samedi 30 mars 2013

Dis, maman, la lecture, c'est génétique ?

Les lecteurs de ce blog le savent : Gobolof et moi avons trois enfants : Gobolovna, Gobolovitch et BBK, connus à l'Etat civil sous les prénoms de Noémi, Nathanaël et Rébecca. BB4 est en route, mais nus conserverons le mystère de son sexe et de son prénom, que nous ne manquerons toutefois pas de vous révéler le moment venu.

[Petite parenthèse : N'en déplaise aux promoteurs du "mariage" pour tous, de la PMA et de la GPA pour tous ainsi que de la Gender Theory, BB4 est un bébé 100% non OGM, 100% naturel et 100% sexué. Fille ou garçon, le mystère demeure mais devrait être levé dès que BB4 sera sorti à l'air libre et confié, tout(e) nu(e), à son papa qui ne manquera pas de vérifier si le déséquilibre actuel va s'accentuer ou au contraire si la parité parfaite règnera enfin au sein du Gobolistan. Fin de la parenthèse.]

Ce matin, les petits Goboloviens m'ont quelque peu surprise dans leur manière de régler un problème somme toute assez récurrent pour eux : faire face à l'ennui (j'aime bien l'ennui : d'abord parce que ça ne m'arrive pas souvent et qu'il me faut donc en profiter au maximum, et ensuite parce que ça oblige à trouver des solutions, à développer son imagination pour cela, et c'est quand même vachement plus productif que de s'affaler devant la télévision). Ce matin, donc, après le petit déjeuner et la douche, après un épisode de La Linea sur YouTube, je les ai renvoyés dans leurs chambres avec pour mission de s'occuper sagement (parce que oui, il se trouve que je suis malade et hors d'état de supporter cris, disputes et autres scandales ou hurlements : ma pauvre tête n'y survivrait pas longtemps aujourd'hui). Gobolovitch est revenu quelques secondes plus tard en me demandant s'ils pouvaient ouvrir les cartons. Quels cartons, me direz-vous ? Ceux qui trônent au beau milieu du couloir du premier étage et qui contiennent leurs livres essentiellement. J'ai bien sûr accepté en les mettant en garde toutefois : "N'ouvrez pas tout : le couloir n'est pas fait (entendez par là qu'il n'y a pas de tapisserie au mur et que l'isolation n'est pas terminée), il n'y a pas de bibliothèque pour ranger les livres et il faut laisser le passage libre dans le couloir !"
"Oui, maman !"
Alors, bien sûr, quand je suis montée, si un seul carton avait été ouvert, tout son contenu était éparpillé au beau milieu du couloir et les trois enfants étaient en train de tout trier en fonction de l'identité du propriétaire des livres en question. À ma remarque que c'était parfaitement inutile puisque ces livres allaient tous se retrouver dans la future bibliothèque, ils se sont vite rendu compte qu'ils étaient en train de perdre un temps précieux. Ni une, ni deux, sans se laisser démonter, les voilà en train de changer de stratégie :
"Bon ! Alors on les range tous dans le carton, on en prend quelques-uns pour lire !"
Scotchée, la Gobol.

