Au Gobolistan, nous avons beau être dans un Etat libre, démocratique, indépendant et tout et tout, nous sommes quand même soumis pour les relations avec l'Etat Français et la Région Alsace à toute l'administration. Et ça n'est pas triste.
Dernier épisode en date : mercredi dernier. Nous sommes en pleine guerre de tranchées avec la Sécurité sociale pour mon dossier d'accident du travail (vous vous souvenez, le bras cassé du mois de février ?).
Petit récapitulatif des épisodes précédents :
- 11 février, je suis donc tombée à environ 50 m de chez moi, à cause du verglas, sur le chemin qui me conduisait à la gare. Dans la foulée, Jean-Luc m'a conduite à l'hôpital, j'ai été plâtrée, puis je suis rentrée en taxi à la maison, et j'ai prévenu mon employeur que je ne venais pas ce jour-là pour cause de chute, de bras cassé, en précisant qu'il s'agissait d'un accident du travail. J'ai également rempli tous les papiers qu'il fallait, et ai tout envoyé à la Sécurité sociale, agence de Sélestat.
- 25 février, j'appelle ma directrice au téléphone pour lui dire que mon arrêt de travail est prolongé de deux semaines, et à cette occasion, elle comprend durant la discussion que c'est un accident du travail. Héberluée, je lui dis que je l'avais dit à la secrétaire qui avait pris mon appel, et la directrice me rappelle que mon accident a eu lieu pendant les vacances de février, que le comptable et la secrétaire qui s'occupent de ces papiers d'habitude étaient en congé, et qu'il y a du y avoir maldonne : la déclaration n'a pas été faite. Dans la foulée, la secrétaire me rappelle pour faire la déclaration, qu'elle date donc du 25.
- Au mois de mars, je reçois un courrier de la Sécurité sociale m'informant du refus de prise en charge de mon arrêt comme accident du travail.
J'appelle donc la sécurité sociale pour contester la décision et au moins tenter de savoir pourquoi, et là, j'apprends que mon dossier est rejeté pour défaut d'arrêt initial et retard dans la déclaration. Oui, ça, je le savais bien, j'explique la situation, leur rappelle que la directrice a envoyé un courrier à la sécu pour leur expliquer pourquoi la déclaration n'a été faite que deux semaines après l'accident lui-même, et je leur dis aussi que je n'ai pas le certificat initial puisque je le leur ai déjà envoyé. Ils me répondent que je dois au moins leur envoyer un duplicata du certificat initial.
Donc, rassurée, je demande à mon beau-frère de me faire une copie de ce certificat, et je l'envoie par courrier.
- Au mois d'avril, nouveau courrier de la sécu, m'informant que la copie n'est pas valable, il faut un duplicata, et non pas une photocopie. En d'autres termes, je dois retourner à l'hôpital, avec mon propre exemplaire du certificat initial, et demander au médecin qui a établi ce certificat d'en faire un nouveau, avec la date de l'accident (et non pas la date du jour où il établit ce duplicata). Sauf que je suis retournée à l'hôpital, aux urgences, et que le médecin qui m'avait vue le 11 février n'était bien sûr pas là. Un autre médecin a donc établi le certificat, et j'ai envoyé en recommandé ce papier à la Sécurité sociale, au service contentieux (puisque je conteste la décision), situé à Sélestat (oui, entre temps, la CPAM a été restructurée, et celle de Sélestat a hérité du service contentieux).
Et puis, plus de nouvelles.
Jusqu'à mercredi dernier.
Mercredi, donc, je reçois un coup de téléphone d'un monsieur me disant m'appeler à propos d'un accident du travail. Pensant qu'ils avaient enfin retrouvé mon dossier et décidé d'y donner suite, je me mets à expliquer mon cas au monsieur qui m'appelle. Voici la conversation surréaliste que j'ai eu avec cet aimable agent :
- Bonjour, je vous appelle au sujet de l'accident du travail.
- Oui, très bien !
- Puis-je savoir à quelle heure il a eu lieu exactement, il y a quelque chose qui ne va pas dans la déclaration.
- Ah oui, c'est la date, c'est ça ?
- Non, c'est l'heure. C'est bien 7 heures du matin ?
- Non, plutôt 7h30, le 11.
- Ce n'était pas le 13 ?
- Le 13 ? Non, le 11, le mardi 11 !
- Ah bon ? Sur la déclaration, c'est noté mercredi 13 octobre.
- Octobre ? Non, c'était un mardi, en février !
- Non, la déclaration dit bien le mercredi matin, 13 octobre.
