samedi 21 juin 2008

Jour J-1

Un petit retour à la journée du vendredi 9 mai dernier, veille du mariage de Zabeth.

 

Au programme, voici ce qui était prévu à l'origine :

- Pour Zabeth et Sylvain : installation de la salle, fin, le matin et l'après-midi. Repas à midi à Quimper.

- Pour nous, le matin, rien. L'après-midi : installation de la salle (déco, etc.) après les essais de maquillage (je suis chargée de maquiller la mariée).

- Pour Etienne et Toudjani : rien de bien précis, ils sont censés se mettre à la disposition des futurs mariés pour aider là où il y a besoin.

 

Finalement, comme rien n'était prévu pour Jean-Luc et moi le matin, nous avions pris un rendez-vous pour mon très cher époux chez le coiffeur, à 9 heures 30, histoire qu'il soit présentable le jour J. Du coup, je me suis dit que je pouvais en profiter pour aller faire un petit tour chez le photographe, histoire de voir s'il est possible d'acquérir une de ces bestioles appelées "appareil photo numérique".

Un peu après 9h30 donc, Jean-Luc arrive chez le coiffeur (oui, mon cher papa est toujours en retard, et ce matin, coup de bol, il va lui aussi chez le photographe, ce qui va me permettre de bénéficier des conseils du boss soi-même, ce qui n'est pas plus mal, mais du coup, on l'a attendu, et bien sûr, on est en retard. On a beau dire qu'on est en vacances, le coiffeur et le photographe, eux, ne le sont pas.). Jean-Luc arrive donc chez le coiffeur, et celui-ci nous dit qu'il y en a pour en gros 3/4 d'heure. Ca devrait donc être bon entre 10 h 15 et 10 h 30 environ. Nous partons donc garer la voiture, et faute de place au centre-ville, je découvre enfin le parking de l'école de musique où travaille mon paternel (dans l'école, pas sur le parking, son travail), et admire les travaux. Ca ne ressemble plus du tout à ce que j'ai connu petite, mais bon, on s'y fera... Et comme il commence à pleuvoir sérieusement, je mets fin à la visite guidée, il est temps d'y aller, si on veut avoir le temps de descendre à pied jusqu'aux quais où se trouve le photographe, de régler les derniers détails pour la journée du lendemain (c'est bien entendu ce photographe-là qui est chargé du reportage-photo), de copier le CD que papa veut donner à Toudjani (photos souvenirs du voyage de mes parents au Cameroun quand ma soeurette y était encore), et d'acheter un appareil photo pour moi. Vaste programme, qui demande quand même à ce qu'on accélère un rien le mouvement, si on veut tout faire dans les temps.

En traversant les halles, nous évoquons avec papa les bons souvenirs du lycée : je passais tous les jours devant la crèperie (crèpes à emporter), et j'y achetais régulièrement un goûter avant mon cours de solfège, de violon ou d'orchestre... Papa, en souvenir du bon vieux temps, me propose une crêpe, mais je refuse : pas le temps... mais que de bons souvenirs !!!

 

Arrivée chez le photographe, papa règle les derniers détails, pour le mariage : horaires précis, déplacements, etc. Puis on commence l'exploration  pour savoir quels lutins nous allons apprivoiser avec l'appareil photo numérique. Le photographe me présente deux appareils, l'un dans mes prix, l'autre légèrement au-dessus. Me vante les qualités de l'un comme de l'autre, me parle de l'offre sépciale du moment (garantie étendue à 4 ans + une carte mémoire de je ne sais combien de Gigas...). Fort bien, c'est parfait, mais trop cher... Papa me dit que ce n'est pas un problème, et qu'il paiera le complément. Le photographe revient avec mon appareil, me demande combien j'ai, papa lui dit qu'il paie le reste, et le photographe lui répond que non, c'est offert par la maison... A ce prix-là, je me dis que je n'ai que l'appareil, mais que j'y gagne déjà, puisque c'est celui qui est hors budget... Mais non : je regarde la facture : y sont notés l'appareil photo, la garantie de 4 ans, la carte mémoire... Merci monsieur le photographe ! Ce que c'est que d'être un client fidèle depuis 25 ans... Ca ouvre des portes !

Cette question étant réglée, nous voici sur le point de partir, quand papa se souvient du CD à copier... pour Toudjani ! L'employé s'y met tout de suite, pendant que papa, jamais à court d'idées en ce qui concerne la photo, s'en prend à un autre employé pour lui demander des précisions sur les derniers objectifs, téléobjectifs et autres nouvelles occasions...

Ca y est, le CD est prêt, et nous voici partis chez le coiffeur, où Jean-Luc nous attend. Il est déjà presque 10 h 45 : mon cher papa, nous sommes en retard, comme à chaque fois que je suis avec toi, et en plus, nous faisons attendre mon cher mari ! Un comble !!!!

