week-end. Mais ce n'était pas le cas la semaine précédente.
Parce que la semaine d'avant, Noémi était à l'internat du lundi au vendredi. Et la semaine dernière, comme cette semaine d'ailleurs, elle est en stage à Ebersheim, mais uniquement le matin. Oui, parce qu'il y a trois semaines, elle était en stage aussi, mais toute la journée et pas tous les jours...
C'est compliqué ?

Mais non, voyons !

Petit récapitulatif :
Certaines semaines, Noémi est à l'internat du lundi au vendredi. Nous sommes donc trois à midi, Nathanaël étant demi-pensionnaire et Jean-Luc apportant son repas sur son lieu de travail. Et le soir, nous sommes cinq, sauf si Jean-Luc est en salon.
Les semaines où Noémi est en stage, les choses sont effectivement un peu moins faciles. Si elle est en stage à Ebersheim, elle rentre déjeuner à la maison à midi. Mais si elle est en stage à Bergheim, alors elle ne rentre pas. Si elle est en stage à Sélestat, eh bien ça dépend de ses horaires de travail et de son lieu de stage. En cas de stage dans un restaurant, il y a fort à parier qu'elle mangera sur place et donc qu'elle ne sera pas à la maison pour le déjeuner. Ou pour le dîner...

Bref, vous l'aurez compris, cette année, notre famille a commencé une petite révolution avec le début des départs progressifs des enfants qui commencent à quitter le nid. Oui, je sais, quatorze ans, pour partir, c'est un peu tôt. Mais rassurez-vous : notre grande n'est pas encore vraiment partie. D'ailleurs, si c'était le cas, je ne m'inquiéterais pas tant pour les ravitaillements hebdomadaires... Non, là, j'ai bien affaire à une ado en pleine croissance, qui mange à elle toute seule à peu près les mêmes quantités que ses frère et sœurs ensemble, ce qui fait beaucoup de mal au réfrigérateur et aux placards, ainsi qu'à notre budget alimentation... Mais bon, il paraît que c'est plutôt normal et sain à cet âge-là, alors on ne va pas se plaindre. Je préfère ça à une fille anorexique, moi !

Dans mon billet sur la rentrée, j'avais déjà expliqué pourquoi Noémi était à la MFR de Saulxures sur Moselotte. Je ne vais pas tout reprendre ici, mais nous sommes en train de peut-être découvrir des choses sur les raisons profondes de ses troubles de l'apprentissage, alors je bouillonne un peu... et ça pourrait devenir encore moins simple que ça l'est déjà. Réponse dans quelques temps, promis.

Noémi fait partie des élèves qui ont de telles difficultés d'apprentissages que même les PAI**, PAE***, PPRE-Passerelles* ou pas passerelles d'ailleurs ne fonctionnent pas du tout. Elle défie tout ce que les professeurs connaissent : elle travaille, mais n'arrive pas à faire ses exercices. Elle assiste à tous les cours mais ne comprend rien à ce que disent les professeurs. Elle apprend toutes ses leçons mais les a toutes oubliées le lendemain. Elle fait ses devoirs mais c'est exactement comme si elle n'avait rien fait du tout. 
Dans tous les bulletins des deux collèges où elle est allée, on trouve, sur trois ans, exactement les mêmes choses : "Élève studieuse, qui travaille, qui participe bien à l'oral et qui fait des efforts. Dommage que les résultats ne soient pas à la hauteur du travail fourni. Continue comme ça ! Nous t'encourageons."

Alors c'est bien. Ses bulletins sont truffés de bonnes appréciations, d'encouragements, de félicitations pour le travail et l'effort fourni. Mais quand on regarde les notes, les moyennes, les résultats concrets, bêtes et méchants, il faut bien se rendre à l'évidence : cela ne sert strictement à rien.

Eh oui. Parce que Noémi fait partie de ces enfants qui ne comprennent pas du tout ce qu'on leur dit, mais qui comprennent parfaitement ce qu'ils font. Qui comprennent les différents états de l'eau en faisant fondre des glaçons dans une casserole jusqu'à l'évaporation, et pas en regardant de belles images dans de beaux livres. Qui comprennent les multiplications et les proportionnalités en faisant de la cuisine ou en repeignant une pièce, parce que les chiffres ne veulent rien dire pour eux, mais qu'ils savent que si un gâteau pour huit personnes se fait avec six œufs, alors il faut dix-huit œufs pour que les vingt-quatre élèves de la classe aient une part de gâteau...

La MFR, pour Noémi, c'est aussi et surtout la possibilité de devenir plus autonome, de comprendre en voyant les autres faire, de faire avec les autres, d'avoir des responsabilités, de tenir des engagements. C'est la possibilité pour elle de découvrir différents métiers, en dehors du cadre scolaire qu'elle déteste cordialement, et on comprend pourquoi malheureusement.
Là, avec l'alternance des stages et des périodes en internat, elle s'épanouit dans un autre cadre et un autre rythme que le collège. Elle apprend de nombreuses choses que tant d'autres ne découvriront que dans quelques années : la ponctualité, la responsabilité, l'autonomie, la persévérance, l'adaptation à un environnement nouveau, à des personnes et des situations inconnues, la réactivité, l'apprentissage un peu plus rapide pour elle et pour ses collègues de la MFR d'une réalité que leurs copains du même âge sont à des années-lumières de connaître (et peut-être que c'est une bonne chose d'ailleurs), celle du monde du travail et de l'autonomie. À 14 ans, notre fille apprend déjà à vivre sans nous, progressivement. Elle est plus mûre que les jeunes de son âge, sans doute parce qu'elle a déjà du traverser de nombreuses tempêtes. Mais pour la première fois depuis son entrée en CP, je la sens et la sais enfin à sa place. Cela ne veut pas dire que c'est facile, au contraire. C'est même dur, pour une jeune fille de 14 ans tout juste sortie de l'enfance de se retrouver toute seule dans le train à 5h42 du matin, le lundi, pour un voyage de plus de trois heures durant lequel elle devra changer de train puis prendre un bus et enfin la navette de la MFR qui la ramènera dans l'établissement pour la semaine. C'est difficile, pour elle, de devoir faire son lit le matin, de penser à ne rien oublier dans sa chambre parce qu'elle n'aura pas la possibilité d'y retourner avant 21 h le soir. C'est compliqué de trouver une solution de remplacement quand on s'est trompé d'arrêt et qu'il faut trouver un autre moyen de transport pour regagner la gare d'où part le prochain train. C'est difficile, à 14 ans, de se repérer dans une ville que l'on ne connaît pas. Mais c'est très formateur aussi. Et puis, en 2016, nos jeunes de 14 ans et plus ont tous un téléphone portable. 

