Nous avons décidément des lutins bien facétieux au Gobolistan. L'équipe au travail dans notre petite chaudière murale a décidé à notre retour de vacances en Bretagne de manifester son mécontentement. L'histoire ne nous a pas encore dit à quel sujet, mais mécontentement il y a eu, c'est un fait établi et certain maintenant.
Nous sommes donc rentrés de vacances ce 19 août 2010, vers 19 heures (eh oui, nous allons toujours plus vite au retour qu'à l'aller, je ne pense pas qu'il y ait quelque chose à comprendre là-dedans). Et dès le lendemain, Gobolof a voulu profiter de son weekend de liberté (oui, il ne reprenait le travail que le lundi suivant, ce qui lui laissait 3 jours pour faire ce que bon lui semblait) pour s'attaquer aux travaux dans la cave, à savoir l'installation d'un radiateur dans notre toute nouvelle chambre d'amis-bureau. Oui mais voilà, il y avait un préalable à la soudure des tuyaux de cuivre : il fallait tout d'abord d'une part vidanger le circuit, histoire de ne pas avoir d'inondation dans le bureau lorsqu'on coupe les tuyaux pour y mettre un "té" permettant le raccord avec le radiateur, et d'autre part savoir quel était le tuyau "départ" et quel était le tuyau "retour" pour ne pas brancher ledit radiateur à l'envers. Ça n'a l'air de rien, maintenant que nous connaissons les "codes", mais c'est autre chose quand on observe sa chaudière pour comprendre quel tuyau va où. Et donc, Gobolof, en ce vendredi après-midi, tente de comprendre comment fonctionne la chaudière, et surtout où va quel tuyau. Et il y a plusieurs robinets sur la chaudière, dont l'un rouge et l'autre bleu. Fort logiquement, Gobolof en conclut qu'il s'agit respectivement de l'eau chaude et de l'eau froide, et ouvre les robinets pour la première étape : vidanger tout le circuit. Une fois l'eau sortie par là, il referme les robinets, et là, ô surprise, le robinet rouge semble être réfractaire et refuse de se fermer complètement.
Un petit peu plus tard, Gobolovitch va prendre un bain, puis Gobolof veut prendre une douche, et là, surprise ! l'eau est froide. Très froide, même. Gobolof retourne donc à la cave pour fermer ce robinet d'eau chaude, n'y parvient pas, cherche, et revient au salon une bonne heure plus tard annoncer à l'auteur de ces lignes, à savoir sa chère Gobol, moi, donc, que la chaudière fuit et qu'elle indique "F9" et "où est la notice, que je sache ce que ça veut dire, F9 ?", et "au fait, il n'y a plus d'eau chaude !"
Ben nous v'la bien, sans eau chaude... et la douche, demain ? On va faire comment ? Et la vaisselle ? Parce que tout ne va pas dans le lave-vaisselle, même si les lutins sont très coopératifs, peu syndiqués et peu enclins au coma subit... et l'eau froide, ben... ça ne lave pas, quoi...
Donc, pas d'eau chaude. Pas de notice non plus, d'ailleurs. Le lendemain étant un samedi, Gobolof tente d'appeler le chauffagiste, qui, bien entendu, ne répond pas (il faut dire qu'il est tard, quand même, pas loin de 9 heures...). Je prends donc mon courage à deux mains et laisse un message sur le répondeur dès le lendemain matin (après m'être lavée au lavabo, comme à une époque que j'ai à peine connue, et pourtant je ne suis pas si vieille que ça...), et je donne le maximum de détails :
"Allo ? Je vous appelle à propos de notre chaudière Isotwin que vous avez installée chez nous en juillet 2003, elle fuit par la valve rouge située en dessous, et on n'a plus d'eau chaude. Pouvez-vous envoyer quelqu'un très vite, s'il vous plaît ????"
Comme il y avait peu de chance qu'on nous rappelle immédiatement, compte-tenu du message sur le répondeur disant que l'entreprise était fermée à partir du vendredi à 17 heures (et bien sûr, la veille, nous nous étions rendu compte qu'il n'y avait plus d'eau chaude à 17 h 30, sinon c'est pas drôle), je vais faire un tour sur Internet pour tenter de trouver la notice de la chaudière, histoire d'en savoir un peu plus sur la panne "F9". Et je fais aussi un tour sur le site de l'entreprise. Qui signale "Dépannage disponible 7j/7". Chouette, me dis-je, si j'envoie un mail, il y a peut-être quelqu'un d'astreinte qui va répondre... Je fais donc un mail où je reprends tous les éléments à ma disposition, en leur disant aussi que comme le dépannage est disponible 7j/7, j'attends quelqu'un dans les plus brefs délais (le lendemain étant un dimanche, jour où nous fêtions avec toute la famille de Gobolof l'anniversaire de Govolovna).
Bien entendu, avoir une réponse un samedi aurait été trop beau... Un dimanche, n'en parlons pas.
Heureusement, lundi matin, je ne travaillais pas. Et quelques minutes après le départ de Gobolof pour ses vignes (après sa 3e douche froide, donc), je reçois un coup de fil de l'entreprise en question :
"Madame Platz ? Nous avons eu votre message, vous avez un problème de chaudière ?
- Oui, une chaudière Isotwin que vous avez installée chez nous en juillet 2003, qui fuit et qui indique F9, et qui ne fait plus d'eau chaude !
- Je vous envoie quelqu'un dans 15 minutes !"
Là, j'ai cru rêver. Je m'attendais à ce que quelqu'un vienne, mais plus tard, du genre : "Nous n'avons personne de disponible avant trois jours !" ou quelque chose comme ça.
