Nous sommes partis pour les fêtes de fin d'année chez mes parents, en Bretagne (Maman, Papa, je ne vous ai sans doute pas assez remerciés pour ces dix jours de vraies vacances ! Merci, merci, merci !!!!).
Et en Bretagne, pendant la période de Noêl, il se passe des tas de choses !
Tout d'abord, en Bretagne, y'a le Père Noël. Si, mais uniquement à Noël (sinon, il ne s'appellerait pas "Père Noël", mais "Père Hiver", ou "Père Quimper", ou...). Mais en Bretagne, par contre, y'a pas de neige pour qu'il arrive avec son traîneau. Il ne fait pas assez froid d'abord pour les rênes : ils ne supporteraient pas le climat, je pense. Donc, il a fallu que le Père Noël trouve un autre moyen de transport. Et il a trouvé, figurez-vous ! Le Père Noël, quand il débarque en Bretagne, et en Armor en particulier, c'est en bateau (sinon, ce n'est pas un débarquement, d'ailleurs. Les Américains l'ont fait aussi, mais en Normandie, et c'était pas à Noël, d'ailleurs, mais c'est une autre histoire, ça...).
Donc, la veille de la veille de Noël, nous sommes tous partis nous promener à Douarnenez, puisque le journal de Quimper annonçait l'arrivée imminente du Père Noël sur le port, vers 17h30. C'est que pour venir d'aussi loin, le calcul doit sans doute être précis : il faut tenir compte de l'heure des marées, de l'heure du coucher du soleil (le Père Noël doit pas être bien bronzé, il ne circule que la nuit...), et tout ça a fini par poser un petit problème : le soleil ne voulait pas se coucher, et donc, le Père Noël ne pouvait pas venir (faut dire aussi que les Douarnenistes avaient organisé un feu d'artifice pour l'accueillir dignement, et qu'un feu d'artifice quand il fait jour, ça a quand même moins de prestance que quand il fait nuit). Bref, nous avons donc attendu comme les autres, sur le quai, dans le froid, que le jour veuille bien laisser la place à la nuit, et qu'on puisse accueillir le Père Noël comme il se doit.
Les enfants, Noémi en tête, attendaient cet événement avec impatience. Quelle joie donc, quand ils ont vu le bateau tant attendu arriver enfin, et qui plus est, amarrer juste devant nous ! C'était un joli petit bateau, avec des tas de petites lumières et une belle étoile tout en haut du mat. Et le Père Noël avait une hotte toute remplie de cadeaux pour les enfants qui l'attendaient... Seulement, les enfants, ils étaient tellement nombreux, que les nôtres n'ont jamais pu parvenir jusqu'à lui... Noémi était un peu déçue, mais bien moins que ce que je m'imaginais en réalité. Il faut dire qu'elle avait déjà échafaudé un plan.
Le jour même, un peu avant de partir pour Douarnenez, Papa avait emmené Nathanaël dans sa chambre pour lui montrer la cheminée par laquelle le Père Noël devait passer (tout à la découverte, notre "petit poussin" n'a même pas remarqué les cadeaux à peine planqués dans la chambre...). Fort de ces explications de son Papapa, Nathanaël est sorti de la chambre, et est allé cherché sa grand-mère, pour lui expliquer à son tour que le Père Noël allait descendre par la cheminée, traverser la chambre pendant qu'elle dormirait, et déposer les cadeaux au pied du sapin, dans le salon attenant. Il faut dire que cette cheminée-là est la seule ouverte, et qui plus est, elle se trouve dans la pièce la plus proche de l'endroit où on installe tous les ans le sapin, autant dire que le Père Noël connaît bien le chemin, depuis le temps qu'il le fait.
En rentrant de Douarnenez, Noémi nous a fait remarquer qu'il faisait froid, puisque c'était l'hiver.
Et le lendemain, elle s'est montrée assez inquiète pour le Père Noël. Aussi a-t-elle décidé de lui faciliter la tâche, et de lui permettre de se requinquer avant de continuer sa tournée, en lui préparant un grand verre de lait, avec deux bredalas dans une assiette. Elle m'a par aileurs fait promettre de ne pas oublier de réchauffer le lait quand je rentrerai de la messe de minuit, pour que le Père Noël ne prenne pas froid.
Puis s'est posé le problème des chaussures. Parce que Noémi est plutôt pragmatique : si le Père Noël entre dans les maison par la cheminée, il est peut-être plus simple pour lui de ressortir par la porte, non ? Donc, pour être vraiment, vraiment sûre qu'il ne les oublierait pas, Noémi a déménagé les chaussures de Nathanaël, ainsi que celles de Rébecca et les siennes, du sapin vers la porte d'entrée.
Et le lendemain matin, bien sûr, ils étaient tous les deux debout avant tout le monde. Et l'une des premières choses qu'ils ont faite a été d'aller voir si le Père Noël était passé. Quand ils on vu les chaussures sous le sapin, avec des cadeaux dessous, dedans, à côté, ils n'ont plus eu le moindre doute. Et les hésitations qui pouvaient rester se sont évanouies quand ils sont rentrés dans la cuisine et qu'ils ont découvert l'assiette et le verre vide, preuve incontestable du passage du Père Noël dans la maison...
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