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vendredi 19 octobre 2012

A trop tirer sur la corde...

... elle finit par casser, dit le dicton.
Ben voilà. J'aurais dû le savoir. En fait, je le savais, et je n'ai pas voulu (ou pu ?) en tenir compte. Le résultat, c'est que j'ai vécu trois semaines exaltantes, fatigantes, éreintantes, même, entre programmation de l'atelier d'écriture avec les étudiants de première année, l'atelier lui-même et la finalisation du thésaurus sur lequel je travaille avec d'autres documentalistes depuis plusieurs années maintenant.
Et que je le paie aujourd'hui.
Mercredi de la semaine dernière (ça fait donc environ dix jours maintenant), je me suis levée avec un beau mal de gorge. Sans en être étonnée outre mesure : la veille, le mardi, deux étudiantes du groupe étaient malades (l'une d'elles était déjà quasiment aphone le lundi et n'est pas venue le mardi, l'autre a quitté l'atelier un peu plus d'une heure avant la fin pour aller chez son médecin). Je me doutais donc que j'avais attrapé un truc qu'elles m'avaient gentiment refilé.
Heureusement, j'avais rendez-vous chez le médecin le jeudi (le lendemain, donc), et j'en ai profité pour lui demander de me retaper. Sauf qu'une semaine après (le mardi suivant, celui de cette semaine), j'étais au trente-sixième dessous. J'ai commencé la matinée en refaisant la queue dans la salle d'attente, et là, il m'a carrément arrêtée... pas de travail pour une semaine. Histoire de récupérer.
Hier, jeudi, ça allait beaucoup, beaucoup mieux ! J'ai donc bien profité de la soirée, après avoir passé la matinée à Ebersheim à décoller du papier peint (vous vous souvenez, les fleurs des années 60 ou 70 ?). Sauf que j'ai dû attraper quelque chose : aujourd'hui, j'ai de nouveau des frissons, des courbatures;.. Bref, ça a l'air d'être gentiment reparti pour un tour.

Vivement les vacances.

Ah non. Pendant les vacances, on va déménager. Diantre. Je ne suis pas près de me remettre !

vendredi 14 mai 2010

Petit séjour à l'hôtel

Un hôtel singulier s'il en est, sans aucune étoile, mais avec un personnel aux petits soins. Un accueil personnalisé, avec plusieurs visites dès l'arrivée : celle du directeur de l'étage, en général un professionnel très compétent, et celle des différents membres du personnel. De nombreuses informations sur le séjour sont fournies par les différents interlocuteurs, parfois répétées suivant les personnes qui passent. En tout cas, l'hôte ne peut pas dire qu'il n'est pas informé sur son séjour ! Il y a même un questionnaire de satisfaction qui est distribué systématiquement le jour du départ !

Question horaires, c'est plutôt étonnant : d'abord, c'est une pension complète avec occupation de la chambre 24 heures sur 24. On vient ici pour se reposer ! Et puis, le réveil se fait très tôt, sans qu'on n'ait rien demandé ! En moyenne, 6 heures du matin, puis 7 heures. Là, le personnel vous cajole, vous dorlotte, s'assure que tout va bien, que tout est normal, et repart en vous disant de bien vous reposer et qu'ils repasseront plus tard ! Comme lieu de villégiature, il y a mieux quand même : sanitaires collectifs au milieu du couloir, chambre double sans qu'on puisse choisir son colocataire. Mais au final, c'est plutôt sympa : on fait de jolies rencontres, parfois, et c'est marrant de voir que d'autres ont les mêmes raisons que vous de séjourner en pareil endroit !

Question hygiène, je décernerais bien 4 étoiles à l'établissement où j'ai séjourné : les lits sont refaits très souvent, voire plusieurs fois dans la même journée. Le ménage est fait tous les jours, le personnel a toujours les mains très propres, les chambres sont spacieuses et bien aérées. La télévision est présente dans toutes les chambres, avec toutes les chaînes de la TNT (y compris la TNT allemande en ce qui concerne l'endroit où je suis allée), et on a la possibilité d'ouvrir une ligne de téléphone personnelle dans la chambre.

Question alimentation, maintenant, le personnel est très attentif au bien-être des hôtes, même si de sérieux efforts seraient à faire quant aux repas. Par exemple, pour le petit déjeuner, il est impossible d'avoir du vrai thé (ce qui n'était pas le cas au 4e étage du même établissement, ce qui ne laissa pas de me surprendre à mon arrivée au 2e étage !). Il m'a donc fallu boire une sorte de tisane infecte (sans doute un truc du genre verveine en moins bien). En revanche, le pain (la brioche, les dimanches et jours fériés) est excellent, et le beurre et la confiture en quantité suffisante. L'hôte est servi directement dans sa chambre, ce qui a l'avantage de lui éviter d'aller trop loin pour se sustenter, mais interdit le "rab" : il ne s'agit pas, loin de là, d'un buffet à volonté comme dans d'autres hôtels que j'ai pu fréquenter au cours des dernières années.
Au niveau des menus, maintenant, les repas sont étudiés et composés par une diététicienne, et adaptés aux besoins particuliers des hôtes. Du sur-mesure, quoi, ce qui est, ma foi, bien agréable.

Ah oui, le nom de cet établissement ?

Centre hospitalier de Sélestat.

samedi 19 juillet 2008

Métamorphose, suite (fin ?)

Bon, ça fait un moment que je n'ai plus parlé de ce qui a initié le blog au départ, à savoir mes questions existentielles (qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j'erre ? etc.).

Il s'est passé quelques petites choses intéressantes depuis un an maintenant.

D'abord, je suis devenue esthéticienne. Eh oui. Et c'était pas trop prévu au programme au début.

Et puis, tout ça avait commencé suite à des posts sur le site Yoko.tsuno.free.fr, à propos de magasinage (à l'époque, on discutait beaucoup avec Cherrydean, qui est Québécoise, et qui donc appelait "magasinage" ce que nous appelons nous "faire du shopping").

Eh bien, vous savez quoi ?


J'aime beaucoup faire les magasins, maintenant !

Véridique !

Serais-je devenue une shopping-addict ?

Je ne sais, mais c'est une nouvelle que je tenais à partager avec vous, parce que c'était un des aspects les plus pénibles de ma vie "avant-métamorphose", et qui me posait le plus de problèmes : en effet, c'est très utile de savoir faire les magasins ! Si, c'est vrai ! Parce que mine de rien, quand on se lève le matin, c'est plutôt pas mal de trouver dans son armoire de jolis vêtements qu'on a envie de mettre pour être belle (ou pas, d'ailleurs, mais ce n'est pas le problème). C'est pas mal aussi d'apprécier de faire les magasins, parce que si on n'apprécie pas (et je parle en connaissance de cause), ben faire les magasins, ça s'apparente rapidement à la corvée la pire de l'année, et en plus, ça pose de sérieux problèmes, parce que comme on n'aime pas ça, on n'y va que quand on ne peut plus faire autrement, c'est-à-dire quand ça devient vraiment urgent d'aller ravitailler l'armoire. Et on attend les soldes, parce que du coup, y'a plein de choses à acheter, alors autant le faire en une fois. Et on y prend encore moins de plaisir, parce que d'une part, pendant les soldes, y'a souvent beaucoup de monde, et en plus, on ne peut même pas être sûr qu'on trouvera la taille qu'il faut. Donc, après une journée à faire la tournée des magasins et à n'y trouver que des trucs minables parce que c'est gavant de faire les essayages dans des magasins bondés, on n'a plus qu'une envie : rentrer chez soi et ne plus jamais avoir à faire cette corvée. Un jour, j'ai lu dans un magasine qu'il existait des personnes dont c'est le métier : trouver pour des clientes les vêtements qu'il leur faut, à leur place, parce qu'elles n'ont pas le temps ou l'envie d'aller faire du shopping. Embaucher quelqu'un pour faire les magasins à ma place, et renvoyer au fabriquant tout ce qui ne me plaît pas. Vous allez rire, mais c'est exactement ce que j'aurais voulu pouvoir faire. J'ai donc regardé les adresses et les bons plans : pas de bol, ce genre de services ne se trouve qu'à Paris, et en plus, ça coûte une vraie fortune... Pas pour moi, quoi !

Heureusement, maintenant que je suis "normale" question magasinage, je n'ai plus besoin de me prendre la tête pour les vêtements, et je vais donc pouvoir renouveler ma garde-robe tranquillement, sans me prendre la tête, sans que ce soit une corvée ! Le pied ! (parce que des corvées, il y e en a déjà largement assez dans la vie quotidienne, alors si on peut en transformer certaines en petits plaisirs...)

 

Bon allez, j'y vais, à propos de vêtements, la réalité me rappelle à l'ordre : j'ai une machine à étendre, moi !

 

Bonne nuit à tous !

samedi 12 avril 2008

Week-end de folie (bis !)

Après une soirée passée à maudire l'éducation nationale et à déblatérer sur la stupidité de certains enseignants (tous ne sont pas de cet accabit, heureusement !), nous avons passé une nuit tout à fait correcte, et le samedi matin, nous étions fins prêts pour le programme prévu, et annoncé au début du message précédent : NE RIEN FAIRE. Parce que cette activité devient tellement rarissime dans nos vies de stressés chroniques, que parfois, se programmer du "rien" comme activité principale tient de l'héroïsme, et du miracle quand en plus, le "rien" devient réalité.

Et là, ben le miracle n'a pas eu lieu.

Parce que du coup, le samedi, il a fallu se rendre à l'évidence : programmer "ne rien faire" un samedi, quand un des enfants rentre de classe "verte" et que l'autre est malade,  ce n'est pas une très très bonne idée, dans la mesure où elle est irréaliste...

Donc, le "rien" s'est transformé en lessive (3 machines en une journée, quand même), en cuisine (histoire de ne pas perdre les bons légumes bios apportés la veille au soir par le livreur (oui, ça, je n'en ai pas parlé, mais ça continue tous les vendredis)), et en bricolage pour Gobolof, qui du coup, s'est mis en tête de faire des étagères au deuxième étage, en face de la salle de bains, histoire de pouvoir ranger enfin les serviettes de toilette et le bazard du bureau (qui accessoirement se trouve au deuxième étage aussi, dans... notre chambre à coucher !).

Donc, le rien est devenu aussi, de mon côté, du rangement tous azimuts, et j'étais bien contente de n'avoir rien programmé de particulier : comment aurais-je donc pu le faire ????

 

De toute façon, ce n'était pas bien important, le rangement est un éternel recommencement, tout comme le ménage, et à ce titre, il peut parfois attendre un jour de plus sans que la terre ne s'arrête de tourner. Oui, mais voilà, Gobolof n'est pas vraiment de cet avis : quand le vin est tiré, il faut le boire, et quand les placards sont finis, il faut les remplir...

 

Qu'à cela ne tienne, demain est un autre jour. Et demain, justement, on change les plans habituels : nous irons à la messe de 9h30 au lieu de 11 heures, ce qui nous permettra d'être à l'heure pour le déjeuner chez nos amis de Morschwiller-le-Bas, à un peu plus d'une heure de route de Sélestat.

 

Dimanche matin, donc, nous nous réveillons de bonne heure, et (presque) de bonne humeur. Pour découvrir quelques minutes plus tard que Nathanaël est de nouveau couvert de boutons, mais pas les mêmes que ceux du jeudi précédent. Non, ceux-là sont rouges, avec une sorte de poche au milieu, comme un bouton d'acné, mais rempli non de sébum ou de pus, mais d'un liquide transparent. Bon sang ! LA VARICELLE ! (et ça, c'est contagieux !!!)