Et là, on peut dire : "Merci Maman pour le radio-guidage par téléphone !" (pour avoir un récit de son premier trajet toute seule, vous pouvez vous reporter au billet précédent. Pour une première, et compte-tenu des circonstances, elle s'en est remarquablement bien sortie !!)
_____________
* PPRE-Passerelle : Programme Personnalisé de Réussite Éducative à l'entrée au collège : ce "programme" permet de signaler les élèves qui ont des difficultés d'apprentissage en primaire et qu'il faudra particulièrement suivre à l'entrée au collège.
** PAI : Protocole d'Accueil Individualisé : protocole mis en place au bénéfice d'un élève qui présente des difficultés dans les apprentissages (type Dys...) ou dont l'état de santé nécessite des aménagements (diabète, allergies alimentaires, etc., mais ça, c'est plutôt valable à la cantine, ou dans certaines circonstances et n'a pas grand-chose à voir avec les apprentissages a priori). Ce type de protocole est décidé et mis en place par le médecin scolaire, en lien avec la famille et le personnel enseignant. Il a une valeur de conseil mais n'est en aucun cas obligatoire, en tout cas en ce qui concerne les aménagements scolaires (photocopies agrandies, notation particulière, tiers-temps supplémentaire, dispense de certains exercices, attribution d'un ordinateur portable durant les cours pour faciliter la prise de notes...). La mise en place du PAI par les professeurs dépend entièrement de leur bonne volonté.
*** PAE : Projet d'Accueil Éducatif : a remplacé les PAI à la rentrée 2015-2016. On a juste l'obligation de tout recommencer, avec le médecin scolaire et le médecin traitant, éventuellement avec l'orthophoniste, pour que le papier porte le bon intitulé... Et on parle de "choc de simplification" ? Ah ah ah !!! (pardon).

lundi 5 septembre 2016

Rentrée mouvementée !

Au Gobolistan, cette année, nous avons vécu une rentrée en différé, décalé... bref, une rentrée un peu mouvementée.

Tout a commencé avant la rentrée, avec notre aînée, Gobolovna, qui intégrait cette année la Maison Familiale Rurale de Saulxures-sur-Moselotte, dans les Vosges. Une MFR ? Kezako, me diront certains.

Alors une MFR, c'est un établissement d'enseignement dépendant du ministère de l'agriculture. Ces établissements sont nés il y a 60 ans maintenant, pour permettre aux jeunes dont les parents étaient agriculteurs de se former en alternance, en passant un certain temps sur les bancs de l'école, pour la partie théorique (et surtout pour leur permettre d'acquérir des connaissances fondamentales dans les domaines du Français, des Mathématiques, de l'Histoire et de la Géographie, des Sciences Physiques et Biologiques, ainsi que de l'Anglais), tout en aidant leurs parents dans leurs tâches et contraintes professionnelles, la plupart d'entre eux, à cette époque, étant destinés à reprendre l'exploitation familiale.
Les temps ayant changé, le principe de l'alternance est resté mais les possibilités ont évolué. Les jeunes accueillis en MFR aujourd'hui ne sont plus obligatoirement issus du monde agricole, loin s'en faut. Il s'agit aujourd'hui d'établissement accueillant principalement des jeunes en rupture scolaire, pour diverses raisons : soit parce que le jeune s'en fiche totalement de sa scolarité et ne fait rien à l'école "classique", c'est-à-dire au collège "Education Nationale", soit parce qu'il sait déjà ce qu'il veut faire et qu'il attend "patiemment", c'est-à-dire sans faire grand-chose d'autre qu'attendre, d'avoir 16 ans pour quitter le collège afin d'entrer en apprentissage, soit, comme c'est le cas de Noémi, parce que sa manière de penser et d'apprendre est totalement inadaptée au moule du collège unique de l'éducation nationale et qu'il sera contraint et forcé, un jour ou l'autre, de quitter l'éducation nationale (ce n'est obligatoire que jusqu'à 16 ans, rappelons-le, ce qui veut dire aussi qu'à partir du moment où le jeune a 16 ans, l'école n'est plus tenue de lui assurer un enseignement...). Or si un jeune quitte l'école sans aucune qualification, pour la seule raison qu'il n'arrive pas à apprendre comme les autres, il met son avenir en péril juste parce qu'il n'y a pas vraiment de structures adaptées (sauf, si on a de la chance, les collèges et lycées privés, encore faut-il qu'il y en ait d'une part, et d'autre part, que les difficultés d'apprentissage du jeune puissent être résolues par les enseignants du privé, ce qui n'est pas toujours le cas).
Noémi, donc, est entré le mardi 30 août, avant nos autres enfants, à la MFR. Et c'était important que nous l'accompagnions, parce que ce même mardi avait lieu la réunion de rentrée destinée à accueillir les jeunes et à expliquer à leurs parents le fonctionnement de l'établissement, de l'internat, des stages, etc.
Parce que voilà, cette MFR fonctionne toujours selon les principes qui ont présidé à sa création : 16 semaines de cours en internat à la MFR, réparties sur l'année scolaire, et 20 semaines de stage en entreprise, quelle que soit l'entreprise d'ailleurs, tout au long de l'année également. Et ça commence fort avec, dès demain, le premier stage, normalement d'une durée de 4 semaines.

Noémi étant "casée" à l'internat, nous avons pu consacrer le mercredi 31 août aux dernières vérifications des fournitures scolaires des trois autres enfants. Parce que, oui, cette année, notre "Numéro 4" entre à l'école, en classe de petite section de maternelle, s'il vous plaît ! Et elle n'est pas peu fière de faire partie des "grands" qui vont à l'école. D'ailleurs, le 30 août, elle a absolument tenu à accompagner sa grande soeur à la MFR avec... un cartable d'école bien à elle, dans lequel elle trimbale, depuis le début de l'été, tout un tas de Playmobils. Si, si.

Le 1er septembre à 8h, Jean-Luc a donc déposé BBK, notre troisième, à l'école primaire du village, où elle entrait en CM2. Elle était un peu stressée parce qu'elle changeait de site (elle retourne à l'école des filles, dans le bâtiment de la mairie, alors que l'autre classe de CM1-CM2 reste à l'école des garçons, en face de l'église), et qu'elle ne connaissait pas du tout la maîtresse. Elle en est revenue toute souriante, en me disant que sa maîtresse était vraiment très gentille. Son seul regret, c'est que toutes ses copines sont dans l'autre classe et qu'elle se retrouve donc seule à la récréation. Je n'ai aucun souci de ce côté-là : Rebecca a toujours été très sociable et se fera rapidement des copines dans le groupe CM1 de sa classe, j'en suis persuadée !

