jeudi 28 février 2008

Tarte flambée

Bon, ben voilà, je deviens donc une vraie alsacienne.

Alors l'autre jour, j'avais acheté des fonds de tarte "spécial flammkueche" au supermarché (ce qui est bien, ici, c'est qu'on nous facilite la tâche !), et du coup, j'ai acheté aussi des lardons et des oignons, ingrédients de base de la tarte flambée. Et puis j'ai voulu acheter la crème "spéciale flammkueche" également, mais ils étaient en rupture de stock. D'habitude, je prends un fonds, j'y étale la crème, puis je mets par dessus les oignons émincés, les lardons, et hop, au four pour environ 10 minutes.

Oui, mais là, pas de crème. Bon sang ! Que faire ????

Réponse : trouver une recette de tarte flambée. Et comme j'ai quand même quelquefois de la suite dans les idées, je me suis rappelée que dans mon classeur de recettes, je devais avoir quelque part un papier qui disait comment faire.
Ni une, ni deux, j'ai retrouvé mon classeur, et comme je ne suis pas documentaliste pour rien, mes recettes, elles sont classées (bon d'accord, le plan de classement est très sommaire : nous avons un classeur avec les recettes régionales (Bourgogne, Bretagne, Alsace), et un classeur avec les recettes salées d'une part, et sucrées de l'autre, mais au moins, quand je cherche la recette des Lammala ou des crèpes bretonnes, je sais où je dois les chercher). Donc, dans le classeur "recettes régionales", j'ai trouvé dans la partie Alsace (vous remarquerez la pertinence de la classification, au passage), la recette de la Tarte flambée.

Et dans la recette, ils disent de faire une pate à pizza (sauf que la tarte flambée, pour ceux qui connaissent, ça ne ressemble pas vraiment à une pizza à la base) ou une pate à pain (même observation que la précédente), et de faire la crème avec 30cl de crème fraîche (épaisse ? Liquide ? J'ai pris de la semi-épaisse, dans le doute), deux oeufs, du sel, du poivre, de la noix de muscade moulue (quantités pour deux tartes, portions "alsaciennes" : ce qui sous-entend de diviser par deux pour la France de l'intérieur). Puis, on étale le mélange sur la pâte, on fait revenir les oignons dans une cuiller d'huile, on répartit les oignons et les lardons sur la pate et on met le tout au four pendant 7 à 10 minutes (four chaud).

Alors bien entendu, je n'avais pas assez de crème fraîche. J'ai donc mis au pif moitié crème, moitié fromage blanc. Et comme 10 minutes ce n'était pas assez, j'ai mis 5 minutes de plus.

Eh ben vous n'allez pas me croire, mais Jean-Luc m'a dit que la tarte était bien meilleure que d'habitude !

 

Donc on récapitule :

Pour une tarte flambée :

 

Pâte à tarte (farine, sel et eau : ne pas mettre de levure, sinon ça gonfle à la cuisson, et l'objectif, c'est d'obtenir une pâte très fine).

Bien mélanger le tout, abaisser très finement la pate sur une tôle allant au four.

 

Préparer la crème : moitié fromage blanc, moitié crème épaisse, semi-épaisse ou liquide, peu importe finalement (doser la crème en fonction de la consistance qu'elle a : la garniture ne doit pas être trop liquide), ajouter un oeuf ou deux selon les quantités (je sais, ça manque de précision, mais hier, j'ai tout fait au pifomètre, je n'ai donc aucun repère en ce qui concerne les quantités)..

assaisonner : sel, poivre et noix de muscade.

 

Faire revenir les oignons dans une poêle ou une sauteuse.

 

Garnir la pâte : une bonne couche de crème jusqu'au bord, répartir les oignons et les lardons. Pour une tarte flambée "gratinée", ajouter du fromage râpé (personnellement, je trouve que c'est écoeurant, mais tous les goûts sont dans la nature !).

Enfourner à mi-hauteur, four chaud (220 à 250°C) pendant une dizaine de minutes.

 

A déguster très chaud, avec une salade verte et un verre de vin blanc d'Alsace (Pinot gris, Pinot blanc par exemple).

 

Bon appétit !

samedi 16 février 2008

Ecologie, quand tu nous tiens...

Avant mon mariage, je me demandais bien qui étaient ces allumés qui se fournissaient exclusivement dans les magasins biologiques. Et pourquoi. Et je me disais : "Ben ils en ont de la chance d'avoir autant d'argent à mettre par les fenêtres alors qu'on peut tout à fait trouver des bananes et des légumes dans les supermarchés..."

Et puis j'ai rencontré Jean-Luc. Et Jean-Luc, il est donc viticulteur, comme vous le savez sans doute, et il fait du vin biologique (mais du 100% biologique, c'est à dire qu'il ne met rien dans son vin, à l'exception d'un peu de souffre parce que c'est indispensable, alos que le bio autorise certains produits, insecticides..., du moment qu'ils sont certifiés biologiques).

Donc, j'ai rencontré Jean-Luc. Et j'ai vu la différence entre un vin biologique de qualité, et un vin biologique de mauvaise qualité, et encore plus un vin non biologique. Y'a pas photo !

