Petit coup de gueule du jour :
J'ai deux-trois petites choses qui me restent en travers de la gorge aujourd'hui. Oui, je sais, on n'est pas au pays des Bisounours, et donc, j'aurais dû me rendre compte plus tôt que le monde dans lequel on vit est pourri jusqu'à la moëlle. Mais bon, j'ai toujours préféré les lunettes roses aux noires, et toujours tenté de voir le bon et le bien parmi le moche et le mal. Mais il y a des fois où ça fait du bien d'enlever les lunettes roses pour voir le monde en technicolor, c'est-à-dire tel qu'il est réellement.
Donc, imaginez une visite amicale pour célébrer un petit événement chez des proches. La discussion passe du classique badinage au départ à des choses plus personnelles, et dérive vers les conditions de vie, les moyens qu'on a de faire ou de ne pas faire les choses, le rythme de travail et... l'argent. Et là, brusquement, PAF ! Grand coup de poing dans la figure : "Dans la vie, on ne fait pas toujours ce qu'on veut !"
Certes. On fait même rarement ce qu'on veut. Qu'est-ce qui avait donc déclenché ce type de réflexion ? Simplement ceci : nous parlions de nos faibles moyens financiers actuels. Rien de dramatique, ce ne sont que des questions d'argent, qui personnellement me font bien moins peur que des questions de santé par exemple (je ne veux pas revivre l'année 2005, pour ceux qui voient ce que je veux dire). Mais c'est vrai que pour lutter contre les accidents, les chutes, les opérations, le stress et les engueulades dans le couple qui vont avec, nous avons décidé d'un commun accord, Gobolof et moi, que je réduise mon activité professionnelle à 50% au lieu des 70% actuels, histoire que Gobolof ait moins de soucis avec les enfants, que je sois plus présente, et accessoirement que nous ayons moins de problèmes du genre de ce qui nous est tombé dessus depuis mon augmentation de temps de travail.
Petit catalogue histoire de rafraîchir la mémoire de nos lecteurs :
Décembre : Trois syndromes gripaux malgré (ou à cause de ?) la vaccination contre la grippe A (H1N1), une semaine d'arrêt pour moi pour grosse, grosse fatigue (épuisement général serait plus adapté en fait).
Janvier : poursuite de la fatigue (que j'ai mise sur le compte des vacances de Noël jamais reposantes), dûe en particulier aux déplacements de Gobolof et à ma journée supplémentaire de travail.
Février : un bras cassé pour moi, 6 semaines d'arrêt.
Mars : jambe cassée pour BBK, une semaine de congé supplémentaire à la fin de mon arrêt maladie pour pouvoir m'occuper d'elle parce que l'école refusait de la prendre en charge alors qu'il n'y avait aucune raison valable à ce refus.
Mai : opération (prévue dès le premier février) d'un kyste ovarien, et 4 semaines d'arrêt maladie en comptant l'hospitalisation, soit 11 semaines d'arrêt en 6 mois de travail à 70%. Qui dit mieux ?
Donc, devant cette avalanche de "tuiles", nous avons décidé de faire cesser tout cela, l'une des solutions consistant à réduire mon temps de travail pour retrouver le rythme que nous avions avant (pas un seul arrêt maladie depuis le changement de rythme après l'hospitalisation de Gobolovitch en juillet 2005, hormis le congé maternité pour BBK en 2006-2007). Et la tranquillité d'esprit et l'équilibre familial qui allaient avec.
Et voilà qu'on s'entend dire "Dans la vie, on ne fait pas ce qu'on veut". Certes. Mais cette personne avec ses solutions toutes faites savait-elle réellement ce que nous voulons ? Ce qui lui posait question (et qu'elle ne comprend sans doute pas), c'est que nous puissions faire passer notre bien-être familial et personnel avant notre train de vie, avant notre rémunération, avant un niveau de vie qu'elle estime être le minimum vital. Il a fallu que je lui dise que justement, nous faisions le choix de diminuer notre train de vie pour pouvoir conserver un bon équilibre de vie... et une certaine tranquillité d'esprit. Mais même en mettant les points sur les "I", je ne suis pas persuadée qu'elle ait vraiment compris de quoi je parlais. Cette même personne parlant un peu plus tard d'une connaissance commune nous disait par ailleurs qu'il fallait choyer cette personne... que c'était bien la moindre des choses si l'on voulait rester dans ses bonnes grâces (en d'autres termes, il s'agit ici de rester en bon termes avec un proche sous peine de voir le pactole financier qui est derrière s'en aller vers d'autres horizons).