Le même jour, à la même heure, j'allais quant à moi, accompagnée de Nathanaël, jusqu'à l'école maternelle pour y déposer Louise-Marie dans sa classe de petite section. Elle a pour maîtresse la directrice de l'école, que j'avais rencontrée au mois d'avril pour l'inscription, ainsi qu'une autre maîtresse, Emilie, qu'elle verra le jeudi, jour de décharge de la directrice. Les cours, ce jour-là (et le lendemain), avaient lieu pour les petits de 8h à 9h40 uniquement, les grands rentrant à 10h, jusqu'à 11h30. Ceci pour permettre une acclimatation en douceur des plus jeunes.
Les parents avaient la possibilité de rester dans la classe jusqu'à ce que l'enfant se sente bien. Pour ce qui est de Louise-Marie, aussitôt entrée dans la classe, elle s'est installée à une table devant un puzzle. Nathanaël et moi sommes restés moins de 3 minutes près d'elle : elle nous a fait un bisou et ne s'est plus occupée de nous. Indépendance...
Il faut dire que Louise-Marie me tanne depuis un an pour aller à l'école. Autant dire que sa rentrée, elle l'attendait de pied ferme ! Pas question donc de laisser maman la perturber dans son environnement. J'ai donc été "priée" de décamper en vitesse, histoire de la laisser évoluer dans son nouvel univers. Et j'en suis bien contente ! 

Gobolovitch, de son côté, rentrait en 5e cette année. Et au collège, c'est un peu comme à la maternelle : les enfants ont droit à une rentrée progressive. Avec l'accueil des 6e le premier jour, des 5e à 8h le deuxième jour, des 4e à 9h et des 3e à 10h ce même jour. 
Ce n'est donc que le vendredi que j'ai accompagné Nathanaël au collège à Sélestat, où il est toujours en section bilingue (c'est désormais le seul de nos enfants à être dans cette section, nous avons préféré inscrire Louise-Marie en monolingue, compte-tenu des retards d'apprentissage de la parole que nous avons remarqué). La rentrée, pour lui, c'est la routine, et d'ailleurs il en avait marre des vacances, parce que cela faisait un moment qu'il n'avait pas vu ses copains. Il a de la chance : ses meilleurs amis sont tous dans sa classe cette année !

Le même jour, je suis partie à Strasbourg où j'avais un rendez-vous avec le directeur du SDEC (Service Diocésain de l'Education religieuse et de la Catéchèse), service de l'église dédié à l'enseignement religieux à l'école (spécificité alsacienne oblige) d'une part, et à la catéchèse en paroisse d'autre part. Alors là, il faut quand même que j'ouvre une petite parenthèse, parce que je me rends compte que, faute d'écrire régulièrement ici, il y manque quand même un certain nombre d'épisodes.

(en fait, non. Je vous renvoie tout simplement à cet autre billet, qui vous expliquera tout sur tout !).

Arrivée à 10h, j'ai pu rencontrer mes futures collègues IDR (Intervenantes De Religion), et le directeur du SDEC nous a expliqué en quoi consistait notre mission dans les écoles primaires. Et là, j'avoue que j'ai commencé par paniquer, en sortant de l'établissement. Parce que je me retrouve avec 5h de cours à assurer, alors même que je n'ai jamais rien enseigné à des enfants (sauf aux miens, et encore, les instits et les profs avaient bien mâché le travail avant !) et que je n'ai aucune formation dans le domaine.
Après quelques discussions avec des amis, tous plus confiants que moi en mes propres capacités, je me dis que c'est un beau défi à relever et que cette mission me donne une occasion de témoigner de ma foi, ce qui n'est pas une mince affaire mais fait partie de ce que tout croyant est appelé à faire dans sa vie. Je dois donc être en plein dans ma mission de catholique...

De retour vers 13h30, j'ai déjeuné à la maison et pris des nouvelles de Noémi, toujours à l'internat de la MFR, mais dont le retour était prévu pour le soir même, vers 20h17 selon les horaires de la SNCF. Tout allait bien à ce moment-là, et ça a continué jusque vers 17h, moment où elle m'a appelée pour savoir quels panneaux elle devait regarder à la gare pour ne pas se tromper de train. En fait, elle paniquait un peu pour le retour, qui s'avère être quelque peu compliqué quand on n'a pas trop l'habitude, comme elle, de prendre le train.
Voici un trajet type du vendredi soir :
- départ de la MFR vers 17h45 par la navette de l'école, qui dépose les jeunes dans le village du Thillot, un peu avant 18h.
- 18h03 : le bus 2 des lignes vosgiennes (LIVO) récupère les jeunes et les dépose à Thann vers 18h45.
- 19h05 : départ du train pour Mulhouse, arrivée vers 19h45.
- 19h50 environ : départ du train en direction de Strasbourg, avec arrivée à Sélestat à 20h17.

Seulement voilà, pour Noémi, même si ce n'était pas la première fois qu'elle prenait le train, c'était la première fois qu'elle faisait un trajet avec autant de changements et de correspondances, et la première fois, c'est assez flippant, je l'avoue volontiers.
Donc Noémi a bien pris la navette et est bien montée dans le bon bus. Elle est bien arrivée à Thann et montée dans le bon train. Seulement voilà, ce train est un omnibus qui s'arrête à plusieurs gares dans Mulhouse avant d'arriver à son terminus à la gare centrale. Et l'un des jeunes de la MFR, dans la classe de Noémi, habite Mulhouse et prend le même train qu'elle, sauf qu'il descend à l'une de ces gares intermédiaires, à Mulhouse-Dornach (une ou deux gares avant la gare centrale). Noémi est descendue en même temps que lui, avant de se rendre compte qu'elle n'était pas au bon endroit. Elle m'a appelée à ce moment-là et j'étais en train de la rappeler pour qu'elle ne "grille" pas son forfait quand elle s'est rendu compte de son erreur.
Après un moment de stress, elle a réussi à se calmer et à trouver quelqu'un, sur le quai, qui lui a indiqué un moyen simple de rejoindre la gare centrale, en empruntant le tram de la Soléa, l'agence de bus et trams de Mulhouse.
Elle n'est arrivée en gare de Mulhouse centre que vers 20h05, puisque du coup, ce tram fait tous les arrêts du centre-ville, mais cela n'a pas grande importance puisqu'à cette heure-là, en théorie, il y a encore au moins un train par heure en direction de Strasbourg, voire un toutes les demi-heures selon les périodes. Donc je ne me suis pas vraiment inquiétée : elle allait pouvoir prendre le train suivant, quitte à attendre un peu plus longtemps que prévu dans la gare avant de monter dans le train.

