Un billet un peu amer, ce soir. Une fois n'est pas coutume, mais là, c'est grave, alors il faut que j'écrive, sans quoi j'aurai du mal à dormir.
Il y a une petite dizaine d'année, à mon arrivée à Sélestat, j'avais rencontré un séminariste en insertion dans notre paroisse. J'avais beaucoup sympathisé avec lui. Un futur prêtre profond, simple, sincère, ne mâchant pas ses mots, et à qui on pouvait parler en toute confiance.
Il a été ordonné prêtre le 24 juin 2001, et il n'avait pas pu être à notre mariage parce que le 30 juin, il se préparait pour sa première messe dans sa paroisse d'origine, comme le font tous les jeunes prêtres après leur ordination.
Je l'avais revu à diverses reprises, après son passage de deux ans à Mulhouse, puis son installation comme curé dans la vallée de Thann, il y a 6 ans, lors d'ordinations sacerdotales, la dernière en date étant celle de l'an dernier, où le diacre que nous avions à l'époque, Jauffrey, était ordonné prêtre à son tour.
Il y a quelques temps, une amie commune m'avait dit qu'il allait s'éloigner, prendre une année sabbatique, voire quitter le diocèse pour des raisons qu'elle ne connaissait pas. Je lui ai envoyé un message pour avoir des nouvelles, et il m'a confirmé ce que cette amie m'avait dit, sans donner de raisons plus précises...
Hier soir, en sortant de la messe, Jean-Luc et moi avons papoté un peu avec notre actuel vicaire, ordonné lui aussi l'an dernier, et avec qui nous nous entendons très bien. Et ce qu'il nous a appris a été très violent, très perturbant, totalement incompréhensible tellement c'est loin de celui qu'on connaît :
Ce prêtre en qui nous avions confiance, qui nous avait bénis la veille de notre mariage, aumônier des scouts, responsable de l'organsation des pélés jeunes à Lourdes, aumônier des équipes Notre-Dame du Haut-Rhin, s'était dénoncé mercredi dernier à la gendarmerie pour viols et agressions sexuels sur deux mineurs, âgés de 14 et 15 ans au moment des faits, en 2004.
Incompréhension. Totale.
Pas lui. C'est impossible.
Et pourtant. Sur Google, j'ai tapé son nom, j'ai trouvé des articles de presse, des vidéos des journaux télévisés locaux, une interview du chanoine de la Cathédrale, un mot de l'Archevêque... Bref, non, ce n'est ni une blague de très mauvais goût, ni un cauchemar, c'est la réalité brutale : non seulement il est homosexuel, mais encore pédophile et violeur. Ca fait beaucoup pour un prêtre que tout le monde appréciait...
Et puis, je me suis interrogée. Comment s'en sortent les deux jeunes adultes qui ont été abusés il y a 5 ans ? Quelle est leur vision de l'Eglise, des prêtres, aujourd'hui ? Comment vont-ils se reconstruire après tout ça ?
Et l'Eglise ? Un scandale de plus, un prêtre pédophile de plus... Pour une fois, la hiérarchie n'a pas étouffé l'affaire. Le mal est fait. Mais il semble que là, on ait appris des erreurs passées, et que les choses soient claires. Ce ne sera ni le premier, ni le dernier scandale. Mais c'est un rude coup.
Le Diable est bien là.
Il y a un peu plus d'un mois, il nous avait attaqués, Jean-Luc d'abord, à la Pentecôte, et moi, à la Fête-Dieu. Pris pour cible parce que nous mettons Dieu au centre de notre foyer, parce que nous lui avons enfin construit un oratoire et lui avons fait une place au coeur de notre maison. Apparente.
Le conseil de notre vicaire, le dialogue entre nous nous avaient permis de surmonter cette attaque, et nous sommes presque arrivés à la dernière étape de la construction de notre oratoire : le vicaire reviendra bénir cet endroit consacré à Dieu et à la prière à son retour de vacances.
Le Diable s'est attaqué à un jeune prêtre, apprécié de tous.
La tentation était trop forte, il n'a pas su résister à ses pulsions. Qu'est-ce que c'est, sinon les tentations que le Diable met sur nos routes pour nous détourner du Bien, de Dieu ?
