Je me rends compte en relisant ce blog et quelques-uns des billets précédents que je ne vous ai pas fait part des évolutions concernant la vente de notre première maison, Gobolistan I. Et pourtant, il s'en est passé, des choses !
Durant la semaine sainte, soit quelques jours après le départ de Notre-Dame des Neiges pèlerine (qui a séjourné chez nous durant deux semaines, du 10 a 23 mars, et à qui nous avions particulièrement confié la vente de notre maison), Gobolof a reçu un appel d'une jeune femme souhaitant visiter la maison de Sélestat. Et c'était urgent. Il a donc organisé la visite pour le Mercredi Saint, 27 mars, après s'être assuré auprès de notre locataire que la visite serait possible.
Ce n'est pas la jeune femme, mais son compagnon qui a visité la maison ce jour-là. Il est enseignant à Haguenau, muté à Sélestat à la rentrée, et cherche donc un logement pour lui, sa femme et leur petite fille. Très expressif, enthousiaste, à peine la visite terminée, devant la locataire, il demande à Jean-Luc où il doit signer : il est conquis et souhaite tout de suite acheter la maison.
Interloqué, Gobolof lui demande s'il ne veut pas prendre le temps de la réflexion et revisiter la maison avec sa femme (parce que, quand même, elle va y vivre aussi, alors autant qu'elle sache ce qu'elle va acheter, non ?).
"Non, non, elle aimera aussi, elle me fait confiance, elle va adorer cette maison !"
"C'est vrai qu'elle est très bien, mais quand même, vous devriez revenir pour la visiter avec elle !"
et là, notre locataire elle-même est intervenue, précisant qu'elle avait fait cette erreur avec son mari et que ce n'est jamais bon dans un couple de prendre des décisions importantes sans l'autre...
Notre potentiel futur acheteur s'est donc péniblement laissé convaincre, mais "vous comprenez, il faut que je revienne vite, avant que la maison soit vendue !"
Un autre rendez-vous a donc été pris pour le vendredi suivant, Vendredi Saint, 29 mars. Cette fois-ci, le jeune homme est bien venu avec sa femme, mais aussi avec ses parents. Toujours aussi enthousiaste, c'est lui qui a fait visiter "sa future maison" à ses proches... En gros, il était déjà chez lui. Ce qui est plutôt rassurant et encourageant ! (parce que je ne vous raconte pas les étapes par lesquelles nous sommes passés durant ces deux jours, allant du "super, la maison leur plaît" à "Et si elle ne l'aime pas ?" et à "Tu ne crois pas qu'il va changer d'avis ???")
À la fin de la visite, le père du futur acheteur est venu discuter avec Jean-Luc. Devant l'enthousiasme de son fils, il avait fait quelques recherches sur Internet et découvert que la maison était aussi en vente via un agent immobilier, au même prix que celui que nous proposions de notre côté.
"Donc si vous vendez par l'agence immobilière, vous perdez la commission. Et la commission, elle est au moins de 10.000 euros, étant donné le prix de la maison ! Vous pouvez faire un rabais, donc, disons d'environ la moitié, 5.000 euros !"
"Euh... non. La commission n'est pas de 10.000, mais de 5.000 €."
"Eh bien, on n'a qu'à dire un rabais de 2.500 € dans ce cas !"
"Mais monsieur, si nous vendons nous-mêmes la maison, c'est à nous de faire établir tous les papiers par le notaire, et non pas à l'agent immobilier."
"2.000€ alors !"
Gobolof était furieux. Furieux que le père soit venu aussi, parce que le fils aurait acheté la maison au prix indiqué, sans rabais, tellement il est conquis. Mais Gobolof a aussi appris à être sage avec le temps et l'expérience. En Alsacien, il existe un proverbe qui dit, grosso modo, qu'il vaut mieux vendre quelque chose avec regrets que ne pas le vendre du tout. Et de se souvenir de son père qui voulait vendre une machine à 3.000 francs, alors que l'acheteur potentiel était prêt à lui en donner 1.500. Trente ans plus tard, la machine est toujours à vendre...