Seulement voilà, il y a quelque chose qui aurait du attirer mon attention un peu plus tôt : lorsqu'elle m'a appelée quand elle était sur la quai de la gare de Thann, j'ai entendu derrière elle une voix féminine, visiblement un agent de la SNCF, informant les jeunes qui montaient dans le train, que s'ils avaient une correspondance à Mulhouse, ils devaient se renseigner parce qu'il y avait des perturbations sur la ligne.
Et effectivement. À 17h45, ce même jour, un train est arrivé en gare de Sélestat. Les voyageurs sont descendus et le conducteur a commencé les vérifications d'usage avant de se rendre compte que l'huile du moteur de la locomotive avait pris feu. Le conducteur a immédiatement coupé l'électricité de la motrice et prévenu les pompiers, comme le veut la procédure, mais l'incendie était important et impressionnant. Même la toiture du quai a pris feu ! Les pompiers sont intervenus et la circulation de tous les trains de la ligne Mulhouse-Strasbourg a été interrompue totalement, dès 17h50. Pas de blessés à déplorer, mais Noémi était du coup en rade à Mulhouse, comme des centaines d'autres personnes naufragées des trains.

Vers 21h, les consignes des contrôleurs étaient d'attendre le départ du train, avec a priori deux heures de retard. J'ai donc conseillé à Noémi, toujours par téléphone, de commencer à travailler sur ses devoirs en attendant le départ du train. Ce qu'elle a fait d'ailleurs. Mais sans nouvelles rassurantes à 22h, Gobolov a fini par prendre le volant pour aller se renseigner directement à Sélestat. Les nouvelles glanées sur Internet nous apprenaient que l'incendie était maîtrisé vers 19h, mais trois heures après, rien ne permettait de dire quand le trafic serait rétabli. Jean-Luc est donc allé se renseigner à la gare, où il est tombé sur les pompiers encore au travail. Ceux-ci lui ont dit que le trafic ne serait pas rétabli avant plusieurs heures. Il m'a donc appelée pour me prévenir et j'ai appelé Noémi pour lui demander si, de son côté, elle avait d'autres informations. Elle a pu me passer le contrôleur qui, après m'avoir servi le discours "officiel" ("Les trains vont repartir, mais je ne peux pas vous dire quand exactement"), a fini par me dire officieusement : "Franchement, si vous avez la possibilité de venir chercher votre fille, c'est mieux : les trains risquent d'être bloqués toute la nuit"). J'ai immédiatement prévenu Jean-Luc qui m'a avoué qu'il était déjà à la hauteur de Bergheim, en route pour Mulhouse.
Il y est arrivé à 22h53 et a récupéré Noémi ainsi qu'un jeune militaire en rade, lui aussi, à Mulhouse, et qui se rendait à Colmar. Il l'y a déposé et est finalement rentré avec Noémi à Ebersheim à 00h03 exactement.

C'est ce qu'on appelle une rentrée mouvementée !


vendredi 15 avril 2016

Et Louise-Marie... que devient-elle ?

Notre petite dernière grandit. Elle prend son temps pour certaines choses, mais globalement, elle progresse bien. Notamment au niveau du langage, mais dans d'autres domaines aussi.

Par exemple, le premier jour du printemps, elle a confirmé son talent (et son amour !) pour le toboggan. Il faut dire que nous avons récupéré chez une amie, ancienne nourrice de Noémi (ouah ! Ça remonte !) un château avec toboggan intégré parce que ladite amie n'en avait plus l'utilité, ayant renoncé à la garde d'enfants au mois de septembre dernier.

Les deux sœurs s'en donnent à cœur joie !




Avec le retour des beaux jours, Louise-Marie redécouvre aussi le bac à sable. Il va falloir encore attendre un peu : avec les averses des jours derniers, Jean-Luc a tout refermé jusqu'à la prochaine embellie...



Un peu plus tôt dans la semaine, notre petite dernière posait toute fière dans son nouveau pyjama. Il faut dire qu'elle venait de passer à la taille 3 ans !


... et visiblement, ça la met en joie.

Et puis, depuis le début du mois d'avril, elle avance beaucoup dans un autre domaine : celui de la propreté. Au tout début des vacances (le lendemain de la profession de foi de Noémi), nous avions, avec l'aide de ma maman, retiré les couches (non pas que je ne sais pas retirer une couche, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, parce que je le fais quand même plusieurs fois par jour depuis bientôt trois ans, sans compter les enfants qui n'en portent plus depuis déjà plusieurs années ! Mais que Louise-Marie n'en porte pas pendant une heure ou deux, c'est une bonne performance si cela ne se solde pas par une inondation d'un autre type que celle du salon...). Et ce fut un échec, puisque durant deux jours, il a fallu changer les culottes, les chaussettes, nettoyer les planchers et carrés de moquette du premier étage, ainsi que l'assise d'un fauteuil. Bref. J'avais décidé d'attendre les vacances de Jean-Luc pour retenter l'expérience, et depuis mercredi dernier, 13 avril, Jean-Luc est effectivement en vacances. J'ai donc une fois de plus fait l'essai et nous avons découvert un "truc" qui marche bien avec notre petite dernière : quand je la mets sur le pot, il ne se passe strictement rien tant que je ne lui donne pas un demi-verre d'eau. Le fait de boire de l'eau semble déclencher chez elle une envie irrépressible de faire pipi... Du coup, elle me remplit le pot, au moins ce matin. J'ai retenté l'expérience un peu plus tard, sans succès, mais sans doute cela était-il du au fait qu'elle n'avait tout simplement pas envie de faire pipi...
Un peu plus tard, juste avant le déjeuner, je l'ai mise sur les toilettes (munies d'un réducteur de siège) et là, j'ai dû l'abandonner quelques minutes parce que mes pommes de terre étaient en train de griller sérieusement dans la sauteuse. Quand je suis revenue la voir, elle avait fait un magnifique pipi !
Encore plus tard, après le déjeuner, c'est avec une grande joie et une grande fierté qu'elle m'a montré la culotte... toujours sèche !
Je pense que Louise-Marie est résolument entrée dans l'âge des petites filles et qu'elle sort enfin progressivement de la catégorie "bébé". Ce qui n'est pas pour me déplaire !

jeudi 14 avril 2016

Rétrospective de la fin de l'année 2015 (oui, je sais... hem.)

J'ai laissé ce blog en friche depuis des lustres... depuis nos déboires avec la machine à pain et la table à repasser. En fait, à chaque fois que je me rends compte que je n'écris plus ici, je réalise aussi que si je n'ai pas écrit, c'est surtout parce que j'ai cruellement manqué de temps. Et vous allez vite comprendre pourquoi.

Dans la famille Platz, je demande la fille aînée, Noémi.

