samedi 29 novembre 2008

Voyage à Bruges Jour 1


Voyage en Belgique

 

Alors voilà, je prends enfin le temps de l’écrire, ce fameux récit de vacances en Belgique, avec Gobolovna, Hallberg, Le Grand Migrateur, Val et Pearl of Light.

 

« Qui ??? » me direz-vous ?

 

Ah oui, ça demande quelques explications.

 

Tout est parti d’une idée d’Emilie, alias Pearl of Light, sur le site internet mentionné dans les premiers billets de ce blog : partir en vacances entre Yokotsuniens.

Au printemps, donc, la demoiselle a envoyé un mail à plusieurs membres européens, et a proposé qu’on se rencontre à plusieurs pendant les vacances (un week-end, par exemple), comme ça avait déjà pu se faire deux ans avant, à Paris. L’idée, c’était d’aller ailleurs qu’à Paris, et de préférence dans une ville visitée par Yoko, dans la bd.

Le choix s’est vite porté sur la Belgique, et sur Bruges en particulier. Après quelques tergiversations (qui vient ? avec qui ? Petit ami ou pas ? etc.), il a été finalement décidé qu’on cherchait d’abord un hôtel, pas trop cher, pour ceux qui étaient quasiment sûrs de venir, et que ceux qui voudraient s’ajouter à la liste des partants pourraient toujours le faire… à condition qu’il reste des places.

Je me suis donc chargée de faire les recherches, et j’ai trouvé un charmant petit hôtel à quelques minutes à pied du centre-ville de Bruges, qui avait l’immense avantage d’avoir des chambres allant de deux à 6 personnes (les chambres de 6 étant en réalité de véritables petits appartements, avec 1 chambre de deux, une de trois personnes, et un salon avec canapé qui pouvait aussi faire chambre.

Après avoir fait la proposition aux six partants sûrs, Hallberg (Jean-Luc en réalité) s’est chargé de faire la réservation, pour la seule raison qu’il fallait donner un numéro de carte bancaire, et qu’il jugeait qu’entre les étudiants et la famille du Gobolistan, il était le seul, avec Taco (Le Grand Migrateur) à ne pas avoir trop de nécessité monétaire, et qu’il pouvait donc faire l’avance des frais pour tout le monde sans que ça ne grève trop son budget.

 

La suite a été simple à organiser : trouver un billet de train, se mettre d’accord sur les heures d’arrivée, etc.

 

Finalement, j’avais décidé, travail oblige, de ne pas partir avec mon cher Gobolof, mais avec Gobolovna. Pour deux raisons : la première, c’est que si je partais avec mon mari, la question de la garde des petits Goboloviens risquait de devenir épineuse, mes parents étant sur le point de partir au Canada à ce moment-là, et mes beaux-parents dans l’incapacité de prendre les trois enfants en charge pendant tout un week-end (pétage de plombs garanti !). L’autre raison, c’était que Gobolovna avait manifesté à plusieurs reprises le sentiment d’être abandonnée de sa maman, et que la maman en question se disait que passer un peu de temps avec sa fille pouvait être une bonne idée.

Après moult discussions avec le papa, la décision fut prise : départ de Gobol et Gobolovna le 11 juillet, par le train Intercity qui relie Bâle à Bruxelles, avec arrêt à Sélestat à 7h41 du matin.

 

Le 11 juillet, donc, nous voilà parties toutes les deux en train. L’arrivée était prévue à Bruxelles à 13h30 environ. Mais les chemins de fer européens étant ce qu’ils sont, nous avons commencé à Luxembourg par un petit détour, et aux environs de Namur par un grand détour, à cause d’un suicide sur la voie près de Bruxelles…

14 heures, donc, nous voici en gare de Bruxelles Centrum. L’objectif était d’y passer quelques heures (au centre-ville, pas à la gare !), et de reprendre un train vers 17 heures pour Bruges.

 

Après avoir pris la mauvaise sortie, puis le boulevard dans le mauvais sens, nous voici sur le bon chemin, en direction de la Grand’Place, où j’avais repéré un musée du Chocolat, l’Hôtel de Ville, ainsi que la Maison du Roi. De quoi occuper Noémi avant de retourner à la gare.

 

Voici quelques photos prises sur la Grand'Place, et oui, il y a des trucs affreux sur la photo : c'est pas ma faute : y'avait un concert qui faisait un barouf' du diable cette après-midi là...

