vendredi 25 juillet 2008

Je fais rien que des bêtises...

Je viens de retrouver ce billet jamais publié, relatant une matinée presque ordinaire au Gobolistan, au mois de mai, en l'absence de Gobolof, parti en livraisons. J'ai d'abord hésité à le poster : il est un peu périmé, non ? Et puis non, finalement, il a toute sa place ici, même si entre temps, plusieurs mois sont passés, même si ce sont les vacances, même si le seuil d'énervement est bien moins important aujourd'hui, alors qu'à l'époque, j'étais en pleine période de révisions, juste avant les premières épreuves du CAP...

Bref, voici de quoi vous donner un petit aperçu de ce que peut être une matinée somme toute assez habituelle au Gobolistan...

 

Samedi 17 mai 2008.

 

Il y a des jours où on aimerait bien rester couché. Aujourd'hui en est un, où je me demande si je n'aurais pas dû me faire porter pâle, aller voir un docteur, pour qu'il me signe un certificat, un arrêt maladie...

Ah bon ? C'est pas possible pour le quotidien ?

Dommage...

 

Parce qu'aujourd'hui, je crois qu'ils m'auront tout fait, ou à peu près !

Ca a commencé immédiatement au réveil, soit vers 7 heures du matin, avec Nathanaël qui réclamait son père. Evidemment, Jean-Luc ne pouvait pas lui répondre, étant donné qu'il est à Lyon actuellement, pour des livraisons et une foire au vin. Difficile, dans ce cas, de répondre aux sollicitations d'un bout'chou de trois ans, qui a encore du mal à s'y retrouver avec les jours de la semaine, et qui demande son goûter à 7 heures du matin, son petit déjeuner à midi, et son goûter de nouveau le soir, avant d'aller au lit...

Puis, c'est à Noémi que je m'en suis prise, parce qu'elle refusait de se lever ! Grosse dormeuse devant l'Eternel, elle aime tellement son lit, qu'il faut l'en tirer le matin pour espérer être à l'heure et pouvoir l'emmener dans les temps à l'école... Au troisième jour d'absence de Jean-Luc, j'avoue que ça devient une habitude d'avoir à la sortir de son lit manu militari, alors je m'y prends autrement maintenant : je commence par me doucher. Histoire d'être bien réveillée, et puis de toute façon, si je le fais après, ben... je ne peux plus le faire : pas le temps.

Puis je descends d'un étage, j'allume la lumière chez Noémi en lui disant qu'il est l'heure de se lever, et je sors de la chambre avec une lingette. En général, en m'entendant descendre, Nathanaël s'est déjà réveillé. Je n'ai donc plus qu'à l'aider à émerger, lui sortir ses vêtements, l'aider à retirer la couche qu'il porte encore la nuit, le laver un peu, et lui dire de s'habiller. Comme c'est un lève-tôt, en général, ça ne pose pas trop de problème.

Puis, retour dans la chambre de Noémi. La lumière est donc allumée. Noémi dort toujours profondément. Je lui dis bien fort : "Noémi, c'est l'heure de se lever ! On va à l'école !" etc., j'ouvre la fenêtre et les volets, histoire que la lumière du jour, et l'air frais entrent dans la pièce. En général, comme ça, après deux allers-retours, BBK est bien réveillée, et je peux m'occuper d'elle. Mais d'abord, sortir des vêtements pour Noémi, tout en lui demandant de se lever. En général, au bout de 2 ou 3 appels, elle finit par entendre, et commence à s'étirer... Pour se rendormir illico.

Retour à la case départ, donc, mais en instistant un peu, elle ne se rendort pas complètement, et la deuxième phase est plus courte et plus facile : guilis, chatouilles, bisous... et hop, elle ouvre les yeux, grogne un peu, râle beaucoup, et me demande quel jour on est. Comme elle maîtrise un peu mieux que Nathanaël les questions relatives au temps, si je lui dis qu'on est samedi, elle comprend qu'il y a école, et je n'ai pas ça à lui expliquer.

Bref, je lui demande de s'habiller, ce qu'elle fait en général de pas trop mauvaise grâce, mais relativement lentement (elle est lente pour tout : s'habiller, ranger, manger, etc., sauf quand il s'agit de se préparer pour aller regarder la télé...).

