mardi 26 février 2013

Vente de Gobolistan I : épisode II

Il y a quelques temps, je vous avais raconté nos déboires avec l'agence immobilière qui avait fait du forcing pour obtenir un mandat. 
Si mes souvenirs sont bons, je m'étais arrêtée à la fin du mandat, à l'envoi du courrier recommandé avec accusé de réception pour signifier que nous mettions fin au contrat.

Dans la foulée, à la fin des vacances de Noël, nous avons eu un nouvel harceleur, en la personne d'un agent immobilier de chez Guy Hoquet. Devant son insistance pour obtenir un rendez-vous avec nous, Jean-Luc l'a d'abord reçu à Sélestat et lui a fait visiter la maison, et il a repris rendez-vous, juste avant la rentrée scolaire, pour nous donner son estimation de notre maison. Nettement en-dessous, bien sûr, du prix que nous avions fixé à l'époque.
Il faut dire à la décharge de ce monsieur que je soupçonnais un truc du genre "baisse des prix" et "surévaluation de notre bien", et que son estimation ne m'a pas surprise outre mesure. J'ai donc attendu la suite avec sérénité. Tout en lui expliquant, au cours de l'entretien que nous avons eu avec lui, que le contrat d'exclusivité, nous avions déjà donné, que nous avions le nom d'un agent immobilier qui nous semblait correct, honnête et efficace, et que donc, si nous lui donnions le mandat, ce serait de toute façon un mandat simple, et non pas un mandat exclusif comme il nous le demandait.
Une semaine plus tard, je trouve dans la boîte aux lettres une pochette plastique avec l'offre de l'agent immobilier : Un mandat exclusif (oui, oui, vous avez bien lu) au même prix que celui que nous avions affiché sur Le bon coin, c'est-à-dire 15.000 euros de plus que l'estimation qu'il avait faite lui-même une semaine plus tôt, alors que nous savions qu'il serait impossible de vendre à ce prix-là, puisqu'il était, de son propre aveu, trop élevé.
Le papier en question est donc parti illico à la poubelle, et j'ai repris contact avec l'autre agent immobilier, celui que nous avions rencontré lors de l'achat de Gobolistan II et qui nous paraissait, pour le coup, honnête, correct et efficace. Parce qu'un agent immobilier qui n'est pas fichu de donner à son client potentiel ce qu'il demande (à savoir un chance de vendre sa maison quand même, et qui plus est avec un mandat contraire à ce que recherche le client), c'est vraisemblablement quelqu'un qui au mieux, n'écoute pas les clients, et au pire se fiche d'eux, tant qu'il a le mandat, tout va bien.

Donc, le plan B est entré en action : faire appel à l'agent immobilier que nous avions nous-même choisi, et non pas subir les pressions d'agents immobiliers qui sont uniquement à la recherche d'un mandat, eux-mêmes étant payés en premier lieu s'ils obtiennent un mandat, et non pas s'ils vendent la maison. Bien sûr, à la vente de la maison, ils ont une commission (les fameux "frais d'agence"), mais ils sont de toute façon gagnants du simple fait de faire signer un mandat au vendeur. Voici donc une chose que j'aurai apprise dans l'histoire.

Seulement, la mise en pratique du plan B a pris quelques semaines de retard (trois au bas-mot), suite à quelques impératifs auxquels nous avons du faire face. Tout d'abord, les délais de résiliation avec l'ancienne agence : il faut compter 15 jours entre le moment où ils reçoivent la lettre dénonçant le mandat et le moment où le client est effectivement libéré de son engagement envers l'agence. De plus, avant tout contrat, l'agent immobilier voulait, lui aussi, faire une évaluation, des photos, etc. Donc il a fallu le temps d'organiser tout ça (entre les jours où il a neigé, ceux où je travaillais, ceux où Gobolof était en vadrouille à l'autre bout de la France, ça n'a pas été simple). Et puis, suite à la visite et à l'évaluation (qui concordait parfaitement avec celle de l'agent précédent d'ailleurs), nous nous sommes mal compris, avec l'agent immobilier. Lui pensait que je le rappellerais après avoir parlé avec Jean-Luc, alors en salon à Vannes, et moi, je pensais que lui nous ferait une proposition que je ferai signer à Jean-Luc à son retour de Vannes. Bref, pendant une petite semaine, chacun a attendu que l'autre lui fasse signe, et j'ai fini par rappeler en lui demandant ce qui se passait.