Grand'Place1Grand'Place2Grand'Place3Grand'Place4Hôtel de Ville 1Hôtel de Ville 2Maison du Roi

 

Seulement voilà, le plan prêté par Pearl lors de notre dernière rencontre à Paris, en Juin, datait un peu. Si bien que nous avons pas mal tourné en rond sur la Grand’Place, avant de comprendre que le musée du chocolat avait déménagé à l’autre bout, dans une petite ruelle parallèle à celle où il était précédemment situé. Qu’à cela ne tienne : faire deux fois le tour de la place nous a permis de trouver la maison de Tintin (autre curiosité pas loin), d’y acheter les cadeaux d’anniversaire des neveux de Jean-Luc, qui fêtaient leurs 8 et 10 ans la semaine suivante, et de rencontrer des militants flamands, qui distribuaient des ballons de baudruche aux couleurs de leur patrie.

Après avoir trouvé un distributeur (j’étais en panne pour l’entrée du musée du chocolat), nous avons pu enfin visiter le fameux « Saint des Saints ». Et là, surprise : de belles rencontres, notamment celle d’une chocolatière amoureuse de l’Alsace et du bon vin !

Fort contentes de cette après-midi, nous sommes retournées sur la place d'Espagne, pour y goûter une gaufre. Eh oui ! Pas question de passer à Bruxelles sans goûter la spécialité du coin ! Et comme il était trop tôt pour les moules…

La fameuse Gaufre !Noémi Place d'Espagne

 

Bref, à 17 heures, après le goûter, nous voici de retour à la gare, pour y prendre un train en direction de Bruges. Après quelques détours, plantages, attente au guichet pour obtenir des renseignements compte tenu du manque d’affichage (le billet étant valable depuis Bruxelles Midi, pouvons-nous prendre le train à Bruxelles Centre ? Question ô combien épineuse !), nous voici sur le quai à attendre le train pour Oostende et Gand, qui s’arrête au bout d'un peu plus d'une heure, si mes souvenirs sont bons, à Bruges.

 

18 h 00 environ, donc, débarquement dans la petite gare de Bruges, et là, je me mets à paniquer un peu : j’ai bien le nom de l’hôtel et son adresse, mais pas moyen de savoir comment y aller… Qu’à cela ne tienne : ici nous sommes en Belgique, en Flandre, et même si la langue officielle est le Flamand, il y a fort à parier que les habitants causent au moins un peu français… Donc, je prends la valise dans une main, et la main de Noémi dans l’autre, et direction le centre-ville.

Et là, par je ne sais quel miracle, nous nous sommes retrouvées nez-à-nez avec Taco, le Grand Migrateur, parti à la gare chercher Hallberg (Jean-Luc, donc). Admirez le timing !

Taco, sachant que je partais le matin avec Gobolovna, était arrivé en éclaireur en début d’après-midi, et avait déjà repéré les lieux et pris ses quartiers à l’hôtel. Jean-Luc lui avait annoncé qu’il arriverait à 19 heures environ, il avait donc pris un peu d’avance.

Nous avons donc patienté un peu sur le parvis de la gare, et un peu après 19 heures, Jean-Luc a débarqué à son tour.

 

Du coup, nous sommes tous les quatre allés à l’hôtel, situé à une dizaine de minutes à pieds de la gare. L’appartement était spacieux, clair, situé au deuxième et dernier étage de l’hôtel. Petite cuisine équipée (avec de quoi faire du thé, surtout), télévision, salle de bains, deux chambres et salon : tout le confort, quoi !

A peine installés, nous sommes repartis : Valérie (Val) et Emilie devaient arriver à la gare vers 20 heures. Evidemment, nous sommes arrivés en retard… et sommes repartis une nouvelle fois à l’hôtel pour y déposer les valises de ces demoiselles. S’est ensuite posée la question du dîner : qu’allait-on bien pouvoir manger ? Direction le centre-ville, pour y trouver un petit restaurant. Evidemment, nous étions bien heureux de nous voir, et nous avions déjà, depuis nos arrivées respectives, pris l’option de bien délirer ensemble, les délires des premiers arrivés s’ajoutant à ceux des suivants. L’arrivée au restaurant, à plus de 21h30, ne passa donc pas inaperçue, et nous avons passé plus de temps à prendre des photos qu’à manger…

 

Toute l'équipe enfin arrivée à l'hôtel BonoboVal et PearlHal et Le Grand MigrateurHalRe-HalLes deux LGM (dur, les photos de nuits !) 

Après un repas tout à fait honorable malgré l’heure tardive, nous sommes retournés à l’hôtel, fourbus, mais très heureux de la journée…

 

La suite de nos aventures un autre jour !

dimanche 23 novembre 2008

Sécurité sanitaire au Gobolistan


Nouveau billet à propos des enfants, version « sécurité sanitaire » cette fois-ci.