 

Retour au QG, chez mes parents, toujours sous la pluie. Je raconte à mon cher et tendre nos aventures chez le photographe, la négociation qu'il n'y a pas eu besoin de mener pour avoir un tarif avantageux (40 euros de remise quand même, au total !), et nous voici rentrés à la maison.

 

Il est temps de commencer la préparation du déjeuner pour tout le monde. A midi, nous sommes donc :

Elisabeth, Sylvain, Papa, Maman, Donatienne, Etienne, Toudjani, Edwige, Denis, Jean-Luc, Noémi, Nathanaël, BBK et moi, soit 14 personnes dont deux enfants et un bébé.

Les discussions vont bon train, et je commence à m'étonner : Zabeth n'a pas l'air pressée de retourner à la salle. Ni de faire les essais de maquillage d'ailleurs. Je finis par lui poser la question (parce que les essais, on aurait déjà dû les faire la veille au soir, mais comme on est allés à la crèperie, on les avait reportés, mais là, elle n'a pas l'air très décidée). Réponse de Zabeth : On les fera ce soir, quand je rentrerai ! OK. Et pour la salle, on y va, oui ou non ?

"Ben en fait, nous, on doit y aller, mais comme on a bien avancé hier, ben y'a plus grand chose à faire, alors je n'ai pas besoin d'y aller avant 15 heures, et vous, si vous ne voulez pas y aller, pas de problème : il y a assez de monde."

OK, j'aime bien quand le général en chef des opérations me dit que j'ai quartier libre. D'autant plus qu'on a un petit souci : il faut qu'on fasse des courses : panne de lait pour BBK, pas de couches pour les deux derniers, il nous faut aussi de la farine pour mettre dans le biberon, et de quoi manger pour BBK le lendemain soir (elle est trop petite pour manger le repas des grands). Donc, puisqu'on a quartier libre, ben on va aller faire des courses ! Et on en profitera pour acheter un cadeau à Emeline, la filleule et nièce de Jean-Luc, qui fera sa première communion le 25 mai. Faut pas traîner, ça viendra très vite !!!

Question de Zabeth : "Vous allez faire des courses ?"

En fait, la question était intéressée, parce que le plan de Zabeth le matin, c'était d'emmener Toudjani faire les magasins pour qu'il ait quelque chose à se mettre pour se battre contre le froid. D'ailleurs, on avait proposé à Zabeth d'emmener Toudjani faire les courses, mais il avait préféré aller le matin avec Zabeth et Sylvain chez le fleuriste pour aller chercher les palmiers qui devaient décorer les abords de la salle. Loupé donc, pour les vêtements, et comme de bien entendu, l'opération "palmiers" avait pris plus de temps que prévu, ben les vêtements, ça devait être fait l'après-midi. Or, mine de rien, ben les palmiers et le reste, il fallait quand même les emmener jusqu'à la salle. J'ai donc fini par imposer à Zabeth de nous confier Toudjani pour les courses l'après-midi, pendant qu'ils emmenaient Etienne pour aider à l'installation. Et là, ils ont eu des surprises : tout le monde était bien là, mais ce qui restait à faire était bien plus long que prévu... Bref, nous sommes donc partis au supermarché, et nous avons commencé les courses.

Première étape : des boucles d'oreille pour Emeline (demande de la maman). Ceci étant réglé, nous sommes passés aux choses sérieuses.

Pour Toudjani, ce fut la découverte d'un nouveau monde : un temple de la consommation de masse. Il voulait savoir quel était le prix d'une console Playstation, pour en acheter une et en faire un business à son retour au pays (permettre à des enfants du village de jouer une heure pour 1 F CFA. Bonne idée. Sauf qu'une console, c'est en gros 400 €... Hors budget pour nous, et donc bien au-delà des moyens de Toudjani...)

J'ai laissé les hommes se débrouiller au rayon vêtements, et je suis allée faire les courses alimentaires pour les enfants et nous. Quand je les ai retrouvés, ils avaient fini par trouver deux pantalons et deux polos pour Toudjani.

Le passage à la caisse a été l'occasion de revoir nos échelles de valeur. Toudjani était stupéfait de voir ce que la dame qui nous précédait avait mis dans son caddie. Et nous a fait comprendre que ce qu'elle achetait pour une semaine, c'était l'équivalent de ce qu'il y avait au total dans l'épicerie du village. Il y a déjà un gros décalage... Quand il a vu qu'elle en avait pour plus de 180 €, il a sorti son téléphone portable, qui lui sert bien plus à convertir les prix affichés en F CFA qu'à téléphoner... et il a proprement halluciné, quand il a vu le montant des achats de la dame. Nous lui avons alors expliqué le fonctionnement en France, et donné pour exemple nos salaires, nos revenus, pour qu'il se rende compte de ce avec quoi nous vivions. Il a reconverti, et nous a dit que ça représentait une somme énorme, pour lui, et qu'avec ce que nous gagnions en un mois, nous serions richissimes au Cameroun. Nous avons alors expliqué les questions liées aux impôts, aux charges, aux loyers, aux prix des maisons, aux prix des denrées alimentaires, et il a vite pu se rendre compte qu'avec ce que nous gagnons, en France, nous sommes dans le bas de la classe moyenne... Pas de quoi se plaindre, mais pas de quoi faire des folies non plus.