Engagée dans cette voie, je me suis dit que ce serait bien aussi si on pouvait étendre ça à notre nourriture quotidienne. Et j'y ai été un peu poussée par Nathanaël, dans la mesure où ses allergies nous ont interdit tous les plats préparés pendant plusieurs années. J'ai donc pris la décision de faire le maximum de choses moi-même (acheter des légumes et les préparer à la maison, par exemple), et du coup, j'ai étendu ça à d'autres choses, comme acheter de la viande chez un producteur local au lieu de l'acheter chez Leclerc, et du coup, acheter les légumes aussi chez un producteur local, dans la mesure où ils n'étaient pas plus chers qu'au supermarché, et que j'en jetais moins parce qu'ils étaient de meilleure qualité. Finalement, j'ai pris le parti de me simplifier un peu la vie, en allant au marché toutes les semaines, ce qui permet de trouver de tout (bio et non bio), au même endroit, et en une seule fois.

Seulement, ça ne s'arrête pas là. Parce que quand Nathanaël était bébé, les problèmes se posaient aussi pour le linge : les lessives étaient trop agressives pour sa peau, par exemple. Alors j'ai cherché des alternatives. Et j'en ai trouvé une : les noix de lavage. Associées à une poudre détachante spécialement conçue pour les noix de lavage, le résultat est le même qu'une lessive "classique". Seulement, quand on vit à Sélestat (et dans d'autres coins d'Alsace d'ailleurs), on a un autre problème : celui du calcaire. Et les noix de lavage sont loin de protéger du calcaire. Au contraire, sur le blanc, c'est pire que les lessives "normales", dans la mesure où celles-ci contiennent des additifs qui "blanchissent" un peu le linge... ce que ne font pas les noix de lavage. Donc, l'anti-calcaire "chimique" est plus que jamais indispensable, ce qui est totalement absurde quand on voit plus loin que la simple efficacité de la noix de lavage. Si je veux une démarche cohérente, j'utilise aussi les noix de lavage parce que ça supprime les détergents en machines. Mais si pour obtenir un bon résultat, et parce que l'endroit où j'habite m'y oblige, je dois utiliser plus d'anti-calcaire, qui de toute façon se retrouve dans l'eau, à quoi ça sert ?

Pour l'heure, pas d'autre solution...

Et puis, autre préoccupation : je suis donc une formation d'esthéticienne. Et avec tous les problèmes de peau dans la maison, je me suis dit qu'il valait mieux utiliser pour moi et pour les enfants des produits cosmétiques moins agressifs, contenant moins de produits chimiques et de dérivés pétroliers. Me voici donc à la recherche de produits ne contenant pas de parabens, ni de sels d'aluminium dans les déodorants par exemple, et certifiés "bio", parce que malgré le fait que les produits chimiques soient autorisés dans les produits bio, le label donne quand même certaines garanties.

Et voilà que je commence mon stage. Et là, je découvre une marque qui commence petit à petit à supprimer tous les parabens de sa gamme, et à n'utiliser que des produits naturels (huiles essentielles, plantes...) comme principes actifs. Et sur le présentoir, je tombe sur deux prospectus de la même marque, l'un pour les boules de lavage (utilisables en machine ou à la main), sans détergent, donc encore mieux que les noix de lavage, puisque là il n'y a même plus de produit, qu'il soit naturel ou non. Je me dis qu'il faudra que j'essaie ça. Et le deuxième prospectus, que je n'ai vu qu'après, semble être la solution pour régler le problème du calcaire ! Un système magnétique qui modifie les propriétés des éléments du calcaire dissous dans l'eau, et qui se déposent habituellement dans les tuyauteries, sur les robinets, les parois des douches, des WC, etc.

Faudra donc que j'essaie ça aussi.

Et à la fin de ma journée d'hier, je découvre autre chose : la micro-fibre. Un chiffon utilisé sec pour la poussière, un chiffon utilisé humide (eau tiède uniquement) pour les vitres, les miroirs, une lingette humide pour tous les sols. Et le résultat est bien meilleur qu'avec tous les produits d'entretien que j'ai essayé avant : plus facile, plus économique, plus écologique, et en plus, ça se nettoie dans la machine à laver... Que demande le peuple ???

 

Voilà pour les produits d'entretien.

Dernière chose : la semaine dernière, en allant au boulot, je tombe sur un prospectus pour des paniers de fruits et légumes biologiques livrés à domicile. Je regarde les tarifs, ça ne me semble pas plus cher que le maraîcher, et c'est certifié biologique. Allons ! Soyons fous ! Nous allons essayer. Je téléphone, et prends commande pour un petit panier de légumes et un grand de fruits. Livraison prévue vendredi pour 18h30. Je me dépêche de rentrer, et là, je trouve Jean-Luc furieux : les paniers ont bien été livrés, mais à 17h30 (ça commence bien !), et les sachets sentent la cigarette !!!!!!!!!!

Je n'en crois pas mes yeux, ni mon nez ! Je saute sur le téléphone, et rappelle le livreur pour lui faire part de mon mécontentement : non seulement il semble n'avoir pas compris que je n'étais pas là avant 18 heures, alors que je le lui ai dit au moins deux fois, et en plus il nous livre des produits bio qui après passage dans son camion n'ont plus rien de bio, puisque bourrés de produits cancérigènes et chimiques contenus dans la fumée de cigarette ! Un comble !! Je lui fais part du problème, en lui disant que si j'achète des produits biologiques, c'est justement pour qu'ils ne soient pas pollués !