J'ai arrêté de discuter à ce moment-là, effarée de ce que je venais d'entendre. Oui, je le reconnais, je suis très, très naïve. Je venais de réaliser à quel point la pseudo-gentillesse peut être calculatrice, à quel point l'accueil peut être surfait. J'estime pouvoir accueillir n'importe qui chez moi, parce que j'ai plaisir à voir ces personnes. J'ai d'ailleurs toujours grand plaisir à ouvrir ma porte, ajouter des chaises et vider mon frigo pour mes hôtes parce que j'ai plaisir à partager un repas avec eux, un moment de discussion, de partage, de rires... Je n'avais pas jusqu'alors réussi à comprendre pourquoi j'étais si mal à l'aise chez ces proches. Je viens brusquement d'en prendre conscience, et ça fait mal.
Qu'est-ce que cela signifie donc ? La question se pose en plusieurs termes : quand nous les recevons chez nous, que cherchent-ils donc à obtenir ? Est-ce de rester en bons termes avec nous parce qu'il y a des intérêts financiers derrière ? Quand ils nous reçoivent chez eux, est-ce pour nous voir ou pour ne pas gâter des relations qui peuvent être intéressantes sur le long terme pour eux ? Et la "poule aux œufs d'or" dont il était question hier soir ? Se rend-elle compte des raisons véritables qui font qu'elle est si choyée chez eux ? Sait-elle à quel point elle peut les enquiquiner à rester tard le soir après le dîner parce qu'elle est seule chez elle et qu'elle préfère leur compagnie à celle de la télé ?
Notre "poule aux œufs d'or", maintenant, me ferait presque pitié. Et ses "amis" me dégoûtent. Carrément. Il y a tout simplement une question d'argent. Et donc les relations sont faussées. C'est-à-dire qu'en fait, ce que nous voulions éviter à tout prix vient de se produire (ou plutôt, je viens d'en prendre conscience).
La question qui se pose maintenant, c'est "comment vais-je donc pouvoir les accueillir chez moi à partir de maintenant ?" Il se trouve que nos enfants et les leurs s'entendent à merveille, et qu'il est hors de question de les priver de ces camarades. Mais comment être enjouée et heureuse de les accueillir sous mon toit et à ma table maintenant que je sais quelles peuvent être les arrières pensées qui guident une partie de leurs actes ?
Je me dis que ce n'est pas chez nous que la question de l'argent se posera, et que ce ne sera pas un mobile pour eux de venir chez nous. Puisque nous n'avons pas d'argent. Mais alors, est-ce à dire qu'ils ne viendront plus et que nos enfants seront privés de leurs camarades de jeux ?
Chers lecteurs, n'allez pas croire que je suis triste ou amère (enfin, si, peut-être un peu, mais ça va passer, rassurez-vous). Non, je ne suis pas vraiment triste. Juste déçue. J'avais une haute estime de ces personnes, et elles me sont apparues hier soir sans leur masque lisse fait pour tromper les apparences. J'ai donc vu en partie leur vrai visage, et ce n'est pas très beau...
En fait, je crois que je sais ce que je vais faire : continuer à inviter nos amis désargentés, passer du bon temps avec eux, refaire le monde avec l'argent que nous n'avons pas, et rire avec eux de l'absurdité de certaines situations. Finalement, tout cela n'est pas si grave : je viens d'entrer de plein pied dans le monde froid et calculateur des gens riches ou croyant l'être. C'est finalement une bonne chose : moi qui croyais les envier, je me rends compte maintenant qu'ils vivent aux antipodes de ce que je veux pour mes enfants et ma famille. Et cadeau bonus : la vie et ces expériences m'ôtent l'une après l'autre les illusions que j'ai sur les gens. S'il est des relations que nous ne pouvons pas rompre, diplomatiquement parlant, il en est des tas, gratuites celles-là, bien plus plaisantes, qui ne demandent qu'à s'épanouir.
Amis, notre porte vous sera toujours ouverte, et soyez sûrs et certains que jamais nous ne vous demanderons quoi que ce soit en échange !!!