Je saute sur le téléphone : "Allo Sandrine ? Oui, c'est juste pour te poser une petite question, là, pour aujourd'hui, j'ai un petit souci : Nathanaël sort d'une conjonctivite (je vous avais passé l'épisode précédant le précédent épisode, celui où il avait les yeux collés, et où il a refilé la conjonctivite à Rébecca (puisque la conjonctivite, c'est très, très contagieux), puis à Jean-Luc, pour la récupérer par la suite, et là, on ne savait plus trop si on en était sortis ou pas, vu que ça coulait par intermittence chez plus ou moins tout le monde), et il vient de commencer la varicelle : qu'est-ce que tu en penses vis-à-vis de tes 4 enfants à toi ?"

Réponse de Sandrine : "La varicelle, je m'en fiche, les miens l'ont tous eus, par contre, la conjonctivite, je préférerais ne pas y revenir, on en sort à peine..."

Décision fut donc prise de reporter notre visite pour un jour où il n'y aurait plus de conjonctivite (sachant qu'on l'a programmée pour le 20 avril, et que la varicelle est contagieuse pendant au moins 8 jours, et que donc, il y a des chances que les filles suivent derrière, à plus ou moins long terme, mais que là, ce sera au petit bonheur la chance, et que de toute façon, ça ne nous empêchera pas d'aller à Morschwiller-le-Bas...).

Cette question étant réglée, nous avons, comme deux ratcheuses* que nous sommes, abondamment "ratché" sur les conditions de l'expulsion de Nathanaël (la pilule est quand même dure à avaler...). Mais évidemment, Sandrine étant elle-même prof, elle a fini par prendre le parti des fonctionnaires de l'éducation nationale, en me faisant remarquer très justement d'ailleurs, que certains syndiqués profitent de leur statut de syndicalistes pour être tout le temps en congé syndical ou en grève, et pour n'en faire pas une... Et de mon côté, je suis fille de fonctionnaire et petite-fille d'enseignante, je suis donc bien placée pour savoir que certains profs bossent, et que tous les fonctionnaires ne sont pas des tir-au-flanc. Seulement, pour côtoyer des fonctionnaires, justement, je sais aussi que certains cumulent le statut de fonctionnaire option glandeur, avec le statut de syndicaliste mention gréviste. Et là, quand on en voit qui les accumulent, ça ne redore pas vraiment le blason de la fonction publique, qu'elle soit territoriale ou d'Etat d'ailleurs. Surtout quand en plus, on assiste dans le train à des scènes surréalistes, où des instits rentrant de "journées pédagogiques" (traduisez "journée glandouille" pour certains), se refilent les noms et adresses de médecins généralistes complaisants acceptant de donner des congés de maladie (puisque là, il ne s'agit plus d'arrêts de travail pour cause de santé, mais de réels congés de complaisance), et l'une motivant l'autre en lui disant qu'après-tout, les trois jours pour enfant malade, elle ne les a pas pris, et que ce n'est pas normal, que puisqu'elle y a droit, elle n'a qu'à aller voir son médecin pour qu'il lui fasse un certificat (situation véridique, dont votre serviteur et auteur de ces lignes est elle-même témoin).

On a fini par se mettre d'accord, elle par convenir que crier au loup quand un enfant a des joues rouges et se mettre en arrêt maladie, c'est de l'abus, et moi par approuver le fait qu'il y a aussi des glandeurs dans le privé... (mais franchement, d'après ce que j'ai pu un peu observer, il semble qu'il y en ait légèrement plus dans la fonction publique, na !)

Finalement, la journée "Rien", ce fut le dimanche, si on peut appeler "rien" le fait de soigner comme on peut un enfant atteint d'une varicelle costaude (vésicules sur tout le corps, démangeaisons importantes, fièvre impressionnante). Le flacon d'Advil y est presque passé en entier... avant que le médecin ne m'apprenne le lundi matin que l'Advil est déconseillé en cas de varicelle, et qu'il faut donner du Doliprane... Quand je vous disais que je ne suis pas médecin !

 

Le lundi, fin du week-end de folie. Je dépose Noémi à l'école, et vais voir ensuite l'instit de Nathanaël. Chose bizarre, je vois un certain nombre d'enfants de sa classe qui repartent, accompagnés de leurs parents... et j'apprends en entendant les enfants parler dans les couloirs que "la maîtresse n'est pas là parce qu'il y a un enfant malade et que la maîtresse est malade et que son bébé est malade aussi".

Limite furieuse, je me dirige à grands pas vers la salle de classe, pour trouver l'atsem qui me dit "Nathanaël n'a pas classe ce matin, sa maîtresse est toujours en arrêt de travail".

Je la corrige illico : "Non, Nathanaël n'a pas classe aujourd'hui, ni toute la semaine, parce qu'il a la varicelle. Donc, voici le certificat pour la semaine dernière, où il n'était pas contagieux. Maintenant, il l'est, mais ça n'a rien à voir, c'est la varicelle, pas le parvovirus B19. Donc la maîtresse n'est pas malade, et elle n'a aucune raison de ne pas venir vous pouvez le lui dire de ma part".

 

J'ai appris ce matin qu'elle n'est toujours pas rentrée. Ce sont les vacances, c'est vrai, mais elle n'est pas revenue du tout, malgré le certificat de lundi matin... Je vous laisse méditer là-dessus...Rire

___________________

* En bon alsacien, une "ratcheuse" est une bavarde, qui peut se doubler d'une commère.

 

lundi 31 mars 2008

Week-end de folie !!!


Alors comme d'habitude, le week-end dernier aurait pu être réjouissant : au programme, nous avions prévu :

Rien le samedi (une fois n'est pas coutume !)

aller chez des amis le dimanche, la première fois depuis leur déménagement il y a maintenant plusieurs mois, la première fois aussi depuis la naissance de leur 4ème (Tiphaine, née le 1er août, si Alzheimer ne m'a pas encore atteinte).

Or, vous vous en doutez bien, sinon je ne serais pas là à écrire ces lignes, les choses ne se sont pas tout à fait passées comme prévu.

 

En réalité, le désastre s'annonçait déjà dès jeudi soir. Je suis allée à Paris le 27 mars, et j'y ai retrouvé Emilie (Pearl-of-Light pour ceux qui fréquentent le site Yoko (voir dans les liens)), et j'ai eu aussi l'immense joie de rencontrer Valérie (Val sur le même site). Après un petit déjeuner sympathique à refaire le monde et à essayer de prévoir notre week-end à Bruges, je suis partie à ma réunion au CNAM. Tout s'est bien passé, et à part le retard de 10 minutes à l'arrivée du train le matin, je n'ai rien eu à déplorer ce jour-là : pas de manifestations, pas de suicides dans le métro, pas de problèmes de correspondances, bref, tout semblait bien se passer. Je suis arrivée à l'heure à la gare pour mon retour en Alsace, et coup de bol, le train était à l'heure à Sélestat aussi !

Et là, les choses ont commencé à doucement se gâter.

Tout d'abord, Gobolof m'avait promis d'être à la gare à 19h11 pour venir me chercher. Je ne le lui avais même pas demandé, il m'avait simplement dit qu'il voulait être là. Mais c'est que c'est une bonne idée, ça !

19h12 : je sors de la gare : pas de Gobolof. Pas grave, il va arriver ! J'attends !

19h15 : toujours personne. Bon, ça ne fait que 4 minutes de retard, ce n'est quand même pas la catastrophe !

19h17 : j'appelle Vincent, le frère de Gobolof, pour savoir si lui sait quelque chose (parce qu'en fait, je ne peux pas appeler Gobolof lui-même : c'est moi qui ai son téléphone !). Et là, Vincent me dit gentiment : "Mais si, je sais où il est ! Il est chez le médecin, Nathanaël a des boutons, et la maîtresse a appelé pour qu'on vienne le chercher parce qu'il est contagieux, et alors ils n'ont pas le téléphone de Jean-Luc, donc ils m'ont appelé, et comme je n'étais pas avec Jean-Luc, il n'a pu aller le chercher qu'à plus de 17 heures, et il est parti chez le médecin, et il n'est pas encore rentré."

Pas très clair, tout cela, si ce n'est que comme d'hab', Gobolof gère, et que je n'ai plus qu'à rentrer à pieds. Et puis, peut-être qu'entre temps, ils seront rentrés : le médecin ferme à 19 heures...

19h27 : je suis devant la maison, et y'a personne. Pas de voiture. Donc, puisque le médecin n'est pas là non plus (j'ai appelé à son cabinet), ben c'est qu'ils sont en route, vu que la pharmacie, à cette heure-là, doit elle aussi être fermée. Vont pas tarder.

19h28 : j'appelle maman parce que je viens de voir dans la boîte aux lettres que Popi est arrivé pour BBK : l'abonnement se terminait donc en Avril et pas en Mars, il faut donc le faire repartir à partir de Mai, et pas d'Avril. Et "au fait, Nathanaël est malade, sans doute la varicelle, je te tiens au courant". Je raccroche, et hop ! qui je vois arriver ? La voiture ! Donc, forcément, Gobolof, Gobolovitch et BBK aussi (Gobolovna est en classe verte-devenue-classe-de-neige jusqu'à vendredi !).

 

Explications de Gobolof : « C’est pas la varicelle ! C’est de l’eczéma ! »

Bref, on fait du neuf avec du vieux, quoi ! On pourrait dire aussi « Rien de nouveau sous le soleil », ce serait pareil. Parce que l’eczéma, au Gobolistan, on connaît bien. Avec Gobolovna, d’abord, on en a pris pour un an, et on en a été sauvés par la Canicule (vous savez, celle qui a fait environ 15 000 morts en France en 15 jours ? Ben au Gobolistan, elle a eu un effet inattendu et tout à fait bénéfique, en asséchant la peau et en faisant disparaître l’eczéma !).

Ensuite, on a remis ça avec Gobolovitch, en plus fort, plus long, encore plus étendu (si c’était possible !) et encore plus suintant (ça aussi, je n’aurais jamais pensé que ce fût possible…).

Parce que l’eczéma de Gobolovitch, il était non seulement atopique, comme celui de Gobolovna, mais également allergique ! Chouette !

Donc, de l’eczéma. Ouf. Rien que nous ne sachions soigner et gérer, en fait. J’étais presque déçue que ce ne soit pas la varicelle !

Et Gobolof poursuit : « Et puis la maîtresse, elle disait qu’il était contagieux » (Ben bien sûr que non, puisque c’est de l’eczéma, c’est donc pas du tout contagieux).

Ok, donc, pour demain, y’aura qu’à la rassurer, et il pourra retourner à l’école ! C’est que je travaille, moi, demain !

 

La journée de jeudi, qui aurait pu si mal se terminer, a donc fini paisiblement, et Gobol s’en est allée au lit, rassurée, certaine que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes dès le lendemain.

Mais voilà…

 

8h15, vendredi matin : Gobolof est parti avec Gobolovitch et BBK à 8h05, pour déposer Gobolovitch à l’école. Et il téléphone : « Amélie, la maîtresse elle dit que Nathanaël est contagieux et qu’il faut un certificat du médecin pour qu’il puisse retourner en classe ! Attend, je te donne le nom du virus pour qu’il puisse faire le bon certificat : c’est le Parvovirus B19, il paraît qu’il est dangereux pour les femmes enceintes, et que c’est pour ça que la maîtresse est partie, hier, et elle ne reviendra que quand ils auront le certificat pour Nathanaël ».

Ben voyons. Et ils pensent qu’un certificat, ça se trouve dans une pochette surprise ?

Le problème, c’est que du coup, Nathanaël a été exclu de l’école jusqu’à l’obtention du certificat en question. Va donc falloir faire quelque chose.

