mardi 29 juillet 2008
Nuit de folie au Gobolistan !
dimanche 27 juillet 2008
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Grand concours !
vendredi 25 juillet 2008
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Je fais rien que des bêtises...
samedi 19 juillet 2008
Métamorphose, suite (fin ?)
J'aime beaucoup faire les magasins, maintenant !
jeudi 17 juillet 2008
Champions du monde !!!
Et non, quand je parle ici de « champions du monde », il ne s’agit pas du tout de sport, de football ou de rugby. C’est tout à fait autre chose, vous allez bien vite comprendre.
Avec Magali, ma collègue, nous avons identifié au moins 3 champions du monde :
Tout d’abord, il y a F., dont je vous ai déjà parlé, que j’appellerai « Casimir » pour garantir son anonymat.
Casimir, donc, est notre champion à nous. Il est largement hors compétition dans tous les domaines liés à la documentation.
Quelques exemples :
Casimir est capable de poser une question à Magali un jour (hier, par exemple), puis d’aller poser la (même, évidemment) question à un formateur, puis de me reposer la (toujours même) question, le lendemain matin. Et comme bien entendu, je ne suis pas au courant de ce qui s’est passé la veille, puisque je ne travaille qu’un jour sur deux, il est en plus parfaitement capable de me faire croire que je suis une imbécile.
Cas concret, vécu pas plus tard que ce matin :
Nous avons eu un arrivage de livres la semaine dernière. Mardi dernier, j’ai inventorié un des livres qui se trouvaient dans les cartons, et qui s’intitule : « Familles ».
Mercredi, une formatrice du troisième étage, qui est intéressée par ce thème de la famille, envoie un mail pour savoir si on a quelque chose là-dessus, dans les nouveaux bouquins, et ce mail, c’est Casimir qui l’a eu, parce qu’aucune des documentalistes n’est là le mercredi matin. Plus tard, Casimir monte au secrétariat pour y prendre le courrier, et par je ne sais quelle association d’idées, se souvient avoir vu un bouquin sur le bureau, dans le tas des bouquins à couvrir et à mettre ensuite sur le chariot pour catalogage. Du coup, il redescend à la doc qui se trouve au premier (le secrétariat, c’est au deuxième étage, la formatrice étant donc au troisième), et téléphone à la formatrice pour lui demander si le bouquin en question l’intéresse. Pas de bol, la formatrice n’est plus dans son bureau. Qu’à cela ne tienne, il remet ça à plus tard. En fin de matinée, Magali arrive pour prendre la suite du service, et Casimir lui demande si la formatrice est intéressée par le livre. Comme Magali n’en sait rien (c’est vrai, elle n’est pas dans la tête de la formatrice, après tout), elle lui dit qu’elle va poser la question dès qu’elle l’aura au téléphone : elle l’appellera après le déjeuner, puisqu’il n’est même pas encore 14 heures, et que si ça se trouve, la formatrice n’est pas encore revenue de sa pause déjeuner, tout simplement. Et que c’est pour ça qu’elle n’a pas répondu au téléphone la première fois.
Pour Casimir, c’est l’heure de partir. Il s’en va donc, et Magali prend le téléphone pour appeler la formatrice. Et coup de bol, elle répond, cette fois, et quand Magali lui pose la question, c’est pour apprendre qu’avant de partir, Casimir est monté jusqu’au troisième étage pour demander lui-même à la formatrice si elle avait besoin du livre.
Comme la réponse est « oui », mais que Casimir s’est bien gardé de le dire à Magali, celle-ci met un post-it sur le bouquin, pour le réserver pour la formatrice, en se disant que décidément, Casimir n’a pas du tout confiance en elle, puisqu’il ne l’a pas crue quand elle lui a dit qu’elle appellerait Delphine pour savoir si elle avait besoin du livre.
L’histoire aurait pu s’arrêter là. Eh bien non ! Parce que ce matin, jeudi, quand je suis arrivée au travail vers 8h30, j’ai trouvé tout un tas de bouquins sur la table. Je ne m’en suis pas inquiétée, c’est normal de trouver le bureau dans cet état-là quand on est en plein dans un nouvel arrivage de livres. Oui mais voilà. A 10 heures, Casimir est arrivé. Et là, il a commencé directement avec la question du bouquin : « Dis-moi, Amélie, ce livre, là, sur la famille, c’est un livre qu’on avait et qu’on a perdu et qu’on a recommandé, ou c’est un qu’on n’avait pas ? » Comme ce livre fait partie d’une collection qu’on avait un jour commandé en intégralité, j’ai supposé qu’on l’avait déjà eu, mais comme je n’ai pas non plus d’ordinateur dans la tête, je n’étais pas certaine à cent pour cent qu’il avait bien fait partie du fonds. Je lui réponds donc qu’a priori, c’est un bouquin qu’on avait déjà et qu’on a recommandé parce qu’il avait disparu, mais que je ne pouvais pas être catégorique sur ce point, et qu’il fallait que je regarde dans l’inventaire des livres qu’on venait de finir pour être certaine (et puis d’abord, qu’est-ce que ça peut faire ???).