Toute contente et voyant renaître l'espoir d'une bonne douche chaude en fin de matinée, je raccroche, sourire aux lèvres. J'étais en train de finir de ranger le petit déjeuner quand un jeune homme de moins de 25 ans sonne à la porte, et se présente comme l'employé chargé de voir la chaudière. Je l'emmène directement à la buanderie où se trouvent les lutins paresseux, lui explique le problème, et là, il me demande si j'ai la notice...
Premier doute : "Ben non, je l'ai cherchée sur Internet, mais comme je n'ai pas la référence exacte de la chaudière, je ne sais pas de quelle notice il s'agit. Mais vous ne l'avez pas, vous ???"
Il jette un coup d'œil, démonte deux-trois bricoles pour voir où ça peut coincer, puis me demande ce qui s'est passé.
Lâchement, je dénonce Gobolof, en lui disant que mon cher mari a voulu vidanger la chaudière pour pouvoir souder les tuyaux du radiateur du bureau et qu'il a touché aux robinets rouge et bleu.
"Cherchez pas plus loin, les deux soupapes fuient, il n'y a donc plus assez de pression, alors la chaudière se met en sécurité et ne démarre pas. Le problème, c'est que je n'ai pas les soupapes pour les remplacer. Mais vous avez de la chance, d'habitude, ces pièces ne tiennent que 3 ans. Les vôtres sont d'origine, elles ont tenu 7 ans !"
(Chouette. Contente de le savoir).
Et c'est là qu'il m'annonce que la chaudière, elle, a une durée de vie de 7 ans. Et que je suis donc dans une situation tout à fait normale. Et qu'il ne fallait pas toucher à quoi que ce soit.
(vous en faites pas, nous ne toucherons plus à rien, c'est certain !).
Parlons délais, maintenant, et prix aussi (parce que question finances, nous sommes un peu "justes" en ce moment, rentrée oblige). Le monsieur se renseigne, rappelle son entreprise pour connaître le prix des soupapes et se faire confirmer que le code F9 indique bien un défaut de pression. Une fois tout ça confirmé et le prix indiqué, il revient vers moi pour me l'annoncer : ce sera 100€ pour les deux soupapes, plus la main d'œuvre, mais il ne pourra pas avoir les pièces avant 24, peut-être 48 heures (ça dépend si le fournisseur de Strasbourg les a en stock, sinon, il faudra les commander).
Finalement, le jeune homme est repassé le lendemain matin (jour où je travaillais, c'est donc Jean-Luc qui est resté à la maison), pour remplacer les deux soupapes. Et.... rien.
Pas d'eau chaude.
"C'est sans doute un problème de sonde : si elle ne détecte pas de pression parce qu'elle est défectueuse, la chaudière ne peut pas fonctionner. Faut changer la sonde."
Soit.
Il revient donc le jeudi avec une nouvelle sonde, la remplace et... rien.
Pas d'eau chaude. La chaudière ne s'allume toujours pas.
Perplexe, il annonce à Jean-Luc que si ce n'est pas la sonde, c'est donc la carte. Parce que la puce électronique semble bizarre quand même, puisqu'elle indique 4,5 bars de pression, alors qu'il n'y a pas d'eau dans le circuit.
Le lendemain, vendredi (ça fait donc une semaine maintenant que nous vivons sans eau chaude, et j'en ai marre des douches froides et des shampooings qui ne lavent pas), j'ai fini ma semaine, parce que Gobolof est en partance pour Lyon où l'attend une foire aux vins. Le technicien doit revenir à 7h30-8h pour remplacer la carte, Gobolof veut faire le point avec lui (parce qu'il y a toujours cette histoire de radiateur, pourra-t-il le faire après avoir changé la carte ?). Il attend donc l'arrivée du jeune homme, qui vient enfin un peu après 8 heures. Il change la carte, remet la chaudière en route et... rien.
Toujours pas d'eau chaude.
Sauf que là, il commence lui aussi à en avoir marre. S'il était en retard, c'est parce que son patron l'avait envoyé sur un autre chantier, et qu'il perd du temps à venir ici pour réparer une chaudière alors qu'il ne trouve pas la panne. Il a beau chercher, rien. Donc, de guerre lasse, il se décide à appeler le constructeur lui-même. Qui lui dit que "F9", ça veut dire qu'il y peut y avoir un problème lié au moteur qui entraîne le brûleur. Si la carte informatique était défectueuse, elle a pu abimer le moteur en question. Si on change la carte sans changer le moteur, le moteur défectueux casse la carte à son tour, il faut donc changer les deux en même temps.
Là, mon sang ne fait qu'un tour : une carte coûte au bas mot 180€, on vient de la changer, et là, il m'annonce qu'elle est peut-être foutue ??? Et le moteur, il coûte combien ?
Renseignements pris, le moteur coûte 40€ et il ne me facturera pas deux fois la carte à 180€...
Ouf. Parce que là, on en est déjà à plus de 500€ main d'œuvre comprise. Ça va faire mal, parce qu'en plus, ce n'est pas terminé, puisque ça ne marche toujours pas. Sauf qu'il en a marre aussi, alors il décide d'aller lui-même chercher les deux pièces à Strasbourg, il me largue là avec ma chaudière et mes lutins réfractaires, et revient en fin de matinée avec le moteur et la nouvelle carte. Qu'il installe et... rien.
La chaudière ne s'allume toujours pas, elle indique toujours F9 et ne fait toujours pas chauffer l'eau.
Nous sommes maudits.
Vivement 2011 !
Retour à la case départ, donc, et plus précisément, appel au constructeur. Qui ne répond pas. Forcément, il est 13 heures. Leurs bureaux sont fermés jusqu'à 13h30.
