Ce mercredi 17 octobre, Nathanaël avait rendez-vous chez le cardiologue pour un bilan cardiaque (souvenez-vous, il avait subi une opération à 1 an moins 1 jour, à Strasbourg, pour ouvrir une petite valve qui empêchait son coeur de fonctionner normalement, ou plutôt, le coeur fonctionnait bien, mais le sang avait du mal à en sortir, puisque la valve qui commande la sortie du sang du coeur vers les poumons était resserée. La pression et le débit sanguin étaient trop élevés, et notre petit bonhomme s'économisait sérieusement, parce que le moindre effort était visiblement un trop grand effort. Donc, à 364 jours exactement, Gobolovitch et moi étions entrés à l'hôpital pour que le cardiologue puisse "déboucher", c'est à dire amener jusqu'à la valve, en passant par la veine cave, un petit ballonnet (et une caméra, histoire de voir ce qu'il faisait). Le but était de gonfler le ballon dans la valve, puis de le dégonfler, de le ressortir (ainsi que la caméra, cela va de soi), et d'espérer très fort que ça suffirait pour remettre Gobolovitch sur pieds illico.
Contrôle le lendemain, de 4,2 m/s (débit et pression du sang à la sortie du coeur) avant l'opération, il était passé au lendemain de l'opération à 1,9 m/s (la normale, c'est entre 1 et 2 m/s), ce qui a fait dire au cardiologue : "Tout a bien fonctionné, on se retrouve dans 3 mois pour un contrôle". Trois mois après, en mars 2006, donc, contrôle, et là, la pression était inchangée : 1,9 m/s. "Très bien, c'est parfait, revenez dans 6 mois !"
Six mois plus tard, en septembre 2006, rebelotte, et là, le résultat tombe : "1,9 m/s ! Tout va très bien, revenez l'année prochaine !"
L'année prochaine, c'était donc mercredi (oui, je n'ai pas pu avoir de rendez-vous pile en septembre, c'était donc pour mi-octobre.
Contrôle : 1,4 m/s !!!!! Ouah ! Votre enfant ne peut pas aller mieux, il peut tout faire ! même de la plongée sous-marine ! (Euh pour la plongée, on va peut-être attendre un tout petit peu, il rentre tout juste en maternelle, là, et puis il a peur de l'eau, encore...).
Donc pour rassurer les lecteurs, sachez que le petit coeur de Nathanaël va on ne peut mieux.
Mais nos aventures strasbourgeoises, c'était quelque chose ! Parce que pour aller jusqu'à la rue Simonis où se trouvent le docteur, son cabinet et ses appareils à échographie, ce fut tout un périple !
D'abord, il a fallu déposer Noémi chez Paul, pour lui permettre d'aller à son cours d'éveil musical à 9 heures et demi. Parce que c'est pas parce que Nathanaël va voir le médecin que la vie des autres doit s'arrêter.
Départ donc de la maison un peu avant 9 heures, arrivée chez Paul à 9h précises, retour sur le parking de la gare avec Nathanaël, on gare la voiture, et la grande aventure commence.
9h12, j'arrive sur le quai, pour apprendre, bonne nouvelle, qu'un train part à 9h14 pour Strasbourg, il arrivera à 9h35 (20 minutes, c'est top !). Chouette, ça évitera d'attendre pendant 1/2 heure dans le froid.
9h35, arrivée à Strasbourg, direction les toilettes (parce que Nathanaël a refusé d'y aller dans le train, et comme je suis méfiante, je demande à voir, et de toute façon, les toilettes, c'est obligatoire). Et là, je donne 50 cents à la dame-pipi, "c'est pour une personne ?" "Oui, 1 seule" (de toute façon, je n'avais pas vraiment plus que 50 cents dans mon porte-monnaie). Et là, je découvre que Nathanaël n'a pas pu se retenir, et qu'il a commencé joyeusement à faire pipi dans sa culotte. Chouette, et je n'ai rien pour le changer, bien sûr... Bon, c'est pas grave, au moins, il saura ce que c'est qu'être mouillé, n'avait qu'à aller aux toilettes dans le train, après tout. Et puis, c'est pas non plus l'inondation, hein...