Bref, pour moi, le sujet était clos, mais pas pour Casimir, il faut croire.
Parce que dans la foulée, il me demande si Delphine (la formatrice, si vous avez bien suivi) a besoin du bouquin. Je lui répond qu’a priori oui, puisqu’il y a un post-it dessus, et je précise que j’ai vu Magali mettre des post-its sur des bouquins le mardi, mais que je ne sais pas si c’est celui-là… A quoi il me répond que ce n’est pas possible puisqu’il a posé la question la veille, donc mercredi. Je lui dis alors que je suis certaine d’avoir vu Magali mettre des post-its, mais que comme je viens de le lui dire, je ne sais pas s’il s’agit de ce bouquin précisément, ou d’un autre, parce que j’étais tout simplement occupée à autre chose, et que je ne surveille pas les faits et gestes de Magali….
Là-dessus, il me redit que ce n’est pas possible, puisque la question, il l’a posée la veille.
Là, je me rends compte qu’il est en train de me parler avec un sourire qui ne me plaît pas du tout, et je m’arrête immédiatement en me demandant s’il fait exprès pour me mettre en rogne, s’il pense que je suis débile, s’il pense que je ne comprends rien à ce qu’il me dit, ou si c’est carrément moi qui suis complètement à l’ouest dans l’histoire, et que je ferais mieux d’aller me coucher.
Je lui redis que je n’en sais rien, que de toute façon, pour lui, ça ne change rien.
Sur ce, il se tait, continue son travail, et cinq minutes plus tard, il me regarde de nouveau, et me demande, de but en blanc : « Amélie, tu crois qu’il faut que j’enregistre le prêt de ce livre pour Delphine ? »
J’ai carrément envie, à cet instant précis, de commettre un meurtre. Parce que là, je ne sais pas du tout comment lui dire que je n’en sais rien, que peut-être la formatrice, elle est tout simplement en vacances et que donc, ce n’est pas la peine d’enregistrer un prêt si c’est pour qu’elle ne vienne chercher le livre que dans deux mois… et je me décide à finalement ne rien dire, si ce n’est que pour l’instant je ne sais pas, et que ce n’est pas la priorité dans l’immédiat, que je poserai la question à Magali, qui elle, a l’avantage de savoir exactement de quoi il parle, et ce qui s’est réellement passé…
Casimir retourne donc à son travail, qui consistait à ce moment-là, à couvrir les livres qu’on avait inventoriés mardi et mercredi. Et là, je le vois prendre le rouleau de papier adhésif, le poser sur la table, et commencer à poser les bouquins dessus, et je vois avec horreur qu’il y a une grande bande de papier adhésif, d’environ 20 cm de large sur 40 cm de long, qui est visiblement inutilisée. Or, Casimir sait que le gâchis de papier est ce qui me hérisse le plus dans une bibliothèque (le gâchis en général, mais celui du papier adhésif encore plus, parce que ce papier vaut une fortune et que pour en commander, il faut à chaque fois dépasser un certain montant, sinon, la livraison n’est pas effectuée, il faut aller chercher le papier à Paris. Alors plutôt que de commander 3 rouleaux de papier dans l’année, et donc du matériel avec pour atteindre le montant, je préfère qu’on gaspille le moins de papier possible, afin d’en avoir un de moins à commander sur deux ans (ça évite aussi d’avoir à commander du matériel dont on n’a pas vraiment besoin dans l’immédiat, et ça permet d’économiser sur le budget doc pour acheter plus de bouquins). Et de toute façon, j’ai horreur du gâchis).
Bref, je le vois préparer les couvertures, et je me demandais déjà ce qu’il allait faire, quand je le vois poser un bouquin sur le côté, dans le prolongement de la bande 20*40, et continuer à rallonger cette bande, puis, une fois le papier à la bonne dimension pour le bouquin qu’il avait dans les mains, je le vois couper la bande en question, c’est-à-dire la chute de papier, passée dans l’intervalle de 20*40 à environ 20*65 cm.