Je décide de faire manger les enfants, lui s'en va non sans m'avoir promis qu'il reviendra dans l'après-midi après avoir rappelé le constructeur pour savoir ce qui ne va pas avec cette f..... chaudière.
14 heures, le revoilà qui débarque, visiblement ennuyé.
"Ben voilà, j'ai appelé le constructeur, j'ai eu un autre employé qui m'a dit que F9, c'était un code poubelle."
Mon dieu. C'est quoi un "code poubelle" ? Je prends ma chaudière et je la mets directement à la décharge, c'est ça ???
Non, ce n'est pas ça. Un "code poubelle", c'est un code qui indique une panne que l'appareil ne parvient pas à diagnostiquer. En gros, il y a un problème, mais on ne peut pas savoir où. Ce peut être un problème de pression (mais ce n'est pas ça puisque les soupapes et la sonde ont été changées), ou une goutte d'eau qui est tombée sur un circuit et qui fait court-circuit, ou un câble qui a rendu l'âme, ou... tout autre chose, comment savoir ? Donc il est revenu avec une liste de points à vérifier.
Vers 15h30, je viens étendre mon linge, et là, il me fait un compte-rendu : il n'a rien trouvé, sauf un truc bizarre sur la deuxième carte informatique, où il détecte du courant sur la terre. Visiblement, ce n'est pas normal, il faut peut-être changer la carte.
"Encore ?????"
"Non, ce n'est pas la même !"
"Certes, mais comment ça se fait que ça fonctionnait avant et qu'en ouvrant un robinet, on a détraqué toutes ces pièces en même temps ?"
Bref, ce sont les mystères insondables des chaudières murales, ou bien les humeurs des lutins pas contents pour une raison que nous ignorons totalement.
Sauf que là, il est 15h30, il n'aura pas le temps d'aller chercher une nouvelle carte à Strasbourg, et puis le problème, c'est que si ce n'est pas la carte, ça ne règlera pas le problème. Alors il a appelé le fournisseur de Strasbourg directement, qui a accepté de lui préparer un carton avec toutes les pièces qu'on pourrait encore changer, et il les essaiera les unes après les autres jusqu'à trouver la bonne... mais il ne pourra le faire que le lundi suivant.
"Je vais chercher les pièces lundi matin, leur magasin ouvre à 7h45, je viens directement chez vous après."
Sauf que lundi, moi, je travaille. J'en connais un qui va être ravi de devoir rester à la maison, alors même qu'il est difficile de savoir quand il arrivera exactement, et combien de temps il lui faudra pour trouver la pièce défectueuse...
Soit, lundi arrive. Entre-temps, j'ai mis au point et breveté la doucho-bouilloire, permettant de prendre une douche chaude (voire très chaude, attention aux brûlures, cette technique est à utiliser uniquement en présence d'un adulte, ne pas laisser à porter des enfants de moins de 3 ans) dans la baignoire. Les enfants ont donc pu se laver correctement pour la première fois en une semaine, et moi aussi.
Lundi matin, je vais au travail, pleine d'espoir. Il se pourrait que le soir, j'aie droit à une douche chaude, en vrai dans la douche et non plus dans la baignoire. Ce serait quand même formidable.
Vers 9h30, Gobolof m'appelle pour m'annoncer que le monsieur vient d'arriver, il avait été envoyé par son employeur à Strasbourg sur un autre chantier.
Ben et nous, alors ??? Il a donc fallu qu'il repasse au magasin, mais si Gobolof n'avait pas appelé pour les rappeler à l'ordre, il aurait poireauté pour rien à la maison, et le chauffagiste ne serait revenu que l'après-midi.
Donc, retour à 9h30. Après avoir changé la petite carte qui semblait poser problème, le monsieur rebranche la chaudière, tente de l'allumer et... Youpi ! Ça marche ! Elle s'allume !
Tout contents, Gobolof et le chauffagiste remettent les circuits en route et hop, le voilà qui repart sur son chantier à Strasbourg. Gobolof m'appelle dans la foulée pour me dire que le soir, j'aurai droit à une bonne douche. Tout semble aller pour le mieux !
C'était sans compter les humeurs perturbatrices des lutins.
Parce que Gobolof a voulu vérifier la qualité de leur travail. Et s'est rendu compte que si la chaudière s'allumait, l'eau coulait... froide. O certes, un peu moins qu'avant, mais froide tout de même. Il semblait donc que l'eau ne passait pas dans le ballon pour y être réchauffée, et donc qu'elle ne chauffait quasiment pas entre son départ de la chaudière et son arrivée par le robinet.
Ni une, ni deux, retour au téléphone pour rappeler le secrétariat.
"Oui monsieur, il reviendra dès qu'il le peut pour régler ce problème. Il sera là demain matin."
Demain matin, donc mardi. Adieu eau chaude, douche chaude, bain chaud pour les enfants, vaisselle à l'eau chaude qui lave vraiment... il me faudra patienter encore un peu.
Mardi, je fais déjeuner les enfants, je range la cuisine, et il est 8h30 et il n'y a toujours personne. Or il m'a dit lors d'une de ses interventions précédentes qu'il commence à 7h30. Même en admettant qu'il vienne de Strasbourg (en réalité, il vient d'Illkirch, mais c'est quasiment pareil, c'est même un peu moins long), il aurait dû être là à 8 heures. Donc, je reprends mon joli téléphone, et j'appelle. La personne qui décroche ne comprend rien à ce que je lui raconte : c'est la comptable, et elle vient de rentrer de vacances... Elle me passe donc gentiment un autre monsieur, qui lui, a l'avantage de connaître un tout petit peu nos déboires avec leur chaudière.