J'ai l'impression d'être en guerre, parfois. Et cette histoire dramatique me remet une fois de plus les points sur les "i" : rien n'est jamais acquis. Pour personne. Il nous faut être vigilants au quotidien si nous ne voulons pas chuter nous aussi.
Il nous reste à prier pour les jeunes qui ont été abusés, pour leurs familles, pour ce prêtre aussi, puisque la justice est saisie et qu'il est en prison, les choses doivent maintenant suivre leur cours, et ce n'est certainement pas à nous de juger. En revanche, il ne faudrait pas qu'il mette fin à ses jours... Là, le Diable aurait réellement gagné... Il est "surveillé" : l'aumônier passe le voir deux fois par jour pour éviter qu'il ne lui arrive malheur.
Et puis voilà, ce soir, Rébecca s'est échappée. Elle s'est relevée pour la dixième fois. Et elle est sortie pour la dixième fois pour faire du vélo. Et pour la dixième fois, je lui ai demandé de remonter. Je l'ai entendue, j'ai cru qu'elle était rentrée dans sa chambre. Vers 21h30, Jean-Luc est sorti pour arroser les géraniums, et a vu le portail ouvert, Rébecca dans la cour, et une dame et une jeune fille de l'autre côté du portail. Elles nous ont expliqué qu'elles avaient trouvé Rébecca devant chez elles, de l'autre côté du pâté de maison, et qu'elles étaient parties à la recherche des parents. Heureusement que Rébecca a reconnu la rue, qu'elle leur a indiqué le chemin...
Il y a des gens en qui on a confiance, et qui nous trahissent, qui trahissent cette confiance qu'on avait placée en eux.
Il y a des gens bien, des personnes qui nous sont inconnues, et en qui on peut avoir confiance.
La vie vient de me remettre en mémoire quelque chose que je m'efforce de comprendre et de retenir depuis de longs mois maintenant :
Nous ne devons jamais nous arrêter au premier abord, jamais juger quelqu'un sur les apparences, sur les impressions ou le ressenti, on peut être surpris, voire très surpris, et continuer à en apprendre encore, même quand on croit connaitre quelqu'un.
Ce soir, dans ma prière, je demanderai au Seigneur d'aider ce prêtre, sa famille, et les jeunes victimes et leurs familles. Je prierai aussi pour notre église diocésaine, et pour la paroisse de ce prêtre, pour les fidèles qui avaient placé toute leur confiance en lui, qui lui avaient confié leurs enfants, et qui doivent se sentir trahis aujourd'hui, pour qu'ils ne confondent pas l'homme et la fonction, l'Eglise et les hommes, et qu'ils ne se détournent pas de Dieu, de leur foi, aussi difficile que cela puisse être.
Dans ma prière, je demanderai aussi à Dieu de bénir cette dame qui nous a ramené notre petite fille, cette dame dont je ne connais même pas le nom.
17 commentaires:
Bien triste billet que celui-ci. Et pourtant, bien que je ne sois pas croyant, je comprends ton amertume et tes peurs. Mes pensées sont avec toi et les tiens, et j'aurai aussi une pensée de soutient pour les victimes, et une de remerciement pour cette inconnue.
Merci. J'ai beaucoup hésité avant d'écrire. Je ne veux pas non plus qu'il y ait de commentaires vindicatifs contre ce prêtre ni contre l'Eglise. Il y a tellement de choses que nous ne savons pas. Comment pourrions-nous juger ? Ce prêtre, je lui aurais confié mes enfants si l'occasion s'était présentée. En qui avoir confiance ? Peut-on réparer cela ? Depuis hier, je me sens en grand désarroi, comme perdue.Mais ce n'est pas une question d'Eglise, mais de personnes. La question que je me pose, c'est comment un homme porteur de telles déviances a-t-il pu devenir prêtre, et responsable de jeunes, d'enfants ?
