Eh oui, vaste question. Je viens de voir que mon dernier billet ici date d'il y a plus d'un mois (presque un mois et demi !!!) et du coup, je me dis que je suis plutôt en retard pour vous donner de nos nouvelles.
Alors pour ce qui est des enfants : ils sont heureux !!! Si. Et ça fait du bien de les voir comme ça.
Petit exemple :
Hier soir, dimanche, Noémi a dit quelque chose à Nathanaël, quelque chose qu'ils ont trouvé tellement drôle qu'ils en riaient encore une heure après. J'ai voulu savoir ce que c'était, mais Nathanaël a été incapable de me le dire, parce qu'il n'arrivait jamais au bout de la phrase tellement ça le faisait rire. Du coup, j'ai fini par rire juste parce qu'il a un rire communicatif. Et c'est merveilleux de voir cet enfant si discret, si observateur, mais si peu démonstratif, se livrer à de tels débordements de joie !
Noémi aussi va bien, très bien, même. Côté maths et dyscalculie, ça avance, même si ça reste lent, mais surtout, surtout, elle est mieux dans sa peau en ce moment, et a cessé de me dire qu'elle se trouvait moche, nulle, et bonne à rien. Sans doute peut-on y voir une conséquence de mes propres transformations depuis la fin du mois de février, et j'en suis vraiment heureuse rétrospectivement : tout ce que je fais, tout ce que j'essaie de mettre en place, tous ces efforts pour régler mes problèmes, ce n'est pas en premier lieu pour moi (même si c'est important de se sentir bien dans sa peau, et d'être heureuse), mais pour les enfants, et en particulier pour Noémi que je les fais. Parce que se regarder dans la glace, honnêtement, et reconnaître qu'on s'est planté, qu'on se plante encore et qu'on a tout faux et donc des tas de choses à changer, ce n'est pas facile à faire, loin de là. Ça suppose en particulier d'avoir le courage de se dire qu'on a eu tort, et de demander pardon pour le mal qu'on a pu faire. Et quand il s'agit de ses propres enfants, c'est d'autant plus difficile, parce que cela suppose que l'on peut être faillible, alors que les enfants attendent tout de leurs parents, et en particulier qu'ils leur montrent le bon chemin. Mais savoir reconnaître ses erreurs, c'est aussi se donner la chance un jour de pouvoir changer et d'essayer de ne plus les répéter. Je ne suis pas naïve au point de penser que tout est réglé après : des erreurs, j'en ferai d'autres, et ce qui a été fait ne peut être défait. Néanmoins on peut profiter de ce moment pour remettre les choses à plat et avancer. Et c'est là que l'espérance chrétienne m'aide beaucoup : seule, j'en suis incapable. Mais j'ai cette chance, cette grâce immense de me savoir accompagnée. Le Christ m'aide, tranquillement, et me donne ce dont j'ai besoin pour avancer au rythme qu'il faut. Comme je suis plutôt lente d'esprit (il me faut beaucoup de temps pour comprendre !), ça ne va pas très vite. Mais l'avantage de cette lenteur, c'est qu'une fois que la leçon est comprise, il n'y a pas à y revenir, ou très peu. Alors je sais bien que Noémi a souffert d'un certain nombre de mes erreurs et que je n'aurai pas assez de toute ma vie pour les rattraper. Mais ce qui me met en joie, c'est de voir qu'elle grandit, qu'elle s'épanouit malgré cela, dans la confiance retrouvée en moi, et surtout, surtout, en elle. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, mais je crois que maintenant, elle va tout simplement dans la bonne direction.
Et Rébecca ??? Rébecca est un rayon de soleil, même en plein hiver.
Hier soir, toujours, nous avons vécu un beau moment quand je l'ai mise au lit.
Nathanaël et Noémi avaient passé la journée à la communauté de la Famille missionnaire de Notre-Dame, à environ 50 m de chez nous, où ils ont parlé de la Semaine Sainte qui va commencer dimanche prochain, de la mort et de la résurrection du Christ. Alors bien sûr, quand ils sont rentrés, il y avait plein de questions : "Et Jésus, il a eu mal quand on l'a cloué sur la croix ?" "Mais pourquoi ils l'ont tué ? Pourquoi ils ne l'ont pas simplement mis en prison ???" etc...