 

8h17 : j’appelle le service de l’éducation : « Madame, je vous appelle parce que Nathanaël est interdit d’école à cause du Parvovirus B19. C’est quoi ce délire ? » « Ben je ne sais pas, madame Platz, faut vous adresser à l’éducation Nationale. Mais je note qu’il ne sera pas à la cantine, c’est ça ? » « Ben oui, puisqu’il n’a pas le droit d’aller à l’école ! Et c’est légal, ça ? » « J’en sais rien, faut voir avec l’Education nationale ».

8h19 : « Allo docteur ? Je suis désolée de vous déranger, mais Nathanaël, c’est bien de l’eczéma, qu’il a ? » « Ben oui, pourquoi ? » « Parce qu’il a été refusé à l’école sous prétexte qu’il est contagieux, et ils veulent un certificat comme quoi il n’a pas le Parvovirus B19 ! » « Bon sang, c’est qui le médecin, ici ? Eux ou moi ? C’est pas contagieux l’eczéma ! et c’est pas non plus dû à un virus ! Mais on est en plein délire, là ! » « Ben je suis bien d’accord avec vous, moi, mais il leur faut un certificat, sinon, il ne pourra pas retourner en classe ! »

« Attendez, je me renseigne et je vous rappelle ».

 

8h30 : j’appelle l’école : « Bonjour, je voudrais parler à la directrice, s’il vous plaît » « La directrice est en classe verte » « Ah oui, c’est vrai, ma fille est avec eux. Bon, je vous appelle à propos de Nathanaël Platz » « Je vous passe sa maîtresse ! » (l’autre, parce que l’enseignante de la partie allemande est en arrêt de maladie, là, j’ai droit à l’enseignante française).

« Bonjour Madame Platz ! Oui, il faut un certificat pour Nathanaël » « Mais c’est que je ne peux pas vous donner de certificat, moi ! Je ne peux pas aller chez le médecin tous les jours : hier, il nous a dit que c’était un eczéma, et l’eczéma n’est pas contagieux, et puis, je suis sûre que c’est ça, ça va déjà mieux avec la crème qu’on lui a donnée. » « Vous savez, madame, je l’ai vu ce matin, et il avait toujours les joues aussi rouges qu’hier ! » (c’est ça, traitez-moi de menteuse, pendant que vous y êtes !)

« Non, ça va mieux, il n’a plus rien sur les jambes, le ventre… et puis, vous savez, l’eczéma, je sais ce que c’est, et là, c’est rien, c’est atopique, ça peut récidiver pendant plusieurs années, mais ce n’est pas contagieux ! » « Peut-être, mais il faut un certificat ! » (bon, ça va, j’ai compris…)

« Au fait, c’est quoi, ce « parvovirus B19 ? Ca sort d’où, ça ? »

« Ben c’est un virus tout à fait bénin chez les enfants, mais qui provoque des fausses couches chez les femmes enceintes au cours du troisième trimestre, et comme l’autre maîtresse connaît, elle a demandé conseil à son médecin traitant, qui a préféré l’arrêter pour lui éviter de prendre des risques… »

etc, etc.

 

Bilan du coup de fil : le certificat médical est obligatoire, sans cela Nathanaël n’ira plus en classe.

Je rappelle le médecin, qui voit rouge et me dit qu’il ne peut pas le faire, parce que pour le faire, il faut que je revienne avec Nathanaël, qu’on fasse des prélèvements, qu’on envoie le tout à Lyon pour les faire analyser, et que ça prendra une semaine au bas mot pour avoir des résultats, et que zut, y’en a marre des enseignants !

Vous en faîtes pas, docteur. Vous pouvez peut-être faire un certificat comme quoi la maladie qu’il a n’est pas contagieuse ? Comme ça, ça vous évite la paperasse, ça nous évite les prélèvements, l’attente, et à l’école, ils auront le certificat demandé, et il pourra retourner en classe demain ?

Il est d’accord, alors on est parti comme ça.

 

9 heures : il est temps que je me prépare pour aller à mon stage : c’est dans 45 minutes.

Allez zou, séquence maquillage, je me fais belle, et à 9h15, je suis prête. Je dois faire vite : je voudrais passer à la pharmacie pour aller chercher un nouveau tube de crème pour Nath, et au service de l’éducation pour inscrire Gobolovna au CP. Y’a pas de temps à perdre !

Je descends, et au moment où je veux sortir : pas moyen, la porte est fermée à clé ! Et où est la clé ? Pas là ! Chouette ! Je suis enfermée à la maison ! Et bien entendu, pas moyen d’appeler Jean-Luc : la veille, Vincent lui a donné un nouveau portable avec un nouveau numéro, parce que François partait en livraisons, et qu’il avait besoin du téléphone, et que Vincent aussi partait en livraisons, et qu’il avait donc lui aussi besoin du téléphone, et que jusqu’à présent, ils avaient réussi à se débrouiller avec seulement deux téléphones pour trois, mais que là, un troisième était devenu indispensable. Sauf qu’il avait oublié de nous donner… le numéro ! Impossible de joindre Jean-Luc.

J’appelle donc Vincent, puisque François (le père), est injoignable sur l’ancien numéro de Jean-Luc (le téléphone que j’avais la veille à Paris !). Et là, il me dit qu’il n’est pas du tout à Sélestat, qu’il ne peut pas m’aider, qu’il n’a pas le numéro de Jean-Luc sur lui, et que je n’ai qu’à passer par la fenêtre !

 

Après avoir vérifié, je me rends compte que, pour bête que ce soit, c’est néanmoins la seule chose possible. Je prends donc mon courage à deux mains, et j’ouvre la fenêtre. Premier problème : atteindre le balai qui se trouve debout, à droite de la table de jardin qui se trouve sous la fenêtre. Après quelques contorsions, j’arrive à attraper le balai, et je peux alors soulever un côté de la table pour enlever l’eau qui stagne dessus (vous savez, il a neigé en début de semaine, et l’eau qui stagne, ce sont les restes !). Je remets mes chaussons, parce qu’il est hors de question que je descende en chaussettes, et commence à tenter une sortie. Et que faire si la clé n’est pas dans la poche de ma veste ? Comment rentrer ? Comment fermer la fenêtre ? Comment appeler l’institut pour dire à Frédérique que je ne peux pas venir ? On verra après. Pour l’heure, j’ai réussi à sortir, à escalader le mur, à descendre sur la table en plastique qui miracle, ne s’est pas cassée (je suis donc moins lourde que je ne le pensais ???), à descendre de la table, et hop, sans perdre mes chaussons, à ouvrir la porte extérieure provisoire (celle qui ne ferme pas), à ouvrir la penderie dans le vestibule, et ô miracle, mes clés sont dans ma poche : J’ouvre la porte d’entrée, retourne dans la cuisine pour fermer la fenêtre, récupère mon sac, vite, ma veste, mes chaussures, et c’est parti. Je n’aurai pas le temps pour le service de l’éducation, mais la pharmacie, ça devrait être possible !

 

Et bien non. Parce que je croise Claire-Marie. Et on commence à papoter. Et au bout de quelques minutes, je me rends compte que si je n’active pas, ce n’est pas la peine d’y aller ! Je vais être en retard !!!

9h45 pétantes : me voici à Soleil Beauté, l’institut de beauté où j’effectue mon stage pour préparer le CAP. La journée a commencé il y a moins de 3 heures, et j’ai déjà l’impression d’y être depuis une éternité…

Heureusement, le stage se passe bien. Le premier soin n’est qu’à 10 heures, ce qui me laisse le temps de me poser, et le deuxième à midi, ce sera fini vers 13h30, reprise à 15 heures.

Pendant la pause, je découvre trois messages sur le répondeur : l’un de Jean-Luc, inquiet à propos de cette histoire de clés, à 9h30 (je devais être partie depuis moins de 3 minutes…), le deuxième vers 10h45, le médecin pour me dire que le certificat est prêt, ainsi que l’ordonnance, que Jean-Luc a oubliée la veille au cabinet médical, et le troisième de Jean-Luc, à 13h36, étonné que je ne sois pas encore rentrée (mais mon chéri, il me faut au bas mot 10 minutes à pieds, minimum, pour rentrer, et je finissais à 13 heures 30, mais j’en ai profité pour aller d’abord au service de l’éducation qui ouvre à 13h30, inscrire d’une part Noémi au CP, et d’autre part les deux grands au centre de loisirs pendant la première semaine des vacances de printemps, puisque je dois faire un stage…, et puis ensuite, je suis passée à la pharmacie pour les médicaments de Nath, et donc, je suis rentrée vers 14h15, j’ai donc maxi ½ heure pour manger, heureusement qu’il y a encore des choses à réchauffer pour midi, ça devrait suffire).

 

Je rappelle néanmoins Jean-Luc, histoire de le prévenir pour le certificat, parce que Noémi rentre ce soir de classe verte, et que je ne pourrai pas être partout, alors tant qu’à faire, s’il peut passer chez le médecin avant de rentrer à 17h30, ce serait bien…

 

18 heures, je suis de retour à la maison. Et là, bien sûr, je me dis que je suis à la bourre, puisque l’heure de retour de Noémi, c’est… 18 heures ! Eh ben non ! Pour une fois, je suis contente du retard : 18h15, ça suffit ! Chouette ! Un pipi, et c’est reparti pour un tour, direction l’école, cette fois. Allez, en voiture, Simone !

18h30 : tout le monde est enfin réuni, et Noémi nous raconte les péripéties de la classe verte transformée par la météo en classe de neige depuis mardi (50 cm en hauteur, fallait pas les rater !)

 

20h : les trois zouaves sont au lit, on va peut-être pouvoir passer une soirée en amoureux ?

(la suite au prochain épisode).


 

dimanche 20 janvier 2008

Questions de sommeil...

Au Gobolistan, nous sommes, comme chacun le sait, 5 habitants principaux (les multitudes d'autres sont en réalité de charmantes petites choses plus ou moins inanimées, plus ou moins humanoïdes, faites soit de tissu rembouré, et appelées dans le reste de la France et de l'Alsace "Peluches", soit en matière plastique, et dans ces cas-là, ça s'appelle des playmobyls. On a aussi des habitants "multipattes", avec soit 6, soit 8 pattes en fonction de l'espèce, à savoir insectes ou arachnides, mais ce n'est pas d'eux que je voulais vous parler, ni d'ailleurs des peluches ou des playmobyls, mais bien des habitants humains du Gobolistan, à savoir Gobolof, Gobolovna, Gobolovitch, BBK et Gobol.

 

Donc, ce soir, ce message traitera des questions liées au sommeil, questions fondamentales dans notre petit Etat indépendant, tant les rythmes des uns et des autres sont divers (vous imaginez si nous étions 8, ou pire encore, 14 ???).

 

Le sommeil est un état physiologique fondamental pour tout être humain normalement constitué, et la petite peuplade Gobolovienne ne fait pas exception à cette règle. Encore faut-il tenir compte des rythmes de chacun, et là, ça se corse sérieusement.

Nous allons commencer par Gobolof et Gobol, les deux adultes, normalement capables de s'adapter aux conditions et contraintes extérieures.

A force d'observation quotidienne, il est apparu le fait étrange suivant : un être humain adulte, en bonne santé, d'un poids et d'une corpulence normale, peut être réglé comme une horloge en ce qui concerne le sommeil, et ce quoi qu'on veuille faire pour modifier cet état de fait.

Par exemple, dans le cas de Gobolof, il est une certaine heure de la journée, en général après le repas de midi, où il est indispensable que ledit Gobolof change d'aspect, et de bipède vertical, passe à l'état de bipède horizontal, et ce pendant un laps de temps déterminé, compris entre 10 et 27 minutes, tous les jours.