 

La semaine dernière, nous avons connu un épisode épidémique inédit depuis de longs, très longs mois. En réalité, depuis le mois d’avril, où nous avions subi une attaque rangée de varicelle, nous n’avions pas connu un tel encombrement de médicaments. Et pour tout dire, la dernière fois, en avril, donc, c’était quand même plus simple : ils avaient tous les même chose, et il suffisait donc d’appliquer la même recette pour tout le monde… Oui, mais voilà, les choses ne peuvent pas toujours être aussi simples, ce ne serait sans doute pas assez drôle…

 

Vendredi 14 novembre, donc, je me suis rendue avec Noémi, Nathanaël et Rébecca chez le bon Docteur Firer, notre médecin de famille. Et la première question qu’il m’a posée, après la traditionnelle heure d’attente, a été pour savoir qui des 4 était malade. Et là, j’ai bien rigolé, et je lui ai dit qu’en réalité, je venais pour une consultation globale, et lui ai demandé s’il faisait un tarif de groupe. Parce que nous étions tous les 4 malades. Eh oui, mais remarquez que quelque part, c’est mieux comme ça, au moins je ne fais qu’une seule fois la queue dans la salle d’attente. Si on était malades à tour de rôle, il faudrait y aller au minimum 3 fois…

 

Bref, il a commencé par Nathanaël. Nez, gorge, oreilles, pesée, taille… « Ben c’est costaud : trachéite et bronchite ! » (Bon, la bronchite, ça va, je connais, c’est comme au mois d’octobre, je sais gérer. La trachéite, ça faisait longtemps, mais bon…).

Au tour de Noémi. Observation attentive des mêmes zones, pesée, taille… « Ah, là, c’est pas pareil : j’vous mets une angine et une bronchite ! » (Ben oui, c’est pas drôle s’ils ont tous la même chose ! Faut bien un peu d’originalité !)

A BBK maintenant. Taille et poids, et puis ensuite, bras de fer : la petite ne veut pas se laisser faire, et refuse catégoriquement de montrer sa gorge et ses oreilles ! Il faut se mettre à deux pour la maîtriser, et le verdict tombe enfin : « Double ottite moyenne ! A droite et à gauche ! » (Ah ben ça ! Quand je pense que je venais pour un contrôle, pour elle… Je ne savais pas qu’elle était malade ! Elle a l’air en pleine forme, pourtant !).

A qui le tour ?

A moi.

« Dites, les enfants, votre maman, c’est un rouge-gorge ! Si, si ! Pour vous, ce sera une angine, et une ottite également ! »

(ben zut, je me serais donc trompée dans mon pronostic ? J’aurais juré qu’il s’agissait d’une bronchite aussi !)

 

Retour à la maison après un détour par la pharmacie, et début du traitement dès le soir :

Pour Nathanaël : expectorant, paracétamol, « pschitt » dans le nez, et antibiotique.

Pour Noémi : sirop contre la fièvre, expectorant, comprimé d’antibiotique.

Pour BBK : « pschitt » dans le nez et les oreilles, antibiotique, cortisone.

Pour Gobol : traitement « light » parce que peu de temps pour le prendre (merci, docteur, de penser à moi !) : cortisone le matin, antibiotique matin et soir.

 

Bilan des courses : après 2 jours de traitement, soit le dimanche soir, les troupes du Gobolistan vont mieux.

Ah non… le Général en chef donne des signes inquiétants de fatigue…

« Mon chéri, soigne toi, je t’en prie ! Sinon, on va tous retomber malades ! »

 

Mercredi, fin du traitement pour tous, et ouf, Gobolof va mieux aussi. Parce que non, je ne reviendrai pas chez le médecin avec tout le monde la semaine prochaine ! Oui, je reviens chez le médecin lundi (demain…), mais c’est pour faire le bilan qu’on n’a pas pu faire pour BBK. Rien de plus. Le bilan, d’ailleurs, est obligatoire : elle aura deux ans dans deux semaines, il est temps de s’en occuper !

 

Vive l’automne, au Gobolistan !

 

On ne m’y reprendra plus : à partir de maintenant, c’est cure d’oligo-éléments pour moi, et tentative de cure de probiotiques pour les enfants ! J’espère qu’ils accepteront, les premiers signes indiquent que ce n’est pas si évident que ça… Paraît que le comprimé à croquer n'a pas bon goût ! En plus, il faudrait que ce soit bon ? Mais les médicaments, ce ne sont pas des bonbons, que diable !

 

Allez zou, finalement, tout est rentré dans l'ordre, et nous voici prêts à reprendre une activité normale !

 

 

______________

 

 

24 novembre.

Eh bien non. Il semble que reprendre une activité normale ne soit pas au programme !

