J'ai laissé ce blog en friche depuis des lustres... depuis nos déboires avec la machine à pain et la table à repasser. En fait, à chaque fois que je me rends compte que je n'écris plus ici, je réalise aussi que si je n'ai pas écrit, c'est surtout parce que j'ai cruellement manqué de temps. Et vous allez vite comprendre pourquoi.
Dans la famille Platz, je demande la fille aînée, Noémi.
Au mois de septembre 2015, la rentrée des classes a eu lieu et, pour notre aînée, cela a voulu dire aussi un grand changement dans sa vie : elle a quitté le collège Mentel de Sélestat et ses amis de classe bilingue pour le collège du Bernstein, à Dambach-la-Ville (notre collège de secteur). Elle y a retrouvé cinq élèves qu'elle connaissait déjà par l'intermédiaire du catéchisme, puisque je prépare depuis un an un petit groupe de six jeunes à la confirmation et à la profession de foi.
Qui dit nouveau collège, dit aussi nouveaux copains, nouvelles copines et nouveaux professeurs. Pour le coup, nous étions plutôt contents de tout cela : la situation était devenue tellement conflictuelle à Sélestat et tellement compliquée avec l'administration qui ne savait visiblement plus que faire pour calmer les choses que le changement d'air a été salué par tous comme une excellente idée, une sorte de remise à zéro des compteurs... en bref, Noémi allait pouvoir repartir du bon pied.
Les difficultés étant ce qu'elles sont, j'ai profité de la rencontre avec le professeur principal, organisée quelques jours après la rentrée, pour "mettre au parfum" la prof d'Histoire-Géographie, prof principale de la 4e1, qui avait bien perçu certaines petites choses à propos de Noémi mais avait du mal à mettre des mots dessus. J'ai donc pu éclairer quelque peu sa lanterne et la rendre attentive au fait que Noémi avait besoin de méthodes pédagogiques très adaptées à son cas pour pouvoir apprendre quelque chose. Et la prof, comme ses collègues, n'était pas au bout de ses surprises.
Dans le même temps, j'ai rencontré aussi l'infirmière scolaire pour la mise en place du PAE (à Mentel, c'était un PAI mais entre-temps, le ministère de tutelle avait décidé de corser un peu les choses et de renommer le dispositif, histoire qu'on soit obligés, même si le contenu est identique, de refaire tout un tas de paperasse pour que notre fille puisse continuer à bénéficier des aides auxquelles elle avait droit)... Bref. Le truc a été signé au mois d'octobre et est entré en application au mois de novembre, après les vacances de la Toussaint.
Dans le même temps, il s'est passé d'autres choses qui nous ont aussi beaucoup occupés :
53 des 63 jeunes se préparant à la confirmation sont partis en retraite à Lucelle, histoire de préparer correctement le sacrement qu'ils allaient recevoir trois semaines plus tard. La retraite a eu lieu à la fin du mois d'octobre, en plein milieu des vacances de la Toussaint, dans un village d'Alsace à la frontière avec la Suisse (un coin paumé, humide et froid, surtout en automne, mais magnifique...), site d'une ancienne abbaye cistercienne. En tant que catéchiste, je me suis dit qu'il était important que je fasse le voyage avec les jeunes que j'accompagnais depuis déjà un peu plus d'un an et c'est comme ça que j'ai pris le bus avec une bande d'adolescents plus ou moins boutonneux et rebelles (et aussi avec 8 autres adultes, ouf.).
Trois semaines plus tard, nous avons fêté la confirmation de nos jeunes (nés en 2001 et 2002), à l'église de Scherwiller. Pour l'occasion, notre curé nous avait demandé (au groupe de prière "Suis-moi" dont je fais partie avec Jean-Luc et quelques amis) d'animer une partie de la messe (l'ordinaire étant assuré par les Chorales Sainte Cécile des différents villages d'où les jeunes étaient originaires). Nous nous sommes donc retrouvés dans le chœur avec guitares, synthé et micros pendant que les chorales s'étaient installées à la tribune de l'orgue.
"Suis-moi" en pleine répétition
Après la messe, le Chanoine Geissler s'adresse une dernière fois aux jeunes qu'il vient de confirmer
Avec sa marraine...
... et son parrain !
(photos : Nathanaël Platz)
La messe a été très belle, très priante et les jeunes ont tous reçu l'Esprit Saint par les mains et les prières du Chanoine Geissler, que les jeunes avaient rencontré durant leur retraite.
La journée s'est poursuivie autour d'un repas à la maison, mais là, je n'ai pas de photos : en effet, mon appareil photo numérique est tombé en panne à la fin du mois de mai 2015 et n'avait toujours pas été remplacé... Il aura fallu attendre Noël et l'intervention de mon papa pour réparer l'oubli !