Le même Gobolof redevient ensuite un représentant de l'espèce humaine version verticale, jusqu'à une certaine heure le soir, en fin de journée. Là, il se met à adopter un comportement immuable : Bol de lait, chocolat en poudre, puis transformation en espèce humaine version horizontale de nouveau. Nous observons donc chez le Gobolof une alternance verticalité - horizontalité tout à fait remarquable, puisque se produisant à heure fixe, tous les jours que Dieu fait. Il semble que le déclencheur de cette alternance soit un cocktail de boissons, ou plutôt deux boissons en alternance, à savoir le café, qui provoquerait un état horizontal tout à fait provisoire, mais uniquement aux alentours de 13 heures (moment appelé aussi "JT" dans le reste du pays), et le lait chocolaté, qui lui a pour conséquence supplémentaire de provoquer l'horizontalité, plus l'ascension : à cette heure-là, le Gobolof en effet ne devient horizontal que dans une certaine pièce du Gobolistan, située tout en haut du petit Etat indépendant, et qui a pour nom de code dans nos recherches "chambre à coucher". Il est à observer également que si les effets du café à midi et du lait le soir sont les mêmes, en revanche, le café du matin, que le Gobolof ne se prive pas de boire également, a des effets totalement inverses à celui de midi. Il y a donc là un mystère physiologique, que nous pouvons résumer de la manière suivante :

- le café le matin provoque l'effet inverse du café de midi.

Première hypothèse : le café du matin est-il le même que celui de midi ? Gobolof ajoute-t-il quelque chose ?

Après expérimentation, il apparaît qu'il n'y a au Gobolistan qu'une seule machine à café en état de fonctionner, et que Gobolof boit son café sucré, celui du matin comme celui de midi. En revanche, le café du matin est allongé avec un peu de lait froid, ce qui n'est jamais le cas de celui de midi.

Deuxième hypothèse : la quantité de café y est peut-être pour quelque chose ?

En effet, le matin, le Gobolof se sert du café identique à celui du midi, mais en quantité bien plus importante : à midi, il le boit dans une tasse, et le matin, il se sert d'un bol. Et le bol est loin d'être petit, vous pouvez croire un observateur attentif à ce détail depuis plus de 6 ans maintenant.

- le café du midi et le lait chocolaté du soir provoquent le même état horizontal, mais avec une durée d'horizontalité et un lieu de prédilection différents.

Première hypothèse : le lait chocolaté et le café du midi ont le même principe actif.

Cette hypothèse semblerait être la bonne, sauf si on inclus dans la logique le café du matin, qui lui, a l'effet inverse, et permet de faire passer le Gobolof d'un état horizontal à un état vertical. L'autre observation que l'on peut faire, c'est que le café du matin est allongé avec du lait non chocolaté, contrairement au café du midi, qui ne contient ni lait, ni chocolat, et que le lait chocolaté du soir, lui, ne contient absolument pas de café.

On peut donc émettre l'hypothèse suivante : le café et le lait chocolaté pris séparément ont le même effet, en revanche, le café et le lait pris simultanément provoquent un effet contraire à l'effet qu'ils ont pris séparément.

Autres indices à prendre en considération : le café du matin suit une nuit, le lait chocolaté du soir est accompagné généralement de biscuits (mais là, l'observation journalière montre que l'effet est toujours le même, quel que soit le type de biscuit ingéré avec le lait chocolaté), et le café de midi est souvent accompagné de chocolat seul (non dilué dans du lait), et solide, dit "à croquer", et qui est d'ailleurs souvent "au lait". Il semblerait donc que l'équation café + lait + post-nuit n'ait pas du tout le même effet que l'équation chocolat dilué + lait + pré-nuit, qui elle a le même effet que l'équation simple café + chocolat à croquer + lait.

A ce jour, nous n'avons toujours pas trouvé de réponse à cette épineuse question du changement d'état et de l'alternance horizontal-vertical chez le Gobolof. Il faut dire aussi que la recherche ne peut s'appuyer sur aucun élément de comparaison (aucune population "test"), le Gobolof étant un spécimen unique en son genre.

 

Passons donc à une autre partie fort importante de nos recherches comportementales : la Gobol.

Là encore, les recherches sont assez épineuses, vous allez comprendre assez vite.

La Gobol est la version féminine du Gobolof. Toutefois, les deux spécimens sont très dissemblables, notamment en ce qui concerne cette alternance vertical-horizontal, que l'on observe également chez la Gobol.

Seulement, cette alternance ne se vérifie pas systématiquement, comme c'est le cas chez le Gobolof. La Gobol ne change pas d'état à heure fixe : au contraire, son état semble dépendre étroitement de la présence du Gobolof, et non pas de l'heure de la journée. De plus, contrairement à ce qui a été observé chez le Gobolof, nous ne parvenons pas à établir de corrélation entre ce que la Gobol boit ou mange, et son état vertical ou horizontal. En fait, il semble qu'il n'y ait aucun comportement logique à l'état vertical ou horizontal de la Gobol. Nous avons pu observer par exemple, certains soirs, un Gobolof horizontal et une Gobol verticale. Nous avons pu voir aussi nos deux spécimens soit verticaux simultanément, soit horizontaux simultanément, et ce quelque soit le moment de la journée. Une constante cependant : en l'absence de Gobolof, il semble que la Gobol soit plus longtemps et plus tardivement verticale. Et ce même au milieu de la nuit, moment privilégié en présence de Gobolof pour que la Gobol adopte elle aussi la position horizontale. L'état de nos connaissances et de nos observations ne nous permet pas d'émettre plus d'hypothèses, et surtout pas de les vérifier, à l'exception de celle-ci : la position verticale ou horizontale de Gobol ne semble dépendre ni de l'heure, ni de la luminosité, mais liée au moins en partie à la proximité de Gobolof.

 

Les petits Goboloviens maintenant. On aurait pu penser que la génétique aidant, nous retrouverions des comportements similaires chez les trois spécimens observés : Gobolovna, Gobolovitch et BBK. Eh bien non. Pourtant, les choses avaient plutôt bien commencé, tant les comportements dans la petite enfance de Gobolovitch et Gobolovna étaient semblables. Par exemple, de leur naissance à six mois, les deux "enfants", puisque c'est leur nom scientifique, étaient en position horizontale la plupart du temps. Mais nous avons dû distinguer là deux états différents, ayant des causes différentes. Le premier état, nous l'appellerons "veille", et le deuxième état, appellé "sommeil". A l'exception des moments expressément dédiés à l'alimentation et au portage, les deux enfants étaient, au cours de leurs six premiers mois de vie, toujours en position horizontale, mais alternativement en état de "veille" et de "sommeil". L'alternance elle-même était la même, avec un ratio quasiment identique sur vingt-quatre heures, durée étalon choisie pour noter nos observations. Nous avons pu observer durant cette période, chez les deux enfants, une période de "sommeil" de huit heures environ sur vingt-quatre heures, période assez étrange et compliquée à observer, puisque assez discontinue. Cette durée correspond d'ailleurs grosso-modo à la durée de ce même état "sommeil" chez un spécimen adulte comme le Gobolof, la Gobol ayant visiblement une durée de "sommeil" plus courte, autour de 7 heures environ. Cependant chez un adulte, il est intéressant d'observer que cette période est le plus souvent continue, contrairement à ce que nous avons pu observer chez les deux petits Goboloviens. L'un des indices permettant de faciliter la distinction entre "veille" et "sommeil" est le niveau sonore qui accompagnait systématiquement, tant chez Gobolovitch que chez Gobolovna d'ailleurs, l'état de "veille".

Lors de la naissance de BBK, les observations ont été radicalement différentes : en effet, ce specimen passait certes autant de temps en position horizontale, mais l'observation a montré que la quasi-totalité de ce temps était en mode "sommeil", soit environ 20 heures sur 24. Quel contraste ! D'autre part, l'état de "veille" n'était pas systématiquement associé à une augmentation du niveau sonore ambiant, ce qui permet de supposer que nos observations ont pu être sous-évaluées à certains moments, mais nous ne savons pas dans quel sens : BBK était-elle en "veille" ou en "sommeil" quand nous ne l'entendions pas ???

Les observations nous ont obligés à nous renseigner sur cet état "sommeil" chez le bébé, et les pontes en ce domaine, appelés "sages-femmes" ou "médecins", ou encore "puéricultrices", nous ont tous dit la même chose (pour une fois, ils étaient tous d'accord !), 8 heures de sommeil sur 24 chez un enfant de 6 mois, ce n'est pas normal du tout. En fait, l'observation faite sur BBK (20 heures en "sommeil" sur 24) est bien plus proche de ce qu'on observe dans le reste du pays, en dehors du Gobolistan. Il nous a fallu nous rendre à l'évidence : quelque chose avait forcément troublé le sommeil des deux aînés, quelque chose que n'avait pas eu le troisième spécimen. Il nous a donc fallu revoir toutes nos observations, nos notes, et là, en relisant les descriptifs de l'époque, nous avons trouvé le facteur qui semble expliquer une telle différence : Gobolovna et Gobolovitch avaient tous deux des marques sur tout le corps, entre 0 et 1 an. Les dossiers médicaux des enfants ont montré qu'ils avaient souffert de la même maladie au même âge, et cette maladie a pour nom ECZEMA.

Toutes nos observations avant un an ont donc été faussées, et ne doivent pas entrer en ligne de compte pour nos conclusions, si ce n'est celle-ci :

- l'eczéma peut altérer ou modifier le sommeil d'un petit Gobolovien. Les réactions des Goboloviens adultes à plusieurs attaques virales ou bactériennes, ou autres, nous ont montré que cette acception se révélait vraie aussi pour eux, ce qui permet de généraliser : le sommeil d'un Gobolovien, quel que soit son âge, peut être altéré ou modifié par une maladie, quelle que soit la cause de cette maladie.

 

Il nous a donc fallu faire le deuil de l'observation du sommeil chez le Gobolovien de moins d'un an, pour s'attaquer à celui du Gobolovien entre 1 et 5 ans. Actuellement, nous avons donc trois specimens qui entrent dans cette catégorie en même temps, ce qui permet des observations simultanées, donc facilement comparables, contrairement à ce qui s'est passé pour la période 0-1 an, où aucun spécimen n'était au même niveau de développement en même temps qu'un autre.

Nous avons donc trois types de comportements différents :

- la Gobolovna, spécimen féminin âgé de 5 ans et quelques mois, qui a une seule alternance verticale-horizontale par 24 heures. Chez cette enfant, cette alternance correspond à des horaires très précis, à savoir 7 heures du matin - 8 heures du soir. C'est le cas le plus simple.

- le Gobolovitch, spécimen masculin âgé de 3 ans, présente lui une alternance horizontale-verticale qui dépend de plusieurs facteurs : l'heure du jour et de la nuit, et le jour de la semaine. Dans le détails, cela donne :

 les lundi, mardi, jeudi et vendredi : deux alternances : une l'après-midi après le déjeuner, l'autre le soir, où le changement d'état se produit au plus tard à 20 heures, comme pour Gobolovna.

 les mercredi, samedi et dimanche : une seule alternance, comme pour Gobolovna.

Il semblerait qu'une première explication de cette différence de rythme au cours de la semaine pusse trouver sa source dans les lieux de socialisation fréquentés par le Gobolovitch au cours de sa vie "verticale", à savoir l'école, pour le lieu le plus souvent fréquenté. Quant à savoir si c'est le lieu lui-même qui provoque ce changement d'état, ou si c'est une coutume locale, nous n'avons pour l'heure que la possibilité de faire des suppositions.