Puis, direction le lit de Rébecca, qui en général m'accueille avec un "Maman ?" tout doux, ou bien, au choix, avec un "Papa !" tonitruant, ou une gifle quand elle est bien réveillée. Ce fut le cas ce matin, et j'ai donc commencé la journée de fort mauvaise humeur, en la grondant immédiatement après l'avoir sortie de son lit pour tentative de tabassage de sa mère.

Puis vient le rituel du petit déjeuner.

- Leur faire accepter de descendre (en général, ils ont toujours quelque chose de plus important à faire : jouer avec des cartes, parler entre eux, consoler le doudou, etc.) constitue la première épreuve de force.

- Une fois que c'est fait, il faut les décider à s'installer à table. En général, ça se fait au bout de quelques minutes, après tergiversations et tentatives de corruption.

- Troisième épreuve : le choix du petit déjeuner. En ce moment, pour Nathanaël, c'est assez simple : banane, "du pain avec du beurre et de la confiture s'il te plaît maman !", et jus d'orange. Pour Noémi, c'est plus complexe : si je lui propose une banane, bien entendu, elle n'en veut pas. Ou si, elle en veut bien une, mais "pas tout de suite". Doc, la question devient là encore rituelle : "Et toi, ma chérie, qu'est-ce que tu veux pour le petit déjeuner ?" Et la réponse, en général, est "du lait avec des céréales" (ça, c'était la semaine dernière), ou bien "du pain avec de la confiture, mais c'est moi qui le fait", comme c'est le cas cette semaine.

Bref, ce matin, j'ai eu droit à un florilège : "Du pain avec de la confiture, s'il te plaît maman, mais c'est moi qui le fait" fut sa première demande. Une fois le pain terminé, il lui en fallait un autre morceau, "et aussi une banane." Je lui donne donc sa banane, et lui demande ce qu'elle veut boire, puisque là, elle n'a rien. "du jus d'orange ? du lait ?" "Non, rien". "Noémi, il faut boire ! Tu n'as rien bu depuis hier, c'est important !"

"Allez, je te donne du jus d'orange, comme à Nathanaël." "Non, du lait avec des céréales !" (ben voyons... Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, n'est-ce pas ?) Seulement il faut qu'elle boive, je lui trouve donc un bol, du lait que je fais chauffer un peu au micro-ondes ("j'aime pas le lait froid !"), et je lui sors les céréales. Trois minutes plus tard : "maman, je peux avoir du jus d'orange, s'il te plaît ?"

Arghh !

- 8 heures 10 : Bon, Noémi, s'agirait d'activer un peu, là, il est 8 heures 10, il est temps de partir à l'école !

"c'est quoi, 8 heures 10 ? c'est un 8 et un 2 ?" (bon sang, elle commence à savoir lire... On n'a pas fini...)

- 8 heures 15 : Les enfants, on y va ! Chaussures, vestes (la température a baissé sérieusement cette nuit), sacs à goûter ! (et là : bon sang mais que puis-je leur donner au goûter ??? gâteaux au chocolat ? ça ferait 3 fois dans la semaine ! bretzels ?)

Je dis à Nathanaël : "Je te donne une bretzel pour ton goûter !" "Nan ! Une mauricette !" (c'est pareil, mais au lieu d'être en forme de noeud, c'est une sorte de petit pain salé).

Je file à la buanderie, voir ce qu'il y a au congélateur, et comme Noémi me crie d'en haut qu'elle ne veut pas de mauricette, je prends une bretzel pour Nathanaël, et la dernière brioche pour Noémi. Je remonte, et montre la bretzel à Nathanaël, qui saute de joie... et Noémi fonce sur moi pour me prendre la bretzel ! Je me fâche, mais je n'ai pas le temps de tergiverser. Je retourne dare-dare à la cave, en leur intimant l'ordre de mettre enfin leurs chaussures et leurs vestes, et remonte avec une deuxième bretzel au lieu de la brioche, je file au micro-onde pour débuter la décongélation (environ 25 secondes suffisent en général), tout en pestant contre Noémi...