Si c'est Nathanaël qui a fait cette proposition, ses deux soeurs l'ont immédiatement acceptée. Pour ceux qui l'auraient oublié, je lis, et j'aime même tellement la lecture et les livres que j'en ai fait ma principale profession. Je tiens même un blog, histoire de ne pas oublier trop vite mes lectures. Jusqu'à présent, si les enfants étaient demandeurs d'histoires, notamment le soir, ils n'étaient pas très portés sur la lecture autonome, et ce pour plusieurs raisons :
- Gobolovitch préfère nettement jouer aux Légos et aux Playmobils, surtout si c'est du combat entre le Chevalier Noir et le Roi qu'il s'agit.
- BBK ne maîtrise pas encore la lecture, loin de là : elle est en CP et commence tout juste à "décoller", selon la maîtresse (oui, nous sommes fin mars. Elle prend son temps).
- Gobolovna aime beaucoup lire, mais a de grosses difficultés de compréhension des textes qu'elle lit. Paraît que c'est en rapport avec sa dyscalculie.
Et pourtant, les trois persistent et signent : ils veulent lire. Reste à savoir ce qu'ils auront réellement fait : Quand  Gobolovitch "lit", il commence d'abord par classer tous les livres qu'il a et les ranger dans son étagère. Ça peut prendre du temps, en fonction du nombre de livres.
Quand BBK "lit", elle tourne les pages en regardant les images et quand elle est arrivée à la fin, elle recommence au début ou en prend un autre. 
Quand Gobolovna "lit", elle se précipite sur les bandes dessinées des magazines qu'elle reçoit et les lit toutes les unes à la suite des autres. Du coup, elle termine très rapidement le "stock" de livres et de magazines à sa disposition et ne manque pas de m'en redemander, alors même qu'elle n'en a lu, au final qu'à peine la moitié.

Mais bon, il n'en reste pas moins vrai que ces enfants sont attirés, chacun à leur manière, par les livres, et que je me verrais mal les empêcher de les ouvrir sous prétexte qu'ils ne les lisent pas au sens traditionnel du terme. Je préfère de loin faire des livres des objets familiers pour eux, qu'ils apprivoisent petit à petit, quitte à ce qu'ils "souffrent" (les livres, pas les enfants !) par leurs mains et en soient démolis... Rassurez-vous, chers lecteurs, les livres précieux, eux, sont bien à l'abri et totalement hors de leur portée !

Edit de 14h30 : Quand je suis montée au premier étage, vers 13h30, j'ai pu voir les trois enfants sagement assis. Gobolovna était sur son lit avec un livre à la main, quant à Gobolovitch et BBK, ils étaient tous les deux assis par terre dans le couloir, une montagne de livres de chaque côté d'eux, et tous les deux en train de lire également...

mardi 19 mars 2013

Les "perles" de Rébecca : "Laissez venir à moi les petits enfants"

Hier, en rentrant de l'école, les enfants ont voulu profiter un peu de la clémence du temps (une fois n'est pas coutume !) pour faire une petite partie de foot dans l'allée devant la maison. Un bon moment plus tard, Rébecca est rentrée dans la maison, se plaignant d'une douleur au pli de l'aine. Elle boitait et avait visiblement beaucoup de mal à marcher. Notre "petit rayon de soleil" s'étant mise à pleurer "pour de vrai", j'en ai conclu immédiatement qu'elle ne faisait pas de cinéma et qu'elle avait réellement mal. Je l'ai fait s'allonger sur le canapé et ai examiné l'endroit où elle avait mal, sans rien voir de bizarre. Néanmoins le point douloureux était très précis, la douleur réelle. Quelques centimètres à côté, elle n'avait pas mal du tout...
Perplexité de Gobol, qui ne sait pas trop quoi faire, si ce n'est donner du doliprane, rassurer et attendre pour voir si la douleur persiste ou non...

Ce matin, au lever, notre petite dernière avait toujours mal, au point d'avoir des difficultés à poser le pied par terre. Comme elle est de très bonne composition, elle a fait contre mauvaise fortune bon cœur et s'est débrouillée pour "marcher" soit en sautillant, soit en adoptant la même démarche que moi en février quand je ne pouvais pas non plus poser le pied par terre. La technique est simple : se mettre sur le pied valide et déplacer alternativement le talon puis la pointe, de manière à marcher tel un crabe. Évidemment, ça va carrément moins vite, mais au moins, on neutralise la douleur.
Devant le fait indéniable que la douleur n'était pas partie, loin de là, j'ai pris la décision d'appeler l'école pour les prévenir que Rébecca allait chez le médecin, et j'ai rassuré la petite en lui disant que le docteur allait certainement trouver ce qui n'allait pas et donner un médicament pour que ça aille. 

