J'ai hésité entre vacances et travail, pour la catégorie, mais comme "vacances" n'existe pas (j'aurais pu le créer, mais bon...), j'ai mis dans "travail".
La Toussaint est donc une fête, contrairement à ce qu'on pourrait penser en entendant les expressions (temps de Toussaint, têtes de Toussaint...), seulement, c'est toujours un peu ambigu, cette fête surtout quand comme moi, on a vécu récemment un deuil (Mamie, si tu savais comme j'ai pensé à toi hier, et à Grand-Père...). Bref, après la messe de 9h30, nous sommes vite rentrés à la maison pour emmener les enfants aux toilettes avant de partir, puis, ce fut le début d'un sympathique périple dans le nord de notre belle Alsace.
Première destination : un bled du nom de Roppenheim, chez Alice Curot, soeur du mari de la soeur de ma belle-mère (je ne sais pas si vous avez suivi, mais c'est donc de la famille de mon mari). Alice nous reçoit très gentiment, il est un peu plus de midi, et elle est en train de déjeuner. Je l'enjoint à ne pas s'interrompre, mais elle termine très vite son déjeuner, et débarrasse la table illico pour nous permettre de nous asseoir...
Pendant que Jean-Luc fait les calculs avec elle, et que je remplis les chèques (elle sert de "dépôt" pour ses enfants qui ont aussi commandé du vin, et qui viendront le chercher plus tard), les enfants filent jouer aux toilettes (que c'est amusant, chez les autres...). Je finis les chèques, mets le hola dans la salle de bains, et nous voici prêts à repartir chez le client suivant, quand Alice s'éclipse, puis revient avec bonbons, chocolats et carambars pour les enfants... Les voilà tout contents, mais interdiction de manger tout ça avant le déjeuner !
On réembarque tout le monde, et hop, nous voici à l'autre bout du village, chez Monsieur Diderlé, très surpris de nous voir puisqu'il n'a rien commandé. C'est que Jean-Luc soigne ses clients, et Monsieur Diderlé en est un fidèle, et de longue date. Alors, il lui apporte un peu de vin nouveau, du jus de raisin à peine pressé, qui n'a pas encore commencé à fermenter... Mais Monsieur Diderlé apprend à Jean-Luc que ni lui, ni son épouse ne boivent de vin nouveau... Chou blanc pour cette fois, mais la prochaine fois, on le saura, et on passera juste dire bonjour !
Heureusement que les enfants étaient restés dans la voiture... Nous repartons, cette fois-ci pour Drusenheim, un autre petit village à 15 minutes de route de Roppenheim, dans la direction de Strasbourg-Sélestat (on se rapproche de chez nous, quoi). Un peu avant 13 heures, nous débarquons donc chez Robert et Christine, le frère et la belle-soeur de Marie-Thérèse, la maman de Jean-Luc. Explications avec les enfants, pour qu'ils comprennent qui est qui, par rapport à qui, et questions incessantes de Noémi à Christine : "Et toi, tu as des enfants ? Et ils sont où tes enfants ? Et pourquoi ils ne sont pas ici ?..." Retour aux toilettes pour les deux zouaves Platz, et apéritif. Parce que Christine et Robert nous ont invités à déjeuner chez eux, en plus. Et Christine a mis les petits plats dans les grands pour l'occasion : petits fours, bretzels, sticks d'Alsace, alcools et jus de fruits...
Vers 14 heures, nous passons à table : bouchées à la reine, riz et carottes, tarte aux pommes et café. Et toujours ces questions : "on peut manger les bonbons ?" devant ma réponse négative ("pas avant le repas, les enfants"), Christine contourne le problème en leur donnant... d'autres bonbons ! Discussions diverses : nouvelles des Platz (les parents de Jean-Luc, sa grand-mère), des enfants de Robert et Christine (Olivier va être papa d'un petit garçon en janvier, Jean-Marc est de retour aux Etats-Unis après quelques semaines en Chine pour parfaire sa connaissance de la langue, et il commence dans une des plus grandes banques d'affaires de New York, après avoir été brillamment reçu à son diplôme de la prestigieuse School of Management de Yale...), des aménagements prévus dans leur maison, du travail de Robert, de sa proche retraite, etc... Le repas est excellent, la compagnie sympathique, les enfants ont mangé, et correctement en plus, sans en mettre partout... J'autorise Noémi à manger un bonbon, et elle jette son dévolu sur les carambars... Dont elle ne mange que la moitié, et elle revient ensuite me voir pour me dire qu'elle n'aime pas ça ! (je sens qu'elle va changer d'avis dans quelques temps, mais pour l'heure, c'est plutôt une bonne nouvelle).