Au mois de septembre 2015, la rentrée des classes a eu lieu et, pour notre aînée, cela a voulu dire aussi un grand changement dans sa vie : elle a quitté le collège Mentel de Sélestat et ses amis de classe bilingue pour le collège du Bernstein, à Dambach-la-Ville (notre collège de secteur). Elle y a retrouvé cinq élèves qu'elle connaissait déjà par l'intermédiaire du catéchisme, puisque je prépare depuis un an un petit groupe de six jeunes à la confirmation et à la profession de foi.
Qui dit nouveau collège, dit aussi nouveaux copains, nouvelles copines et nouveaux professeurs. Pour le coup, nous étions plutôt contents de tout cela : la situation était devenue tellement conflictuelle à Sélestat et tellement compliquée avec l'administration qui ne savait visiblement plus que faire pour calmer les choses que le changement d'air a été salué par tous comme une excellente idée, une sorte de remise à zéro des compteurs... en bref, Noémi allait pouvoir repartir du bon pied.
Les difficultés étant ce qu'elles sont, j'ai profité de la rencontre avec le professeur principal, organisée quelques jours après la rentrée, pour "mettre au parfum" la prof d'Histoire-Géographie, prof principale de la 4e1, qui avait bien perçu certaines petites choses à propos de Noémi mais avait du mal à mettre des mots dessus. J'ai donc pu éclairer quelque peu sa lanterne et la rendre attentive au fait que Noémi avait besoin de méthodes pédagogiques très adaptées à son cas pour pouvoir apprendre quelque chose. Et la prof, comme ses collègues, n'était pas au bout de ses surprises.
Dans le même temps, j'ai rencontré aussi l'infirmière scolaire pour la mise en place du PAE (à Mentel, c'était un PAI mais entre-temps, le ministère de tutelle avait décidé de corser un peu les choses et de renommer le dispositif, histoire qu'on soit obligés, même si le contenu est identique, de refaire tout un tas de paperasse pour que notre fille puisse continuer à bénéficier des aides auxquelles elle avait droit)... Bref. Le truc a été signé au mois d'octobre et est entré en application au mois de novembre, après les vacances de la Toussaint.

Dans le même temps, il s'est passé d'autres choses qui nous ont aussi beaucoup occupés :
53 des 63 jeunes se préparant à la confirmation sont partis en retraite à Lucelle, histoire de préparer correctement le sacrement qu'ils allaient recevoir trois semaines plus tard. La retraite a eu lieu à la fin du mois d'octobre, en plein milieu des vacances de la Toussaint, dans un village d'Alsace à la frontière avec la Suisse (un coin paumé, humide et froid, surtout en automne, mais magnifique...), site d'une ancienne abbaye cistercienne. En tant que catéchiste, je me suis dit qu'il était important que je fasse le voyage avec les jeunes que j'accompagnais depuis déjà un peu plus d'un an et c'est comme ça que j'ai pris le bus avec une bande d'adolescents plus ou moins boutonneux et rebelles (et aussi avec 8 autres adultes, ouf.).
Trois semaines plus tard, nous avons fêté la confirmation de nos jeunes (nés en 2001 et 2002), à l'église de Scherwiller. Pour l'occasion, notre curé nous avait demandé (au groupe de prière "Suis-moi" dont je fais partie avec Jean-Luc et quelques amis) d'animer une partie de la messe (l'ordinaire étant assuré par les Chorales Sainte Cécile des différents villages d'où les jeunes étaient originaires). Nous nous sommes donc retrouvés dans le chœur avec guitares, synthé et micros pendant que les chorales s'étaient installées à la tribune de l'orgue.

 "Suis-moi" en pleine répétition

 Après la messe, le Chanoine Geissler s'adresse une dernière fois aux jeunes qu'il vient de confirmer

 Avec sa marraine...
 ... et son parrain !
 (photos : Nathanaël Platz)

La messe a été très belle, très priante et les jeunes ont tous reçu l'Esprit Saint par les mains et les prières du Chanoine Geissler, que les jeunes avaient rencontré durant leur retraite.

La journée s'est poursuivie autour d'un repas à la maison, mais là, je n'ai pas de photos : en effet, mon appareil photo numérique est tombé en panne à la fin du mois de mai 2015 et n'avait toujours pas été remplacé... Il aura fallu attendre Noël et l'intervention de mon papa pour réparer l'oubli !

Mais les choses ne se sont pas arrêtées là. En effet, après la confirmation vient la profession de foi. Du coup, j'ai rempilé pour quelques mois avec le groupe, histoire d'aller au bout de la démarche. Et il y a quelques jours, le 3 avril, les 24 jeunes de 2002 ont fait leur profession de foi à l'église d'Ebersheim. On a repris les mêmes et on a recommencé, avec quelques personnes en plus !


 Avec ses grands-parents maternels
 Noémi et son groupe de catéchisme : Marie, Manon, Fabiana, Marvin et Charlotte


 Rebecca et Nathanaël, servants de messe pour cette grande occasion.
 A l'église d'Ebersmunster, devant l'autel de Notre-Dame du Mont Carmel, après la prière mariale où les jeunes ont été consacrés à Marie et où il leur a été imposé le Saint Scapulaire.

 Avec sa marraine

Voilà pour ce qui nous a occupés durant ces derniers mois avec Noémi. Mais du point de vue scolaire, les choses évoluent également. En novembre dernier, juste après les vacances, j'étais convoquée au collège avec Noémi et à cette occasion, j'ai pu rencontrer quelques professeurs, dont le professeur principal, ainsi que la Conseillère Principale d'Education, l'infirmière scolaire (déjà rencontrée auparavant pour le PAE) et le Principal du collège. Les enseignants avaient préparé cette rencontre un peu comme un pré-conseil de classe et chacun, même ceux qui n'ont pu être présents à la réunion, avait préparé une liste de remarques et observations concernant Noémi, son attitude, son intégration dans le collège, les difficultés observées. Il en est ressorti pour ma part une impression très forte et très positive du collège et de l'équipe enseignante, bien loin devant ceux que j'avais rencontrés deux ans plus tôt à Sélestat, quant au sérieux dont ils ont fait preuve et à leur implication dans la scolarité de notre fille. Des pistes se sont dessinées clairement : le collège, c'est bien, les profs font ce qu'ils peuvent, mais ils sont démunis face à certaines difficultés, même si jamais ils ne laisseront une élève dans la panade.

Forte de ces observations, dont j'ai fait part à Jean-Luc, nous avons poursuivi nos investigations et avons exploré plus avant une piste que nous avait donnée le médecin qui suit Noémi depuis trois ans maintenant : la maison familiale rurale.
Je ne connaissais pas du tout le dispositif, mais nous avons pu nous y rendre, Jean-Luc, Noémi et moi, à la fin du mois de février. Nous y avons rencontré le directeur qui nous en a expliqué les origines et le fonctionnement. Nous sommes depuis lors convaincus que c'est une des meilleures solutions que nous puissions trouver pour Noémi et pour lui permettre d'envisager un avenir professionnel serein. Elle y entrera donc en classe de Troisième où elle préparera un Brevet qu'elle devrait valider à la fin de l'année. Les cours sont très concrets et pratiques, et sont alternés avec des périodes de stages (20 semaines de stages pour 16 semaines de cours). De fait, le Brevet validé n'ouvre pas droit à l'entrée au lycée mais peu importe : il permettra à Noémi d'entrer dès 15 ans en apprentissage, ce qu'elle devrait pouvoir faire sans trop de problème après avoir exploré différents métiers durant ses stages. 
Nous espérons donc que les choses vont s'éclairer pour elle et surtout qu'elle sera mieux dans ses baskets dans un environnement où elle devrait se sentir moins "décalée"...