Je profite de cette occasion pour lui demander où se trouve son employé qui devrait déjà être chez nous. Il part vérifier et : "Il est à Strasbourg, il a été envoyé sur un autre chantier". "Mais comment cela se fait-il, alors qu'il devait revenir ce matin, il le sait, c'est lui qui l'a dit hier !"
Réponse : "Ben... euh..."
Et là, j'explose intérieurement. Je lui sors tous les arguments d'un coup :
- Ça fait dix jours qu'on n'a plus d'eau chaude.
- Ça fait huit jours qu'il vient et sans résultat.
- Il n'a pas les informations dont il a besoin, il est obligé d'aller chercher sur Internet en utilisant mon propre ordinateur.
- Il n'a pas les pièces, ce qui l'oblige à aller les chercher au compte-gouttes à Strasbourg.
- Il est obligé d'appeler le constructeur qui n'est pas fichu de lui donner d'emblée les bonnes informations.
- Finalement, nous sommes en train de le former sur la chaudière Isotwin C24E : là, c'est sûr, il sera imbattable sur tous les points à vérifier et toutes les causes possibles d'une panne F9. Finalement, c'est vous qui devriez nous payer : dans la branche où je travaille, ça s'appelle de la formation continue !
etc...
Le monsieur rit jaune, m'assure qu'il me comprend, me confirme qu'ils feront un geste commercial... et me dit qu'il me renvoie le technicien qui ne sera là qu'en fin de matinée.
Finalement, il arrive plus tôt que prévu, un peu après 10 heures, et commence à bidouiller la carte (la petite, celle qu'il a remplacée la veille). Le constructeur lui avait dit la veille qu'il n'avait rien d'autre à faire qu'à la changer, mais lui a vu sur la notice qu'il y avait des codes différents en fonction du modèle sur lequel cette carte était installée. Il essaie donc les codes propres à la chaudière C24E et là, ô merveille, elle se remet en défaut. Mais indique F5 au lieu de F9.
Ce n'est pas une régression, contrairement à ce qu'on pourrait penser. Parce que F5 au moins, ça correspond à une vraie panne identifiable : c'est un problème de température, ou de sonde de température (en l'occurrence, c'est la sonde, puisque la chaudière s'est éteinte). Il suffit donc de changer (encore !) une sonde, celle qui se trouve au niveau du brûleur. Soit. Il change donc la sonde. Et là, nouvelle tentative, et... F14 !
Oui, je sais, mais c'est véridique, ce n'est même pas une blague (parce que chacun sait que les blagues les plus courtes sont les meilleures). Mais là il semble que notre technicien attitré soit en terrain connu : il repart direct dans le corps de la chaudière, triture les fils, en rebranche certains, rajoute du scotch à certains endroits, recolle des bidules à d'autres... et finit par me dire que F14 est un défaut mineur, qu'il a bougé tellement de trucs dans la chaudière qu'il doit tout revérifier : il suffit qu'un élément ne soit pas à sa place pour que ça ne fonctionne pas. Il reprend une sonde, la déplace de quelques centimètres sur le ballon d'eau chaude, la fixe avec un adhésif contre le corps du ballon, referme la chaudière, la remet en route, et là, merveille de la technologie : j'entends le "tic-tic-tic" indiquant que le brûleur se met en route, puis le "woouuff" avertissant que le gaz vient de prendre feu... cela voudrait-il dire que ça marche ?
N'osant y croire, je me dirige vers le robinet, l'ouvre et laisse couler l'eau pendant un moment. Et là, progressivement, je sens l'eau devenir tiède, puis chaude, puis brûlante...
Ça marche !!!!!!!!
Nous avons vaincu les lutins, nous les avons domptés, au prix de beaucoup de sueur, de douches froides, de shampooings inefficaces, à coup d'euros et de changements de pièces, mais nous sommes vainqueurs !!!!
Hier matin, donc, j'ai pris ma première douche chaude depuis 12 jours.
Alléluia ! Avec toutes les pièces qui ont été changées, j'ose espérer que nous en reprenons pour 7 ans minimum. Mais ce qui est sûr, c'est que je ne m'adresserai plus à cette entreprise en cas de panne. Un chauffagiste qui ne connaît pas le matériel qu'il installe chez les clients, ça fait très mauvais genre. Et qui en plus s'enfonce continuellement en ne donnant pas les bonnes informations au technicien, c'est plutôt rédhibitoire. Là où j'ai complètement halluciné, c'est quand je lui ai dit que je ne comprenais pas qu'il soit venu sans notice, alors même que j'avais donné les informations nécessaires par téléphone et sur Internet. Comme c'était eux qui l'avaient installée, cette chaudière, ils avaient la facture d'origine, donc le modèle précis. En prenant quelques minutes pour faire des recherches, ils avaient tout ce qui fallait pour arriver avec les bons outils, les bonnes informations chez nous. Et tout le monde aurait gagné du temps. Effectivement, la panne n'aurait sans doute pas été trouvée tout de suite, puisque la carte défectueuse continuait à fonctionner en indiquant une pression aberrante. Du coup, le technicien s'est orienté vers un problème de pression, alors qu'en réalité, c'était un problème de température. Mais ce problème n'a pu être détecté qu'une fois les deux cartes changées, et correctement paramétrées... Même le constructeur ne connaît pas son matériel ! C'est dire !
Ceci dit, j'ai découvert une chose :
Je suis dépendante à l'eau chaude.
C'est sûr, je suis une toxico. Je le savais déjà, je savais que j'étais dépendante aux livres, au thé, à l'écriture, au chocolat et aux chamallows. Je découvre que je suis dépendante à l'eau chaude. C'est un choc, et une révélation. Mon psychisme tiendra-t-il le coup ?