Il s'excuse, m'explique qu'il a confié son camion à un livreur gros fumeur, qu'il fera le nécessaire pour la semaine prochaine, etc.

Je lui laisse le bénéfice du doute, on verra la semaine prochaine.

En tout cas, la filière bio a peut-être de beaux jours devant elle, mais il y a encore de gros efforts à fournir pour arriver à une certaine cohérence !

 

Les temps modernes

Donc depuis quelques jours, nous avons un lave-vaisselle. Oui, un lave-vaisselle. Grande innovation au Gobolistan, après l'ordinateur, la machine à laver, la voiture (si si, celle qu'on a est moderne par rapport à la casserole qui nous servait de véhicule au début de notre mariage).

La modernité est entrée au Gobolistan. Bon d'accord, on est loin du dernier cri. Ici, des téléphones portables qui ne servent que de téléphones, même pas d'appareil photo, d'agenda électronique, de répondeur ou de console de jeu, encore moins d'accès à Internet ou de GPS, ni même à lire ou envoyer des messages écrits (SMS et autres, d'ailleurs, Jean-Luc n'arrive pas à comprendre l'art et la manière de lire un SMS, je doute fortement qu'il en écrive...). La seule utilisation non téléphonique que nous en faisons, ou plutôt que Jean-Luc en fait, c'est qu'il s'en sert pour lire l'heure. C'est la seule entorse à la règle.

Ici, donc, les téléphones servent exclusivement à téléphoner (et encore, uniquement entre la maison et l'entreprise, parce que nous sommes quasi-incapables de nous souvenir des numéros de nos téléphones, alors peu de personnes les ont, fatalement).

Ici également, nous avons trois appareils différents, alors qu'il en existe des "tout en un" pour la même chose : nous avons donc un magnétoscope, un lecteur DVD et une chaîne HI-FI (micro, la chaîne, puisqu'elle date de mon installation dans 19 m² à Mulhouse, et tient toujours la route). Ici, donc, pas de lecteur-enregistreur de DVD et autres supports du même accabit : nous n'avons jamais compris la différence entre un DVD, un DVD-Rom, un CD-Rom, un DIV-X, un... je ne sais même pas comment ça s'appelle.

Ceci dit, nos cassettes vidéos ont l'avantage de toujours pouvoir être lues par notre vieux magnétoscope, et comme de toute façon nous n'avons que peu de temps pour regarder la télé (et comme y'a rien à la télé), le problème de l'enregistrement ne se pose que de manière extrêmement ponctuelle.

Alors c'est sûr, une télé, ça sert aussi à lire des Photos, qu'on peut mettre sur CD, ou qu'on passe directement sur écran depuis son appareil photo numérique. Oui. Encore faut-il avoir un appareil photo numérique. Parce que nous avons un bel appareil photo, mais quand je veux le brancher sur la télé, il paraît qu'il manque pas mal de choses pour pouvoir le faire. Entre autres, il paraît que des photos argentiques, ça ne passe pas à la télé. On doit les développer d'abord pour pouvoir les voir, et alors, on les a sur papier directement, on peut les prendre dans ses mains, et on n'a pas besoin de l'intermédiaire de la télé pour les regarder. Ceci dit, un appareil photo numérique, ce serait quand même bien pratique, parce que ça nous permettrait d'avoir des photos à mettre sur le blog sans attendre les photos que font les copains ou la famille, s'ils pensent à nous en envoyer...

Mais pour l'instant, nous survivons à cet état de fait. Et puis, si nous avons fait beaucoup de photos à la naissance de Noémi, le nombre a été divisé par 2 quand Nathanaël est arrivé. Et quand Rébecca est née, ben on n'avait tout simplement tellement d'autres choses en tête, que nous n'avons plus pensé à faire des photos. Il paraît que c'est un grand classique du genre, même si je m'étais promis de traiter mes enfants de la même façon... Comme quoi, on est vite rattrappé par les réalités de la vie quotidienne !

 

Ceci m'amène à la réflexion suivante : Le confort, le progrès sont-ils des choses indispensables dans nos vies ? Gobolof vous dirait que pour le confort, la réponse est forcément OUI. En revanche, pour le progrès, c'est plus mitigé. Alors certes, il y a des tas de choses que le progrès nous apporte, et qui nous facilitent grandement la vie. Par exemple, le lave-linge. Si mon lave-linge tombe en panne, la première chose que je ferai, ce sera d'appeler un réparateur, et qu'il vienne le plus vite possible. Si la réparation est possible, elle devra être faite dans les meilleurs délais, sinon, je me verrai dans l'obligation d'en acheter un autre, tellement ce progrès-ci est vital.

Si le lave-vaisselle est en panne, j'appellerai le réparateur, mais je pourrai survivre quelques jours sans : c'est toujours possible de faire la vaisselle à la main, même si ça prend du temps.

Si le téléphone est en panne, je serai bien embêtée. Si c'est le portable, je m'en ficherai éperdument. Si c'est le fixe, j'irai en acheter un autre illico, parce que c'est indispensable au travail de Jean-Luc comme à mon futur mien.