Bref, un intense moment de découvertes partagées, de part et d'autre, et d'échanges...

Retour au QG. Et quelques minutes après notre arrivée, nous découvrons Hélène, Thibault et Martin qui venaient d'arriver, ainsi que Stéphanie, Agnès, Olivier, Dorian, Denise, Robert et Janine (Hélène, c'est ma petite soeur, la dernière qui manquait encore à la tribu enfin réunie, les autres sont de la famille de mon papa). Nous voici donc 14 + 10 nouveaux arrivants, soit 24 personnes. Heureusement, maman a fait appel au voisinage pour le logement de tout le monde. Robert et Janine iront en face, Stéphanie, Agnès, Olivier et Dorian à l'autre bout de la rue, Denise sera également chez les voisins d'en face, avec Bernard, l'autre frère de mon papa, arrivé vers 17 heures.

 

Préparation du repas : Stéphanie et Janine, mes tantes, prêtent main forte à maman, aidées d'Agnès, pour les quiches lorraines et autres tartes aux tomates. Il faut encore faire des salades, tomate et salade verte d'une part, et fruits d'autre part. Le buffet est préparé pour le dîner, et les convives s'installent les uns après les autres. En fait, nous ne sommes "que" 20 pour le dîner, Edwige et Denis ayant décidé de libérer le plancher, et Zabeth et Sylvain essayant de se réserver une soirée au calme en amoureux. Sauf que... Sauf qu'à force de dire qu'il n'y avait pas grand chose à faire à la salle, ils ont fini par manquer de bras ! Et Etienne n'est rentré dîner qu'à plus de 21 heures. Quant à Sylvain et Zabeth, ils ont dû oublier leur soirée à 2, faute de temps. Parce que c'est pas le tout, mais du coup, les essais de maquillage n'ont pas encore été faits !

Eh, Zabeth, il serait temps de s'en préoccuper, non ?

"Bof, tu sais, tu n'as qu'à pas me maquiller, hein..."

"Non mais ça va pas ? Et les photos ? C'est quand même plus joli si tu es maquillée !"

"Bon d'accord, mais je te préviens, si ça ne me plaît pas, c'est niet pour demain !"

(ok, ça promet. On va donc faire rapide et sobre).

 

Je commence à m'installer au salon, devenu salon de maquillage. Je lui présente les produits avec lesquels je compte la maquiller :

- crème teintée, histoire de ne pas en faire un "pot de peinture" avec une tonne de fond de teint ;

- anti-cernes pour masquer les traces du manque de sommeil ;

- blush orangé pour donner du "peps" ;

- fard à paupières dans les tons rosés pour être proche de la couleur des fleurs de la robe du lendemain ;

- mascara pour intensifier le regard ;

- crayon contour des yeux à l'intérieur de l'oeil pour ouvrir le regard ;

- crayon contour des lèvres pour assurer un bon maintien du rouge à lèvres ;

- fard à lèvres pour donner du volume.

Le premier essai est plutôt concluant, elle se trouve peu maquillée, et me dit que c'est ce qu'elle attendait. Mais elle a un doute sur la couleur des yeux. Je lui dis que si elle préfère, j'ai deux autres couleurs, encore plus proches de la couleur de la peau, et donc encore plus discrètes. Elle accepte, mais il est trop tard pour essayer ces nouvelles teintes : Sylvain a finalement décidé de ne pas zaper la soirée en amoureux. Il est 21 heures 30, et les futurs mariés nous quittent. Je confie quand même à Zabeth mon gel démaquillant et le démaquillant pour les yeux : il ne s'agit pas qu'elle ait la peau irritée le lendemain faute d'un démaquillage adéquat !

 

Le salon, pendant cet essai, était loin d'être vide. Outre Zabeth et moi, il y avait également papa et Robert, armés tous les deux de leurs appareils photos dignes des meilleurs paparazzi, ainsi qu'Hélène, Agnès et Stéphanie, qui observaient.

A la fin des essais avec Zabeth, Agnès a voulu que je la maquille pour quelle puisse se débrouiller au boulot seule par la suite. Dont acte. Et j'avoue que je n'étais pas peu fière du résultat ! Déjà qu'Agnès est une très jolie jeune femme, mais en plus, j'avais particulièrement bien réussi les yeux... Elle était décidément très mignonne...

 

La soirée s'est terminée autour d'une tasse d'infusion aux fruits, histoire de calmer un peu l'ambiance et de créer un climat propice au sommeil. Et nous nous sommes donc retrouvés à plusieurs dans la cuisine, avec Janine, Jean-Luc, Agnès, Hélène pendant un court moment et moi, à papoter...

23 heures, l'heure du dodo. Chacun a regagné ses pénates pour la nuit.

En attendant de nouvelles aventures le lendemain...

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