Je suis croyante mais non pratiquante pour des raisons qui n'ont finalement pas de rapports directs avec l'Eglise.... Mais je comprends aussi ton désarroi... J'espère que tu vas pouvoir surmonter cette épreuve. En qui avoir confiance? On ne le sait jamais totalement, l'être humain étant tellement imprévisible. Malgré tout, on veut et on a besoin d'avoir confiance en des personnes... alors je dirais qu'il faut que tu continues à faire confiance aux mêmes personnes qu'actuellement et de rester toujours vigilante (même si on ne peut jamais tout voir).Mes pensées vont pour cette dame qui a ramené BBK et qui nous montre qu'il y a des gens biens, des inconnus en qui on peut faire confiance. J'espère aussi que les échappées nocturnes de BBK vont vite s'arrêter.Et évidemment elles vont aussi à ses familles dévastées, en espèrant qu'elles garderont la foi et le courage pour avancer et se reconstruire..Bon courage à toi pour surmonter cette épreuve. On est là, avec toi si tu en as besoin!!
C'est pour cela que j'ai écrit ce billet : les personnes en qui on a confiance nous déçoivent parfois, et d'autres que l'on ne connaît pas, qu'a priori, on ne fréquenterait pas, se révèlent être des gens bien...Merci pour ton soutien, je crois que ça va un peu mieux maintenant (la journée d'hier était dévastatrice...)
Difficile de commenter un tel billet. Je suis surprise de la vie que te fait mener BBK: elle sait déjà faire du vélo?? En tant que mère, je comprend ton désarroi sur la confiance: perdre son enfant de vue est terrible, culpabiliser parce qu'il aurait pu lui arriver quelque chose par notre faute, c'est un poids insupportable. Son ange gardien était avec elle, tous les être humains ne sont pas mauvais, loin s'en faut, mais la prudence n'est jamais excessive face à l'innocence!Quant à la première partie de ton billet, elle démontre encore une fois que l'homme est humain avant tout, et que le fait de croire en Dieu ne guérit personne ni ne met personne au dessus des autres. Tu sais que je ne suis pas croyante, je sais qu'un fossé nous sépare sur ce sujet, mais je te comprend. Etre trahi par ceux que l'on aime est destructurant. je suis convaincue que ta foi sera plus forte. En tout cas, merci d'avoir souligné que l'Eglise, pour une fois, n'a pas mis d'oeillères... Rappelle toi l'Elégance du Hérisson: les apparences sont trompeuses, les jugements tellements hâtifs...je pense bien à toi et il faudra que tu m'expliques en quoi le Diable vous a attaqué, toi et Jean luc!
Coucou Hélène,Je prends le temps de répondre à ton message. Concernant surtout ta question à propos des attaques du Diable, il s'est manifesté la nuit précédant la Pentecôte en "rêve" pour Jean-Luc : Jean-Luc lui a "dit" qu'il ne lui faisait pas peur, et il a alors vu des yeux terrifiants, au point qu'il s'est mis à hurler comme jamais il ne l'avait fait avant (en tout cas pas une seule fois en 8 ans). Là où nous pensons qu'il ne s'agit pas d'un rêve ordinaire, c'est qu'un rêve, normalement, tu te réveilles, tu te rends compte qu'il s'agit d'un rêve, et tu te rendors la plupart du temps assez vite. Là, non seulement il a fallu deux heures de prière avec la Bible à Jean-Luc pour s'apaiser, mais en plus, une sorte d'atmosphère bizare et malsaine régnait dans notre maison, au point que Jean-Luc se sentait de plus en plus mal à chaque fois qu'il montait dans notre chambre. Durant toute la semaine qui a suivi, entre la Pentecôte et la Fête-Dieu, je me suis sentie moi aussi très mal à l'aise, avec des cauchemars atroces, et des questions très dures relatives à notre mode de vie, nos croyances, notre fonctionnement, comme si nous avions une décision importante à prendre, comme si nous étions à un tournant de nos vies : si nous continuions, un retour en arrière serait impossible...Une semaine après, jour pour jour, j'ai vécu quelque chose de similaire dans l'intention, mais pas dans les moyens pris : j'ai fait pour ma part un rêve "formidable", qui m'a perturbée longuement le dimanche matin, parce que ce rêve mettait en scène des sentiments que je n'éprouve pas du tout dans la vie réelle (en gros, j'étais amoureuse de deux prêtres que nous connaissons, et ils l'étaient tous les deux de moi, alors qu'en réalité, ce sont des amis, et rien de plus). J'ai d'abord cru que je n'étais pas sincère avec moi-même, que ce rêve était l'expression de fantasmes, mais quand j'en ai parlé avec Jean-Luc, il m'a dit que le Diable était aussi un tentateur. Et il se trouve que j'ai par la suite éprouvé exactement la même chose que Jean-Luc en allant dans notre