J’ai intérieurement bondi, me suis arrêtée dans mon travail, et lui ai demandé du plus calmement que j’ai pu si c’était une chute de papier. Il m’a répondu que non, que ça servirait pour les petits bouquins.
Sauf que j’avais bien vu son manège, juste avant. Et que le plus petit bouquin de la commande, il l’avait dans les mains en commençant à couvrir les livres, et il avait déjà tenté de le faire tenir dans la bande de papier qui existait déjà… Va falloir qu’il m’explique ce qu’il compte faire de la chute de papier. Vous allez dire que je suis maniaque, mais le problème, c’est que ce n’est pas la première fois que je lui fais la remarque. En réalité, ça fait maintenant plus de trois ans. Et ça commence à me pomper l’air ! Qu’il fasse l’erreur une fois, je comprends, qu’il recommence une deuxième fois, je veux bien l’admettre parce qu’on n’a pas tous les jours 200 bouquins à couvrir et qu’il y a toujours des petites pertes… Mais qu’il recommence et avec la plus mauvaise foi du monde, encore et encore, au bout de trois ans, non, là, ça ne va pas !!!
Bref, notre champion du monde à la bibliothèque, il n’en loupe pas une. Allez, une petite dernière pour la route : Mardi dernier, j’avais décidé d’être calme et de bonne humeur. Donc, quand Casimir est venu pour me poser une question, je me suis arrêtée tranquillement, j’ai écouté sa question, et je lui ai répondu le plus tranquillement du monde, même si la question était la plus bête que j’aie eu l’occasion d’entendre de sa part depuis son arrivée. Je vous explique : Casimir est chargé depuis son arrivée chez nous de tout le traitement matériel des livres : couvrir les livres, y mettre le tampon de l’école, la cote permettant de retrouver le livre en rayons, la petite fiche à l’intérieur pour y indiquer la date à laquelle le livre doit être rendu, puis de ranger les livres en rayons. Et justement, nous lui avions laissé, jeudi dernier, un tas de livres avec les couvertures à faire et le tampon à mettre. Et un tampon, dans un livre, ça se met sur la première page, sur la page de titre, et sur au moins trois pages réparties au hasard dans le bouquin. Et là, vous savez quelle est la question qu’il m’a posée ? Il m’a demandé très sérieusement si le tampon, il devait le mettre dans tout le bouquin, ou seulement sur le dessus.
Sur le coup, j’ai cru que je n’avais pas compris la question. Je lui ai donc demandé de me la répéter. Puis, je me suis demandé s’il était vraiment débile, s’il le faisait exprès, ou si c’était un test pour savoir si je connaissais bien le travail en bibliothèque. J’ai décidé de ne pas approfondir ces questions, et lui ai répondu que « comme d’habitude, tu les mets dans tout le livre, le tampon ! »
Casimir est capable d’à peu près tout, en particulier de me faire douter de mes capacités intellectuelles. Ce qu’il ignore, c’est que je n’ai pas du tout besoin de lui pour douter de mes propres capacités ! J’y arrive très bien toute seule ! C'est que je suis très forte, moi ! (voir le billet précédent).
Toujours est-il qu’un de nos rituels, quand Magali arrive à 13h30, le mardi et le jeudi, consiste à nous raconter mutuellement les dernières frasques de notre aide-documentaliste préféré. Depuis quelques temps, nous demandions à Casimir de nous donner ses dates de vacances. Oh pas par curiosité, bien sûr, mais simplement pour savoir quand la doc serait fermée exactement, histoire de prévenir les étudiants. Il a traîné pour nous donner l'information, et a fini par nous dire, un jour, que contrairement aux autres années, il ne partait pas dans les ïles Grecques cet été. Et là, cet après-midi, j’ai tout bonnement appris qu’en fait, Casimir, il ne partait pas en vacances cette année, parce qu’il était seul ! Il faut vous préciser que Casimir est gay, qu’il est reconnu travailleur handicapé par la COTOREP, au vu de sa maladie mentale (non, je ne considère pas l’homosexualité comme une maladie mentale, il se trouve qu’il est gay et malade mental), et qu’en plus, son ami était psychiatre). Du coup, je me suis toujours demandé lequel des deux, de Casimir ou de son ami psychiatre, était le plus fou. Il me semblait que c’était Casimir, puis je me suis dit, à force de le connaître, qu’en fait, ce devait être le psy, parce que pour sortir avec Casimir, il faut être franchement atteint, compte-tenu de ses délires, et je me suis dit tout à l’heure que si c’était fini entre eux, c’était sans doute que l’un des deux avait recouvré la raison. Et comme ce n’est pas Casimir…
Voilà pour notre premier champion du monde.