Un fait est à noter cependant : Gobolovitch et Gobolovna fréquentent le même lieu (sus-nommé "école"), mais celui-ci n'a pas les mêmes conséquences sur leur état vertical ou horizontal. D'ailleurs, des observations attentives ont pu démontrer que tous les individus du même âge que Gobolovitch et présents au même moment que lui à l'école présentaient ce même changement d'état. On peut donc tenter une hypothèse : ces enfants seraient-ils victimes d'une maladie ? Y aurait-il quelque chose à l'école qui provoque cet état ? Une observation plus attentive a montré que cela n'était pas le cas des enfants plus âgés, même s'ils fréquentent la même école. Il pourrait donc s'agir soit d'une hallucination collective ne touchant que les plus jeunes, ou encore d'une maladie contre laquelle ils ne sont pas encore immunisés, ou bien d'une activité spécifique à ces enfants en particulier. A ce jour, nous n'avons pas encore pu déterminer les raisons exactes de ce changement d'état.

Ceci dit, chez le Gobolovitch, l'heure de la fin de la plus longue période horizontale, à savoir le matin, est assez étonnante : en général, le changement d'état se produit vers 6 heures (soit une heure plus tôt que pour Gobolovna). Nos observations ont montré récemment qu'un Gobolovitch pouvait être déréglé : la nuit dernière, il s'est mis en position horizontale à 19 heures, et l'alternance s'est produite bien plus tôt que d'habitude, à savoir 1 heure du matin (nous avons pu remarquer d'ailleurs que c'est exactement l'heure à laquelle Gobol avait décidé de passer de la verticale à l'horizontale, et que cette décision a dû être différée de quelques minutes pour permettre à Gobolovitch de rester à l'horizontale, ce qu'il a fait jusqu'à 6 heures du matin, alors que Gobol, elle, ne s'est remise à la verticale qu'à 9 heures).

- la BBK est un spécimen féminin âgé de presque 14 mois, et a un rythme sensiblement différent : l'alternance est bien plus fréquente, avec une période longue comme pour les autres, correspondant chez les autres êtres humains à ce qu'on appelle la "nuit" (d'ailleurs, on dit aussi "faire ses nuits", d'un bébé qui dort plus de 6 heures d'affilée, faut-il voir dans ce rapprochement sémantique une explication à ce phénomène d'alternance horizontale-verticale ?), et des périodes de "sommeil" horizontal plus courtes, soit le matin, soit l'après-midi, soit avant la nuit, soit les deux ou les trois dans la même journée, auquel cas le ratio "sommeil"/"veille" se rapproche étrangement de ce qu'il était avant 1 an chez BBK.

A ce propos, il est à noter que Gobolovitch est le seul parmi tous les spécimens observés au Gobolistan à adopter un état de "sommeil" non exclusivement horizontal. A savoir que Gobolovitch peut adopter cet état en position "verticale-assise", ce qui est un phénomène suffisamment étrange pour être rapporté dans cette étude. Cette situation se produit la plupart du temps en fin de journée, et ce quand dans cette même journée, Gobolovitch n'a eu aucun moment horizontal, soit en général le mercredi, le samedi ou le dimanche, et ce à heure fixe, c'est-à-dire après 19 heures, et toujours avant 20 heures. Il semble donc que cet étrange fait soit lié à deux facteurs : une absence d'alternance, que nous nommerons "a-alternance", du préfixe privatif "a-" et de "alternance" d'une part, et une heure donnée, à savoir 19 heures d'autre part.

 

Après ces observations, nous pouvons tenter une conclusion : il semblerait que les Goboloviens soient un sous-groupe de l'espèce humaine, et qu'à ce titre, ils ont des coutumes que l'on pourrait sans doute retrouver chez d'autre populations. Ici, la particularité tient au fait que tous les membres de cette tribu ont des rythmes différents, et on peut donc classifier ces membres en sous-catégories. Nous avons identifié d'une part les couche-tôt-lève-tôt, à savoir Gobolof et Gobolovitch, d'autre part les couche-tard-lève-tard, dont font partie Gobol et Gobolovna, et gros dormeurs, avec pour unique représentante BBK (à l'heure où je vous parle, cela fait pas loin de trois heures qu'elle est au lit, et qu'elle dort à poings fermés). Nos lecteurs auront sans doute noté le raccourci employé : nous avons décidé de cesser d'appeler cette alternance verticale-horizontale "verticale-horizontale" pour employer un terme plus commun, plus connu aussi, et plus compréhensible donc par nos lecteurs : l'alternance veille-sommeil, ou tout simplement "dormir", "pioncer", "en écraser", "se pieuter", "aller au plumard", "aller au lit", "aller au dodo", "filer sous la couette", etc., qui est somme toute une activité physiologique de la plus haute importance, et que nous ne devions pas négliger pour tenter de comprendre les Goboloviens.

 

(pour tous renseignements complémentaires, données chiffrées et statistiques, merci de vous adresser à l'INEG, l'Institut National des Etudes sur le Gobolistan).

samedi 10 novembre 2007

Poux Wars Episode IV : Un nouvel espoir : l'Arme Fatale !

 

 

Eh bien oui, nous avons REUSSI !!!!!

 

En fait, après le traitement d'il y a deux mercredis, il n'y avait plus rien dans mes cheveux. J'ai donc vérifié les cheveux de Noémi, et là non plus, rien. J'ai continué à regarder, peigner, épouiller... rien.

Pleine d'espoir, j'ai attendu une semaine, et de nouveau épouillé pour savoir si les poux étaient revenus. Mais non ! Rien ! Ni dans mes cheveux, ni dans ceux de Noémi. Que faire, alors ? Refaire un traitement ???

 

J'y ai renoncé. Je me suis dit que s'il n'y avait pas de poux vivants dans les cheveux, un traitement mécanique, qui agit en asphyxiant les poux, n'aurait absolument aucune utilité, puisqu'il n'y avait rien à asphyxier.

J'ai donc attendu encore. Jeudi, à J+8, rien. J+9, rien.

Et puis, à J+10, je me suis décidée à aller chez le coiffeur (parce que le lendemain, dimanche, je devais partir à Paris en formation, et que je tenais à avoir les cheveux plus courts, je vous expliquerai très bientôt pour quelles raisons). Et là, je savais que le verdict serait net, définitif et sans retour : soit les poux étaient partis, et la coiffeuse me coupait les cheveux, soit ils étaient encore là, et je devrai renoncer à une coupe à ce moment-là.

Et comme l'oeil d'une coiffeuse est plus aguerri que le mien...

 

Je me suis donc aventurée jusqu'au salon de coiffure, et j'ai retrouvé la jeune fille qui m'avait coiffée 5 mois auparavant. J'ai mis ma tête entre ses mains, et elle a fouillé... et n'a rien trouvé !

 

VICTOIRE TOTALE sur l'envahisseur.

 

La bataille est finie... jusqu'à la prochaine. Mais maintenant, au Gobolistan, on a toutes les armes qu'il faut pour repousser l'envahisseur, la principale étant POUXIT, la seconde étant le peigne, et le tout doit être manié avec dextérité, précision, et beaucoup, beaucoup, beaucoup de patience. Ceci dit, les Poux ont été vaincus, pour cette fois. ALLELUIA !

mercredi 24 octobre 2007

Poux Wars Episode III : Le retour des Poux

Donc, à la rentrée, plus un poux ne venait gratouiller la tête de Noémi (ni la mienne, d'ailleurs !). Nous en avions joyeusement conclu que cet épisode douloureux était derrière nous, et juré qu'on ne nous y prendrait plus.

Les deux première semaines de classe, forte de mes belles résolutions, c'était passage de peigne obligé dans les cheveux de Noémi, de Nathanaël, et accessoirement des miens aussi (faut pas pousser, s'ils ont pu venir une fois, c'est que j'ai une tête à poux, contrairement à mon cher et tendre qui lui, a une tête à "papoux").

Bref, donc, pendant deux semaines, tous les matins, c'était le peigne. Et puis, deux semaines plus tard, voyant que le peigne était toujours "cleen" le matin, je me suis dit que c'était au "poil", et que les poux étaient partis, la menace avait été vaincue.

 

C'était sans compter les bisous entre copains, les prêtages de cagoules, d'écharpes entre copines...

 

Las, il y a deux semaines, (soit au début du mois d'octobre), je surprends ma Noémi en plein grattage.


Mon sang ne fait qu'un tour. Je m'empare du peigne... et je découvre dans ses cheveux une bonne vingtaine de poux bien vivants, bien frétillants... et donc forcément des tas de lentes... Je me revois avec les lotions, le peigne...

Non. C'est décidé, nous avons gagné la première bataille, nous gagnerons aussi celle-là, et aussi la guerre, tant que nous y sommes.

Reprise donc, tous les matins, et tous les soirs, de l'épouillage conscienceux et systématique. On les aura !

 

Au bout de deux semaines, donc, les poux se font rares chez moi (oui, moi aussi, pour le coup, j'en ai attrapé... évidemment...). Je me dis, devant les souffrances du matin (Noémi a de très jolis cheveux, mais tellement souples qu'ils s'emmêlent aussitôt qu'elle passe la main dedans pour les écarter de ses yeux... autrement dit, ils sont tout le temps emmêlés...), je me dis donc qu'il y a une solution : couper les cheveux. Et ça tombe bien, parce que je dois aussi aller chez le coiffeur. On va donc régler le problème en deux temps et trois coups de ciseaux, et hop, rendez-vous est pris chez le coiffeur.

 

Ce rendez-vous, c'était pour aujourd'hui, 17h30. Jean-Luc rentre donc plus tôt pour surveiller les deux plus jeunes pendant que j'emmène Noémi se faire couper les cheveux. 17h30 pétantes, nous voici donc chez le coiffeur, et là, la coiffeuse me demande ce qu'il faut faire à la petite. Je lui réponds qu'il lui faut une coupe, parce que le peigne à poux lui fait trop mal.

Malheur ! j'ai prononcé le mot tabou en salon de coiffure : POUX.

 

Examen minutieux de la chevelure de Noémi : "Elle a des lentes !" (ce qui sous-entend bien sûr qu'on ne peut pas lui couper les cheveux, parce que ça risquerait de contaminer le salon...). "Et vous ?" "Ben moi, j'en ai eu, mais je crois bien qu'il n'y en a plus, en tout cas, je n'en trouve plus quand je les cherche..." "Bougez pas, je vais regarder", me répond gentiment la demoiselle. Je m'assieds donc dans le fauteuil, et là, elles se mettent à trois pour fouiller dans mes cheveux. "Euh... il y a des lentes aussi, c'est vrai que c'est difficile, parce que vous avez aussi une dermite (oui, ça je sais, c'est d'ailleurs pour ça que je ne sais jamais si ce sont les poux qui grattent ou si c'est à cause de la dermite), mais vous voyez, les lentes, elles ne se décollent pas des cheveux (ça aussi, je le sais, parce que j'ai à faire à elles depuis plus de 4 mois maintenant, c'est bon, je connais leur tactique : elles me mettent de la super-glu dans les cheveux, ensuite elles se laissent emprisonner dedans, et la seule chose à faire, c'est attendre qu'elles éclosent pour les éliminer avant qu'elles ne deviennent adultes et se mettent à pondre elles aussi). Désolée, madame, mais on ne peut pas vous couper les cheveux aujourd'hui. Il faudra revenir d'ici 2 semaines, à peu près" "Dites, vous êtes sûres, là, parce que vous savez, dans moins de deux semaines, je dois être à Paris, et là, ça aurait été très bien que je puisse me faire couper les cheveux avant..." "Revenez à la fin de la semaine prochaine, on vérifiera, et on verra si on peut vous les couper...".

 

Eh ben voilà. Les poux ont donc trouvé des alliés inattendus pour me pourrir la vie : les coiffeurs !

Mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Ma vengeance sera terrible.

Le conseil de guerre s'est réuni à la pharmacie toute proche. Petit rappel des forces en présence :

- Les Poux, et le coiffeur d'un côté ;

- Les Platz, la pharmacienne et la machine à laver le linge de l'autre.

