Il est des circonstances où on se donnerait des baffes, je vous jure !
Nous avons mis la maison en vente au mois de juillet, en mettant un grand panneau sur la maison et une annonce sur Le Bon Coin. C'était juste ça au départ : nous voulions vendre Gobolistan I sans passer par une agence, pour éviter les arnaques et les frais d'agence trop élevés qui nous auraient fait perdre des clients.
Sauf que nous étions totalement novices dans ce domaine. Et ça n'a pas raté. Quelque 24 heures après la mise en ligne de l'annonce, nous avons eu un premier texto sur le téléphone de Jean-Luc, nous disant que des acheteurs étaient intéressés et nous donnant l'adresse d'un site internet où nous pouvions les contacter. Ni une, ni deux, pleins d'espoir, nous sommes allés sur le site en question et avons décidé de nous inscrire à ce site, moyennant finances, bien sûr, en nous disant que quelques dizaines d'euros pour vendre notre maison, ce n'était pas trop cher payer.
Sauf que, bien sûr, il n'y avait pas d'acheteurs. En tout cas, ils n'ont jamais répondu au mail que j'ai envoyé suite à leur "demande de contact".
Échaudés, nous sommes donc revenus à la première option : vendre nous-mêmes.
Par la suite, nous avons été contactés par un certain nombre d'autres sites internet : De Particulier à Particulier, Entre particuliers.com, etc. De Particulier à Particulier étant le premier à nous contacter, nous avons creusé un peu en regardant les conditions de vente, et avons fini par répondre à leur sollicitation : un contrat d'un mois, une annonce en ligne, à un tarif proche de celui que l'on aurait eu si nous avions fait passer une annonce dans le journal... Bref, nous avons tenté. Sans résultat.
Dans la foulée, Entre Particuliers.com nous a lui aussi contactés, mais là, j'étais devenue méfiante. D'autant plus qu'au même moment, j'ai été contactée par téléphone par un autre site internet proposant exactement le même service, toujours moyennant finances, et que cette fois, j'avais fait une recherche sur le net et découvert que Entre Particuliers.com avait des pratiques plus que douteuses. J'ai fait la recherche pour le second site internet, sans rien trouver du même genre, mais pour le coup, la méfiance était là, et j'en ai eu marre de payer des sites internet pour des annonces en ligne qui ne donnaient absolument rien.
Et puis sont arrivées les vacances. Et au cours de celles-ci, nous avons eu plusieurs appels d'une agence immobilière de Sélestat qui a fait du "forcing" pour vendre notre maison. Avec des conditions que nous n'avons pas vraiment comprises au début. Notamment un contrat d'exclusivité. Or on nous avait alertés contre ces contrats, qui nous lient à une agence et nous interdisent de vendre par nous-mêmes ou de contacter une autre agence pour vendre la maison.
Devant notre refus, l'agence a proposé un contrat de "semi-exclusivité" : nous pouvions vendre par nous-mêmes, moyennant le paiement de la moitié des frais d'agence. Et là, nous avons juste halluciné. En gros, l'agence nous disait : "vous nous confiez votre bien à vendre, et si vous trouvez un acheteur, nous ne faisons rien mais en contrepartie, vous ne paierez que la moitié des frais d'agence". Là, bien sûr, présenté comme ça, nous avons dit non et raccroché, faut quand même pas pousser mamie dans les orties non plus.
Et puis, après les vacances, l'agence a rappelé une fois de plus, demandant à nous rencontrer pour nous expliquer comment ça fonctionne. Et pour faire une évaluation gratuite de la maison. Chose que nous avions déjà faite bien sûr, et par deux fois, mais nous nous sommes dit qu'un troisième avis ne pouvait pas nuire.
La responsable de l'agence et une jeune femme, agent immobilier depuis peu, ont donc débarqué à la maison un soir, ont visité la maison, nous ont fait une estimation nous confortant dans le prix que nous avions fixé au départ et l'augmentant même de leur commission, nous assurant par là même que, si elles arrivaient à vendre la maison, nous aurions quand même le prix que nous demandions... Sauf que ce prix, depuis le début, je le trouvais quelque peu surévalué, et que c'était peut-être pour cette raison que la maison ne se vendait pas. Mais elles ont su être très persuasives, toutes les deux, et nous ont dit qu'elles connaissaient bien le marché sélestadien et se faisaient fort de vendre la maison au meilleur prix pour nous.
Nous n'aurions jamais dû les croire.
Pendant trois mois, durée du mandat semi-exclusif, nous avons eu 3 visites de la part de l'agence. Dans les trois cas, le "problème" qui freinait les acheteurs potentiel était la cuisine. "Trop vieille", "Pas assez moderne", "J'ai déjà une cuisine", etc. L'autre problème était lié à la salle de bains, mais ça, ça concernait bizarrement plus les visites que nous avons faites nous-mêmes : "La salle de bains est au deuxième étage, alors que je la préférerais au 1er", ou bien "mon mari fait 1,95m, alors les toilettes sous la pente du toit, ça oblige à tout refaire". Etc.