Si l'ordinateur est en panne, je le renverrai au Docteur Kaldo, et si ça prend un mois, ce n'est pas bien grave... Si ce n'est que je ne pourrai plus écrire ici, à moins de trouver un autre ordinateur connecté à Internet.

Donc, le progrès, je dirais qu'il faut savoir mettre des priorités. Et que pour certaines choses, on peut vivre sans, pour d'autres c'est difficile, voire impossible, et qu'il vaut mieux être raisonnable : plus c'est bourré d'électronique, et plus c'est compliqué à réparer en cas de panne ! J'aime bien, moi, les objets où il y a juste une pile à remplacer quand ça ne marche plus ! Au moins, on peut le faire soi-même !

 

Allez, j'arrête de "tirer" sur la modernité : je crois aussi que tout cela est très relatif, et qu'on n'a pas tous les mêmes besoins. Ceci dit, je pense aussi qu'il faut être vigilant : les entreprises créent des objets de confort, en nous faisant croire qu'ils sont indispensables, et que nous irons forcément très mal si nous ne les achetons pas illico... L'une des choses que le mariage et les enfants m'ont appris, c'est l'esprit critique vis-à-vis de tous ces "objets indispensables" que l'industrie veut nous voir acheter à grand renfort de publicités... Tout cela est-il vraiment indispensable ???

mercredi 13 février 2008

Spectacle de Noël

Juste quelques mots, c'est promis, pour vous donner quelques explications :

 

Ce spectacle a été construit par les enseignantes de l'école maternelle Wimpfeling, fréquentée par nos enfants, et présenté le samedi 15 décembre 2007 au matin. Il a été élaboré à partir de l'histoire "Les bons amis", que certains connaissent sans doute : cette histoire est celle d'un lapin qui trouve deux carottes dans la neige. Il en mange une, il n'a plus faim, alors il pense à son voisin, le petit cheval. Il va chez lui pour la lui donner, mais le cheval n'est pas là. Il est parti chercher quelque chose à manger. Quand il revient, le lapin a laissé la carotte. Lui-même a assez mangé, alors il va la porter au chevreuil. Mais le chevreuil n'est pas là, il est parti chercher quelque chose à manger. Il trouve des bourgeons, et quand il revient chez lui, il trouve la carotte laissée par le cheval. Il pense alors au mouton, qui est lui aussi parti chercher à manger. Il a trouvé de l'herbe, et quand il revient chez lui, il trouve la carotte que le chevreuil lui a laissée. Il se dit que le lapin a sûrement faim...

 

Les grands et moyens chantaient les chansons, en français ou en allemand, et les petits mimaient, déguisements à l'appui, toute cette histoire. Notre Nathanaël en joli mouton s'en est très bien sorti, et Noémi a montré qu'elle connaissait de mieux en mieux les chansons dans les deux langues ! Nous avons eu droit à des "bis" : Mon Beau Sapin, puis "O Tannenbaum" (le même ou presque, en français puis en allemand, pour ceux qui auraient des doutes).

Ce spectacle est tous les ans aussi l'occasion pour les parents d'élèves de vendre les bricolages "spécial Noël" pour financer la classe verte des grandes sections (voir billet précédent). Cette année, le record a été battu, avec une recette de presque 1300 € !

(et encore merci à Charlotte pour les photos !)

Bricolages, le retour !

Bon, en fait, ce n'est pas vraiment un billet sur les bricolages, c'est plutôt une excuse pour poster ici les photos de nos superbes bricolages de Noël (et le premier qui dit que c'est pas beau, je le trucide, méfiez-vous, Big Brother is watching you !)

Donc, sur les photos ci-dessous, vous verrez nos productions, et celles des autres mamans, et vous pourrez vous rendre compte qu'on s'en est donné du mal ! Mais le résultat vallait quand même la peine ! Je vous laisse apprécier.

 

Pères Noël...En voilà d'autres, plus petitsEchelles Photophores et couronnesPetites décos pour le sapinBoules, sapins en tissu...Maisons d'Hansel et Gretel, trains en bonbons et biscuitsConfitures maison (quetsches-cannelle, excellent !)Petits anges pour le sapinCarnets,et cartes de voeux !Et voici... Les anges en nouilles !

 

Un grand merci à Charlotte pour les photos !

Esclavage au Gobolistan

Oui, vous avez bien lu, au Gobolistan, nous pratiquons l'esclavage. L'esclavage des lutins. Parce qu'il faut vous expliquer quelque chose que nous avons découvert il y a déjà quelques années, avec Hall, c'est que contrairement à ce qu'on pense généralement, les machines n'existent pas. En tout cas, elles ne fonctionnent pas du tout comme on le pense généralement. L'électronique n'est qu'une vaste fumisterie, ce qui fait fonctionner votre imprimante ou votre ordinateur, votre lecteur DVD ou votre machine à laver, ce n'est pas l'électronique, ni même l'électricité, ce sont des lutins. Et des lutins il n'y en a pas que dans les maisons. On en trouve aussi dans les poinçonneuses des métros (vous savez, les successeurs des Poinçonneurs de la chanson de Gainsbourg ?), dans les distributeurs de billets de banque ou de timbres à la Poste, dans les voitures, bien sûr...