 

Côté Platz, on fourbit les armes. Au programme de ce soir : Epandage de Pouxit dans les cheveux de Noémi et les miens (même si en l'absence de Poux adultes, je doute de l'efficacité du produit, mais qui sait, ça tuera peut-être aussi quelques lentes).

Demain : Lever des combattants à 6 heures. Les troupes seront passées en revue puis au shampooing pour enlever le produit (histoire de ne pas arriver avec les cheveux trop gras, ni à l'ISSM, ni à l'école). Demain soir : Les lits seront tous défaits. Tous les draps, taies d'oreillers, serviettes de toilette et vêtements passeront à la machine à laver. La première tournera dès demain matin, après le shampooing, avec les vêtements d'aujourd'hui.


Samedi soir, on recommencera, en épandant de nouveau du Pouxit dans les cheveux de Noémi (et les miens, malgré les réticences déjà exprimées). Le fabriquant dit 7 jours entre deux traitements, mais l'expérience m'a appris que si on attend 7 jours, les lentes qui étaient déjà là lors du premier traitement et qui n'ont pas été tuées par le produit auront éclos dans la semaine, et donné de nouveaux poux qui, pour certains, seront déjà adultes et auront déjà repondu avant le deuxième traitement. Les lentes seront toujours vivantes, et il faudra à nouveau tout recommencer dans 2 semaines. Donc, on change les règles : un traitement complet tous les trois jours pendant deux semaines. Ca devrait les calmer et leur ôter l'envie de recommencer.

 

Dans deux semaines, donc, vous aurez droit au récit de la Saga Poux Wars Episode 4. Le titre de l'épisode sera-t-il : "Un nouvel espoir : l'arme fatale" ? ou bien "La revanche des Poux" ? Vous le saurez en lisant notre Saga, prochainement en technicolor dans "Les News des Platz : La Gobolskaïa du Gobolistan" (une superproduction sponsorisée par Pouxit, Itax, Parasidose, Poux Apaisyl, avec le concours de "La Coifferie" pour les rebondissements, et de la "Pharmacie du Cygne", que nous remercions pour avoir mis à notre disposition le savoir-faire de sa très gentille conseillère es-destruction massive de poux) (Il va falloir que je m'interroge : tout cela ne serait-il pas qu'une simple question de gros sous ? Car en fait, qui m'a décidée à retourner voir la pharmacienne ? la coiffeuse ! Et si tout ça, c'était magouille et compagnie ? Et si la pharmacienne était une traitre à la cause de l'envahisseur, et qu'elle ne me fournissait pas réellement toutes les informations susceptibles de me permettre de gagner cette guerre ???? Et si le fabriquant du produit disait 7 jours pour être sûr et certain que les poux seront revenus d'ici là, et qu'il faudra tout recommencer 7 jours plus tard ? Après tout, ça se tient, comme ça, le fabriquant, il vend plus de produit... Les Platz seront-ils seuls contre tous ? Parano, quand tu nous tiens...)

 

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La suite au prochain épisode.

samedi 20 octobre 2007

Aventures strasbourgeoises

Ce mercredi 17 octobre, Nathanaël avait rendez-vous chez le cardiologue pour un bilan cardiaque (souvenez-vous, il avait subi une opération à 1 an moins 1 jour, à Strasbourg, pour ouvrir une petite valve qui empêchait son coeur de fonctionner normalement, ou plutôt, le coeur fonctionnait bien, mais le sang avait du mal à en sortir, puisque la valve qui commande la sortie du sang du coeur vers les poumons était resserée. La pression et le débit sanguin étaient trop élevés, et notre petit bonhomme s'économisait sérieusement, parce que le moindre effort était visiblement un trop grand effort. Donc, à 364 jours exactement, Gobolovitch et moi étions entrés à l'hôpital pour que le cardiologue puisse "déboucher", c'est à dire amener jusqu'à la valve, en passant par la veine cave, un petit ballonnet (et une caméra, histoire de voir ce qu'il faisait). Le but était de gonfler le ballon dans la valve, puis de le dégonfler, de le ressortir (ainsi que la caméra, cela va de soi), et d'espérer très fort que ça suffirait pour remettre Gobolovitch sur pieds illico.

Contrôle le lendemain, de 4,2 m/s (débit et pression du sang à la sortie du coeur) avant l'opération, il était passé au lendemain de l'opération à 1,9 m/s (la normale, c'est entre 1 et 2 m/s), ce qui a fait dire au cardiologue : "Tout a bien fonctionné, on se retrouve dans 3 mois pour un contrôle". Trois mois après, en mars 2006, donc, contrôle, et là, la pression était inchangée : 1,9 m/s. "Très bien, c'est parfait, revenez dans 6 mois !"

Six mois plus tard, en septembre 2006, rebelotte, et là, le résultat tombe : "1,9 m/s ! Tout va très bien, revenez l'année prochaine !"

L'année prochaine, c'était donc mercredi (oui, je n'ai pas pu avoir de rendez-vous pile en septembre, c'était donc pour mi-octobre.

Contrôle : 1,4 m/s !!!!! Ouah ! Votre enfant ne peut pas aller mieux, il peut tout faire ! même de la plongée sous-marine ! (Euh pour la plongée, on va peut-être attendre un tout petit peu, il rentre tout juste en maternelle, là, et puis il a peur de l'eau, encore...).

 

Donc pour rassurer les lecteurs, sachez que le petit coeur de Nathanaël va on ne peut mieux.

 

Mais nos aventures strasbourgeoises, c'était quelque chose ! Parce que pour aller jusqu'à la rue Simonis où se trouvent le docteur, son cabinet et ses appareils à échographie, ce fut tout un périple !

 

D'abord, il a fallu déposer Noémi chez Paul, pour lui permettre d'aller à son cours d'éveil musical à 9 heures et demi. Parce que c'est pas parce que Nathanaël va voir le médecin que la vie des autres doit s'arrêter.

Départ donc de la maison un peu avant 9 heures, arrivée chez Paul à 9h précises, retour sur le parking de la gare avec Nathanaël, on gare la voiture, et la grande aventure commence.

9h12, j'arrive sur le quai, pour apprendre, bonne nouvelle, qu'un train part à 9h14 pour Strasbourg, il arrivera à 9h35 (20 minutes, c'est top !). Chouette, ça évitera d'attendre pendant 1/2 heure dans le froid.

9h35, arrivée à Strasbourg, direction les toilettes (parce que Nathanaël a refusé d'y aller dans le train, et comme je suis méfiante, je demande à voir, et de toute façon, les toilettes, c'est obligatoire). Et là, je donne 50 cents à la dame-pipi, "c'est pour une personne ?" "Oui, 1 seule" (de toute façon, je n'avais pas vraiment plus que 50 cents dans mon porte-monnaie). Et là, je découvre que Nathanaël n'a pas pu se retenir, et qu'il a commencé joyeusement à faire pipi dans sa culotte. Chouette, et je n'ai rien pour le changer, bien sûr... Bon, c'est pas grave, au moins, il saura ce que c'est qu'être mouillé, n'avait qu'à aller aux toilettes dans le train, après tout. Et puis, c'est pas non plus l'inondation, hein...

 

9h45, je vais à la recherche d'un plan des bus et tram de Strasbourg. Je sors sur le parvis, pour m'apercevoir que la guérite installée pendant les travaux a disparu, une fois les travaux finis. C'est bien ma veine...

Je me dirige vers le sous-sol où je sais que les tram passent, mais le problème qui se pose est le suivant : quel tram prendre ? Et pour où ? Et je descends où ? Et après, je dois prendre un bus ???

Je trouve des agents de police, qui me disent d'aller voir à l'office de tourisme.

Vite, le rendez-vous est à 10h45, j'ai un peu moins d'une heure, va falloir accélérer le mouvement.

Il est déjà 9h55, et il y a foule devant le guichet. Je patiente, et je finis par savoir ce que je veux : on me donne gentiment un plan avec le trajet que nous devons faire : Tram A direction Lixenbuhl, arrêt Etoile Bourse, puis bus 14/24, arrêt Neudorf Marché. Chouette. Reste plus qu'à trouver un ticket.

Justement, j'ai vu des distributeurs, à l'extérieur de la gare. 10h10, ça commence à être juste, mais ça va, j'ai le temps.

J'arrive devant le distributeur, et là, je me rends compte que je n'ai plus assez de monnaie (la dame à l'office de tourisme m'a dit 2,50€ pour un aller-retour, et avec le pipi de tout à l'heure, je n'ai plus qu'un euro...). Qu'à cela ne tienne, je vais bien trouver de la monnaie quelque part. J'interroge mes voisins, personne n'a de monnaie sur 5 euros. Je retourne dans la gare, interroge à la boulangerie "Non, on n'a pas de monnaie, on ne peut pas ouvrir la caisse !" (m'étonnerait beaucoup, ça, mais bon, je n'ai pas le temps de parlementer). Je me dirige vers l'office de tourisme, tout à côté, et demande si... Mais non, bien sûr. Pas de monnaie. "Allez au guichet ! vous pourrez acheter un billet sans avoir besoin de monnaie". Et le guichet il est où ? "Hall Nord, vous sortez, vous prenez à droite, vous re-rentrez, et vous allez au guichet".

Sauf que... tous les guichets sont occupés, et que... ce ne sont que des guichets SNCF. Et la SNCF, elle vend des tickets de tram de la CTS ? m'étonnerait beaucoup, ça. J'interroge les passants : "Un peu monnaie, sur 5 euros ?" "Allez au guichet" ! Euh... Non, ça fait quand même 40 minutes que je suis là, et je n'ai pas le temps de faire la queue ! Je veux pas vous voler, je veux juste de la monnaie ! "Garde la paix, madame !"

Ouais...

 

Ah ! Un café ! Là, y'aura de la monnaie ! 10h15. "Pouvez me faire de la monnaie sur 5 €, s'iou plait ?" "Non, on n'a pas de monnaie, ici, je dois même demander à mes clients de me donner des pièces..."

Désespoir... et rage ! Pas moyen de trouver de la monnaie ! Je commence à piquer ma crise... et là, trois hommes en train de prendre leur café me voient à bout de nerfs, et finissent par trouver au fond de leurs poches 3 petites pièces de 2 et 1 euros... Je leur donne mon billet, en les bénissant au fond de moi, et en les remerciant chaleureusement de me sauver la vie ainsi. Et hop, j'embarque Nathanaël direction le tram.

Descente des escaliers, on a failli se tromper de quai (merci le plan de l'office de tourisme). Je prend un billet sur le quai (parce que quand j'ai essayé au distributeur, il m'a demandé d'inserer ma carte Badgéo. C'est quoi, une carte badgéo ? Pas grave, puisqu'il n'y a pas moyen d'acheter un billet, je comptais voyager sans titre de transport, mais que vois-je là, sur le quai ? Un distributeur ! Chouette !)

 

Et c'est parti pour le tram. Le reste est une petite partie de plaisir : une fois qu'on y est... 10h45, je sonne à la porte du cabinet du cardiologue : à l'heure, à la minute près. Trop top !

 

(mais je ne remercierai pas la CTS : ils ne sont pas fichus d'annoncer clairement où se trouve leurs guichets, ni même s'il y a un guichet quelque part...).

 

Et vive l'organisation des transports en commun à Strasbourg...

mercredi 17 octobre 2007

Poux Wars Episode II : Les Platz contre-attaquent


Donc, nous en étions au retour des vacances, et le champ de bataille avait été laissé libre aux Poux, qui menaient à l'époque une lutte acharnée pour le maintien de leurs positions dans la place forte localisée très précisément sur le cuir chevelu de Gobolovna.