Vous en saurez plus dans un autre épisode... ou pas !
Nous sommes donc rentrés de vacances ce 19 août 2010, vers 19 heures (eh oui, nous allons toujours plus vite au retour qu'à l'aller, je ne pense pas qu'il y ait quelque chose à comprendre là-dedans). Et dès le lendemain, Gobolof a voulu profiter de son weekend de liberté (oui, il ne reprenait le travail que le lundi suivant, ce qui lui laissait 3 jours pour faire ce que bon lui semblait) pour s'attaquer aux travaux dans la cave, à savoir l'installation d'un radiateur dans notre toute nouvelle chambre d'amis-bureau. Oui mais voilà, il y avait un préalable à la soudure des tuyaux de cuivre : il fallait tout d'abord d'une part vidanger le circuit, histoire de ne pas avoir d'inondation dans le bureau lorsqu'on coupe les tuyaux pour y mettre un "té" permettant le raccord avec le radiateur, et d'autre part savoir quel était le tuyau "départ" et quel était le tuyau "retour" pour ne pas brancher ledit radiateur à l'envers. Ça n'a l'air de rien, maintenant que nous connaissons les "codes", mais c'est autre chose quand on observe sa chaudière pour comprendre quel tuyau va où. Et donc, Gobolof, en ce vendredi après-midi, tente de comprendre comment fonctionne la chaudière, et surtout où va quel tuyau. Et il y a plusieurs robinets sur la chaudière, dont l'un rouge et l'autre bleu. Fort logiquement, Gobolof en conclut qu'il s'agit respectivement de l'eau chaude et de l'eau froide, et ouvre les robinets pour la première étape : vidanger tout le circuit. Une fois l'eau sortie par là, il referme les robinets, et là, ô surprise, le robinet rouge semble être réfractaire et refuse de se fermer complètement.
Un petit peu plus tard, Gobolovitch va prendre un bain, puis Gobolof veut prendre une douche, et là, surprise ! l'eau est froide. Très froide, même. Gobolof retourne donc à la cave pour fermer ce robinet d'eau chaude, n'y parvient pas, cherche, et revient au salon une bonne heure plus tard annoncer à l'auteur de ces lignes, à savoir sa chère Gobol, moi, donc, que la chaudière fuit et qu'elle indique "F9" et "où est la notice, que je sache ce que ça veut dire, F9 ?", et "au fait, il n'y a plus d'eau chaude !"
Ben nous v'la bien, sans eau chaude... et la douche, demain ? On va faire comment ? Et la vaisselle ? Parce que tout ne va pas dans le lave-vaisselle, même si les lutins sont très coopératifs, peu syndiqués et peu enclins au coma subit... et l'eau froide, ben... ça ne lave pas, quoi...
Donc, pas d'eau chaude. Pas de notice non plus, d'ailleurs. Le lendemain étant un samedi, Gobolof tente d'appeler le chauffagiste, qui, bien entendu, ne répond pas (il faut dire qu'il est tard, quand même, pas loin de 9 heures...). Je prends donc mon courage à deux mains et laisse un message sur le répondeur dès le lendemain matin (après m'être lavée au lavabo, comme à une époque que j'ai à peine connue, et pourtant je ne suis pas si vieille que ça...), et je donne le maximum de détails :
"Allo ? Je vous appelle à propos de notre chaudière Isotwin que vous avez installée chez nous en juillet 2003, elle fuit par la valve rouge située en dessous, et on n'a plus d'eau chaude. Pouvez-vous envoyer quelqu'un très vite, s'il vous plaît ????"
Comme il y avait peu de chance qu'on nous rappelle immédiatement, compte-tenu du message sur le répondeur disant que l'entreprise était fermée à partir du vendredi à 17 heures (et bien sûr, la veille, nous nous étions rendu compte qu'il n'y avait plus d'eau chaude à 17 h 30, sinon c'est pas drôle), je vais faire un tour sur Internet pour tenter de trouver la notice de la chaudière, histoire d'en savoir un peu plus sur la panne "F9". Et je fais aussi un tour sur le site de l'entreprise. Qui signale "Dépannage disponible 7j/7". Chouette, me dis-je, si j'envoie un mail, il y a peut-être quelqu'un d'astreinte qui va répondre... Je fais donc un mail où je reprends tous les éléments à ma disposition, en leur disant aussi que comme le dépannage est disponible 7j/7, j'attends quelqu'un dans les plus brefs délais (le lendemain étant un dimanche, jour où nous fêtions avec toute la famille de Gobolof l'anniversaire de Govolovna).
Bien entendu, avoir une réponse un samedi aurait été trop beau... Un dimanche, n'en parlons pas.
Heureusement, lundi matin, je ne travaillais pas. Et quelques minutes après le départ de Gobolof pour ses vignes (après sa 3e douche froide, donc), je reçois un coup de fil de l'entreprise en question :
"Madame Platz ? Nous avons eu votre message, vous avez un problème de chaudière ?
- Oui, une chaudière Isotwin que vous avez installée chez nous en juillet 2003, qui fuit et qui indique F9, et qui ne fait plus d'eau chaude !
- Je vous envoie quelqu'un dans 15 minutes !"
Là, j'ai cru rêver. Je m'attendais à ce que quelqu'un vienne, mais plus tard, du genre : "Nous n'avons personne de disponible avant trois jours !" ou quelque chose comme ça.