J'ai deux-trois petites choses qui me restent en travers de la gorge aujourd'hui. Oui, je sais, on n'est pas au pays des Bisounours, et donc, j'aurais dû me rendre compte plus tôt que le monde dans lequel on vit est pourri jusqu'à la moëlle. Mais bon, j'ai toujours préféré les lunettes roses aux noires, et toujours tenté de voir le bon et le bien parmi le moche et le mal. Mais il y a des fois où ça fait du bien d'enlever les lunettes roses pour voir le monde en technicolor, c'est-à-dire tel qu'il est réellement.
Donc, imaginez une visite amicale pour célébrer un petit événement chez des proches. La discussion passe du classique badinage au départ à des choses plus personnelles, et dérive vers les conditions de vie, les moyens qu'on a de faire ou de ne pas faire les choses, le rythme de travail et... l'argent. Et là, brusquement, PAF ! Grand coup de poing dans la figure : "Dans la vie, on ne fait pas toujours ce qu'on veut !"
Certes. On fait même rarement ce qu'on veut. Qu'est-ce qui avait donc déclenché ce type de réflexion ? Simplement ceci : nous parlions de nos faibles moyens financiers actuels. Rien de dramatique, ce ne sont que des questions d'argent, qui personnellement me font bien moins peur que des questions de santé par exemple (je ne veux pas revivre l'année 2005, pour ceux qui voient ce que je veux dire). Mais c'est vrai que pour lutter contre les accidents, les chutes, les opérations, le stress et les engueulades dans le couple qui vont avec, nous avons décidé d'un commun accord, Gobolof et moi, que je réduise mon activité professionnelle à 50% au lieu des 70% actuels, histoire que Gobolof ait moins de soucis avec les enfants, que je sois plus présente, et accessoirement que nous ayons moins de problèmes du genre de ce qui nous est tombé dessus depuis mon augmentation de temps de travail.
Petit catalogue histoire de rafraîchir la mémoire de nos lecteurs :
Décembre : Trois syndromes gripaux malgré (ou à cause de ?) la vaccination contre la grippe A (H1N1), une semaine d'arrêt pour moi pour grosse, grosse fatigue (épuisement général serait plus adapté en fait).
Janvier : poursuite de la fatigue (que j'ai mise sur le compte des vacances de Noël jamais reposantes), dûe en particulier aux déplacements de Gobolof et à ma journée supplémentaire de travail.
Février : un bras cassé pour moi, 6 semaines d'arrêt.
Mars : jambe cassée pour BBK, une semaine de congé supplémentaire à la fin de mon arrêt maladie pour pouvoir m'occuper d'elle parce que l'école refusait de la prendre en charge alors qu'il n'y avait aucune raison valable à ce refus.
Mai : opération (prévue dès le premier février) d'un kyste ovarien, et 4 semaines d'arrêt maladie en comptant l'hospitalisation, soit 11 semaines d'arrêt en 6 mois de travail à 70%. Qui dit mieux ?
Donc, devant cette avalanche de "tuiles", nous avons décidé de faire cesser tout cela, l'une des solutions consistant à réduire mon temps de travail pour retrouver le rythme que nous avions avant (pas un seul arrêt maladie depuis le changement de rythme après l'hospitalisation de Gobolovitch en juillet 2005, hormis le congé maternité pour BBK en 2006-2007). Et la tranquillité d'esprit et l'équilibre familial qui allaient avec.
Et voilà qu'on s'entend dire "Dans la vie, on ne fait pas ce qu'on veut". Certes. Mais cette personne avec ses solutions toutes faites savait-elle réellement ce que nous voulons ? Ce qui lui posait question (et qu'elle ne comprend sans doute pas), c'est que nous puissions faire passer notre bien-être familial et personnel avant notre train de vie, avant notre rémunération, avant un niveau de vie qu'elle estime être le minimum vital. Il a fallu que je lui dise que justement, nous faisions le choix de diminuer notre train de vie pour pouvoir conserver un bon équilibre de vie... et une certaine tranquillité d'esprit. Mais même en mettant les points sur les "I", je ne suis pas persuadée qu'elle ait vraiment compris de quoi je parlais. Cette même personne parlant un peu plus tard d'une connaissance commune nous disait par ailleurs qu'il fallait choyer cette personne... que c'était bien la moindre des choses si l'on voulait rester dans ses bonnes grâces (en d'autres termes, il s'agit ici de rester en bon termes avec un proche sous peine de voir le pactole financier qui est derrière s'en aller vers d'autres horizons).