Voici pour les grands événements de la fin de l'année 2015 et du début de l'année 2016 concernant Noémi.
Evidemment, la famille ne se résume pas à notre aînée, et les autres évoluent et grandissent aussi.
Nathanaël, en 6e bilingue, se débrouille plutôt bien et Rebecca poursuit son petit bonhomme de chemin en CM1 au village. Elle rencontre un certain nombre de difficultés et nous ne sommes pas arrivés au bout de nos surprises avec elle !
Quant à Louise-Marie, elle est passée du "Eitssss!!" à un vocabulaire bien plus étendu et varié. L'une de ses premières phrases a été "Faim ! Lait Socolat !" qu'elle a développé en "Biberon lait chocolat chaud ? Oui ?" Elle est très espiègle, enchaîne les bêtises... mais il y en a tant que cela mériterait un billet à part !
Par ailleurs, Jean-Luc avance bien dans la maison, aidé pour les deux derniers chantiers par un professionnel de la plomberie. Mais ceci fera l'objet d'un autre billet !

jeudi 24 septembre 2015

Rentrée des classes !

Ça n'aura échappé à personne, l'été est terminé. Et, il y a un tout petit peu moins de trois semaines, nos chers bambins ont gentiment repris le chemin de l'école.
Avec une amie du village, nous avons désormais une tradition : à chaque fois que l'école recommence (notez : pas uniquement en septembre, c'est valable aussi après les congés de la Toussaint, de Noël, de Février, de Pâques), nous nous retrouvons chez l'une ou chez l'autre pour un thé ou une infusion, histoire de fêter ensemble ce moment formidable où nous nous retrouvons chacune avec un bébé et non plus tous les enfants ensemble. Ce qui veut dire, pour chacune d'entre nous, que nous aurons le temps de faire enfin le ménage, la lessive, et que, ô joie, ô bonheur, la cuisine et les autres pièces à vivre pourront être rangées et qu'il y a un petit espoir pour qu'elles le restent au moins quelques heures. Ce qui n'est déjà pas si mal.

Bref, les enfants sont retournés à l'école. Avec plus ou moins d'entrain, il faut bien le dire, mais en gros, ça s'est bien passé.
Alors pour cette rentrée 2015, nous avons quand même fait les choses en grand. Il fallait bien ça. Nous avons donc trois enfants scolarisés dans trois villes et trois établissements différents, et aucun d'entre eux ne fréquente le même établissement que l'année précédente. Quand je vous disais que nous étions capables de belles performances, au Gobolistan !

Alors en détail, Rebecca est passée du CE2 à l'école des filles (dans le bâtiment qui abrite aussi la mairie et la bibliothèque municipale d'Ebersheim) au CM1 à l'école des garçons (dans le bâtiment situé deux rues plus loin, en face de l'église du village). Elle y a retrouvé une partie de ses copines de l'an dernier, mais sa classe a été coupée en deux et nous avons donc deux classes de CM1-CM2, ce qui veut dire aussi de nombreux visages quasi-inconnus pour elle (dans la mesure où les actuels CM2 étaient déjà à l'école des garçons l'an dernier alors qu'elle était à l'école des filles. En même temps, il ne faut rien exagérer non plus : de nombreuses activités de l'an dernier étaient organisées avec les trois classes (du CE2 au CM2) et il y a eu aussi de nombreux échanges de maîtresses en fonction des matières de prédilection des unes et des autres, afin d'en faire profiter tous les élèves plus longtemps. Une organisation plutôt bien rodée donc, mais qui avait quelque peu effrayé notre Rebecca l'année dernière, au point qu'elle appréhendait de changer de classe. Finalement, elle s'y trouve aujourd'hui comme un poisson dans l'eau, et même plutôt enthousiaste quand il s'agit d'aller à la piscine, comme c'était le cas aujourd'hui.

Nathanaël, lui, est entré en 6e bilingue au collège Mentel, celui où Noémi a passé les deux premières années de collège. Il y a lui aussi retrouvé un certain nombre d'élèves de sa classe de l'an dernier et y semble plutôt à l'aise maintenant. Les deux premières semaines ont été plutôt compliquées pour lui, le plus perturbant étant sans doute le fait d'avoir à emporter un cahier (voire deux selon les matières) différent pour chaque matière. Les premiers jours, il a frôlé la punition plusieurs fois parce qu'il oubliait tout le temps quelque chose (un cahier, du matériel de dessin, une règle ou des feuillets simples...). La leçon a semble-t-il porté certains fruits, puisque depuis quelques jours, il est bien plus organisé dans sa tête et fait de gros efforts pour ne rien oublier.

Noémi a elle aussi changé de collège, les difficultés avec l'une des élèves qui la harcelaient ne semblant pas du tout sur le point de s'amoindrir. Nous avons donc pris la décision, douloureuse mais salutaire pour elle, de la sortir de son ancien collège pour l'intégrer dans le collège de secteur, à Dambach-la-Ville. Et ceci sans aucun problème d'ailleurs, puisqu'elle n'était déjà plus en section bilingue depuis la fin du premier trimestre de Sixième et que l'Education Nationale n'a pas le droit de refuser le transfert d'un élève dans le collège du secteur dont il dépend...
Son intégration est encore problématique pour l'instant, car trop récente pour porter des fruits. Mais l'ambiance paraît d'ores et déjà plus studieuse et moins anxiogène que celle du collège Mentel.
Affaire à suivre !

lundi 25 mai 2015

Les aventures de Louise-Marie

Je vous ai parlé de nos MAP, mais pas de Louise-Marie. Qui grandit, même si elle refuse toujours de parler. Je pense que ça viendra un jour, mais elle n'est pas pressée pour deux sous, sachant qu'elle se fait parfaitement comprendre avec juste "etssssss" et "papa !". 

Et pourtant, elle grandit. Elle sait maintenant monter et descendre les escaliers en marche avant, en marche arrière, debout et à quatre pattes. La technique utilisée dépend essentiellement de son bon vouloir et/ou d'un éventuel changement d'avis en cours de route.
Sinon, elle mange (presque) toute seule. Si, véridique. Et (presque) sans en mettre partout.
La preuve en vidéo.