chambre, jusqu'à ce qu'il répande de l'eau de Lourdes dans toutes les pièces de la maison, en commençant par notre chambre.Après en avoir parlé avec d'autres amis très croyants aussi, nous nous sommes rendu compte que nous sommes loin d'être les seuls à subir ces attaques. Et en relisant les faits, il est devenu évident que c'était bien ça : les attaques ont commencé le samedi soir, c'est-à-dire immédiatement après que Jean-Luc a commencé à construire un oratoire dans notre chambre : j'ai donc appris à cette occasion que le Diable n'aime pas du tout quand on met Dieu au centre de nos vies, et particulièrement quand cette place est visible, apparente, et montrée aux autres.Le reste est une question de foi, bien entendu. Et je ne prétends pas que c'est ça, je dis juste que c'est comme ça que nous l'avons vécu. Pour nous, le Diable a une existence tout aussi réelle que Dieu lui-même. D'ailleurs, il est bien plus logique de croire que le Diable existe si on pense que Dieu existe, que de croire que Dieu existe, mais pas le Diable... Si on y réfléchit, l'un ne va pas sans l'autre, et cela n'a pas de sens, puisque la Bible dit bien que Jésus a été tenté au désert, par le Diable lui-même... Ou alors, c'est qu'on croit que le Tentateur est une fable. La Bible en serait une aussi, alors...
Eh beh.... Vaut mieux être athée, à ce que je vois! je ne pensais pas que la foi était un chemin aussi dangereux...et je dis ça sans rire! Bon, personne ici ne s'apelle Freud, et donc personne ne pourra déchiffrer la signification de ces rêves, mais je me demande si notre inconscient ne se fabrique pas également de toutes sortes de peurs enfouies et installées insidieusement à cause de nos propres croyances? En gros, le fait de croire en Dieu et son corrollaire ne crée-t-il pas en soit des peurs et des troubles inconscients? Ca me fait penser à une anecdote au sujet d'une femme musulmane qui n'avait comme ouverture d'esprit que la religion, elle était son seul repère et toute sa vie était organisée autour de cette foi. Elle était donc très attachée aux rituels et aux règles qu'il lui semblait inimaginable d'enfreindre, sous peine d'une sanction sans appel (avec la notion de destruction, donc assez violente). le jour où elle a vu un collègue prénommé Mohammed (nom du prophète), dont il ne faisait pas de doute pour elle qu'il était aussi croyant qu'elle, lorsqu'elle l'a vu manger du jambon de porc, elle a réellement tremblé pour lui!! Il l'a rassurée, connaissant bien le fonctionnement de ce genre de personne, en lui assurant qu'il avait prononcé la prière requise. Son âme était sauvée, la femme est partie sereine, vaquer à ses occupations. Je ne suis pas musulmane, et ma culture ne m'a pas appris, profondément, et depuis de multiples générations, à me méfier du porc (pour des raisons que je continue à ignorer, d'ailleurs). je peux donc en manger sans crainte de croiser les foudres d'un quelconque Diable ou "punisseur public".Ca se rapproche de la croyance selon laquelle si un enfant n'est pas baptisé au plus vite, il ira en enfer s'il lui arrive malheur!!Du temps où la religion régissait toute notre vie, notre éducation, nos faits et gestes, et où la mortalité infantile était si importante, croire ça me parait logique. Et de toute façon, il n'était pas permis croire autre chose, sous peine de se faire zigouiller par le grand inquisiteur! Que de mères ont dû cauchemarder jusqu'à la date du baptème!!!En tout cas, ces angoisses ont dû être terribles pour vous deux, et se sentir mal chez soi est forcément difficile à vivre.Par rapport à la tentation, je dirais que la vie toute entière est tentation, à partir du moment où l'on considère que c'est interdit, ou mauvais ou mal et que l'on lutte contre cela. j'avais toujours interprété l'existence du Diable comme une métaphore: c'est le Diable qui tente l'homme marié vers l'adultère, c'est le Diable qui tente le gourmand vers la nourriture, c'est encore le Diable qui tente le "faible" vers la facilité de l'escroquerie ou le vol... Je crois plutôt que l'homme est Homme et que certains choisissent des voies que la majorité rejette parce quelles sont violentes, injustes, destructrices.La construction harmonieuse d'un être humain est très délicate, nous sommes soumis à des pressions internes, externes, culturelles, sociales...et cultuelles, pour le coup. Il n'est pas étonnant, quand il manque un ingrédient, que l'équilibre puisse être rompu.Juste une dernière question: que ces rêves interviennent entre la Pentecôte et la Fête-Dieu (???) a-til une influence à tes yeux?