Il y avait en réalité plusieurs hypothèses : un claquage ou un muscle froissé, suite au foot de la veille, ou bien encore un rhume de hanche, assez classique chez les enfants (le fils des voisins avait eu ça en CP lui aussi), bien que très invalidant et nécessitant plusieurs jours de traitement, au mieux. Le petit voisin s'était retrouvé aussi avec des béquilles pendant plusieurs jours... ce qui est loin d'être facile pour un petit de 6 ans.

J'ai donc, avec Jean-Luc, fait comme si de rien n'était, histoire de ne pas faire encore plus peur à la petite, et après le petit déjeuner et le départ des "grands" pour l'école, j'ai laissé Rébecca sur le canapé avec les cartes Pokemon de son frère, pour qu'elle s'occupe le temps que je prenne ma douche avant de la conduire chez le médecin. En lui disant au passage, puisque nous avons la chance d'avoir la statue de Notre-Dame des Neiges pèlerine dans notre coin de prière pour la semaine :
"Tu sais, tu peux aussi dire à Marie ce qui se passe, elle va sûrement t'aider !"

Ni une, ni deux, à peine entrée dans la salle de bains au bout du couloir où j'avais laissé Rébecca, je l'entends qui s'adresse à voix haute à Marie et qui lui raconte dans les détails son aventure : le foot, la douleur, le "je ne peux plus marcher, j'ai trop mal", "je vais chez le médecin", et "Marie, tu peux me guérir !"
Puis je l'entends m'appeler depuis le canapé : "Maman, j'ai fini, j'ai tout dit à Marie, mais j'ai toujours mal !"
Et moi, rassurante : "Bien sûr que tu as toujours mal ! Tu sais, ce n'est pas magique, ça peut prendre du temps !"

Départ pour Sélestat, direction le cabinet du médecin de famille. Arrivées là-bas, force est de constater qu'elle a toujours aussi mal : le déplacement se fait à cloche-pieds, en se tenant à chaque mur qui se présente... Douleur, quand tu nous tiens...
Devant nous, il y a un monsieur et une dame. Au bas mot, trente minutes d'attente. Je raconte des histoires pour faire passer le temps, et tout d'un coup, après le départ du monsieur, voici que Rébecca se lève de sa chaise et traverse la salle d'attente sur ses deux pieds pour se rendre aux toilettes, quasiment sans boiter, sous les yeux amusés des deux dames (celle d'avant et celle qui est arrivée après nous) présentes avec nous dans la salle d'attente. J'hésite. Non, elle n'a pas simulé la douleur. Oui, elle est comédienne, mais si c'était de la comédie, elle a sacrément bien joué le jeu, et pendant de nombreuses heures en plus, puisque la "comédie" durait depuis la veille au soir. J'attends qu'elle revienne des toilettes et lui demande si elle a toujours mal. Elle me répond que "non, presque plus. Marie m'a peut-être guérie, finalement !"
Je suis quand même dubitative, même si ce ne serait pas la première manifestation de ce genre au Gobolistan.

Enfin, c'est notre tour. Je suis quelque peu gênée : la petite marche sans problème, peut même courir, alors qu'une demi-heure plus tôt, elle ne pouvait pas poser le pied par terre. J'explique les faits au médecin, qui examine Rébecca et me confirme qu'il y a bien quelque chose : la douleur est très localisée, exactement sur l'orifice hernial, à gauche.
Je n'ai jamais entendu parler de cet orifice. Une hernie, oui je sais ce que c'est, mais bon, là, j'avoue mon incompétence. Il m'explique qu'il s'agit d'un trou, présent chez tout le monde, par lequel peut sortir un bout d'intestin. C'est ça, une hernie. Et chez Rébecca, ce "trou" est douloureux, sans pour autant qu'il y ait une hernie.
Le traitement ? Rien à faire. Doliprane si douleur (ça, je sais faire !) et retourner le voir si ça recommence. Si quelque chose "sort" sous la peau, il faudra opérer, mais c'est très bénin...