Toute contente et voyant renaître l'espoir d'une bonne douche chaude en fin de matinée, je raccroche, sourire aux lèvres. J'étais en train de finir de ranger le petit déjeuner quand un jeune homme de moins de 25 ans sonne à la porte, et se présente comme l'employé chargé de voir la chaudière. Je l'emmène directement à la buanderie où se trouvent les lutins paresseux, lui explique le problème, et là, il me demande si j'ai la notice...
Premier doute : "Ben non, je l'ai cherchée sur Internet, mais comme je n'ai pas la référence exacte de la chaudière, je ne sais pas de quelle notice il s'agit. Mais vous ne l'avez pas, vous ???"
Il jette un coup d'œil, démonte deux-trois bricoles pour voir où ça peut coincer, puis me demande ce qui s'est passé.
Lâchement, je dénonce Gobolof, en lui disant que mon cher mari a voulu vidanger la chaudière pour pouvoir souder les tuyaux du radiateur du bureau et qu'il a touché aux robinets rouge et bleu.
"Cherchez pas plus loin, les deux soupapes fuient, il n'y a donc plus assez de pression, alors la chaudière se met en sécurité et ne démarre pas. Le problème, c'est que je n'ai pas les soupapes pour les remplacer. Mais vous avez de la chance, d'habitude, ces pièces ne tiennent que 3 ans. Les vôtres sont d'origine, elles ont tenu 7 ans !"
(Chouette. Contente de le savoir).
Et c'est là qu'il m'annonce que la chaudière, elle, a une durée de vie de 7 ans. Et que je suis donc dans une situation tout à fait normale. Et qu'il ne fallait pas toucher à quoi que ce soit.
(vous en faites pas, nous ne toucherons plus à rien, c'est certain !).
Parlons délais, maintenant, et prix aussi (parce que question finances, nous sommes un peu "justes" en ce moment, rentrée oblige). Le monsieur se renseigne, rappelle son entreprise pour connaître le prix des soupapes et se faire confirmer que le code F9 indique bien un défaut de pression. Une fois tout ça confirmé et le prix indiqué, il revient vers moi pour me l'annoncer : ce sera 100€ pour les deux soupapes, plus la main d'œuvre, mais il ne pourra pas avoir les pièces avant 24, peut-être 48 heures (ça dépend si le fournisseur de Strasbourg les a en stock, sinon, il faudra les commander).
Finalement, le jeune homme est repassé le lendemain matin (jour où je travaillais, c'est donc Jean-Luc qui est resté à la maison), pour remplacer les deux soupapes. Et.... rien.
Pas d'eau chaude.
"C'est sans doute un problème de sonde : si elle ne détecte pas de pression parce qu'elle est défectueuse, la chaudière ne peut pas fonctionner. Faut changer la sonde."
Soit.
Il revient donc le jeudi avec une nouvelle sonde, la remplace et... rien.
Pas d'eau chaude. La chaudière ne s'allume toujours pas.
Perplexe, il annonce à Jean-Luc que si ce n'est pas la sonde, c'est donc la carte. Parce que la puce électronique semble bizarre quand même, puisqu'elle indique 4,5 bars de pression, alors qu'il n'y a pas d'eau dans le circuit.
Le lendemain, vendredi (ça fait donc une semaine maintenant que nous vivons sans eau chaude, et j'en ai marre des douches froides et des shampooings qui ne lavent pas), j'ai fini ma semaine, parce que Gobolof est en partance pour Lyon où l'attend une foire aux vins. Le technicien doit revenir à 7h30-8h pour remplacer la carte, Gobolof veut faire le point avec lui (parce qu'il y a toujours cette histoire de radiateur, pourra-t-il le faire après avoir changé la carte ?). Il attend donc l'arrivée du jeune homme, qui vient enfin un peu après 8 heures. Il change la carte, remet la chaudière en route et... rien.
Toujours pas d'eau chaude.
Sauf que là, il commence lui aussi à en avoir marre. S'il était en retard, c'est parce que son patron l'avait envoyé sur un autre chantier, et qu'il perd du temps à venir ici pour réparer une chaudière alors qu'il ne trouve pas la panne. Il a beau chercher, rien. Donc, de guerre lasse, il se décide à appeler le constructeur lui-même. Qui lui dit que "F9", ça veut dire qu'il y peut y avoir un problème lié au moteur qui entraîne le brûleur. Si la carte informatique était défectueuse, elle a pu abimer le moteur en question. Si on change la carte sans changer le moteur, le moteur défectueux casse la carte à son tour, il faut donc changer les deux en même temps.
Là, mon sang ne fait qu'un tour : une carte coûte au bas mot 180€, on vient de la changer, et là, il m'annonce qu'elle est peut-être foutue ??? Et le moteur, il coûte combien ?
Renseignements pris, le moteur coûte 40€ et il ne me facturera pas deux fois la carte à 180€...
Ouf. Parce que là, on en est déjà à plus de 500€ main d'œuvre comprise. Ça va faire mal, parce qu'en plus, ce n'est pas terminé, puisque ça ne marche toujours pas. Sauf qu'il en a marre aussi, alors il décide d'aller lui-même chercher les deux pièces à Strasbourg, il me largue là avec ma chaudière et mes lutins réfractaires, et revient en fin de matinée avec le moteur et la nouvelle carte. Qu'il installe et... rien.
La chaudière ne s'allume toujours pas, elle indique toujours F9 et ne fait toujours pas chauffer l'eau.
Nous sommes maudits.
Vivement 2011 !
Retour à la case départ, donc, et plus précisément, appel au constructeur. Qui ne répond pas. Forcément, il est 13 heures. Leurs bureaux sont fermés jusqu'à 13h30.
Je décide de faire manger les enfants, lui s'en va non sans m'avoir promis qu'il reviendra dans l'après-midi après avoir rappelé le constructeur pour savoir ce qui ne va pas avec cette f..... chaudière.