Le deuxième, il se trouve aussi à l’ISSM, mais pour un temps plus court : il s’agit du stagiaire de notre informaticien. Normalement, un stagiaire qui travaille chez nous, supervisé par notre informaticien, est diplômé : il est titulaire au moins d’un DUT en informatique. Donc, en théorie, il sait brancher un ordinateur, il sait au moins le formater, faire des mises à jours, faire un premier diagnostic en cas de panne, etc. Eh bien apparemment, pas celui-là ! C’est-à-dire que d'après notre informaticien, Alain, celui-là, il ne peut même pas lui confier de vieilles machines à mettre dans son coffre de voiture, parce qu'il n'est pas certain qu'elles y arriveront en bon état. Donc, Alain nous a bien fait rire la semaine dernière en nous racontant les exploits de son champion du monde à lui, à tel point qu’on a eu droit à un véritable fou-rire à la doc, ce qui est somme toute assez rare, même si, avec Magali, on s’amuse plutôt bien.
Le troisième, c’est le champion du monde du mari de Magali. Celui-là œuvre dans le domaine des ressources humaines, et c’est le supérieur du mari de Magali. A tel point que Jean-Philippe, le mari, en est à faire des plannings en permanence : un planning pour planifier ce qui est à faire, un autre pour dire ce qui a vraiment été fait, et un troisième qui reprend ce qui a été changé par le supérieur, histoire que ledit supérieur (le champion, quoi), s’y retrouve en terme d’heures de travail, de nuits d’astreinte, etc.
Depuis, j’ai identifié trois autres champions du monde !
Le premier, nous l’appellerons Anatole, et c’est le stagiaire de Jean-Luc. Alors lui, dans son domaine, il est vraiment très très fort.
Tout d’abord, dès son premier jour de travail sur l’exploitation, il a réussi à perdre les clés de son scooter. Comme il n’avait évidemment pas de double sur lui, Jean-Luc a proposé de le ramener chez lui à midi, et de revenir le chercher après le déjeuner. Et il lui a bien précisé de ne pas oublier de prendre le double de la clé, sans quoi il ne pourrait pas non plus rentrer le soir. Aussitôt dit, aussitôt fait, et Jean-Luc a ramené Anatole chez lui. A 14 heures, Jean-Luc est retourné le chercher chez lui, et lui a demandé dans la voiture s’il avait bien la clé. Anatole a répondu que « oui, oui, je l’ai ! ». Arrivé dans les vignes, Jean-Luc demande à Anatole de lui donner la clé pour qu’il la suspende à un piquet, histoire de ne pas perdre le double. Et là, la réponse a été sidérante : « Mais, je ne l’ai pas, le double ! »
Ca commençait bien.
Mais bon, on avait mis ça à l’époque sur le compte du nouveau travail, du changement, des difficultés familiales (ça n’allait pas très fort entre ses parents, et le pauvre, il avait tout juste 17 ans, il était somme toute un peu perturbé, sans doute, il fallait être patient, ça allait venir). Oui mais voilà, ça ne vient pas. C’est-à-dire que là, ça fait un an qu’Anatole est en stage chez les Platz. Et en un an, il a réussi à comprendre que la pluie, ça tombe des nuages. Véridique ! Du coup, un peu inquiets, on a demandé à Noémi si elle savait d’où venait la pluie. Et elle nous a répondu du tac-au-tac que la pluie, ça vient du ciel. Mais d’où, dans le ciel, précisément, Noémi ? Ben des nuages ! Comme si c’était une évidence. Du coup, ça nous a rassurés sur l’intelligence de Noémi, mais pas du tout sur celle d’Anatole.
Par la suite, Anatole a essayé tout ce qu’il y avait à faire sur l’exploitation. L’hiver dernier, quand il pleuvait trop, Jean-Luc lui a demandé de peindre des caisses-palettes pour y mettre après les bouteilles de vin, parce qu’il n’y en avait pas assez. Il l’a fait… et il a déclaré que ça lui plaisait bien, la peinture, et que comme il avait 2000€ de côté, il allait les prendre pour ouvrir sa boîte et travailler à son compte.
Plus tard, quand il en a reparlé, j’étais pour ma part persuadée qu’il s’était trompé d’orientation, et que s’il était doué dans la peinture, il aurait dû faire un BEP de peintre en bâtiment plutôt qu’en viticulture. Mais non, en fait, il avait une autre idée derrière la tête. Quand Jean-Luc lui a demandé ce qu’il voulait créer comme entreprise avec 2000€, il a répondu qu’il aimait bien les jeux informatiques, et qu’il voulait en créer.