Vers 15h30, nous décidons de partir, c'est qu'il y a encore deux clients à livrer, et nous aimerions rentrer à une heure raisonnable quand même (nous sommes à 1 heure de route de Sélestat).
Quelques minutes plus tard, nous voici chez François Klingler, accueillis par son épouse, très heureuse de nous voir (la plupart de ces personnes n'avaient pas vu les enfants depuis deux ans, date de notre dernier passage à la Toussaint, puisque l'an dernier, à la même époque, j'attendais Rébecca : Nathanaël avait donc l'âge qu'a Rébecca maintenant, et Noémi avait trois ans et demi...).
Comme lors de nos passages précédents, nous voici reçus... pour le goûter ! Nous qui venons juste de sortir de table... Et comme c'est le lendemain d'Halloween, Madame Klingler se débarrasse de ses restes de bonbons, cotillons, sifflets et autres serpentins décorés en noir et rouge, et les offre aux enfants, ravis ! S'ensuit une discussion entrecoupée des fous-rires des enfants, très heureux de pouvoir faire du bruit et perturber nos hôtes. Marc, leur fils, nous a rejoint, et a la bonne idée de ressortir ses anciens jouets, soit un reste de collection de petites voitures... qui font vite le bonheur de nos deux aînés, évidemment.
Du coup, Marc et sa maman ne font ni une ni deux, et en profitent pour se défaire du stock de petites voitures qu'ils avaient encore.
Montant du butin : un avion, une ambulance, une camionette orange, un camion vert, un 4*4 rouge et une camionette rouge.
Nous décidons de partir avant qu'ils ne vident leur maison pour en donner le contenu aux enfants, et ils promettent de venir nous voir à Sélestat d'ici peu.
16h30, nous arrivons chez Albert, un autre frère de Marie-Thérèse, parrain de Jean-Luc. Et là, le cirque recommence : jus de fruits, biscuits salés (on est donc entre le goûter et l'apéro), et les enfants commencent à se gaver de Curly, avant même d'avoir enlevé leurs manteaux.
Ceci dit, vers 17 heures, Rébecca commence à avoir faim. Donc, après avoir une fois de plus rempli les chèques pour tout le monde (Albert, comme Alice plus tôt, fait dépôt pour ses enfants), je pars en quête d'eau chaude pour le biberon. Et hop, c'est parti. Bref, on n'est pas rentrés... d'autant plus que l'assiette de curly est vide, et que Marie-Thérèse, la femme d'Albert, la remplit à chaque fois qu'elle ne contient plus rien. Ca peut durer longtemps comme ça : ils ont déjà fini la boite, et elle a ouvert un autre paquet. Jean-Luc et moi mettons le holà, mais Nathanaël semble avoir encore faim, fait qui n'échappe pas à Marie-Thérèse, qui mandate donc sa fille pour aller chercher de quoi manger. Et la voilà qui revient quelques minutes plus tard, avec lard, pain, paté, saucisse et autres charcutailles...
Il faut dire aussi que Albert et Marie-Thérèse ont hérité de la ferme familiale, et qu'ils ont encore, bien que maintenant retraités, deux cochons, plusieurs poules, et pas moins de trois gros dindons qui nous ont accueillis à notre arrivée... Une vraie basse-cour, qui a quelque peu impressionné Noémi et Nathanaël...
Voyant qu'on en était aux préparatifs du repas, et sachant que si nous commencions, nous n'étions pas partis, nous avons décliné poliment l'invitation à rester dîner, sauf que pendant ce temps-là, les enfants avaient commencé à réclamer de quoi dessiner... Voilà donc Albert parti fouiller, et qui revient avec du papier de brouillon et une trousse pleine de crayons, feutres et stylos... Grand cri de Noémi, en découvrant ce que peut faire un stabylo : "Maman ! Tu as vu ? C'est un crayon magique !" (Et vive les émerveillements de l'enfance !)