Moi, je vous le dit tout net : tous ces métiers (mécanicien, informaticien...), ce sont de biens grands mots pour nous cacher la vérité : en fait, ce sont tout simplement des dompteurs de lutins qui se sont spécialisés dans les lutins de la machine à laver, de la voiture ou de l'ordinateur. La preuve, c'est qu'ils reconnaissent leur maître. Vous n'avez jamais remarqué comme un ordinateur plante souvent, et que dès qu'un informaticien arrive, tout fonctionne ? Ca m'énervait toujours, jusqu'à ce que je découvre par inadvertance l'existence des lutins. Et là, tout est devenu clair : si l'ordinateur ne fonctionne pas, c'est que les lutins sont en grève. S'il se met dans le coma, comme en 2006, c'est soit que l'émotion du mariage avec l'imprimante a été trop forte sur le coup, soit que les lutins ont fait une grève massive pour refuser ce mariage. On ne le saura jamais, parce que le docteur Kaldorion, connu en Yokotsunie pour être un très bon vétérinaire pour ordinateurs, a pu sortir les lutins du coma.

 

Ceci étant dit, nous avons en particulier au Gobolistan une machine qui fonctionne très bien : lutins obéissant au doigt et à l'oeil, jamais en grève, contents visiblement de leur sort : ceux de la machine à laver. Et je tiens ici à leur rendre hommage : ils sont entrés chez moi il y a de cela presque 9 ans maintenant, alors que j'habitais à Mulhouse, et ont accepté d'immigrer avec moi d'abord à Sélestat, puis au Gobolistan, où ils vivent toujours, et rendent toujours de bons et loyaux services. Il faut dire que nous les bichonnons : anti-calcaire pour leur assurer une durée de vie plus longue, et limiter pour eux la tâche consistant à détarter les pièces mécaniques du lave-linge, et depuis plus d'un an maintenant, noix de lavage et poudre biologique détachante, ce qui évite l'intoxication des lutins sur le long terme.
Et depuis bientôt une semaine, nous avons un autre "esclave", en la personne du lave-vaisselle. L'arrivée de cette aide indispensable maintenant a été assez épique, tout comme celle du réfrigérateur, d'ailleurs (mais c'est de l'histoire ancienne, maintenant), jugez plutôt.

Le lave-vaisselle avait été commandé début décembre 2007 (l'an dernier, quoi), auprès du même fournisseur que le four, le réfrigérateur, la plaque de cuisson, l'évier, les placards de la cuisine... histoire de ne pas perturber les lutins : auraient-ils pu s'adapter à des étrangers ? D'ailleurs, les lutins semblent être des êtres plutôt fragiles, à solliciter avec précaution, et dont il ne faut pas trop perturber les habitudes. Peut-être sont-ils en plus racistes ? Toujours est-il qu'à chaque fois que nous les avons brusqués (changement de fournisseur internet, mariage avec une nouvelle imprimante, même déplacement de la télé...), ils ont fait la grève. Bref, nous avons décidé de les ménager, et donc d'en ajouter petit à petit, histoire de ne pas modifier trop vite leurs habitudes.

Comme nous partions en vacances pour Noël, nous avons demandé la livraison pour janvier. Et le lave-vaisselle est arrivé juste après la rentrée, aux alentours du 10. Seulement, comme c'est une cuisine aménagée, il fallait l'aide d'un spécialiste pour encastrer le lave-vaisselle à l'emplacement d'un des placards. Rendez-vous a été pris, mais Gobolof étant souvent en déplacements, le temps de trouver une date commune avec le poseur, il a fallu attendre début février. La date retenue était un mardi, le 5, jour où Gobolof était présent pour aider le poseur à soulever le lave-vaisselle (c'est que mine de rien, ça pèse son poids, ces bestioles-là !). 17 heures, personne. 17h30, 18h, 18h30, toujours personne.

Gobolof appelle le magasin, et là, on lui dit que c'est le jour de congé de "Jean-Jacques", mais qu'ils se chargent de lui laisser un message, et qu'il rappellera dès que possible.

Le lendemain, mercredi 6, donc, je reçois un coup de téléphone du fameux Jean-Jacques, qui se demande pourquoi donc on a bien pu l'appeler. Je me rappelais, moi, d'un certain "Jean-Marie", et dans le doute, lui demande s'il est bien le poseur. Il me répond que non, il est vendeur, et ne comprend absolument pas de quoi je veux lui parler, ni pourquoi on lui a demandé de rappeler. Je lui explique donc la situation, que Jean-Marie devait venir poser un lave-vaisselle, et qu'il n'est pas venu, et que c'est pour cette raison que Gobolof a appelé le magasin pour savoir où il en était, et qu'on lui avait dit qu'il était en congé, et qu'il rappelerait le lendemain. Erreur sur la personne, donc. Mais Jean-Jacques a été très gentil : il a lui-même appelé Jean-Marie, et lui a demandé des explications, et lui a demandé aussi de nous appeler directement pour prendre un autre rendez-vous.

Deux heures plus tard, Jean-Marie téléphone, s'excuse pour nous avoir posé un lapin la veille, explique qu'il avait totalement oublié, et demande s'il peut venir le lendemain, jeudi 7.

Ah que OUI !!!!

Jeudi 7, donc, vers 17 heures, Jean-Marie arrive, est accueilli par Gobolof, et installe en moins de temps qu'il ne faut pour le dire notre nouveau lave-vaisselle.