Et là, nous avons pu mesurer l’étendue des dégâts : corrigez-moi si je me trompe, mais pour créer une boîte de création de jeux vidéos, il faut d’une part s’y connaître en informatique (et pas uniquement savoir jouer aux jeux vidéos), et d’autre part avoir quelques connaissances tant en graphisme qu’en animation, en programmation, en design…
Bref, Anatole est carrément hors des réalités du monde.
Du coup, Jean-Luc l’a remis à la peinture, et lui a demandé de vernir des planches avant qu’ils ne les mettent sur la façade du bâtiment qu’ils sont en train de restaurer. Et là, nouvelle catastrophe : Il a été capable de renverser un pot de Lazure alors qu’il venait à peine de commencer ! Alors, on s’est dit qu’il était très maladroit… Et Jean-Luc l’a envoyé dans les vignes, pour enfoncer des piquets dans les parcelles, là où il en manque (pieds morts à remplacer, par exemple). Et là, nouvelle surprise : dans ces parcelles-là, c’est facile : on enfonce le piquet jusqu’à la hauteur du fil qui fait tout le long de la rangée, pour pouvoir attacher le fil au piquet. Eh bien non ! Anatole a réussi à enfoncer le piquet bien plus bas !
Jean-Luc lui a ré-expliqué, puis lui a demandé, plus tard, de couper avec une cisaille les branches qui dépassaient sur le haut du pied, au-delà des fameux fils tenus par les piquets. Et là, il a eu la surprise de constater qu’Anatole, après environ un an de travail sur une exploitation de 3 hectares, ne connaissait toujours pas l’emplacement des vignes, et qu’il avait commencé de rogner chez le voisin !
Anatole mérite donc largement son titre de champion du monde… en viticulture au moins et toutes catégories confondues !
Hier, j'en ai croisée une autre, une femme, cette fois, également très très forte dans son domaine. Seulement, je vous laisserai imaginer lequel, parce qu'elle est tellement douée en tout que ce n'est pas du tout évident.
Nous avons rencontré Cunégonde à une fête paroissiale, elle était assise en face de Jean-Luc au déjeuner. Et Jean-Luc, en bon passionné qu'il est, a commencé à lui expliquer ce qu'il fait dans la vie, à savoir du vin, et que ce vin, il le livre à tous ses clients, et ce dans toute la France. Notre Cunégonde a paru vivement intéressée, et a commencé à poser des questions : "Et jusqu'où livrez-vous ? Jusqu'à Bordeaux, par exemple ?" Là, la conversation a pris un tour un peu surréaliste : sur la réponse affirmative de Gobolof, elle a commencé à lui parler d'un landeau, un landeau de famille qu'elle devait donner à sa soeur, qui habite du côté de Bordeaux, et le landeau, il est vieux, encombrant, il a du mal à rouler, mais sa soeur veut absolument le récupérer parce qu'elle connaît un artisan qui pourrait le retaper et en faire un tout beau qui roule. Et d'ajouter : "Quand vous irez à Bordeaux, vous pourrez emmener mon landeau ?" Jean-Luc était tellement estomaqué, qu'il n'a pas trop su quoi dire sur le moment, surtout qu'il a quand même un peu de savoir vivre, et qu'il ne voulait pas envoyer Cunégonde sur les roses alors qu'on venait à peine de la rencontrer. Bref, il a dit que ça dépendrait de la place qui resterait dans la camionnette, mais que ce n'était pas du tout certain qu'il puisse l'emmener, et donc qu'il serait préférable qu'elle trouve une autre solution, d'autant plus que le prochain voyage vers Bordeaux n'était pas prévu avant plusieurs mois. A cette objection, elle a répondu que ce n'était pas un problème, qu'il n'y avait plus de bébés dans sa famille, et que donc la réparation du landeau n'était pas du tout urgente, et que ce serait quand ils pourraient l'emmener.
Nous lui avons fait comprendre que ce serait difficile, et nous avions cru à l'époque qu'elle avait compris.
Oui, mais nous ne connaissions pas encore Cunégonde et l'étendue de ses talents de championne du monde.
Quelques semaines plus tard, coup de sonnette. Bien sûr, c'était Cunégonde avec sa fille et... le fameux landeau. Je vais ouvrir, bien décidée à la mettre dehors, en lui disant qu'elle pouvait ramener le landeau d'où il venait, que nous ne pouvions pas l'emmener à Bordeaux.