Au retour des vancances, j'ai fait une énième tentative à la pharmacie, et j'ai profité de la maladie de Gobolovitch et de la visite mensuelle de BBK pour demander à l'éminent représentant de la Faculté de nous fourbir des armes plus sophistiquer pour parvenir à l'extinction de l'espèce incriminée. Après examen de ma propre tête (puisque moi aussi, à force de parler des Envahisseurs, je commençais ou plutôt, je recommençais à en sentir les symptômes gratouillants), il m'a rassuré : en ce qui me concerne, point de poux, mais une belle dermite ! Chouette. Ca faisait longtemps qu'on n'en avait plus entendu parler, de la dermite. Voyons voir. La dernière fois, ça devait être en mai 2005, si je ne m'abuse, et c'était pour Gobolovitch... Qu'à cela ne tienne, je vais donc traiter ma tête pour la dermite. "Mais quand même, docteur, vous n'avez rien contre les Poux ? J'ai fait Itax, Poux Apaysil, Paranix, Parasidose, Pouxit... 3 fois, Pouxit !" "Non, Pouxit, c'est très bien, continuez. Il faut persévérer, vous les aurez !" (Oui, on y croit très fort, heureusement, parce qu'il paraît qu'il n'y a que la foi qui sauve...).

 

Donc, retour au Gobolistan, et reprise des hostilités après la trève médicale.

Et là, éclair de génie (oui, je crois qu'on peut dire ça), de Gobol : Puisque le problème est qu'ils se reproduisent plus vite que l'action des traitements, on va les avoir à l'usure.

Donc, on reprend Pouxit pour la énième fois.

Temps de pose : 8 heures. Heureusement que ce sont les vacances.

Le soir : shampooing pour Gobolovna. Et comme Pouxit, c'est une arme mécanique (comprenez un système huileux sensé engluer les envahisseurs et les empêcher de respirer, et par répercussion, les tuer), ben c'est dur, très dur à laver. Ca ressemble un peu à de la mélasse au niveau de la texture, ou à de l'huile d'olive, au choix, mais sans odeur, et surtout incolore. Donc, ce n'est pas un mais 2 shampooings qu'il faut faire pour enlever tout cela de la tête de Gobolovna. Allez, courage, après, j'ai un plan. Une tactique. Imparable.

 

Par contre, mon plan, s'il est sûr de marcher, va prendre du temps. Beaucoup de temps. Mais on vaincra.

 

Donc, du plan, on passe à l'action. Sitôt le shampooing terminé, je reprends l'autre arme mécanique à ma disposition : le peigne fin anti-poux. Et j'enlève les bestioles qui ont succombé. Ca, c'est la partie la plus simple : on enlève les cadavres. La prochaine étape va être plus délicate : persuader Gobolovna de l'obligation de répéter cette opération tous les matins et tous les soirs jusqu'à élimination totale. Un génocide, quoi. Parce que c'est simplement ça : enlever manuellement les poux de la jolie tête de Gobolovna, et éliminer les lentes au fur et à mesure qu'elles écolosent, pour les empêcher de devenir adultes et de se reproduire. Temps estimé : 10 minutes d'épouillage deux fois par jour en traitement d'attaque. Puis, la deuxième semaine, même traitement une fois par jour (matin ou soir, en fonction du temps qu'on a, parce que je ne suis pas totalement hors de la réalité non plus : dans une semaine, c'est la rentrée, ce qui veut dire aussi que le grand cirque va recommencer, avec les allers-retours à l'école. Il faut donc éliminer les Poux au plus vite. Une semaine. J'ai une semaine.

 

Et ça marche. Au bout d'une semaine, la veille de la rentrée donc, le terrain est dégagé, le champ de bataille est limpide et clair, débarrassé des cadavres et autres survivants. Les lentes (futurs guerriers) sont elles aussi en passe d'être éliminées. On tient le bon bout !

Prochaines tâches : vérification quotidienne pour prévenir toute récidive.

mercredi 10 octobre 2007

Poux Wars : Episode 1 : la menace invisible

La guerre des Poux a commencé au Gobolistan au mois de juin 2007. La première bataille a duré un peu plus de deux mois, s'est donc terminée juste avant la rentrée. Mais il vaut mieux commencer par le commencement.

 

Il était une fois, dans un petit royaume Alsacien, le Gobolistan, petite enclave au coeur de la belle ville de Sélestat, une petite fille, l'une des cinq membres de la Gobolskaïa, qui revint un jour de l'école en se grattant furieusement la tête. Gobol sa maman commençait à s'inquiéter, parce que depuis quelques temps, à l'école de Gobolovna, on entendait parler d'envahisseurs, une armée sournoise et belliqueuse, les Poux. Seulement, au Gobolistan, pour l'instant, personne n'avait jamais eu à lutter contre cette armée, et donc personne ne savait vraiment comment faire...

Seulement, ce mercredi matin, il fallut se rendre à l'évidence : malgré toutes les précautions prises, l'ennemi avait réussi à passer les lignes de défenses, la place forte avait été envahie, il fallait préparer la riposte, et en attendant d'avoir forgé les armes, il fallait parer au plus pressé.

Tout d'abord, voir l'état des troupes, et donc examiner en détail les cheveux de Gobolovna, ainsi que ceux de son frère Gobolovitch, et pourquoi pas aussi ceux de la maman Gobol. Après tout, nul ne pouvait savoir depuis quand l'envahisseur était parmi nous, il convenait donc de tout reprendre à zéro afin de se familiariser avec l'ennemi à abattre.

Oui mais voilà, ce jour-là était donc un mercredi, et Gobolof, le papa, était au travail. D'autre part, BBK et Gobolovitch étaient malades, et il était difficile pour Gobol de partir avec les trois petits, alors qu'un monceau de tâches ménagères, cuisine, médicaments, et autres étaient à faire... Bref, heureusement, un coup de main de l'extérieur vint soulager la maman légèrement dépassée. Ce jour-là, Isabelle, la maman de Paul Richter (le fiancé de Noémi), m'appela pour avoir des nouvelles, et savoir si je survivais à la maladie des deux derniers du Clan. Je fis donc part de mes soucis guerriers à Isabelle, qui me proposa gentiment de passer pour moi à la pharmacie chercher de quoi bouter hors les frontières cet ennemi implacable autant que quasi-invisible. Proposition à laquelle je souscrivis immédiatement, trop heureuse de m'épargner un autre aller-retour à la pharmacie, alors que j'avais déjà passé la matinée chez le médecin pour les deux plus jeunes.

 

Vers 16 heures, donc, Isabelle passe à la maison pour m'apporter une lotion anti-poux, et là, les hostilités commencèrent.

Première victime, Noémi, et donc principale "testeuse" de la première arme de destruction massive, la lotion Itax. Et zou, tartinage, massage du cuir chevelu, temps de pose, et on recommence avec moi (Amélie), puisque j'avais déniché des envahisseurs dans ma chevelure également.

Une fois le temps de pose respecté, les deux montent rapidement à la salle de bains, pour voir le résultat de cette première offensive : découverte alors de la seconde arme de destruction massive : le peigne anti-poux. Et là, les choses se corsent : Noémi a certes de beaux cheveux, mais pas de bol, ils sont si fins et si souples, que le démêlage s'avère être une corvée... et surtout très douloureux...

Alors voyons voir... et une fois qu'on a enlevé les bébêtes, on fait quoi ? Rien ? Ah si ! Là, en bas, la petite ligne en petits caractères : l'application est à renouveler au bout de trois jours, deux fois de suite... Ben voyons... Le seul problème, c'est que pour traiter deux personnes, il m'a déjà fallu plus de la moitié de la bouteille... Ce qui veut dire que dans trois jours, je vais devoir retourner à la pharmacie pour me réapprovisionner ? OK.

Le plan de bataille est donc bien rodé, au point : application de la lotion, temps de pose, rinçage, épouillage, et on reprend au début trois jours plus tard, après avoir racheté de la lotion.

Oui mais voilà, le problème, c'est qu'à la pharmacie, l'arme de destruction massive Itax, ben ils n'en ont plus ! Oh ils en ont d'autres, l'arsenal est même bien fourni. Celle qu'ils me conseillent, c'est la même chose qu'Itax, mais ça s'appelle Pouxit. Ben voilà, c'est parti pour Pouxit, pour la deuxième application. Ah oui, mais Pouxit, c'est pas tous les trois jours, c'est tous les 7 jours. Et c'est pas deux heures de pose, c'est 8... Faut donc le faire la nuit, parce que sinon, bonjour la tronche au boulot ou à l'école (en fonction de la personne). Dont acte : ce sera pour la nuit prochaine.

Et là, oh joie, oh bonheur, Nathanaël, jusque là épargné, a lui aussi fini par être infesté. On va donc passer à trois têtes à traiter... Chouette !

 

Et puis, fin juin, nous voilà avertis du décès de Mamie Vannes, ma grand-mère. Toute la Gobolskaïa prend donc le départ, et se rend illico presto à Quimper, où doit avoir lieu l'enterrement. Oui, mais voilà, le problème, c'est que nous ne sommes pas venus tous seuls. Eh oui, les Poux étaient aussi du voyage... Le traitement se poursuit, mais il faut bien se rendre à l'évidence, les envahisseurs sont de plus en plus nombreux, et se propagent très vite. La maman de Gobol participe à la bataille également : draps à laver, têtes à traiter, tout y passe... Et après l'enterrement, toute la Gobolskaïa (et les Poux qui les accompagnent) retourne au Gobolistan.

 

Le traitement avance, cependant, et les têtes des deux enfants sont généreusement vaporisées de Pouxit. C'est que je n'ai pas envie d'y passer les vacances, moi ! On y va donc. Et là, déception : l'envahisseur résiste encore et toujours.

Retour à la pharmacie, juste avant le départ en vacances (on en est donc à la troisième bouteille de lotion anti-poux, et on est déjà fin juillet (bon sang, c'est pas gagné...). Et là, je finis par demander au pharmacien s'ils n'ont pas quelque chose de plus fort, parce que là, ça fait déjà plus d'un mois que ça dure, et y'en a marre.

Et lui, me dit que non... Que le Pouxit, c'est ce qu'il y a de mieux, qu'il n'y a pas grand chose à faire d'autre que persévérer... et "bon courage, Madame" ! Ouais...

 

Départ en vacances, donc, le 1er août. Arrivée à Quimper le soir même, et là, découverte : les Poux ont annexé la maison et en ont fait leur base arrière. La bataille s'annonce rude...

Ma maman me fait même des reproches plus ou moins déguisés... Mais bon, je la comprend : pas drôle de récupérer des Poux chez soi alors qu'on n'en avait plus entendu parler depuis de nombreuses années... Bref, le combat acharné reprend...

 

 

vendredi 21 septembre 2007

Petit traité de "magazinage"

Or doncques, je vous faisais part récemment (hier !), de mes déboires à la pharmacie pour apprendre à me maquiller. Ben c'est pas mieux pour les fringues, en fait...

 

J'en étais restée au problème vestimentaire à l'occasion du baptême de BBK. Le 28 décembre, donc, nous sommes parties à trois, Michelle, BBK et moi, faire les courses à Colmar. Pourquoi Colmar ? Parce que dans la zone industrielle, il n'y a pas moins de trois ou quatre enseignes de vêtements, et que là, au moins, on n'a pas besoin de se casser la tête pour pouvoir se stationner.

Premier arrêt devant Kiabi. Et on commence par... les rayons enfants ! Ben oui, Noémi non plus n'a rien à se mettre pour le baptême de sa petite soeur ! Et hop, chaussettes, collants, slips, vêtements... Faut en profiter : 15 jours avant les soldes, Kiabi fait des "pré-soldes", avec des tarifs dégressifs en fonction du nombre d'articles. Pas à hésiter, donc.