Gobolof a donc accepté l'offre, se disant que 2.000 € en moins, ce serait somme toute mieux que si on devait encore attendre pendant six mois, si cette vente ne se concluait pas à ces conditions. Surtout qu'il y avait encore le danger de devoir baisser une nouvelle fois le prix de vente, auquel cas nous aurions perdu davantage encore : non seulement le prix de la maison aurait été revu à la baisse, mais en plus, le temps passant, les intérêts sur le prêt-relais auraient continué à s'accumuler, enchérissant encore le montant à rembourser et diminuant d'autant notre marge permettant de réduire la durée de notre prêt principal sur Gobolistan II... Bref, l'un dans l'autre, Gobolof a accepté.
Quelques jours plus tard, nous recevions un appel de nos acheteurs nous demandant s'il était possible de revisiter la maison, avec un cuisiniste cette fois... Bon sang, ils allaient vite en besogne ! Et puis, je me suis souvenu de nous, 10 ans auparavant, au moment où nous avions nous-mêmes acheté la maison. De la même manière, nous avions fait immédiatement les plans de la cuisine, que nous avions ensuite proposé à un cuisiniste qui nous avait fait des plans définitifs. La cuisine avait été commandée en avance, pour être montée dès la signature de l'acte de vente... Finalement, ce jeune couple ne faisait que ce que nous avions nous-mêmes fait auparavant... Une sorte de redite du passé, quoi.
De mon côté, je n'avais toujours pas rencontré nos acheteurs... même si j'avais eu l'occasion de les avoir au téléphone plusieurs fois.
Après moult péripéties, le compromis de vente a été signé la veille de notre départ en vacances, au mois d'avril. C'est ce compromis qui est la première véritable étape dans l'acte d'acheter une maison, puisque c'est grâce à ce compromis que les démarches pour la recherche d'un financement peuvent commencer. Nos acheteurs se sont donc retrouvés dans l'obligation de faire toutes les démarches que nous avions nous-mêmes effectuées quelques mois plus tôt, et finalement, l'acte de vente lui-même a été signé au seuil des vacances d'été, le 3 juillet 2013.
Ce matin-là, Louise-Marie avait tout juste un mois, nous nous sommes rendus à la maison pour une dernière visite avant l'achat. C'est là que je les ai rencontrés pour la première fois, et la dernière fois sans doute. Un couple qui m'a paru sympathique d'emblée. Tous les deux la petite trentaine, jeunes, enthousiastes, dynamiques... et très heureux d'avoir trouvé la maison de leurs rêves. En fait, en les voyant, en discutant avec eux, j'ai eu la très nette impression de nous revoir, Gobolof et moi, dix ans plus tôt, au moment où nous étions sur le point d'acheter la maison.
Je suis très heureuse que notre maison soit devenue la leur. C'est étonnant, mais tous les couples qui avaient visité la maison auparavant ne me semblaient pas faits "pour elle", comme si "elle" attendait de rencontrer ceux qui seraient capables de l'habiter, de la comprendre, de la faire vivre... Étrange, comme un objet inanimé peut prendre, en certaines circonstances, une personnalité, presque une "vie". En tout cas, j'étais, ce matin-là, heureuse de leur donner les clés. Je savais que notre maison serait aimée par ses nouveaux propriétaires !
Et notre locataire, dans tout ça ?
Charlotte a fait deux déménagements en un peu plus de trois mois. Le 18 mai, elle a rameuté ses copains et collègues de Strasbourg, ainsi que quelques copains de Sélestat, dont Jean-Luc et sa camionnette. Le second déménagement a été plutôt sportif et se serait éternisé si Gobolof, habitué des opérations de manutention, n'avait pris les choses en mains et ne s'était improvisé "manager es-déménagement" auprès de l'équipe de copains tous pleins de bonnes intentions, mais incapables de charger une camionnette sans perdre un temps infini à déterminer ce qu'il convient de charger d'abord et ce qu'il vaut mieux mettre à la fin... Bref, tout s'est bien passé, et le déménagement a été mené rondement en une demi-journée. Il faut dire que nombre de cartons n'étaient pas encore défaits, notre locataire temporaire étant bien consciente qu'elle ne passerait que très peu de temps dans notre "chez-nous-chez-elle" temporaire. En définitive, elle a posé ses valises dans une belle maison du centre-ville de Sélestat, où elle s'installe petit à petit, et qui lui permet de retrouver nombre de ses anciennes habitudes, son ancien logement n'étant qu'à quelques minutes à pieds du nouveau.
Du coup, les factures nous sont revenues une fois de plus, mais cette fois-ci, nous savions que ce ne serait que très provisoire !
Elle est pas belle, la vie ?