 

Mais les aventures ne sont pas finies pour autant ! Parce qu'un lave-vaisselle, c'est bien. C'est encore mieux s'il fonctionne. Et pour faire fonctionner un lave-vaisselle, il n'y a pas 36 solutions. Il faut de la vaisselle à laver (ça, y'en a, pas de souci), et il faut du produit pour laver la vaisselle dans le lave-vaisselle. Parce que non, il ne suffit pas de verser du liquide vaisselle dans le bac, c'est comme une machine à laver, y'a des particularités.

Fin janvier, toute contente d'avoir presque un lave-vaisselle, j'étais allée au magasin acheter des pastilles à mettre dans la machine. Devant la variété des produits, je me suis demandé lequel je devais prendre, et j'ai fini par prendre le moins cher, en me disant que si ça ne convenait pas, il vallait mieux avoir perdu 3,49€ que 10€.

Le 7, Jean-Marie repart après avoir installé le lave-vaisselle et expliqué à Gobolof qu'il fallait utiliser un sel régénérant, un liquide de rinçage, et un produit détergent. Et qu'il existait maintenant sur les rayonnages des magasins des pastilles qui faisaient tout en même temps, et qu'il n'y avait qu'à en mettre une dans le compartiment prévu à cet effet, et à mettre le lave-vaisselle en marche. Et pour preuve, il nous laisse un échantillon : deux pastilles, deux machines.

Question : les pastilles que j'ai achetées fonctionnent-elles comme ça ou pas ? Il est 18h45 ce jeudi soir. Je prend le téléphone pour appeler le service consommateur de la marque qui fabrique les pastilles que j'ai achetées 2 semaines auparavant, et là, je tombe sur un répondeur : "Nos services sont ouverts du lundi au vendredi, de 9 heures à 18 heures sans interruption" (ben voyons...) "En cas d'urgence, vous pouvez appeler le...". Je fais donc le numéro : c'est un cas d'urgence : avec quoi vais-je donc faire ma vaisselle ce week-end ???

Et là, on me répond : "Madame, pour ce renseignement, vous devez appeler l'autre numéro, nous n'avons pas les fiches techniques de tous les produits que nous fabriquons, nous ne sommes qu'un service d'urgence". Bon, va donc falloir que je trouve un créneau entre mon stage et les enfants à déposer à l'école demain, dernier délai.

Vendredi 8, je pars pour mon stage, avant 9 heures parce que je dois aussi passer au service de l'éducation inscrire les enfants au centre de loisirs, et ça urge : ça commence lundi, et le service est fermé à 17 heures le vendredi, et toute la journée le samedi : c'est maintenant ou pas du tout.

Pause déjeuner : je termine à 13h30 pour reprendre à 15 heures : chouette, j'ai le temps de rentrer déjeuner, NE PAS OUBLIER D'APPELER LE SERVICE CONSOMMATEURS !!!!

14 heures : je téléphone au numéro que j'ai déjà appelé la veille, et là, le monsieur qui me répond n'a pas la fiche sous les yeux, mais qu'il va me rappeler.

14 h 30 : coup de téléphone : "Non madame, vous ne pouvez pas utiliser ces tablettes seules, il faut ajouter un liquide de rinçage et un sel régénérant".
Zut alors, va falloir aller faire les courses.

Samedi matin : j'ai les trois enfants en garde. Je prends tout le monde, et on embarque pour le supermarché, avec la boite de pastilles. Parce que je ne vais pas me compliquer la vie à vérifier à chaque machine le niveau de liquide et de sel. Je vais rendre la boite et en acheter une "tout en un", ce sera plus simple. Seulement, j'ai laissé passer la date : 15 jours pour le remboursement, et ça fait maintenant 19 jours. Tant pis, je la rends quand même, ce sont des produits dangereux, et BBK ne fait pas encore la différence, et a tendance à tout goûter. En plus, ce sont des pastilles en sachet hydrosoluble : il suffit donc qu'un enfant bave dessus pour que le produit sorte de son emballage...

J'arrive au magasin, je dépose ma boite devant la préposée à l'accueil, et lui explique la situation : "voilà, je me suis trompée de produit pour ma machine, et j'ai dépassé la date, ça fait 19 jours, donc, je ne serai pas remboursée, mais je m'en fiche : j'ai trois jeunes enfants, alors je ne peux pas me permettre de garder les pastilles à la maison, c'est trop dangereux".

"Vous avez la carte fidélité ? Vous avez le ticket de caisse ?"

"Euh... oui !"

"Je vais vous faire un avoir".

(bon, j'avais rien demandé, cette fois. La dernière fois, j'étais venue furax parce qu'ils m'avaient vendu une pâte à tarte périmée depuis 10 jours déjà, et je ne m'en étais rendu compte qu'au bout de trois jours, mais c'était trop tard : "les produits frais, c'est 48 heures !", cette fois-ci, la même me rembourse sans que je ne demande rien... ça c'est de la psychologie ! Va falloir qu'on m'explique, là... Mais je ne vais rien dire, hein, pas folle, la guèpe !).