14 heures, le revoilà qui débarque, visiblement ennuyé.
"Ben voilà, j'ai appelé le constructeur, j'ai eu un autre employé qui m'a dit que F9, c'était un code poubelle."
Mon dieu. C'est quoi un "code poubelle" ? Je prends ma chaudière et je la mets directement à la décharge, c'est ça ???
Non, ce n'est pas ça. Un "code poubelle", c'est un code qui indique une panne que l'appareil ne parvient pas à diagnostiquer. En gros, il y a un problème, mais on ne peut pas savoir où. Ce peut être un problème de pression (mais ce n'est pas ça puisque les soupapes et la sonde ont été changées), ou une goutte d'eau qui est tombée sur un circuit et qui fait court-circuit, ou un câble qui a rendu l'âme, ou... tout autre chose, comment savoir ? Donc il est revenu avec une liste de points à vérifier.
Vers 15h30, je viens étendre mon linge, et là, il me fait un compte-rendu : il n'a rien trouvé, sauf un truc bizarre sur la deuxième carte informatique, où il détecte du courant sur la terre. Visiblement, ce n'est pas normal, il faut peut-être changer la carte.
"Encore ?????"
"Non, ce n'est pas la même !"
"Certes, mais comment ça se fait que ça fonctionnait avant et qu'en ouvrant un robinet, on a détraqué toutes ces pièces en même temps ?"
Bref, ce sont les mystères insondables des chaudières murales, ou bien les humeurs des lutins pas contents pour une raison que nous ignorons totalement.
Sauf que là, il est 15h30, il n'aura pas le temps d'aller chercher une nouvelle carte à Strasbourg, et puis le problème, c'est que si ce n'est pas la carte, ça ne règlera pas le problème. Alors il a appelé le fournisseur de Strasbourg directement, qui a accepté de lui préparer un carton avec toutes les pièces qu'on pourrait encore changer, et il les essaiera les unes après les autres jusqu'à trouver la bonne... mais il ne pourra le faire que le lundi suivant.
"Je vais chercher les pièces lundi matin, leur magasin ouvre à 7h45, je viens directement chez vous après."
Sauf que lundi, moi, je travaille. J'en connais un qui va être ravi de devoir rester à la maison, alors même qu'il est difficile de savoir quand il arrivera exactement, et combien de temps il lui faudra pour trouver la pièce défectueuse...
Soit, lundi arrive. Entre-temps, j'ai mis au point et breveté la doucho-bouilloire, permettant de prendre une douche chaude (voire très chaude, attention aux brûlures, cette technique est à utiliser uniquement en présence d'un adulte, ne pas laisser à porter des enfants de moins de 3 ans) dans la baignoire. Les enfants ont donc pu se laver correctement pour la première fois en une semaine, et moi aussi.
Lundi matin, je vais au travail, pleine d'espoir. Il se pourrait que le soir, j'aie droit à une douche chaude, en vrai dans la douche et non plus dans la baignoire. Ce serait quand même formidable.
Vers 9h30, Gobolof m'appelle pour m'annoncer que le monsieur vient d'arriver, il avait été envoyé par son employeur à Strasbourg sur un autre chantier.
Ben et nous, alors ??? Il a donc fallu qu'il repasse au magasin, mais si Gobolof n'avait pas appelé pour les rappeler à l'ordre, il aurait poireauté pour rien à la maison, et le chauffagiste ne serait revenu que l'après-midi.
Donc, retour à 9h30. Après avoir changé la petite carte qui semblait poser problème, le monsieur rebranche la chaudière, tente de l'allumer et... Youpi ! Ça marche ! Elle s'allume !
Tout contents, Gobolof et le chauffagiste remettent les circuits en route et hop, le voilà qui repart sur son chantier à Strasbourg. Gobolof m'appelle dans la foulée pour me dire que le soir, j'aurai droit à une bonne douche. Tout semble aller pour le mieux !
C'était sans compter les humeurs perturbatrices des lutins.
Parce que Gobolof a voulu vérifier la qualité de leur travail. Et s'est rendu compte que si la chaudière s'allumait, l'eau coulait... froide. O certes, un peu moins qu'avant, mais froide tout de même. Il semblait donc que l'eau ne passait pas dans le ballon pour y être réchauffée, et donc qu'elle ne chauffait quasiment pas entre son départ de la chaudière et son arrivée par le robinet.
Ni une, ni deux, retour au téléphone pour rappeler le secrétariat.
"Oui monsieur, il reviendra dès qu'il le peut pour régler ce problème. Il sera là demain matin."
Demain matin, donc mardi. Adieu eau chaude, douche chaude, bain chaud pour les enfants, vaisselle à l'eau chaude qui lave vraiment... il me faudra patienter encore un peu.
Mardi, je fais déjeuner les enfants, je range la cuisine, et il est 8h30 et il n'y a toujours personne. Or il m'a dit lors d'une de ses interventions précédentes qu'il commence à 7h30. Même en admettant qu'il vienne de Strasbourg (en réalité, il vient d'Illkirch, mais c'est quasiment pareil, c'est même un peu moins long), il aurait dû être là à 8 heures. Donc, je reprends mon joli téléphone, et j'appelle. La personne qui décroche ne comprend rien à ce que je lui raconte : c'est la comptable, et elle vient de rentrer de vacances... Elle me passe donc gentiment un autre monsieur, qui lui, a l'avantage de connaître un tout petit peu nos déboires avec leur chaudière.