9h45, je vais à la recherche d'un plan des bus et tram de Strasbourg. Je sors sur le parvis, pour m'apercevoir que la guérite installée pendant les travaux a disparu, une fois les travaux finis. C'est bien ma veine...
Je me dirige vers le sous-sol où je sais que les tram passent, mais le problème qui se pose est le suivant : quel tram prendre ? Et pour où ? Et je descends où ? Et après, je dois prendre un bus ???
Je trouve des agents de police, qui me disent d'aller voir à l'office de tourisme.
Vite, le rendez-vous est à 10h45, j'ai un peu moins d'une heure, va falloir accélérer le mouvement.
Il est déjà 9h55, et il y a foule devant le guichet. Je patiente, et je finis par savoir ce que je veux : on me donne gentiment un plan avec le trajet que nous devons faire : Tram A direction Lixenbuhl, arrêt Etoile Bourse, puis bus 14/24, arrêt Neudorf Marché. Chouette. Reste plus qu'à trouver un ticket.
Justement, j'ai vu des distributeurs, à l'extérieur de la gare. 10h10, ça commence à être juste, mais ça va, j'ai le temps.
J'arrive devant le distributeur, et là, je me rends compte que je n'ai plus assez de monnaie (la dame à l'office de tourisme m'a dit 2,50€ pour un aller-retour, et avec le pipi de tout à l'heure, je n'ai plus qu'un euro...). Qu'à cela ne tienne, je vais bien trouver de la monnaie quelque part. J'interroge mes voisins, personne n'a de monnaie sur 5 euros. Je retourne dans la gare, interroge à la boulangerie "Non, on n'a pas de monnaie, on ne peut pas ouvrir la caisse !" (m'étonnerait beaucoup, ça, mais bon, je n'ai pas le temps de parlementer). Je me dirige vers l'office de tourisme, tout à côté, et demande si... Mais non, bien sûr. Pas de monnaie. "Allez au guichet ! vous pourrez acheter un billet sans avoir besoin de monnaie". Et le guichet il est où ? "Hall Nord, vous sortez, vous prenez à droite, vous re-rentrez, et vous allez au guichet".
Sauf que... tous les guichets sont occupés, et que... ce ne sont que des guichets SNCF. Et la SNCF, elle vend des tickets de tram de la CTS ? m'étonnerait beaucoup, ça. J'interroge les passants : "Un peu monnaie, sur 5 euros ?" "Allez au guichet" ! Euh... Non, ça fait quand même 40 minutes que je suis là, et je n'ai pas le temps de faire la queue ! Je veux pas vous voler, je veux juste de la monnaie ! "Garde la paix, madame !"
Ouais...
Ah ! Un café ! Là, y'aura de la monnaie ! 10h15. "Pouvez me faire de la monnaie sur 5 €, s'iou plait ?" "Non, on n'a pas de monnaie, ici, je dois même demander à mes clients de me donner des pièces..."
Désespoir... et rage ! Pas moyen de trouver de la monnaie ! Je commence à piquer ma crise... et là, trois hommes en train de prendre leur café me voient à bout de nerfs, et finissent par trouver au fond de leurs poches 3 petites pièces de 2 et 1 euros... Je leur donne mon billet, en les bénissant au fond de moi, et en les remerciant chaleureusement de me sauver la vie ainsi. Et hop, j'embarque Nathanaël direction le tram.
Descente des escaliers, on a failli se tromper de quai (merci le plan de l'office de tourisme). Je prend un billet sur le quai (parce que quand j'ai essayé au distributeur, il m'a demandé d'inserer ma carte Badgéo. C'est quoi, une carte badgéo ? Pas grave, puisqu'il n'y a pas moyen d'acheter un billet, je comptais voyager sans titre de transport, mais que vois-je là, sur le quai ? Un distributeur ! Chouette !)
Et c'est parti pour le tram. Le reste est une petite partie de plaisir : une fois qu'on y est... 10h45, je sonne à la porte du cabinet du cardiologue : à l'heure, à la minute près. Trop top !
(mais je ne remercierai pas la CTS : ils ne sont pas fichus d'annoncer clairement où se trouve leurs guichets, ni même s'il y a un guichet quelque part...).
Et vive l'organisation des transports en commun à Strasbourg...
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