Réponse de notre championne : "Mais j'ai eu beaucoup de mal à l'amener jusqu'ici : il roule tellement mal et il est si lourd, que j'ai dû quasiment le porter depuis la rue voisine où j'habite. Et le problème, c'est que je suis en co-propriété, et que les voisins en ont marre de ce landeau qui encombre la cour et les empêche d'accéder à leur garage. Vous pourriez le garder un peu, je vois que vous avez de la place sous l'abri !"
Là, je me suis dit que j'étais mal barrée, et en bloc, j'ai beaucoup plaint les voisins d'avoir une voisine championne du monde de ce genre : elle devait être sacrément douée, et elle me montrait là ses talents de fouteuse de merde. Je lui ai fait remarquer que notre cour était toute petite, que je ne pouvais pas garder son landeau à l'abri, parce que l'abri, c'est notre garage et qu'avec le landeau dessous, je n'aurais plus la place de mettre la voiture (parce que ce que vous ne savez pas, c'est qu'il s'agit d'un landeau antique, très grand, très large, totalement hors normes, comme sa propriétaire, d'ailleurs). Encore en plus en plus, je lui ai dit que je ne pouvais pas le prendre, parce que Jean-Luc n'allait pas à Bordeaux avant l'hiver et que de toute façon, en hiver, il n'a pas de place dans la camionnette parce qu'il y a trop de vin à emmener, et que de toute façon, sur l'exlploitation, il n'y a pas de place pour le stocker en attendant un hypothétique voyage.
Donc, malgré ses arguments, et ma pitié pour ses voisins, j'en voulais pas, de son landeau. Il n'y avait aucune raison que je devienne dépositaire de son antiquité inutile ! A l'époque, en plus, j'attendais Nathanaël, et elle m'a dit très sérieusement que si ça m'aidait, elle était d'accord pour que j'utilise le landeau si j'en avais besoin. Je lui ai fait calmement remarquer qu'il ne roulait pas, et donc qu'il était parfaitement inutile et inutilisable. Eh bien figurez-vous qu'elle a forcé la porte, qu'elle est entrée avec son landeau, en me disant qu'elle était très embêtée mais que comme elle avait réussi à l'amener jusqu'ici, elle ne pouvait pas le ramener chez elle, et que peut-être, elle pouvait téléphoner à quelqu'un de Bergheim (où se trouve l'exploitation de mon mari) et que peut-être cette personne pourrait garder le landeau le temps qu'on puisse l'emmener jusqu'à Bordeaux.
Voyant un moyen de me débarrasser d'elle et de la corvée du landeau, je l'ai vite fait entrer, et lui ai dit qu'elle pouvait user et abuser de mon téléphone (de toute façon, on a l'illimité sur les fixes, et j'étais prête à lui payer la communication sur un portable si elle le voulait pour me débarasser d'elle et de son landeau). Elle appelle donc à Bergheim, une dame qu'elle ne connaissait pas, mais dont le fils avait fréquenté la même classe qu'elle, à Sélestat, au lycée. Elle s'est présentée comme une amie de son fils, et a dit qu'elle était présentement chez les Platz, qui ont une exploitation à Bergheim, et qu'elle avait un problème de stockage, et que si elle avait la place, ce serait bien si elle pouvait la dépanner en stockant le landeau chez elle. A ma grande surprise, la dame a accepté tout de suite. Je me suis dit qu'elle devait être tout aussi folle que Cunégonde, ou alors qu'elle la connaissait très bien, ou encore qu'elle avait un coeur d'or, ou qu'elle avait de la place à revendre, et comme le deal a été rondement mené, je ne me suis pas posé de questions, j'ai noté l'adresse de la femme, et j'ai dit que je ne gardais le landeau que le temps que Jean-Luc l'emmène chez cette dame à Bergheim, mais qu'après, je ne voulais plus jamais en entendre parler.
Quand Jean-Luc est rentré à la maison ce jour-là, pour le déjeuner, il a eu la surprise de voir l'énorme landeau pourri dans la cour. Je lui ai donc raconté la matinée par le menu, lui ai donné l'adresse de la dame chez qui il devait déposer le landeau, et lui ai dit que de cette façon, elle ne viendrait plus nous enquiquiner avec son landeau. Il a un peu râlé, s'est étonné que la dame de Bergheim ait accepté, mais m'a dit qu'il la connaissait, qu'elle était très gentille, et que donc, c'était possible...