Après trois dessins, quatre feuilles découpées et trois tentatives de tailler les crayons, nous décidons de lever le camp, histoire de ne pas rentrer trop tard, et surtout de ne pas mettre la maison sens dessus dessous. Re-passage aux toilettes, habillage des zouaves, et hop, nous voici sur le départ, quand Albert revient avec un sachet de viande congelée : "Ce sera pour votre repas de demain midi !" (de la viande de porc maison, bien sûr). Et avant que nous ayions pu dire "ouf", pendant que Marie-Thérèse triait les crayons de couleur afin d'en offrir une partie aux enfants, Marie-Madeleine, leur fille, était partie chercher des oeufs au poulailler, et Albert faisait les fonds de tiroir pour y dénicher deux autres petites voitures qu'il voulait offrir aux enfants...
Bref, une fois de plus, nous voici de retour à Sélestat avec beaucoup, beaucoup de choses, des cadeaux pour les enfants, des bonbons pour tous, le déjeuner de demain, et pleins de bons souvenirs de cette belle journée...
Réflexion de Noémi, qui sort en pleurs, et à qui je demande pourquoi : "Je suis trop gâtée !!!"
Je lui explique que ce n'est pas grave, et que ce n'est pas une raison pour refuser et faire la tête. Elle me dit qu'elle est quand même trop gâtée, et je comprends le problème : il y a quelques temps, nous lui avons fait la leçon, parce qu'elle voulait aller avec Jean-Luc chez le dentiste, pour que le dentiste lui donne, comme à chaque fois, un petit cadeau (animaux miniatures, genre kangourou ou buffle, coffre au trésor, etc.). J'ai dû expliquer à Noémi qu'on ne demandait pas de cadeaux comme elle le faisait, que ça ne se fait pas, et que de toute façon, elle était déjà tellement gâtée, qu'elle n'avait pas besoin de cadeaux supplémentaires, surtout quand il n'y a aucune raison. Du coup, elle a renoncé à demander des cadeaux, mais l'avalanche qui leur est tombée dessus hier l'a un peu dépassée... d'où le refus des derniers jouets donnés par Albert... C'est donc Nathanaël qui en a hérité, jusqu'à ce que Noémi comprenne qu'il y a une différence entre demander quelque chose, et accepter de recevoir quelque chose qu'on n'a pas demandé. Et qu'elle comprenne aussi le pourquoi de tous ces cadeaux ("ce n'est plus mon anniversaire !"). Certes, mais toutes ces personnes sont âgées, ce sont des membres de la famille de Jean-Luc que nous ne voyons pas souvent, et qui ont des liens affectifs forts avec Jean-Luc, et avec toute la famille. Ils ont vu Jean-Luc et ses frères à l'âge qu'ont nos enfants maintenant, et ont toujours été très heureux de donner un "petit quelque chose" aux enfants. Jean-Luc devenu adulte et père de famille, la tradition continue, et ce sont nos enfants qui héritent de ces "petits quelques choses" sans comprendre toujours pourquoi d'ailleurs...
Une belle et bonne journée, plus de détente et de visites familiales que de travail, donc...
L'arrivée à la maison est épique : les trois dorment dans la voiture. Je sors Rébecca, la mets vite en pyjama (enfin, vite, c'est beaucoup dire : pendant que je la changeais, elle a fait pipi, bien sûr, et j'ai donc dû tout recommencer : enlever le pyjama miraculeusement reté sec, retirer le body trempé, en mettre un propre, et me battre avec elle, bien réveillée maintenant, pour qu'elle accepte que je lui remette son pyjama. Quand j'ai enfin terminé, Jean-Luc avait déjà mis Noémi au lit, et terminait avec Nathanaël...). Ceci dit, à 19h45, les trois étaient au lit, et retombés illico dans les bras de Morphée... Une petite soirée tranquilles, seuls tous les deux, sans clients à appeler ou séance de bricolage, ça faisait longtemps que ça ne nous était plus arrivé !
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