De mauvaise humeur, je les houspille pour qu'ils activent la manoeuvre et montent dans la voiture où Rébecca les attend déjà. Peine perdue, Noémi est en train de trafiquer je ne sais quoi dans le vestibule... Je me mets vraiment en colère, parce que là, y'a de l'abus, quand même, et hop, elle comprend tout à coup qu'il n'y a aucun intérêt à m'énerver ce matin !

- 8h30 : je quitte l'école : Ouf ! Tranquille jusqu'à 11 heures !

 

- 11 heures du matin : retour de l'école. "Maman, on peut regarder la télé ?" "Oui, d'accord, le temps que je prépare le déjeuner, mais si vous la regardez ce matin, vous ne la regarderez pas cet après-midi !" "D'accord !"

Et Hop, les voici tous les trois dans le salon pendant que j'essaie de trouver la façon la plus simple et la moins longue pour préparer des épinards.

Et là, le cirque commence : Rébecca veut jouer dans son cosy (trop petit pour elle, mais elle s'amuse à s'y installer, pour s'y balancer, et pour le plaisir d'en sortir seule). Nathanaël a décidé de l'embêter, et Noémi l'aide dans sa démarche. Je les laisse se débrouiller, après tout, pendant ce temps-là, ils ne regardent pas la télé, et au moins, ils apprennent à jouer ensemble. Bien mal m'en a pris. Au bout d'environ 50 secondes, BBK se met à hurler. Nathanaël vient de la pousser. Puis, avant même que j'aie le temps de finir ma phrase censée gronder Nathanaël et lui expliquer qu'on ne pousse pas les autres, il commence à m'insulter. De colère, je quitte la cuisine pour aller m'expliquer avec lui, et l'attrappe au passage, et lui colle une fessée bien sentie. Evidemment, il se met à pleurer, en me disant entre deux sanglots "J't'aime pas maman !, T'est méchante, maman !" (ben voyons, comme si je ne l'avais jamais entendue, celle-là...). Je retourne dans la cuisine, le laisse mariner un peu, et commence à équeuter mes feuilles d'épinards, quand Noémi me dit "Maman, Nathanaël il a craché !"

Inquiète, parce qu'il a été malade récemment, je m'interromps dans mon équeutage, et lui demande : "Tu as mal au ventre ? Tu as vomi ?" et Noémi qui répond pour lui : "Non, il a craché par terre !"

Ni une, ni deux, je laisse tout en plan, et fonce vers la table basse du salon, sur laquelle il est perché, et lui demande si c'est vrai ce que dit Noémi, s'il a craché par terre. Il me répond "Oui !", et se prend une gifle à laquelle il ne s'attendait pas du tout. C'est que là, il a quand même abusé, accumulant en moins de 5 minutes la violence physique, les insultes et les crachats. C'en est trop !

Il se remet à pleurer, se frotte les yeux, se gratte la tête, et se dirige vers l'escalier en pleurant "Je suis fatigué ! Je veux aller au lit !" (la fuite, comme seule réponse... où va-t-on !)

Je le retiens, et lui demande : "Est-ce que tu as compris ? Pourquoi t'ai-je donné une giffle ?" En l'absence de réponse, je réitère, je repose la question au moins trois fois, et trois fois, j'obtiens la même réponse : "Je suis fatigué ! Je veux aller au lit !"

Je l'attrappe par le bras, m'accroupis face à lui, et lui demande plus calmement : "Est-ce que tu as compris ?" "Oui !" "Qu'est-ce que tu as fait ?" "J'ai craché par terre." "Est-ce que c'est bien ? Est-ce qu'on a le droit de cracher par terre ?" "Non !!!"

"Allez zou, file au lit !" Il ouvre la porte, se dirige vers l'escalier, et s'arrête en bas, visiblement, il n'a plus du tout envie d'aller dormir...

 

La journée a sans doute fini par se terminer, et laisser place à une autre. Une autre journée, un dimanche, où nous avons, comme le samedi, pris le petit déjeuner, où nous sommes allés à la messe dominicale, où nous avons mangé de la purée et du jambon à midi, où BBK a fait la sieste l'après-midi, et où j'ai attendu le retour de mon mari...

 

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