Entre temps, une de nos amies nous avait interpellés au sujet de cette maison vide qui ne servait à personne depuis deux mois. Dans une situation un peu délicate au niveau conjugal, elle a tâté le terrain pour savoir si nous étions susceptibles de lui louer la maison si jamais elle devait quitter son appartement avec ses enfants en urgence. Il a bien sûr été évident tout de suite que nous l'aiderions si elle devait en arriver là, et nous avons convenu d'un loyer et d'un fonctionnement permettant à chacun de s'en sortir. Parce qu'il faut avouer que payer deux fois les factures (gaz, électricité, eau, poubelles, etc.), c'est un peu trop pour notre budget...
Le 8 février, alors que nous n'avions pas d'autres nouvelles de cette amie, nous avions rendez-vous avec l'agent immobilier pour signer enfin le mandat. Le même jour, j'avais aussi envoyé à l'assureur le nouveau contrat, corrigé, assurant Gobolistan I en tant que maison inhabitée (plus de 80€ de différence, ça fait quand même réfléchir).
Oui mais voilà : le lendemain, 9 février, la copine en question appelle... du commissariat, me disant qu'elle a quitté sa maison et nous demandant si elle peut emménager dans la nôtre, à Sélestat. Ni une, ni deux, nous acceptons, bien sûr, parce qu'il était hors de question de la laisser tomber après lui avoir dit qu'on l'aiderait, et nous voilà à réorganiser la journée autrement pour que le choc soit le moins rude possible pour les enfants.

Le lundi suivant, le 11, l'agent immobilier est revenu chercher les clés, pour pouvoir organiser les visites avec les clients potentiels... et j'ai donc du lui annoncer que désormais, la maison était louée... Ce qui n'a d'ailleurs pas semblé le perturber outre mesure : "Vous savez, si la maison est habitée, ça va peut-être permettre aux clients de se projeter davantage ?"

Bref, notre plan B tourne au plan B-C (non, pas BBC (1), ne pas confondre, hein !), avec location en prime, nous permettant à la fois d'organiser nous-mêmes des visites (certains acheteurs potentiels refusant purement et simplement d'avoir recours à une agence), de bénéficier des connaissances et du réseau d'un agent immobilier, et de ne pas perdre trop d'argent grâce au loyer que nous verse notre amie. Du coup, nous n'avons plus trop le couteau sous la gorge : si on vend la maison dans trois mois, ou dans six, pour nous, ça ne nous coûte que très peu, contrairement à ce que ça aurait été si elle était restée inhabitée.
Elle est pas belle, la vie ?

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1 Selon que l'on est anglo-saxon ou Français, le sigle BBC ne veut absolument pas dire la même chose. En Angleterre, il désigne une (ou plutôt des) chaînes de télévision, et en France, il veut dire Bâtiment Basse Consommation. Dans le deuxième cas, on est quand même plus proche de notre sujet d'aujourd'hui, mais on n'y est quand même pas encore tout à fait !

2 commentaires:

Mili a dit…

Voilà, on s'absente un peu et pouf! Plein de billets! Et que d'aventures!
J'espère que la situation pour ton amie va s'arranger en tout cas!

Si en France et en GB, il y a BBC, au Gobolistan, il y a BBK, c'est ça?

Amélie Platz a dit…

Ben oui... fallait pas t'absenter ! Il faut dire aussi que je suis parfaitement irrégulière dans la publication de billets, alors forcément ça n'aide pas.
Pour mon amie, oui, ça s'arrange, dans la mesure où elle a maintenant un logement qui la met à l'abri, ainsi que ses enfants.

Et oui... BBK, c'est une vraie spécificité gobolistanaise, ça ! :)

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