Je repars donc avec mes trois enfants, mon caddy, et sans ma boite de pastilles, je fonce au rayon lessives/produits d'entretien, et ô miracle, je tombe sur les mêmes pastilles que celles que le poseur nous a laissées en échantillon ! Bon, d'accord, elles sont trois fois plus chères que les premières que j'avais achetées, mais pour celles-là, il fallait deux autres produits avec, alors que les plus chères fonctionnent seules ! Chouette, je prends !

 

Retour au Gobolistan : la vie a changé !

 

La présence d'un lave-vaisselle dans une maison, c'est certes des problèmes d'approvisionnement de pastilles en vue. C'est aussi la fin des discussions avec les copains autour de l'évier, un torchon à la main. C'est la fin de la convivialité dans la cuisine, mais faut voir le bon côté des choses : la vaisselle à la main pour 5 personnes, ce sont deux heures par jour perdues. Vous imaginez ce que ça fait au bout d'une semaine ? 14 heures ! Et au bout d'un mois : 48 heures ! Plus qu'une semaine de travail à temps plein ! Sans compter l'eau, la casse...

Et puis, il suffit de changer un peu ses habitudes : au lieu de papoter autour de l'évier un torchon à la main, désormais, on pourra papoter sur le canapé, un verre ou une tasse à la main. Le bonheur, quoi !

(j'vous avais bien dit que les relations au Gobolistan allaient changer durablement !) (voir épisode précédent)

 

lundi 11 février 2008

Politique de l'emploi au Gobolistan


 

Le Gobolistan est, comme chacun sait, une toute petite entité territoriale située en Alsace centrale (au cœur de l’Alsace, donc), elle-même située certes sur les franges de la France, mais au centre de l’Europe (ou à peu près). On peut donc presque dire que le Gobolistan est au centre de l’Europe. Non, vous avez raison, si c’est pour dire des évidences pareilles, ce n’est pas la peine de l’écrire dans un blog : tout le monde le sait déjà. Seulement, le propos n’est pas uniquement là : il consiste aussi à dire que cette position centrale fait que finalement, nos us et coutumes ne sont pas fondamentalement différents de ce que sont les us et coutumes de nos voisins : au Gobolistan aussi, on fête Noël et Pâques, on se promène, on envoie les enfants à l’école, on se pose des tas de questions en ce qui concerne la garde des enfants pendant que les parents travaillent… et on a des contraintes que rencontrent tous les foyers du monde : quid des tâches ménagères ????

 

Au Gobolistan, comme un peu partout désormais (du moins j'ose l'espérer...), nous avons opté pour un partage plus ou moins équitable en fonction du temps dont dispose chacun.

Nous avons donc, en lieu et place de l’ancienne « mère au foyer, cent professions », un « père semi-au-foyer-beaucoup-de-professions », et une « mère semi-au-foyer-beaucoup-de-professions-également-mais-pas-les-mêmes-que-le-père », certes plus complexe à définir, mais ayant le mérite de permettre à la maman de faire autre chose que de s'occuper exclusivement de la maison et des enfants.

 

Pour Gobolof-Jean-Luc, ça se traduit donc par les professions suivantes :

-         Electricien (je suis trop petite, même sur un escabeau, pour atteindre les ampoules de la cage d’escalier, c’est donc lui qui se charge de les changer quand elles cassent)

-         Eboueur (attention, c’est plus difficile qu’il n’y paraît : il faut ne pas se tromper lors du tri, sortir la bonne poubelle le bon jour, etc.)

-         Facteur (c’est en général lui qui va porter le courrier à la Poste, quand ce n’est pas moi).

-         Educateur spécialisé

-         Chauffeur-livreur (et pas uniquement dans le cadre de son travail rémunéré de viticulteur)

-         Technicien de surface (anciennement « femme de ménage », mais comme c’est un homme, il faudrait dire « homme de ménage », et comme ça sonne « bizarre », on va dire « technicien de surface », je ne vous explique pas en quoi ça consiste)

-         Bricoleur tous azimuts

-         Bâtisseur (oui, il a monté des murs, et transformé des pièces qui n’en étaient pas en salle de jeu, buanderie, entrée…)

-   Donneur de bain (oui, c'est surtout lui qui s'y colle le soir, pendant que j'occupe la fonction "cuisinière en chef" au rez-de-chaussée, sauf quand il est en déplacements, logique.)

-   Conteur (le soir, le jour, et en relation étroite avec Gobol)

 

Pour Amélie-Gobol, nous avons donc :

-         Lingère (lessive, repassage (naaaaannn ! c'est pas vrai : j'ai toujours trouvé des excuses pour ne pas repasser : j'aime pas ça !!!), étandage, pliage, rangement dans les armoires)

-         Educatrice spécialisée

-         Rédactrice en chef du présent blog et du magazine d’information annuel du Gobolistan

-         Agent administratif multi-tâches du Gobolistan

-         Infirmière (oui, les enfants se font des bosses, sont malades (Gobolof aussi d'ailleurs), ont des traitements à prendre...)

-         Plongeuse (Gobolof est allergique à la vaisselle...)

-         Cuisinière en chef (bon d'accord, Gobolof aussi met la main à la pate, mais de moins en moins depuis que j'ai appris à cuisiner, ce qui n'était pas du luxe)

-         Préposée aux courses (celles qu’on fait au supermaché, pas celles qui ont lieu sur les hippodromes)

-         Factrice (quand ce n'est pas Gobolof qui s'y colle)

-         Enseignante (ça va se corser rapidement, surtout quand Gobolovna sera au CP, et surtout en Allemand...)

