Il y a un peu plus d'un an, quand Noémi était en deuxième année de maternelle, ou plutôt, juste avant la fin de la petite section, j'avais été contactée par Isabelle, la maman de Paul (l'amoureux de Noémi, son fiancé quoi), pour faire partie de la liste des parents d'élèves aux élections de l'année suivante.
Déjà enceinte de BBK, j'avais donné mon accord de principe sous deux conditions : l'une, c'est que mon mari soit d'accord, l'autre, c'était d'être en fin de liste (genre 12e sur 12), de façon à ne pas être élue, sachant que je ne serais pas du tout dans les dispositions qu'il fallait à cause de la naissance de BBK à venir en décembre.
Mes conditions ont été acceptées, et mon nom s'est joyeusement retrouvé en fin de liste, comme exigé de mon côté, et promis par Isabelle. Cela ne devait pas me prendre beaucoup de temps, disait-elle : il s'agissait simplement de mettre mon nom pour qu'il y ait assez de parents pour présenter une liste au conseil d'école. OK, tant que ça ne me demande pas d'y passer trois soirs par semaine en réunions diverses...
Seulement voilà, une semaine après les élections (4 sièges pour la Peep (nous), et 2 pour la Fcpe !, donc, 8 élus en comptant les suppléants et 4 pour la fcpe), ben y'avait déjà le conseil d'école ! Donc, réunion le mardi précédent chez la tête de liste (Isabelle, si vous avez bien suivi), pour faire le tour des questions posant problème (fête de Noël, organisation de la fête de la St Martin, bricolage, et surtout, surtout, quid du projet de destruction-restructuration-reconstruction de l'école de nos chers petits ?). Donc, première réunion. Premiers pas dans le monde des associations de Parents d'Elèves.
Nous avons donc fait notre devoir : 1- poser les questions qui fâchent aux élus : "Et les travaux, ils vont débuter quand ?" "Et la sécurité ? Vous avez prévu quoi ?" "Et la cour d'école ? Elle sera aménagée comment ? Vous avez prévu de mettre des préfabriqués sur le parking, mais est-ce qu'il y aura la place pour une cour d'école ? Ils devront la partager avec les enfants du primaire ? Vous allez amputer la cour des primaires ? Vous allez vous servir de l'allée entre le primaire et l'église pour en faire une cour ? Le parking en face ??? Mais ça va pas, non ????" etc.
2- bricoler : l'une des tâches principales des parents d'élèves, qui se doivent de fournir aide, assistance et matériel en tout genre pour aider au financement des activités diverses des enfants (en gros, on paye pour bosser en fournissant le matériel du bricolage, pour avoir quelque chose à vendre à la fête de Noël, puis on repaye pour acheter ce qu'on a bricolé pendant tout le premier trimestre). Non, en fait, j'exagère : pour la deuxième année, on peut se faire rembourser les fournitures par l'école, y'a pas de raison qu'on les paye deux fois, en plus du travail que ça demande.
3- papoter. Une des activités principales et fondamentales de l'association de parents d'élèves. Parce que pour savoir ce qui se passe à l'école, ben y'a rien de tel que la parlotte, finalement. Donc radio-ragots se met en route périodiquement, avec les annonces des grossesses en cours, les absences des enseignants, les difficultés de couple des unes et des autres, expliquant d'une part le caractère un peu perturbé de la progéniture, et la solidarité entre parents, puisque l'avantage de l'association de parents, c'est aussi de se créer une bande de copines (faut pas se leurrer, la plupart des membres actifs, ce sont les mamans, sauf dans les coups de feu comme la kermesse ou la fête de Noël, où on a besoin de gros bras pour installer le matériel, et où les pères sont largement mis à contribution par leurs épouses dévouées toute l'année à la cause des enfants), une bande copines, donc, susceptibles de donner un coup de main en cas de coup dur, en particulier pour des problèmes de garde quand il y a un imprévu ou un rendez-vous chez le toubib. La parlotte, activité souvent dénigrée et considérée souvent comme de la curiosité malsaine, surtout quand elle est pimentée des ragots entendus dans la cour de l'école, est pour le coup quelque chose de formidable. Il faut nous reconnaître ça : en discutant, on parvient à résoudre pas mal de petits problèmes du quotidien, qui sans ça auraient été bien plus compliqués.
Un exemple : Ce matin, j'avais rendez-vous avec Nathanaël chez son cardiologue à Strasbourg, à 10h45. Or, pas de bol, Jean-Luc pressait le Grand Cru Altenberg Vendanges Tardives récolté lundi. Donc, il ne pouvait pas venir avec moi. Qu'à cela ne tienne, j'irai en train, ce ne sera ni la première, ni la dernière fois.
Oui mais voilà, le problème, c'est que pour être à 10h45 à Strasbourg, je dois tenir compte du temps de trajet (20 minutes en TER 200, mais je ne suis pas sûre d'avoir un TER 200), et du temps en bus et/ou en tram pour aller jusque chez le médecin. Le départ est donc prévu pour 9 heures, de la maison, histoire d'attraper si possible le train de 9h14, ou 9h31 au plus tard. Sauf que, si Jean-Luc ne peut pas venir, il ne peut pas non plus se permettre de faire l'aller-retour à 9h30 puis à 10h30 pour emmener et rechercher Noémi à son cours de musique à Sélestat.
Eh bien, à force de papotages à la sortie de l'école, une solution a été trouvée : Isabelle, la maman de Paul, qui est dans le même cours de musique que Noémi, se propose de prendre notre grande en charge. Seulement, elle-même doit aller voir un médecin, elle propose donc que ce soit son mari qui se charge des allers-retours, sachant qu'elle-même prendra le relais après son rendez-vous.
Ben voilà, à 9 heures, donc, Noémi était chez Paul, et nous étions, Nathanaël et moi, en route pour Strasbourg.
Mais ça, c'est une autre aventure.
Donc, dites-moi, qu'aurais-je bien pu faire si je n'avais pas papoté avec les mamans à la sortie de l'école, la semaine dernière ? J'aurais sans doute dû annuler le cours de Noémi, soit pour pouvoir l'emmener avec moi à Strasbourg, soit pour qu'elle puisse aller avec son père sur l'exploitation. Et elle aurait loupé en prime une sortie cet après-midi à la Montagne des Singes, et la vidéo de Pinocchio chez Paul.
Ca c'est de l'organisation !
Merci les parents d'élèves !
Hier, donc, nous avons fait notre deuxième réunion bricolage (la semaine dernière, je n'ai pas pu y aller, je me suis rattrappée cette semaine), chez une des mamans : au programme, comme la semaine dernière, confection de cartes de Noël. Ben elles sont si belles que si j'en achète, je ne sais pas si je pourrai les écrire : je crois que je n'aurais pas du tout envie d'écrire dessus...
La semaine prochaine, Jean-Luc pourra encore appeler ses clients : nous allons chez Isabelle faire des anges en nouilles (grand succès de la saison 2005-2006), et comme je suis la seule à maîtriser la technique, je vais leur donner un cours en plus. Qui a dit que j'étais nulle et que je ne savais rien faire ???