L'influence des dates ? Oh oui, à mon avis, on peut penser que ce sont des signes, et j'y suis particulièrement sensible.Quelques exemples : j'ai "entendu" Dieu me dire qu'il était avec moi la nuit de l'ouverture des portes saintes, soit le 31 décembre 1999 (veille, donc, du changement de millénaire). Il m'a "parlé" de nouveau dans la nuit qui a suivi le Mercredi des Cendres de cette même année 2000. Jean-Luc et moi avons décidé de la date de notre mariage le 1er juin 2000, Jeudi de l'Ascension...Merci pour ton message. Je me suis moi aussi posé ces questions à propos des rêves, de la culture, de notre éducation... Et il s'avère que je suis persuadée que le Diable existe vraiment, en tant que personne, et qu'il nous influence dans le mauvais sens. C'est ce qu'on appelle les tentations, effectivement.
Retour à la question des dates : Ces exemples donnés (ouverture des portes, pentecôte, fête-Dieu, etc) sont un signe dans la mesure où beaucoup des événements marquants, voire fondateurs chez nous, ont lieu à des dates importantes au niveau liturgique. Que la première attaque du Diable intervienne juste avant la Pentecôte, jour où l'Esprit Saint nous est donné, n'est à mon sens pas innocent. Quant à la Fête-Dieu, il s'agit de la fête commémorant particulièrement l'institution de l'Eucharistie (autrement appelée Fête du Corps et du Sang du Christ), et l'Eucharistie est quand même le fondement de notre foi... avec la Résurrection. C'est pour cette raison que ces deux fêtes sont particulièrement importantes, et que l'attaque du Diable à ces moments précis m'interdit de penser qu'il s'agit d'un hasard, et que ce n'est pas non plus ni un banal cauchemar, ni un fantasme. Mais comme je le disais plus bas, il s'agit là d'une question de foi. Je pourrais tout aussi bien être considérée comme bonne pour l'asile... (j'espère que personne n'y a pensé, sinon je lui coupe la tête ! Niark !)
Si! j'ai bien pensé à l'asile, mais je tiens à ma tête, donc...La survenue d'évènements à des dates précises n'a de sens que dans l'interprétation qu'on leur donne. Ainsi, j'ai une collègue qui ne prévoit jamais rien le jour de son anniversaire, c'est une journée qu'elle maudit, et le moindre fait est interprété négativement, parce qu'elle en a décidé ainsi!Certains disent qu'il n'y a pas de hasard...Non, il n'y en a pas, dans la mesure où ton esprit est empreint de ta foi, tu ne peux pas interpréter les "faits" autrement que par rapport à ton propre réferentiel.Je ne sais pas si tu es bonne pour l'asile, mais il est évident qu'il est difficile de convaincre une mécréante comme moi !!!La plupart des fêtes dont tu parles, je ne sais même pas ce que ça représente...Aller, bon courage
Je suis bien d'accord avec toi, à propos des dates. Je les interprète bien comme des signes, et il se trouve que je suis particulièrement sensible à cet aspect des choses. Dernier exemple : BBK a été baptisée le 31 décembre 2006, non pas parce que c'était le 31, mais parce que c'était le jour de la Sainte Famille, encore une fête importante pour nous... Merci de ton intérêt.Bises à toute la famille !