-         Préposée au rangement (Vous savez, l'impression de refaire les mêmes gestes dix fois par jour...)

-   Chauffeure : oui, aussi : mais pas vraiment livreure : en fait, il s'agit essentiellement des trajets maison-école, et école maison, quelle que soit la nature de l'école (école maternelle, de musique...)

-   Comptable (oui, les comptes de la maison, faut les faire aussi...)

-   Conteuse (le soir, le jour, et en relation étroite avec Gobolof)

 

Eh oui, et ça, ce ne sont que quelques-uns des « métiers » des deux adultes Goboloviens. Ils ressemblent certes à ceux de tout parent consciencieux, et nous sommes heureux de constater que pour notre part, ils sont partagés…

Bon, ok, ce n'est pas fondamental de savoir ça, évidemment. Et puis, il y a sans doute des personnes qui lisent ceci et qui s'en fichent éperdument de savoir qui fait la vaisselle, et qui fait le ménage. Oui mais voilà, il y a très peu de temps, nous avons connu un changement radical au Gobolistan. De quoi bouleverser durablement les habitudes établies depuis plus de 6 ans dans notre petit état autonome.

 

Vous en saurez plus au prochain épisode...

 

samedi 2 février 2008

Formation...

Il y a de cela une semaine, j'ai enfin pu entamer un stage de formation professionnelle en institut de beauté, à Sélestat. D'emblée, l'esthéticienne qui me reçoit m'a bien précisé que ses clientes ne sont pas mes cobbayes, et que donc, je pourrai m'entrainer sur elle-même, mais pas sur les clientes... OK, ça commence donc bien. Mais je comprends tout à fait ses réticences : je ne fais pas une formation "classique", dans la mesure où je n'ai pas d'enseignement pratique important dans ma formation. Faut pas se leurrer, une semaine pour tout apprendre, c'est peu, bien trop peu. Heureusement que je commence à avoir des amies dans la région, et que pas mal de mes connaissances ont accepté de me servir de cobbayes : merci à elles de souffrir pour et avec moi !

Ceci dit, comme lors de mon premier stage, j'apprends énormément, bien plus que je ne le pensais au départ. Hier, par exemple, j'ai vu à l'oeuvre une esthéticienne comme je voudrais en être une plus tard (dans un an ou deux, si j'obtiens le diplôme !) : une personne attentive, douée d'empathie, qui "prend" beaucoup sur elle, qui a le sens du contact (aussi bien physique qu'interpersonnel), et un sens de l'écoute extrêment développé. On dirait vraiment qu'elle "sent" les choses, par le biais des mains, un peu comme ces guérisseurs qui ont une sorte d'énergie intérieure et sentent l'énergie de l'autre dans leurs mains...

Bref, j'ai découvert une façade du métier tout à fait intéressante, et qui correspond en tout point à ce que je veux faire : il y a bien sûr l'aspect pratique, et c'est là-dessus que je serai jugée en juin si je peux passer l'examen : savoir faire une épilation, un soin du visage, un maquillage jour soir ou cocktail, une manucure ou une beauté des pieds, tout en respectant les règles d'hygiène et de sécurité indispensables tant à la personne qu'à l'esthéticienne. Mais au-delà de cela, il y a l'aspect relationnel extrêment important : la première impression après ma première journée de stage, fin janvier, a été que toutes ces personnes qui ont défilé dans la cabine d'épilation se sont certes "dénudées" physiquement (elles ont bien entendu retiré leurs vêtements pour permettre à l'esthéticienne de travailler), mais aussi intérieurement : comme si, en venant se faire enlever ces poils disgrâcieux, elles venaient aussi enlever leurs soucis, déposer leurs charges... En venant voir une esthéticienne pour son bien-être physique, on vient aussi, et pour certaines, surtout, pour son bien-être intérieur. D'ailleurs, les deux sont-ils si éloignés que ça l'un de l'autre ? En entrant dans la relation par le toucher du corps (âgé, malade, jeune, fragilisé...), on rentre aussi dans l'intimité de la personne. Il faut alors faire preuve d'une grande prudence, de beaucoup de délicatesse et d'écoute, d'attention, sinon, une telle intrusion peut s'apparenter à un "viol"... Une belle leçon d'humilité, aussi, d'ailleurs. Et qui remet les choses à leur place réelle. Ca va vous paraître des évidences, bien sûr, mais dans ce métier, on ne travaille pas "que" sur des mains, des ongles, des poils, de la peau. On travaille sur une personne, qui arrive là et se met à nu avec ses richesses et ses faiblesses, ses blessures... On doit accueillir la personne avec le plus grand tact, la plus grande attention, pour ne pas la blesser, la heurter. Un long apprentissage, qui ne peut se faire que si on se met "à sa place", si on essaie de voir par son regard... Cela nécessite aussi beaucoup de force intérieure, de solidité pour ne pas se laisser envahir par l'autre, et garder sa propre personnalité et sa propre intégrité. Un long voyage intérieur aussi, qui ne peut qu'être salutaire à partir du moment où on en comprend les règles et les richesses...