Finalement, un mois et demi après le début du mandat, l'agent immobilier nous recontacte pour nous dire que la maison est trop chère (quand je lui ai dit que je le lui avais dit dès le début, elle m'a répondu qu'il fallait tenter le coup, parce qu'il pouvait y avoir un coup de cœur sur la maison. Mouais...).
Donc la maison est trop chère, il faut baisser le prix. Nous négocions donc une baisse des frais d'agence en parallèle : aucune raison que nous soyons les seuls à faire des efforts, d'autant plus que visiblement, tous les moyens n'étaient pas mis en œuvre par l'agence pour assurer la vente, notamment en matière de communication. Et ça, c'était évident, vu le faible nombre de visites.
Sur le conseil de l'agence, nous avons donc mis une nouvelle annonce, avec un prix inférieur de plusieurs milliers d'euros, sans plus de résultats qu'auparavant. Deux semaines après, nouvel appel de l'agence : la maison est toujours trop chère, il faut encore baisser le prix. Nous commencions à être vraiment limite en termes de prix, puisque nous comptions sur la vente de la maison, dans laquelle nous laissions la cuisine intégrée, pour racheter une nouvelle cuisine. Mais comme la seule réponse que nous avions sur le "pourquoi la maison ne se vend pas", c'était "parce que la cuisine ne plaît pas", Gobolof m'a dit que puisque le problème c'était la cuisine, nous n'avions plus qu'à la récupérer, notre cuisine, et à l'installer dans notre nouvelle maison. Ce que nous avons fait, après avoir, par correction, prévenu l'agence que la "donne" avait changé.
Dans la foulée, nouvelle visite (après notre déménagement, en décembre, donc), et là, sans aucune nouvelle de l'agence, j'ai moi-même rappelé pour savoir si la vente était conclue ou non. Réponse de l'agent immobilier : "Madame, vous avez récupéré la cuisine !"
- Ben oui, je vous avais prévenue, et en plus, c'était la cuisine, le problème. Plus de cuisine, plus de problème, si ?
- En fait, si, parce que maintenant, votre maison, elle n'a plus de cachet"
Ben voyons.
Dans la foulée, nouvelle baisse du prix, mais cette fois-ci, nous commencions à voir un peu plus où nous allions, c'est-à-dire dans le mur. De plus en plus, l'idée de mettre fin au mandat semi-exclusif dès que le délai des trois mois serait arrivé se faisait jour.
Le 17 décembre, dernier jour du mandat, nous étions près des vacances, et j'ai décidé de ne pas me prendre la tête avec la paperasse pendant les fêtes. Donc de résilier le contrat au début du mois de janvier.
Début janvier, le mandat étant arrivé à expiration (je vous ai passé sous silence les multiples appels d'agences "ayant un client très intéressé par notre maison" qui n'ont pas arrêté de nous appeler à chaque nouvelle annonce sur Le Bon Coin), d'autres agences ont recommencé à nous appeler. Dont un "jeune loup" qui voulait faire une estimation (encore !) de la maison. Et à cette occasion, il nous a dit que même plus bas, le prix était encore trop haut. Par ailleurs, nous lui avons fait part de notre volonté de ne pas avoir de mandat exclusif ou semi-exclusif pour cette vente, parce que nous nous étions fait avoir la première fois. Le contact a bien sûr été très cordial, l'évaluation plus conforme à ce que je pensais être un "juste prix" pour notre maison, et nous avons donc accepté qu'il nous fasse un contrat.
Sauf qu'avant de signer le contrat, nous devions d'abord résilier le premier. Et attendre les 15 jours légaux (dont j'ignorais tout bien sûr) que la résiliation soit effective...
Bref, nous avons attendu, et du même coup, reçu le mandat de l'autre agent... qui s'est avéré être non seulement quasiment aussi élevé que le prix précédent, mais en plus, c'était un contrat d'exclusivité. Qui est donc parti à la poubelle. Faut pas non plus nous prendre pour des imbéciles : pas question de se faire avoir deux fois de suite avec le même type de contrat ! Cette aventure avec ce jeune agent immobilier nous a appris que dans ce domaine, il n'y a aucune parole qui tienne, seul le contrat compte. Et qu'en plus, ils font ce qu'ils veulent : s'ils veulent nous faire signer un contrat d'exclusivité, rien ne va les en empêcher, même si on dit explicitement qu'on refuse l'exclusivité. Il faut donc bien lire, vérifier les clauses... pour être certain de ce que l'on signe.
Mais nous avions un "plan B"... que je vous raconterai au prochain épisode !
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