'ai aussi entendu cette histoire, ce prêtre était un ami ou une connaissance, je ne sis pas de la marraine de Lélio qui a aussi été profondément choquée!!! Parfois, je me demande si l'abstinence chez les curés est une bonne chose, car par exemple, les pasteurs peuvent semarier et pourtant pasteurs et curés sont chrétiens...... Est ce que au final ce ne serait pas trop dur pour certains... bref je ne sais et je pense que c'est surement un débat sans fin
Complètement d'accord avec Aurélie: la sexualité est une entité à part entière de l'identité de quelqu'un, et la réfrener peut peut-être causer un déséquilibre dans la personnalité...même si, heureusement, tous les prètres ne sont pas pédophiles, et inversement...
J'ai déjà bien souvent entendu cet argument... à propos du mariage des prêtres. Seulement, là, j'ai un petit souci quand même : qu'un prêtre, comme tout homme, ait une sexualité, je suis d'accord, et l'Eglise ferait peut-être bien de se pencher sur la question (même si je pense qu'elle le fait déjà, et que je ne sois pas convaincue que ce soit une solution).Mais là, il est question de pédophilie, et qui plus est d'homosexualité. Or, pour tout le monde, prêtre ou pas, la pédophilie et l'homosexualité ne sont pas à proprement parler des sexualités "normales". Il s'agit de déviances, et ces déviances ne sont pas les seuls faits des prêtres, abstinents par vocation : il y a aussi des hommes mariés, pédophiles et qui plus est homosexuels (bi-sexuels, pour le coup, quand il s'agit d'hommes mariés). Je ne suis donc absolument pas convaincue que le mariage des prêtres résoudrait cette question elle-même (la question du mariage étant, à mon avis, à distinguer clairement de celle de l'homosexualité des prêtres).
Evidemment, il faut séparer les trois problématiques (sexualité, pédophilie et homosexualité. Et certainement que les prètres expriment "normalement" leur sexualité quand ils craquent (qui n'a pas entendu parler de la bonne du curé???). Le problème, c'est qu'ils bénéficient d'une image à priori favorable, et la chute est d'autant plus rude...La société n'accepte déjà que modestement l'homosexualité. Mais quand elle émane d'une personne faisant autorité (personnalité politique, religieuse, policière...), les gens n'en reviennent pas, alors que leur fréquence d'apparition est sans doute la même que dans les autres catégories de population.Quant à la pédophilie, elle est à mettre à part, puisque cet interdit vaut pour chacun d'entre nous: la sexualité est un problème d'adultes. La construction psychique des enfants ne leur permet pas de digérer une telle agression.Prètre ou pas, elle me semble nettement plus destructrice que l'homosexualité qui a lieu entre deux adultes consentants, au même titre que l'hétérosexualité.
Absolument. C'est pour cette raison que pour moi, la question du mariage des prêtres ne se pose pas vraiment dans ce cas précis. Ce qui s'est passé est l'expression d'une déviance, d'une perversion. Mais par ailleurs, la question de sa sexualité (hétérosexuelle, donc, qui semblerait dire que le problème vient du célibat, par opposition au mariage) n'a pas été évoquée en ces termes. C'est bien sur le plan de la pédophilie et des attouchements sur deux jeunes mineurs que cela se pose. Les "bonnes de curés", c'est un problème bien différent...
Quelques nouvelles de ce prêtre, plus d'un an après les faits :
Il est sorti de prison. L'affaire suit son cours et il y aura sans doute un procès. Le prêtre s'est vu retirer toute responsabilité paroissiale, notamment auprès des jeunes. Il n'est plus curé de paroisse, il s'est retiré dans un monastère et semble aller mieux, d'après les dires d'un prêtre qui le connaît bien (il était curé à Sélestat au moment où le prêtre en question était diacre chez nous).
Rien n'est réglé pour autant, mais les autorités religieuses s'en remettent à la police et à la justice pour la suite.
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