 

La suite est assez ahurissante pour moi. Le choix pour les enfants est assez rapide. On s'attaque ensuite au coeur du problème : de quoi m'habiller. Et là, toutes les surprises sont au rendez-vous ! D'abord, Michelle, en bonne "shopping-addict", commence à faire le tour des rayonnages : "Alors, tu cherches quoi ? Bon on commence par là, tu me dis ce qui te plaît, on essayera plus tard". Je la laisse faire, parce que de mon côté, je suis plutôt du genre : "Ca ? Bof... Non, y'a rien, là, qui me plait... On s'en va !" (fin de l'expérience). Ici, pas question, je suis venue pour trouver quelque chose, et je me suis fait accompagner par une "maître" en la matière. Je vais donc suivre ma première leçon.

Michelle a donc passé en revue tous les rayons femmes, y compris ceux dans lesquels spontanément, je ne serais jamais allée... pour trouver pas moins de 10 ou 12 vêtements, allant de la robe au caraco, en passant par les pulls, boléros, jupes, pantalons, t-shirts, chemises, etc...

 

Le choix fait, reste la partie la plus longue, et pour moi, la plus pénile, à savoir les essayages... Eh oui ! C'est pas le tout, de vouloir acheter. Encore faut-il ne pas acheter pour rien, et croyez-moi, vu la tonne de vêtements sélectionnés, y'avait de quoi faire. J'ai donc pris mon courage à deux mains, et commencé à enlever mes frusques pour essayer des vêtements (ben oui, c'est ça la réalité : j'étais l'heureuse propriétaire de loques, et il me fallait faire le pas de m'habiller décemment si je voulais me remettre à vivre correctement).

Le démarrage a été plutôt simple : les pantalons, soit on rentre dedans, soit non. Et comme l'objectif était de trouver des vêtements mettables tout de suite, y'avait pas photo : pas question d'attendre d'avoir retrouvé mon hypothétique "ligne", il me fallait trouver quelque chose, quitte à ce que ce soit trop grand par la suite. Dont acte, j'essaie. Et Oh surprise ! Rien ne va ! En tout cas pas dans les pantalons... Au moins, là, j'ai une bonne excuse pour retirer vite fait les beaux vêtements tout neufs ! Je passe donc à la suite : une jupe. Et celle-là, ben elle me va, dites ! Bon d'accord, c'est pas encore terrible : pour la mettre, je suis obligée de la monter très haut à la taille, sinon je ne peux pas la fermer. Mais au moins, elle est mettable immédiatement, c'est donc tout bon pour le baptême. En plus, elle me plaît vraiment ! Bon sang, serais-je en train de prendre goût à tout ça ??? Pas possible !!!!

 

Je passe à la suite. Parce que c'est bien gentil, une jupe. Mais si je ne m'active pas, je ne pourrai quand même pas la mettre, parce que je n'aurai rien à mettre avec. Eh oui, c'est comme ça : on ne peut pas mettre n'importe quoi avec n'importe quoi. Un vieux jean avec un vieux t-shirt, ça passe. Bon c'est vrai, pas pour un baptême, mais pour traîner à la maison, pas de problèmes. Une jolie jupe avec un vieux t-shirt, ça ne passe pas, même pour traîner à la maison... Y'a des choses comme ça, on n'y peut pas grand-chose, hein ?

Donc, la suite. T-shirts, caraco d'abord. Là, pas de problème : t-shirt marron bien large, ok. Caraco vert bouteille, ok. En plus, vous savez quoi ? Le vert du caraco est exactement le même que le liseré vert de la déco de la jupe marron ! Bon sang ! Aurais-je trouvé ??? Oui, mais c'est pas le tout, parce que un simple caraco un 31 décembre, ça va pas le faire du tout, même si l'hiver est particulièrement chaud cette année ! On continue donc. Allez zou, un boléro ! Pourquoi pas ? Mais bon, celui-là, pas terrible... Ah oui, y'en a un deuxième (zut, je pensais y échapper...), et... devinez ? Il me va drôlement bien ! Bon d'accord, il ne va pas avec le caraco vert. Faut une autre couleur. Le blanc ? Pourquoi pas ??? Non... vraiment... Ah, mais c'est vrai, il y a encore le débardeur noir, là, je ne l'ai pas essayé... Mais oui, ça peut être pas mal. Et l'autre ??? Non, celui-là, non, mais le premier noir, c'est plutôt pas mal. Et zou, nous avons donc dit... une jupe marron, un t-shirt marron, un caraco vert bouteille, un boléro noir, un débardeur noir... Le blanc, les pantalons, tout ce qui ne va pas, on vire. Et il reste ??? Un autre boléro noir. Alors ? Va-t-il ou va-t-il pas ? Va pas. Tant mieux, ça m'évitera d'avoir à choisir. Et ça, c'est... ? Une surchemise en voilage blanc quasi-transparent. Bon sang. Tu crois vraiment, Michèle, que je dois essayer ça ? Parce que tu sais, là, moi, je commence à saturer, et puis BBK a sûrement faim, et il doit se faire tard, et bon, je ne veux pas te faire perdre toute ta matinée, et tu as sûrement d'autres choses à faire, et... Non ? Rien d'autre à faire ce matin que de "magaziner" avec moi ??? Bon d'accord, je l'essaie la surchemise, puisque tu sembles persuadée qu'elle m'ira très bien...

 

J'essaie, et je sors peu convaincue de la cabine. Michelle me regarde, visiblement convaincue. "Mais c'est super ! Ca te va drôlement bien... Tu sais quoi ? Je ne sais pas pourquoi, mais tu sembles... différente !" "Euh oui, peut-être, mais là, tu vois, je ne sais pas, je me sens plutôt mal à l'aise, en réalité, je ne me sens pas bien du tout, je crois que je vais être malade, il faut que je sorte d'ici, trop chaud, pas bien..." "C'est vrai ? Mais tu sais, c'est pas la peine de pleurer... Tu ne te sens réellement pas bien ? Je pensais que tu allais me dire que la matière n'allait pas, ou une autre excuse, mais si tu te sens mal, n'insiste pas... C'est quand même bizarre que tu aies un malaise avec cette surchemise..."

Je retourne illico presto dans la cabine d'essayage, enlève le vêtement incriminé en un tournemain, et ressors, plus à mon aise. Et là, Michelle me regarde, et me dit : "Tu sais pourquoi ça t'allait si bien et que ça te changeait ? Ce que je trouvais de différent, c'était que là, tu étais très féminine !"

Et... je ne sais pas pourquoi, mais là, j'ai littéralement fondu en larmes !!!! Bon sang mais qu'est-ce que j'ai, là ? On me dit que je suis belle, féminine, et ça me transforme en fontaine, que dis-je ! en chutes du Niagara ! Mais c'est que je suis pas normale du tout, moi ! Une vraie bête de foire !

Mais non, aujourd'hui, pas moyen d'aller plus loin. Je reprends mes frusques, Michelle fait ses essayages, je récupère ce qui me va, mets de côté ce qui ne va pas, et me préparer à passer à la caisse, totalement perturbée par l'expérience passée... Mais contente quand même, parce que j'ai trouvé des tas de choses, finalement : une jupe, un caraco, un t-shirt, un débardeur, un boléro, un pull (orange, très chouette). Objectif n°1 (trouver des vêtements pour le baptême de Rébecca) : Atteint. Objectif n°2 (renouveler en partie ma garde-robe) : Atteint. Objectif n°3 (découvert en cours d'essayage : Survivre à l'épreuve et devenir une femme) : j'ai survécu, pour le reste, ce n'est pas encore gagné, mais je me soigne.

 

Voilà donc ma toute première expérience de "magazinage", comme disent nos amis Québecois. Y'a encore du boulot, mais petit à petit, on y arrivera !

 

dimanche 16 septembre 2007

Métamorphose (suite)

J'ai donc continué ma grossesse tranquillement, puisque j'avais mon plan d'action, et qu'il ne devait pas débuter avant un an. Sauf que... sauf que je suis plutôt impatiente de nature, et que je me suis demandé ce que je pourrais bien faire pour moi en attendant de pouvoir renouveler ma garde-robe.

Et là, éclair de génie, bon sang mais c'est bien sûr ! Y'a bien quèqu'chose que j'pourrais bien faire, moi, c'est apprendre à me maquiller. Ca n'a l'air de rien, mais quand on n'a jamais appris, ben c'est pas si simple que ça. Et puis d'abord, à quoi ça sert, tous ces trucs, là ???

Donc, je me rends dans ma pharmacie préférée, et je commence par demander conseil à la préparatrice que je sais être très au fait de toutes ces choses subtiles auxquelles je ne comprends rien. Et là, la gentille pharmacienne me dit : "Venez le 6 octobre, je vous prends rendez-vous avec notre démonstratrice, vous saurez tout sur le maquillage, et en plus, elle vous fera un diagnostic gratuit de votre peau !"

Mais c'est formidable, tout ça ! Donc, je viens le 6 octobre à l'heure dite, et là, déception : "Votre peau n'est pas hydratée ! alors, pour remédier à ce problème, il vous faut : une crème de jour, une crème de nuit, un sérum hyper-hydratant, un masque, une crème contour des yeux, un gommage à utiliser une fois par semaine avant le masque..."

Euh... et mon maquillage, alors ? Ben là, on va commencer donc par le commencement, mais si je vous prends la totale, vous me faites un prix, là ? Parce que... 380 € ??? Euh non, ça va pas être bien possible, c't'affaire, m'dame... Mais je prends bonne note de tout ce qu'il me faut, et je vous prends la crème hydratante, là, oui, juste celle pour le jour, hein, parce que 50€ les 50ml... ah, le sérum est offert ? Chouette !... Dites, une question, pourquoi faut-il une crème de jour et une de nuit ? Ah, elles ne font pas la même chose ? Elles sont intelligentes, alors, c'est ça ? Et pourquoi on peut pas mettre la crème hydratante pour les yeux ? Pourquoi il en faut deux ? Ah, la crème pour le visage, ce serait trop fort si on la mettait sur les yeux ? Et si on mettait la crème des yeux sur le visage, il se passerait quoi ? Ah bon, pas assez corsé... C'est une question de peau ? Ben oui, c'est sûr... Dommage quand même, hein...

 

Donc, me voilà de retour à la maison avec ma crème, et toujours aussi ignare question maquillage... Qu'à cela ne tienne, j'ai tout plein de temps devant moi, après tout, je ne me suis pas maquillée depuis mon mariage, ça attendra bien six mois de plus, pensez pas ????

 

Et puis voilà, BBK a fait son apparition, et le baptême était prévu pour le 31 décembre, jour de la St Sylvestre, comme chacun sait, mais aussi de la Ste Famille, pour l'année 2006. Tractations avec la famille, histoire de pouvoir faire venir tout le monde, et hop, on confirme. Discussion avec Bertrand, parrain de BBK, et avec Michèle, son épouse. On parle de choses et d'autres, et d'un coup, Michèle me demande de but en blanc : "Dis-donc, Amélie, tu as quelque chose à te mettre, pour le baptême ???" Et moi : "Euh... Ben... Je dois bien avoir quelque chose au fond de l'armoire, faut que je regarde, pourquoi ? Tu crois que ça (en montrant mes vêtements de grossesse pourris), ça pourrait pas aller ???"

"Tu as bien autre chose, non ?" "Ben c'est même pas sûr, tu sais..." (et je lui explique mon problème dans les magasins de vêtements, et comment je limite les achats au strict minimum du nécessaire vital). "OK, je vois. Ben si tu veux, je t'emmène faire les magasins, on te trouvera bien quelque chose !"

 

Date est prise pour le 28 décembre (il y a intérêt à faire vite, et surtout à trouver, parce que sinon...)

Le récit épique de cette séance de shopping au prochain épisode !