Et Rébecca, elle, n'a pas participé à la journée, qui s'adressait aux enfants à partir du CE1 (elle n'a que 5 ans et est qu'en grande section de maternelle). Alors elle a écouté ce que son frère et sa sœur ont dit en rentrant. Et au moment de se coucher, elle m'a demandé : "Mais maman, Jésus, il a eu très mal ?" J'ai répondu que oui, sans doute a-t-il eu très mal, parce qu'on lui a quand même planté des clous dans les mains et qu'on l'a laissé là, suspendu à la croix pendant plusieurs heures. Elle était au bord des larmes quand elle m'a dit : "Alors maman, il faut prier pour lui !"
Alors je me suis assise près d'elle, et je lui ai dit qu'on pouvait prier pour Jésus, et le remercier pour tout ce qu'il a déjà fait pour nous. Parce que s'il est mort, c'est pour nous sauver de la mort, pour le pardon de nos péchés (j'utilise le mot "bêtises" avec Rébecca, sinon, elle croit que je lui parle du pêcher du jardin ! :) ). Alors nous avons prié toutes les deux, et à la fin de la prière, les larmes avaient disparu, et le sourire, ce sourire lumineux qu'elle a depuis qu'elle est venue au monde, est revenu, comme un soleil. C'était un petit peu comme à Pâques, où la tristesse et la souffrance de la mort font place à la joie de la Résurrection.
Jean-Luc et moi, nous sommes très heureux et très reconnaissants, parce que Dieu nous a confié des enfants merveilleux, de vrais trésors que nous avons pour tâche d'accompagner, d'élever, d'éduquer pour en faire des adultes responsables, debout. C'est une belle et grande charge qui nous est confiée. Je me sens un peu comme un passeur, chargée de conduire mes enfants sur le chemin de la foi. Ils l'ont d'ailleurs très bien compris et n'hésitent pas à poser d'innombrables questions...
Hier en fin d'après-midi, Noémi m'a dit qu'avec Benjamin (un de ses amis du même âge qu'elle, qu'elle aime beaucoup), ils avaient décidé de ne pas se marier (en septembre, ils nous avaient dit qu'ils se marieraient, mais à 9 ans, on a encore le droit de changer d'avis). Quand je lui ai demandé pourquoi, et si Benjamin ne l'aimait plus, elle m'a dit : "Non, il m'aime toujours, mais il veut être moine. Alors ça tombe bien, parce que si je suis religieuse, on sera tout le temps ensemble et on ira tous les deux faire les courses." Question représentation de la vie religieuse, il y a donc encore du boulot, mais cette représentation s'explique en grande partie par leur vécu : le couvent qui se trouve au bout de la rue abrite une congrégation religieuse mixte, véritable OVNI dans le paysage religieux catholique, puisque cette congrégation est la seule dans son genre, dans toute l’Église Catholique. Elle porte d'ailleurs le nom de "Famille", car les frères et les sœurs qui y vivent ont un fonctionnement qui s'approche beaucoup de celui d'une famille classique (un père, une mère et des enfants). L'image que Noémi et Benjamin ont de la vie religieuse est donc en grande partie calquée sur ce qu'ils ont sous les yeux, et pour eux, la mixité dans la vie religieuse fait sans doute partie de la normalité. Ils ont encore un grand nombre d'années pour découvrir que la réalité monastique est autre...
Voilà ce qui nous occupe depuis plusieurs semaines, entre autres. Parce que je ne vous ai pas encore parlé du Friehjohr, des salons de Jean-Luc, du vélo, de mes déplacements professionnels, du colloque national que nous organisons à Mulhouse, de nos peut-être futures vacances en Italie, de la première communion de Noémi, des anniversaires auxquels Rébecca a été invitée... Notre premier trimestre 2012 est fort, fort occupé !!! Et cela explique le peu de temps pour mettre ce blog à jour : priorité à l'actualité, comme disent les journalistes, et l'actualité à la maison consiste souvent à éteindre le feu qui s'est déclaré entre l'un et l'autre des enfants, ou bien à parer au plus pressé question organisation, et donc à mettre en veille l'écriture, les blogs et jusqu'à la lecture parfois...
2 commentaires:
Très joli compte rendu de votre famille, cela fait chaud au coeur, Amélie,de lire tes réctions. Au fait, as-tu pensé à écrire sur un livre, toutes ces reflexions? Qui sait...un jour tu pourrais le publier et cela aiderait grandement d'autres familles à regarder plus attentivement leurs enfants
Ah... écrire un livre ? Cela demande de la distanciation, de la réflexion et de la remise en ordre ! Pourquoi pas ? Mais je redoute de le faire : ériger ce que nous vivons en "modèle" à suivre me paraît dangereux, tant les vécus sont divers, et les solutions trouvées personnelles...
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