Mais les choses ne se sont pas arrêtées là. En effet, après la confirmation vient la profession de foi. Du coup, j'ai rempilé pour quelques mois avec le groupe, histoire d'aller au bout de la démarche. Et il y a quelques jours, le 3 avril, les 24 jeunes de 2002 ont fait leur profession de foi à l'église d'Ebersheim. On a repris les mêmes et on a recommencé, avec quelques personnes en plus !
Avec ses grands-parents maternels
Noémi et son groupe de catéchisme : Marie, Manon, Fabiana, Marvin et Charlotte
Rebecca et Nathanaël, servants de messe pour cette grande occasion.
A l'église d'Ebersmunster, devant l'autel de Notre-Dame du Mont Carmel, après la prière mariale où les jeunes ont été consacrés à Marie et où il leur a été imposé le Saint Scapulaire.
Avec sa marraine
Voilà pour ce qui nous a occupés durant ces derniers mois avec Noémi. Mais du point de vue scolaire, les choses évoluent également. En novembre dernier, juste après les vacances, j'étais convoquée au collège avec Noémi et à cette occasion, j'ai pu rencontrer quelques professeurs, dont le professeur principal, ainsi que la Conseillère Principale d'Education, l'infirmière scolaire (déjà rencontrée auparavant pour le PAE) et le Principal du collège. Les enseignants avaient préparé cette rencontre un peu comme un pré-conseil de classe et chacun, même ceux qui n'ont pu être présents à la réunion, avait préparé une liste de remarques et observations concernant Noémi, son attitude, son intégration dans le collège, les difficultés observées. Il en est ressorti pour ma part une impression très forte et très positive du collège et de l'équipe enseignante, bien loin devant ceux que j'avais rencontrés deux ans plus tôt à Sélestat, quant au sérieux dont ils ont fait preuve et à leur implication dans la scolarité de notre fille. Des pistes se sont dessinées clairement : le collège, c'est bien, les profs font ce qu'ils peuvent, mais ils sont démunis face à certaines difficultés, même si jamais ils ne laisseront une élève dans la panade.
Forte de ces observations, dont j'ai fait part à Jean-Luc, nous avons poursuivi nos investigations et avons exploré plus avant une piste que nous avait donnée le médecin qui suit Noémi depuis trois ans maintenant : la maison familiale rurale.
Je ne connaissais pas du tout le dispositif, mais nous avons pu nous y rendre, Jean-Luc, Noémi et moi, à la fin du mois de février. Nous y avons rencontré le directeur qui nous en a expliqué les origines et le fonctionnement. Nous sommes depuis lors convaincus que c'est une des meilleures solutions que nous puissions trouver pour Noémi et pour lui permettre d'envisager un avenir professionnel serein. Elle y entrera donc en classe de Troisième où elle préparera un Brevet qu'elle devrait valider à la fin de l'année. Les cours sont très concrets et pratiques, et sont alternés avec des périodes de stages (20 semaines de stages pour 16 semaines de cours). De fait, le Brevet validé n'ouvre pas droit à l'entrée au lycée mais peu importe : il permettra à Noémi d'entrer dès 15 ans en apprentissage, ce qu'elle devrait pouvoir faire sans trop de problème après avoir exploré différents métiers durant ses stages.
Nous espérons donc que les choses vont s'éclairer pour elle et surtout qu'elle sera mieux dans ses baskets dans un environnement où elle devrait se sentir moins "décalée"...
Voici pour les grands événements de la fin de l'année 2015 et du début de l'année 2016 concernant Noémi.
Evidemment, la famille ne se résume pas à notre aînée, et les autres évoluent et grandissent aussi.
Nathanaël, en 6e bilingue, se débrouille plutôt bien et Rebecca poursuit son petit bonhomme de chemin en CM1 au village. Elle rencontre un certain nombre de difficultés et nous ne sommes pas arrivés au bout de nos surprises avec elle !
Quant à Louise-Marie, elle est passée du "Eitssss!!" à un vocabulaire bien plus étendu et varié. L'une de ses premières phrases a été "Faim ! Lait Socolat !" qu'elle a développé en "Biberon lait chocolat chaud ? Oui ?" Elle est très espiègle, enchaîne les bêtises... mais il y en a tant que cela mériterait un billet à part !
Par ailleurs, Jean-Luc avance bien dans la maison, aidé pour les deux derniers chantiers par un professionnel de la plomberie. Mais ceci fera l'objet d'un autre billet !
















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