J'ai arrêté de discuter à ce moment-là, effarée de ce que je venais d'entendre. Oui, je le reconnais, je suis très, très naïve. Je venais de réaliser à quel point la pseudo-gentillesse peut être calculatrice, à quel point l'accueil peut être surfait. J'estime pouvoir accueillir n'importe qui chez moi, parce que j'ai plaisir à voir ces personnes. J'ai d'ailleurs toujours grand plaisir à ouvrir ma porte, ajouter des chaises et vider mon frigo pour mes hôtes parce que j'ai plaisir à partager un repas avec eux, un moment de discussion, de partage, de rires... Je n'avais pas jusqu'alors réussi à comprendre pourquoi j'étais si mal à l'aise chez ces proches. Je viens brusquement d'en prendre conscience, et ça fait mal.
Qu'est-ce que cela signifie donc ? La question se pose en plusieurs termes : quand nous les recevons chez nous, que cherchent-ils donc à obtenir ? Est-ce de rester en bons termes avec nous parce qu'il y a des intérêts financiers derrière ? Quand ils nous reçoivent chez eux, est-ce pour nous voir ou pour ne pas gâter des relations qui peuvent être intéressantes sur le long terme pour eux ? Et la "poule aux œufs d'or" dont il était question hier soir ? Se rend-elle compte des raisons véritables qui font qu'elle est si choyée chez eux ? Sait-elle à quel point elle peut les enquiquiner à rester tard le soir après le dîner parce qu'elle est seule chez elle et qu'elle préfère leur compagnie à celle de la télé ?
Notre "poule aux œufs d'or", maintenant, me ferait presque pitié. Et ses "amis" me dégoûtent. Carrément. Il y a tout simplement une question d'argent. Et donc les relations sont faussées. C'est-à-dire qu'en fait, ce que nous voulions éviter à tout prix vient de se produire (ou plutôt, je viens d'en prendre conscience).
La question qui se pose maintenant, c'est "comment vais-je donc pouvoir les accueillir chez moi à partir de maintenant ?" Il se trouve que nos enfants et les leurs s'entendent à merveille, et qu'il est hors de question de les priver de ces camarades. Mais comment être enjouée et heureuse de les accueillir sous mon toit et à ma table maintenant que je sais quelles peuvent être les arrières pensées qui guident une partie de leurs actes ?
Je me dis que ce n'est pas chez nous que la question de l'argent se posera, et que ce ne sera pas un mobile pour eux de venir chez nous. Puisque nous n'avons pas d'argent. Mais alors, est-ce à dire qu'ils ne viendront plus et que nos enfants seront privés de leurs camarades de jeux ?
Chers lecteurs, n'allez pas croire que je suis triste ou amère (enfin, si, peut-être un peu, mais ça va passer, rassurez-vous). Non, je ne suis pas vraiment triste. Juste déçue. J'avais une haute estime de ces personnes, et elles me sont apparues hier soir sans leur masque lisse fait pour tromper les apparences. J'ai donc vu en partie leur vrai visage, et ce n'est pas très beau...
En fait, je crois que je sais ce que je vais faire : continuer à inviter nos amis désargentés, passer du bon temps avec eux, refaire le monde avec l'argent que nous n'avons pas, et rire avec eux de l'absurdité de certaines situations. Finalement, tout cela n'est pas si grave : je viens d'entrer de plein pied dans le monde froid et calculateur des gens riches ou croyant l'être. C'est finalement une bonne chose : moi qui croyais les envier, je me rends compte maintenant qu'ils vivent aux antipodes de ce que je veux pour mes enfants et ma famille. Et cadeau bonus : la vie et ces expériences m'ôtent l'une après l'autre les illusions que j'ai sur les gens. S'il est des relations que nous ne pouvons pas rompre, diplomatiquement parlant, il en est des tas, gratuites celles-là, bien plus plaisantes, qui ne demandent qu'à s'épanouir.
Amis, notre porte vous sera toujours ouverte, et soyez sûrs et certains que jamais nous ne vous demanderons quoi que ce soit en échange !!!