Je profite de cette occasion pour lui demander où se trouve son employé qui devrait déjà être chez nous. Il part vérifier et : "Il est à Strasbourg, il a été envoyé sur un autre chantier". "Mais comment cela se fait-il, alors qu'il devait revenir ce matin, il le sait, c'est lui qui l'a dit hier !"
Réponse : "Ben... euh..."
Et là, j'explose intérieurement. Je lui sors tous les arguments d'un coup :
- Ça fait dix jours qu'on n'a plus d'eau chaude.
- Ça fait huit jours qu'il vient et sans résultat.
- Il n'a pas les informations dont il a besoin, il est obligé d'aller chercher sur Internet en utilisant mon propre ordinateur.
- Il n'a pas les pièces, ce qui l'oblige à aller les chercher au compte-gouttes à Strasbourg.
- Il est obligé d'appeler le constructeur qui n'est pas fichu de lui donner d'emblée les bonnes informations.
- Finalement, nous sommes en train de le former sur la chaudière Isotwin C24E : là, c'est sûr, il sera imbattable sur tous les points à vérifier et toutes les causes possibles d'une panne F9. Finalement, c'est vous qui devriez nous payer : dans la branche où je travaille, ça s'appelle de la formation continue !
etc...
Le monsieur rit jaune, m'assure qu'il me comprend, me confirme qu'ils feront un geste commercial... et me dit qu'il me renvoie le technicien qui ne sera là qu'en fin de matinée.
Finalement, il arrive plus tôt que prévu, un peu après 10 heures, et commence à bidouiller la carte (la petite, celle qu'il a remplacée la veille). Le constructeur lui avait dit la veille qu'il n'avait rien d'autre à faire qu'à la changer, mais lui a vu sur la notice qu'il y avait des codes différents en fonction du modèle sur lequel cette carte était installée. Il essaie donc les codes propres à la chaudière C24E et là, ô merveille, elle se remet en défaut. Mais indique F5 au lieu de F9.
Ce n'est pas une régression, contrairement à ce qu'on pourrait penser. Parce que F5 au moins, ça correspond à une vraie panne identifiable : c'est un problème de température, ou de sonde de température (en l'occurrence, c'est la sonde, puisque la chaudière s'est éteinte). Il suffit donc de changer (encore !) une sonde, celle qui se trouve au niveau du brûleur. Soit. Il change donc la sonde. Et là, nouvelle tentative, et... F14 !
Oui, je sais, mais c'est véridique, ce n'est même pas une blague (parce que chacun sait que les blagues les plus courtes sont les meilleures). Mais là il semble que notre technicien attitré soit en terrain connu : il repart direct dans le corps de la chaudière, triture les fils, en rebranche certains, rajoute du scotch à certains endroits, recolle des bidules à d'autres... et finit par me dire que F14 est un défaut mineur, qu'il a bougé tellement de trucs dans la chaudière qu'il doit tout revérifier : il suffit qu'un élément ne soit pas à sa place pour que ça ne fonctionne pas. Il reprend une sonde, la déplace de quelques centimètres sur le ballon d'eau chaude, la fixe avec un adhésif contre le corps du ballon, referme la chaudière, la remet en route, et là, merveille de la technologie : j'entends le "tic-tic-tic" indiquant que le brûleur se met en route, puis le "woouuff" avertissant que le gaz vient de prendre feu... cela voudrait-il dire que ça marche ?
N'osant y croire, je me dirige vers le robinet, l'ouvre et laisse couler l'eau pendant un moment. Et là, progressivement, je sens l'eau devenir tiède, puis chaude, puis brûlante...
Ça marche !!!!!!!!
Nous avons vaincu les lutins, nous les avons domptés, au prix de beaucoup de sueur, de douches froides, de shampooings inefficaces, à coup d'euros et de changements de pièces, mais nous sommes vainqueurs !!!!
Hier matin, donc, j'ai pris ma première douche chaude depuis 12 jours.
Alléluia ! Avec toutes les pièces qui ont été changées, j'ose espérer que nous en reprenons pour 7 ans minimum. Mais ce qui est sûr, c'est que je ne m'adresserai plus à cette entreprise en cas de panne. Un chauffagiste qui ne connaît pas le matériel qu'il installe chez les clients, ça fait très mauvais genre. Et qui en plus s'enfonce continuellement en ne donnant pas les bonnes informations au technicien, c'est plutôt rédhibitoire. Là où j'ai complètement halluciné, c'est quand je lui ai dit que je ne comprenais pas qu'il soit venu sans notice, alors même que j'avais donné les informations nécessaires par téléphone et sur Internet. Comme c'était eux qui l'avaient installée, cette chaudière, ils avaient la facture d'origine, donc le modèle précis. En prenant quelques minutes pour faire des recherches, ils avaient tout ce qui fallait pour arriver avec les bons outils, les bonnes informations chez nous. Et tout le monde aurait gagné du temps. Effectivement, la panne n'aurait sans doute pas été trouvée tout de suite, puisque la carte défectueuse continuait à fonctionner en indiquant une pression aberrante. Du coup, le technicien s'est orienté vers un problème de pression, alors qu'en réalité, c'était un problème de température. Mais ce problème n'a pu être détecté qu'une fois les deux cartes changées, et correctement paramétrées... Même le constructeur ne connaît pas son matériel ! C'est dire !
Ceci dit, j'ai découvert une chose :
Je suis dépendante à l'eau chaude.
C'est sûr, je suis une toxico. Je le savais déjà, je savais que j'étais dépendante aux livres, au thé, à l'écriture, au chocolat et aux chamallows. Je découvre que je suis dépendante à l'eau chaude. C'est un choc, et une révélation. Mon psychisme tiendra-t-il le coup ?
Vous en saurez plus dans un autre épisode... ou pas !