Elle en a fait, des progrès, non ? Accessoirement, elle a quand même bientôt deux ans, il est donc temps qu'elle fasse certaines choses toute seule. Depuis quelques temps aussi, elle revendique le droit de s'asseoir sur le pot. Sauf que jusque là, c'est juste pour faire comme les grands (sachant qu'elle n'a pas du faire le lien entre le pourquoi et le comment de la chose) et qu'elle se relève aussitôt. Sauf aujourd'hui, où elle s'est assise dessus alors qu'elle était en train de faire caca. Du coup, le caca est tombé dans le pot. Elle a bien sûr voulu jouer avec, mais là, il y a des limites à ce que j'accepte comme expériences. Je l'ai bien sûr félicitée chaleureusement, histoire de fêter ça et de lui montrer que ce serait vraiment bien qu'elle recommence, mais pour l'instant, elle n'a pas l'air de vouloir retenter l'exploit. On verra ça un peu plus tard !

Et promis, dès qu'elle se met à associer deux mots qui ont un sens (et non pas "ta-etssssssss"), je la filme et poste la vidéo. Parce que ce jour-là sera vraisemblablement à marquer d'une pierre blanche !

samedi 11 avril 2015

Et pendant ce temps-là... Louise-Marie grandit !!!

Cela fait un bon moment que je n'ai plus donné de nouvelles de notre petite dernière...

À 20 mois, Louise-Marie tient très bien son crayon !

21 mois, toujours les doigts dans la bouche (désolée, la photo est floue... mais c'est la seule que j'ai ! Argh !!!)


Et à 22 mois... Louise-Marie dessine (non, le lapin, je vous rassure, c'est moi qui l'ai fait !). Et c'est toujours une chipie !





samedi 7 mars 2015

Maman, tu es la meilleure !

Jeudi après-midi, Rebecca est allée passer la soirée et la nuit chez sa grand-mère, à Bergheim. Eh oui, Jean-Luc et son père sont partis à Bordeaux s'amuser sans leurs femmes et leurs enfants, alors du coup, les femmes et les enfants ont décidé de faire la fête sans eux.
Donc, jeudi après-midi, j'ai déposé Rebecca chez sa grand-mère et je suis rentrée à la maison m'occuper des trois autres.
Vendredi après-midi, j'ai mis tout le monde dans la voiture et hop, direction Bergheim pour le goûter, puisque Mami nous avait invités tous les cinq et elle avait prévu thé, chocolat chaud et brioche pour tous. Rebecca était ravie de sa journée seule avec Mami et... très contente de revoir ses frère et soeurs !

En rentrant un peu après 18 heures, nous avons eu la surprise de voir, sur la place de la mairie à Ebersheim, la camionnette du pizzaïolo (il faut dire qu'il est là toutes les semaines et que c'est maintenant une habitude). Sauf que je n'achète jamais de pizza chez lui, parce que sinon, c'est un vrai gouffre financier. Pensez donc ! Les enfants grandissent et une pizza ne suffit plus à les nourrir. Deux non plus, d'ailleurs. Il en faut donc à peu près trois pour qu'ils aient assez mangé, ce qui monte le prix du repas à environ 24€ par semaine. Ce qui est un peu beaucoup pour un repas !

Donc une de mes amies m'a passé sa recette de pâte à pizza, et je dois dire que c'est vraiment formidable. Avec ces quantités, je fais une grosse pizza sur ma plaque à pâtisserie, et j'ai de quoi nourrir les enfants au dîner le soir. Et souvent, il en reste encore pour l'entrée le lendemain midi. 

Donc, en arrivant à Ebersheim, vendredi soir, Rebecca m'a bien sûr demandé une pizza. De chez le pizzaïolo (elle a beau savoir que je n'en achète jamais, elle continue, semaine après semaine, à essayer de m'amadouer). Et là, Nathanaël m'a surprise.
" Non, moi, je préfère quand c'est maman qui les fait !"
Et Rebecca a essayé de savoir pourquoi, à quoi il a répondu :
" Elle sont plus grandes, tiens !"

Comme Rebecca n'avait rien à répliquer, il a été convenu que je leur ferai une pizza pour le soir. Et comme il était déjà tard, je m'y suis mise immédiatement. Une demi-heure plus tard la pizza était au four : tomate, jambon, saumon fumé, olives noires et lardons ! Un vrai régal !
D'ailleurs, Nathanaël me l'a dit : "Maman, tu fais les meilleures pizzas du monde !"

Ça m'a un peu sciée, d'entendre ça. Mais ça fait du bien, surtout que je suis en plein dans une phase de doute : "Mais j'y arrive pas ! De toute façon, je ne sais rien faire, j'ai tout le temps besoin que Jean-Luc soit là pour m'aider, lui, il fait tellement de choses pour moi et moi, je n'arrive à rien..." etc.
Donc, entendre que mes pizzas sont les meilleures du monde, j'avoue que ça a fait beaucoup de bien à mon ego et que c'est toujours bon à prendre.

Et puis ce matin, j'étais fatiguée parce que j'accumule toujours la fatigue quand Jean-Luc est absent. Donc j'avais prévu une grasse matinée, mais le réveil a quand même sonné vers 7 heures du matin, Je l'ai éteint et suis retournée dans les bras de Morphée... jusque vers 8h30, quand Rebecca et Nathanaël ont débarqué dans la chambre :
"Maman, on a prié tous ensemble ce matin, Noémi, Rebecca et moi !" m'a dit Nathanaël. Et de fait, ils étaient très sages, souriants et semblaient assez soudés, sans se disputer comme ils en ont l'habitude le matin.
Je suis descendue avec eux : ils avaient ouvert les volets de la bibliothèque et de la cuisine, ainsi que de la salle de bains et ils étaient en train de préparer le petit déjeuner. Au menu : restes de leurs assiettes de pizza d'hier soir (ils avaient tellement mangé de brioche qu'aucun des trois n'avait fini sa part !), pain, beurre, confiture et chocolat chaud, jus de pommes...

Et puis ce matin, j'ai pu faire à peu près tout ce que je voulais, il n'empêche qu'à 11 heures, j'étais un peu "charrette", comme disent mes collègues (comprendre "à la bourre" ou "en retard"...) et Louise-Marie revenait sans cesse pieds nus devant moi et je ne savais pas trop ce qu'elle voulait. Seulement, je n'avais pas le temps de m'occuper d'elle parce qu'il y avait le feu à faire pour chauffer la maison et le repas de midi à préparer. Du coup, la voir pieds nus, puis avec une écharpe autour du cou m'a donné une idée : "Eh, les enfants, et si vous emmeniez votre petite sœur au parc ? Elle a envie de sortir, il fait beau, et ça vous ferait du bien à tous les quatre d'aller dehors !"