- Ben non, je ne travaille jamais le mercredi : ce n'est donc pas possible ! Et mon accident date du mois de février dernier !
- Vous ne travaillez pas le mercredi ? Non, je vous parle de votre employé !
- Mon employé ? Mais je n'ai pas d'employé !
- Vous n'êtes pas l'entreprise Unetelle (je n'ai pas retenu le nom qu'il m'a donné) ?
- Ah non, je suis Amélie Platz !
- Ah bon, alors je me suis trompé de numéro !
- Ah peut-être, n'empêche que moi, je n'ai toujours aucune nouvelle du contentieux pour la prise en charge de mon accident du travail.
- Du contentieux ?
Voilà le début de notre conversation. Une fois que chacun a compris que nous ne parlions pas du tout de la même chose, l'agent a pris mon numéro de sécurité sociale et a consulté mon dossier :
- Ah oui, effectivement, votre dossier a été rejeté, parce que vous n'avez pas envoyé le certificat initial.
- Vous rigolez ? Je l'ai envoyé deux fois ! Une première fois le jour de l'accident, et vous l'avez perdu, et une deuxième fois au mois de mars, un duplicata, que j'ai envoyé au service contentieux à Sélestat, parce que ma demande avait été refusée.
- Au service contentieux de Sélestat ? Ah mais non, c'est à Haguenau ! Le service contentieux a déménagé en mars-avril !
- Eh dites ! Il va peut-être falloir que vous arrêtiez de perdre les papiers qu'on vous envoie, là ! Parce que je ne vais pas pouvoir retourner indéfiniment à l'hôpital pour leur demander des duplicatas, ils ont autre chose à faire, et moi aussi !
- Vous savez, je ne m'occupe pas des dossiers du mois de février, uniquement ceux du mois d'octobre...
- Et pour mon dossier, alors, je fais quoi ?
- Je vais reprendre votre numéro de téléphone, et un agent vous rappellera dès demain matin !
- Ah non, demain, je travaille !
- Quand êtes-vous disponible ?
- Vendredi, je ne travaille pas.
- Bien, alors on vous appelle vendredi.
Fin de la discussion. Vendredi, c'était aujourd'hui. J'ai donc passé la plus grande partie de la journée à la maison (sauf entre 8h et 9h, le temps d'emmener les enfants à l'école et de faire les courses, mais j'ai vérifié, il n'y a pas eu d'appel pendant ce temps-là, c'est sans doute trop tôt pour l'administration, 9 heures du matin), en attendant ce coup de fil, qui, ô surprise, n'a jamais été passé.
Au mieux, maintenant, ils rappelleront lundi. Coup de bol, je suis en vacances toute la semaine...
Un jour, peut-être, mon dossier sera complet... quand la sécurité sociale aura retrouvé tous les papiers égarés entre Strasbourg où se trouve le siège, Sélestat où se trouvait la CPAM et où j'ai envoyé les papiers en février et en mars et Haguenau, où le service contentieux a déménagé. Et encore, j'ai du bol, ça reste dans le Bas-Rhin. Ils n'en sont pas encore à la régionalisation, mais juste à la départementalisation. Ca laisse de l'espoir, non ?
En attendant, avant la restructuration, il n'y avait qu'un seul endroit où on devait envoyer les papiers. Et du coup, c'était très simple pour les assurés sociaux. Ca l'est beaucoup moins maintenant... Et là où je n'ai pas eu de bol, c'est que j'ai envoyé mon dossier au moment précis où l'agence de Sélestat a changé d'attributions... Si ça se trouve, ce fameux certificat est bien arrivé à la Sécu, mais pas dans le bon service et il s'est du coup perdu dans les limbes de l'administration...
Je me prépare donc à une nouvelle "guerre des tranchées", après la CAF, la Sécu ! Hauts les cœurs, je vais avoir le temps de passer du temps au téléphone... Vivent les vacances !
4 commentaires:
Mwahahahaha j'adore le coup du changement d'adresses... pour un peu, on aurait presque l'impression qu'ils veulent se cacher. Bientôt, ça va être "Remboursement à 100% si vous arrivez à trouver du premier coup le bon service".
Ouais ! J'aimerais bien ! En tout cas, je suis contente que ça refonctionne ! (pas très douée en paramétrage de Blogger, moi, mais bon, ça finira par rentrer !)
T'en fais pas, la meilleure formation pour Blogger restera celle apprise sur le tas ;) Et tu te débrouilles déjà très bien!
Ben depuis le temps, il vaudrait mieux... Mais en fait, sur un blog public, y'a rien à faire au niveau autorisations. Donc c'est plus simple...
Enregistrer un commentaire