Bref, il est allé chez cette dame, et là, il a compris ce qui s'est passé : comme Cunégonde avait dit au téléphone qu'elle était chez les Platz, la dame de Bergheim a cru qu'elle était une employée de mon mari. Et comme elle ne veut pas se brouiller avec quelqu'un du village et qu'elle connaît le sérieux des Platz, elle s'est dit qu'elle aurait une explication après, et que ça ne devait pas être bien grave, tout ça. Quand son mari est rentré (Jean-Luc était encore là), il a traité sa femme de dingue, en lui disant que si la folle (Cunégonde, donc) ne venait pas chercher rapidement son engin, il irait lui-même le porter à la décharge. Jean-Luc leur a dit qu'elle nous avait forcé la main, et que je n'avais accepté de prendre le landeau que parce que la dame la connaissait et avait accepté de le stocker.
Finalement, un jour (peut-être 9 mois plus tard), Cunégonde a fait sa réapparition dans notre vie tranquille, en nous demandant ce qu'il en était du landeau. Je lui ai dit que je n'en savais rien, que je ne connaissais pas du tout la dame à qui elle l'avait confié, et que ce n'était pas à moi de m'en occuper, puisque j'avais rempli ma part bien au-delà de ce que j'étais censée faire, et que zut, d'abord, c'est son landeau à elle, et pas le mien, et que j'en ai rien à faire, moi, de ce qu'il devient, le landeau. Je lui ai dit aussi qu'il fallait qu'elle trouve une autre solution pour le transport jusqu'à Bordeaux, parce qu'entre-temps, le nombre de clients avait augmenté dans cette région, et qu'il était maintenant certain que nous n'aurions jamais la place pour embarquer en plus un landeau. Elle m'a dit alors que ce n'était pas grave, qu'elle trouverait une autre solution, et merci mille fois pour ce que vous avez fait pour moi. Là, elle m'a complètement sciée, parce que pour la première fois, je venais d'être désagréable avec elle, en tentant de lui faire comprendre que franchement, elle commençait à m'enquiquiner sérieusement avec son landeau de m..., et que je m'en fichais royalement, et que je ne voulais plus la voir.
Je ne sais toujours pas ce qu'est devenu le landeau, mais si je vous racontais tout ce dont elle est capable, et tout ce que j'ai déjà vu, il faudrait des pages et des pages pour tout expliquer. Parce qeu nous avons un lourd passif avec cette championne-là, qui se considèrerait presque, maintenant, comme notre amie, alors que c'est une véritable catastrophe ambulante, cette femme, et que je ne souhaite pas à ma pire ennemie de l'avoir dans ses relations. Je vais donc vous laisser décider pour moi dans quel domaine Cunégonde est championne du monde. Quelques indices tout de même : elle est capable d'enquiquiner toute l'équipe pédagogique de l'école et de faire le siège du bureau de la directrice pendant toute l'année scolaire pour obtenir que sa plus jeune fille passe directement de la moyenne section au CP, parce qu'elle la considère comme surdouée. Au bout de 7 mois de siège, la directrice a capitulé, en se disant qu'au moins comme ça, elle n'aurait plus à voir cette folle tous les jours. Je plains le directeur du primaire, et surtout la petite, qui n'est pas du tout surdouée, et qui va être larguée à l'école. Elle est aussi capable de commencer une activité professionnelle de démonstratrice d'un appareil coutant une fortune, sans aucun talent de commerciale, et de demander à toutes les mamans de l'école des rendez-vous pour qu'elle puisse s'entraîner à vendre son truc. Evidemment, j'ai fait partie de celles qui ont accepté, parce que là aussi, elle sait être persévérante, et que je n'avais pas du tout envie de la voir tous les jours m'attendre dans la cour de l'école pour obtenir son rendez-vous. Donc, au bout d'une semaine de harcèlement, j'ai capitulé, proposé un créneau de 30 minutes entre deux rendez-vous (comme ça, j'étais sûre qu'elle ne pourrait pas s'incruster à la maison), et elle a été capable d'oublier le premier rendez-vous. Je lui en ai redonné un autre, en lui faisant comprendre qu'elle commençait sérieusement à abuser de ma patience, que j'avais trois enfants à la maison, et que c'était sa dernière chance. Elle est venue, a fait sa démonstration, ne m'a bien entendue pas du tout convaincue, et a en plus eu l'idée de me demander ce qui n'allait pas dans sa démonstration. J'ai été sciée une nouvelle fois par tant de candeur, de naïveté (faut-il dire de bêtise ? Je crois qu'on peut décidément aller jusque là), et lui ai dit que sa démonstration était nulle, et que si elle voulait vendre son appareil un jour à quelqu'un, il fallait soit qu'elle baisse le prix, soit qu'elle travaille beaucoup beaucoup, mais que là, désolée, je n'ai pas le temps, j'ai un rendez-vous, je dois y aller, au revoir, Cunégonde ! Dernier indice : J'ai croisé l'ex-nourrice d'une des filles de Cunégonde, qui m'a dit que pour la première fois de sa vie, elle avait été obligée de faire un signalement à la DDASS pour suspiscion de mauvais traitements envers un mineur : la gamine, visiblement, n'avait pas accès aux soins élémentaires d'hygiène (vêtements propres et bain, nourriture appropriée à son âge), et comme elle connaissait l'extravagance de la mère, elle commençait à avoir peur pour la santé (physique et mentale) de la petite. Voilà, vous avez toutes les cartes en main pour décider du domaine de compétences de Cunégonde.