Après avoir donné les consignes, ils ont mis à Louise-Marie sa veste et ses chaussures, puis chacun a mis sa veste et Nathanaël s'est chargé de mettre Louise-Marie dans la poussette. Mais Noémi ne voulait pas y aller seulement avec ses frère et sœurs : elle voulait en profiter pour jouer avec les petites voisines, âgées de 5 et 3 ans et demi. 
"Eh bien, allez les voir, demandez-leur si elles veulent y aller aussi, et rentrez à midi !"

Ils sont tous partis et j'ai donc eu le temps de nettoyer le poêle, de faire du feu et de préparer le repas. J'ai un peu hésité entre une quiche aux poireaux et saumon d'une part et un poulet au curry d'autre part. Mais comme comme on avait déjà mangé du saumon la veille dans la pizza, j'ai opté pour le poulet au curry. Bien m'en a pris !
Quand il est rentré, Nathanaël a crié de joie en voyant ce qu'il y avait dans la poêle. Et une fois devant son assiette, il m'a dit : "Maman, c'est trop bon ! En fait, tu es la meilleure cuisinière du monde" !
Rien que ça !


Oui, ça fait plaisir ! Et ça fait d'autant plus plaisir que c'est souvent Nathanaël qui mange peu, qui n'aime pas trop ce que je fais (entre autres les gâteaux). Rebecca non plus d'ailleurs. Hier, la pizza, elle n'avait pas trop apprécié à cause du saumon (j'ai bien fait de ne pas en refaire à midi !!!). Mais elle l'a finie ce matin et a approuvé Nathanaël à midi.

J'ai des enfants formidables !

dimanche 7 septembre 2014

Pause dans le rattrapage : Louise-Marie a 15 mois !


Et à 15 mois, on fait des essais. On rate beaucoup, mais parfois aussi, on y arrive. Bref, Louise-Marie grandit, tout simplement.

La preuve : maintenant, elle a un palmier qui a poussé sur sa tête.





Tentative de rattrapage #5 : Spectacles de fin d'année.

Au pluriel encore. Parce qu'il y en a eu !

Tout a commencé les 24 et 25 mai par le spectacle de danse des filles.

Deux spectacles auxquels nous avons bien sûr assisté. Et le 25 mai, jour de la fête des mères, les grands-parents paternels se sont joints à nous pour entourer et applaudir leurs petites-filles !

 Rebecca et une partie de son groupe (avant-dernière à droite).
 Noémi et une partie de son groupe (robe rouge au milieu de la photo)
 Les filles du groupe de Noémi en pleine action.
 Et les petits rats du cours de Rebecca.
 Louise-Marie, bien plus intéressée par la spectatrice de devant que par le spectacle...
 Le grand-père, pas peu fier de ses petites-filles.
 Et la grand-mère avec Louise-Marie.

Puis il y a eu deux spectacles pour Rebecca : l'un l'après-midi du 13 juin, à la salle St Martin à Ebersheim, qui regroupait toutes les classes de l'école primaire et où les enfants présentaient leurs travaux de l'année, sur le thème de la forêt et des saisons en ce qui concerne Rebecca.

(Rebecca est la 4e en partant de la gauche. La photo est pourrie, les conditions de prises de vues l'étaient aussi...)
Le second a eu lieu le 17 juin au soir, à l'église St Martin, toujours à Ebersheim, où tous les enfants de l'école primaire se produisaient en concert avec l'orchestre symphonique des jeunes de Colmar. Le concert était en deux parties, avec tout d'abord la prestation de l'orchestre seul et trois chants des enfants sur le thème de l'eau, accompagnés par l'orchestre. L'orchestre compte plus de 50 jeunes musiciens et les enfants étaient entre 130 et 140 !
 Rebecca avec une partie des enfants de sa classe de CE1 (au premier plan, sa maîtresse)
L'orchestre symphonique des jeunes de Colmar dans le choeur de l'église d'Ebersheim

Enfin, le week-end du 21-22 juin a été particulièrement rempli. Mais ça, je vous en parlerai dans un autre billet !

vendredi 22 août 2014

Tentative de rattrapage #2 : Louise-Marie découvre, découvre... et découvre encore.

Alors là, depuis la dernière fois, il y a des choses à dire, des tas, même.

Tout d'abord, Louise-Marie a grandi. Si, si. De 11 mois, elle est passée à 12 (on a fêté son premier anniversaire avec son parrain et toute sa famille, le jour même !).

(photo prise par Manu, son parrain)

Et puis, quelques jours plus tard, elle a découvert le Youpala. Et visiblement, ça lui a beaucoup plu !

Le 19 juin, elle a compris qu'elle pouvait se déplacer elle-même (du coup, le Youpala, découvert le 17, a perdu beaucoup de son intérêt, on peut le comprendre). Seulement, pour l'instant, la seule vitesse qu'elle a pu trouver, c'est la marche... arrière !

Ce qui est d'ailleurs assez drôle, mais pas très pratique au quotidien. Que les lecteurs se rassurent : je sais que le suspens est intenable, mais depuis, elle a aussi trouvé la marche avant. Ouf. (la luminosité était très importante ce jour-là... du coup, toute la vidéo est surexposée, mais je n'ai pas pu avoir mieux... que les puristes m'excusent !)

Au mois de juillet, nous avons eu la visite de Thibault et Martin, mes deux neveux, que nous avons eu la chance de pouvoir emmener visiter le château du Haut-Koenigsbourg. Je vous en parlerai plus dans un autre billet, mais en ce qui concerne Louise-Marie, cela a été l'occasion d'une nouvelle découverte : le porte-bébé. Et visiblement aussi, elle a plutôt apprécié l'expérience, qui a depuis, bien sûr, été renouvelée.


Le 11 août, nous sommes partis en vacances en famille, en direction de la Bretagne. Et durant le mois de Juillet, Louise-Marie a fait pas mal de progrès au niveau alimentaire, en passant notamment des purées aux petits morceaux. Et du même coup, elle a découvert le pain. Et c'est bon, le pain. Et surtout, c'est pratique parce qu'on peut le prendre dans les mains et le mettre soi-même dans la bouche et ça, c'est merveilleux. Du coup, notre petite dernière a tenté l'expérience dans la voiture, lors du petit-déjeuner. Il y a encore des progrès à faire pour que tout arrive à bon port, mais globalement, on y est.

Et puis, last but not least, Louise-Marie a découvert aussi... le manège !!! Si. Elle a pu faire 4 tours dans 4 engins différents, supervisée par son frère ou ses soeurs en fonction de la disponibilité des uns ou des autres. Et ce n'était pas triste ! Elle était tellement contente qu'elle a d'abord refusé de s'asseoir ! Elle voulait absolument être debout... Bref. Voyez plutôt.







Elle a même compris où il fallait appuyer pour que le camion de pompier fasse du bruit !

Voilà, c'était un petit tour d'horizon des grandes découvertes de notre petite dernière depuis le mois de mai. Je vous avais dit qu'il s'en était passé, des choses !