En tout cas, j'ai trouvé les réactions de ma troisième tout à fait pertinentes, et surtout très drôles. Je me dis souvent que nos enfants sont merveilleux. Ils ont, comme j'imagine la plupart des enfants, cette capacité à "croire" qu'ont perdue les adultes. Croire que Dieu sauve, que Marie guérit, que Jésus est là, avec eux, dans leur quotidien. Pour nous, Jean-Luc et moi, c'est une évidence vue notre histoire commune (un jour, faudra quand même que je la raconte ici). Mais pour les enfants, c'est autre chose. Nous, nous avons intellectualisé les faits, leur avons trouvé des tenants et des aboutissants, nous nous sommes appuyés sur la Bible, sur l'Eglise, sur les prêtres, pour comprendre ce qui se passait.
Eux non. Ils sont capables de croire qu'en confiant à Marie leurs souffrances, telle une maman bienveillante, elle va les apaiser. Et le mieux, c'est qu'Elle le fait ! Ça ne fait aucun doute pour eux ! D'ailleurs, c'est l'explication que Rébecca a donnée au médecin ce matin. "C'est Marie qui m'a guérie !". Évidence aux yeux d'une enfant de six ans...

Je me dis parfois que c'est exactement ça, ce que dit l’Évangile. Quand le Christ demande aux adultes de laisser venir à lui les petits enfants, quand il leur dit qu'il faut un cœur d'enfant pour entrer dans le Royaume de Dieu. Tout est là : l'émerveillement de l'enfance, la croyance que Dieu sauve, qu'Il peut tout, simplement... Nous n'avons plus ce regard d'enfant, nous autres, adultes, pervertis que nous sommes par la société et le discours rationnel ambiant... Finalement, ce sont mes enfants qui m'évangélisent... 

jeudi 14 mars 2013

François

Depuis hier, nous avons un nouveau Pape, en la personne de Jorge Bergoglio, qui s'est donné le nom de François. Il est jésuite, argentin et a 76 ans.
Je suis heureuse pour notre Église !




Mais il y a un petit quelque chose qui m'a frappée à la lecture de l'éditorial des DNA ce matin : Dominique Jung y écrit : 
"François Ier sera jugé sur sa capacité à susciter le changement, en commençant par l’interne."
Ce qu'il dit est vrai : susciter le changement, c'est ce que le monde attend du nouveau pape. Que ce soit par rapport à la place des femmes dans l'Eglise, au sort des divorcés-remariés, à la Curie romaine, à la gouvernance interne de l'Eglise...
Mais le mot "jugé" m'a immédiatement fait bondir. C'est bien un mal humain, ça, le jugement... Dans ma foi catholique, selon l'enseignement que j'en ai reçu et ce que j'expérimente tous les jours, je sais qu'il n'y a que Dieu qui a le pouvoir de juger les hommes. Plus précisément, Dieu le Père a donné au Christ, son fils, tout pouvoir pour juger les hommes. Et justement, ce jugement se fait, ou plutôt se fera, dans l'amour, à la fin des temps. Le Dieu auquel je crois a le temps, et son temps n'est pas le nôtre. Il laisse au pécheur le temps de se retourner vers le Père, le temps de se repentir sincèrement, y compris à la dernière seconde de sa vie, au seuil même de la mort. Et chacun peut être sauvé.
Mais nous, nous ne sommes pas Dieu, encore moins le Christ ! Qui sommes-nous donc pour juger les hommes, le Pape ? Et ceci avant même qu'il ait réellement commencé son pontificat ?
Et si, au lieu de juger, nous commencions par regarder nos frères, croyants ou non, avec la bienveillance qui convient afin que chacun soit accueilli pour ce qu'il est, avec ses qualités plutôt qu'avec ses défauts, avec ses actes heureux plutôt qu'avec ses erreurs ?
L'un des maux de notre monde ne vient-il pas, justement, du fait que l'on juge toujours les autres, trop vite, bien sûr, entraînant suspicion, haine et rancoeur ?
Je souhaite, pour ma part, que ce pontificat soit celui de la réconciliation, de la sagesse, et que notre nouveau Pape, François Ier, soit, par sa douceur et son calme, par sa prière, porteur de l'amour de notre Père au monde.