Champion suivant :
Aujourd’hui, j’ai eu la surprise d’en identifier un autre, à la SNCF, cette fois. En fait, c’est un contrôleur que j’ai rencontré au début du mois de juin en allant à Strasbourg pour y passer mes épreuves écrites. Je suis montée dans le train, et en vérifiant mon billet, je me suis rendu compte que j’avais oublié ma carte « Familles nombreuses ». Comme je suis honnête (et surtout que j’aurais vraiment mal au cœur de payer une fortune pour un billet que j’ai déjà payé plus de 10€, mais dont je ne suis pas en mesure de justifier la ristourne), je suis allée directement voir le contrôleur, et lui ai expliqué que j’avais oublié ma carte. Sur ce, il a vérifié mon billet, et m’a dit qu’il y avait un supplément, de 4€, mais que ce n’était pas grave, parce qu’avec le papier qu’il allait me donner, je pouvais aller au guichet pour me faire rembourser les 4€ payés en plus, sur présentation de ma carte « Familles nombreuses ».
Comme je n’avais pas eu le temps avant, je n’y suis allée que ce soir, au guichet.
Et là, après plus de 20 minutes d’attente, l’agent prend mon billet, le papier du contrôleur, et me dit qu’il n’y a rien à rembourser. Je lui ré-explique la situation, lui remontre ma carte, et il me dit qu’il comprend bien, mais que si le paiement dans le train avait été de 6€ au lieu de 4, il aurait pu me rembourser, mais de 2€ uniquement à cause de la retenue dûe au tarif de bord… Je lui ai dit que c’était stupide, puisque c’était le contrôleur lui-même qui m’avait dit que je pouvais aller au guichet me faire rembourser. Du coup, l’agent l’a mal pris, m’a demandé de ne pas l’agresser parce qu’il n’y pouvait rien, que ce n’était pas de sa faute. Je lui ai dit que ce n’était pas lui que j’agressais, mais la SNCF, parce que y’en a marre d’entendre un truc, puis son contraire, de la part d’agents de la même entreprise qui ne sont pas fichus de donner les mêmes informations sur le même problème.
Ensuite, il a recommencé son explication, en me disant qu’il ne pouvait pas me rembourser 4€, puisque la retenue était de 4€… J’ai eu beau lui dire que j’avais compris, que je n’étais pas débile, il a recommencé une nouvelle fois, à croire que c’est impossible de comprendre en une seule fois ce que dit un agent de la SNCF. Je lui ai donc dit que le problème n’était plus du tout les 4€, mais d'une part le temps que je venais de perdre pour ces bêtises, et surtout le principe, parce que c’est quand même un monde que le contrôleur m’ait dit que je pouvais me faire rembourser, si ce n’est pas vrai. Ce n’est quand même pas à moi de connaître par cœur les règles tarifaires de la SNCF ! Il m’a bien dit qu’il me comprenait, mais que je ne devais pas l’agresser parce qu’il n’y pouvait rien, et que de toute façon, il ne pouvait pas rembourser les 4€. Je lui ai redit que je m’en foutais complètement d’être remboursée, mais que je ne comprenais pas comment un contrôleur pouvait dire aux passagers un truc qui n’était pas vrai. Je lui ai demandé si les contrôleurs avaient une formation, et s’ils suivaient tous la même… Il m’a dit qu’à la SNCF comme ailleurs, il y a des gens qui font bien leur boulot, et d’autres non… Et bien sûr, je suis certaine qu’il se considérait comme faisant partie de la première catégorie…
Donc, là, j’hésite : qui du contrôleur ou du guichetier est le champion du monde ?
A vous de décider…