Aujourd'hui, lundi, les enfants sont comme d'habitude allés à l'école. Et pourtant, Nathanaël avait bien tenté de rester à la maison : "Maman, j'ai mal au cou !", nous a-t-il dit ce matin, après avoir passé une demi-heure devant la télé, et nous avoir dit qu'il n'avait pas envie d'aller à l'école. Seulement voilà, Nath, on le connaît : il est soit malade, et dans ce cas-là, il comate sur le canapé, comme dimanche soir, soit en pleine forme, et il va à l'école. Donc, pas de raison de rester à la maison : tout le monde va en classe !

Sauf que pour une fois, Gobolovitch avait raison : à 9 heures du matin, la maîtresse a appelé Jean-Luc pour le prévenir qu'il avait vomi ! Chouette ! Le problème, c'est que Jean-Luc était à Bergheim avec BBK, parce que de mon côté, j'étais chez la sage-femme... Ensuite, je devais aller faire les courses (il faut bien remplir le frigo de temps en temps), et comme je ne suis pas non plus dans une forme olympique, je ne suis rentrée qu'à 11h40 du matin, et n'ai eu le message qu'à midi moins 5 petites minutes... A midi 10, donc, Nathanaël était de retour à la maison, il avait mangé une tranche de pain et et un peu de yaourt à la cantine, et semblait en pleine forme...

15h30, donc, je me rends chez le médecin pour le bilan des deux ans de BBK. Et là, je lui dis "Oui, je sais, docteur, je ne devais venir qu'avec BBK, mais voyez-vous, ils m'ont rendu Nath à l'école ce matin, il paraît qu'il est malade... Un truc du genre gastro..."

Pour la petite histoire, dès que le docteur a ouvert la porte, Nathanaël et BBK se sont précipités dehors. Et dès que BBK a reconnu le médecin, elle a fait demi-tour et est retournée en salle d'attente, signifiant par là qu'elle avait très bien compris ce qu'on venait faire là ! 

Un examen, et un bras de fer avec BBK plus tard, les doutes sont confirmés : Nath a la gastro, et BBK est guérie et en pleine forme. Re-détour par la pharmacie, et Nathanaël, tout content, prend son goûter en me demandant "le sirop à la banane !"

Eh oui... apparemment, il aime autant les médicaments que BBK les déteste...

Fête des Lanternes


Je viens vous parler un peu des enfants. Et plus exactement de la fête de la Saint Martin, le 11 novembre. A Sélestat, cette fête est célébrée le vendredi précédent le 11 novembre, soit le 7 cette année, et est organisée conjointement par la Mairie de la ville et l’association Schlettstadter Sterickle, association de parents d’élèves bilingues de la ville de Sélestat.

 

Alors, me direz-vous, qu’est-ce donc que la St Martin ???

 

Parce que c’est bien gentil, tout ça, mais la St Martin, on n’en a jamais entendu parler, et elle n’est célébrée nulle part ! Eh bien, en réalité, la St Martin est au départ une fête allemande, et c’est une célébration du partage. Alors quel rapport entre St Martin et le partage ?

 

Peut-être connaissez-vous St Martin de Tours ? C’était un soldat romain, au Moyen-âge. Une nuit, en songe, il a vu le Christ, nu, dans le froid. Plus tard, en ville, il a croisé un mendiant, qui avait faim et froid. Il a partagé son manteau en deux, et en a donné la moitié au mendiant.

 

Cette fête a lieu chaque année à Sélestat, et permet aux enfants plusieurs activités à l’école, dont la confection de lanternes. Les enfants partent en cortège de l’une des places du centre-ville, et se rendent avec leurs lanternes, après un circuit dans tout le centre historique, à une autre place. Là, des bénévoles racontent l’histoire, et la saynète est jouée avec le mendiant, repoussé et hué par les enfants. St Martin arrive ensuite à cheval, déchire son manteau et en donne la moitié au mendiant, qui n’a plus froid. La soirée se termine par une distribution de pain à tous les participants. Cette année, l’association avait rajouté la vente de vin chaud, fort apprécié d’ailleurs ! Les enfants sont tous contents, en général, avec leurs lanternes. Partie de quelques-uns, cette fête s’étend désormais à toute la ville, et tous les enfants des écoles de Sélestat participent, en confectionnant leurs propres lanternes (jusqu’au CE1-CE2, après, ils sont un peu trop grands, ça ne les intéresse plus beaucoup…). Pour les petits Goboloviens, cette fête est aussi l’occasion d’apprendre et de chanter des chansons allemandes, et nous avons maintenant notre « Tube » de l’automne :

 

Laterne, Laterne,

Sonne, Mond und Sterne

Brenne auf mein Licht

Brenne auf mein Licht

Aber nur meine Liebe Laterne nicht

 

(toutes mes excuses aux germanophones qui lisent ces lignes : j’avoue ne pas être certaine de l’orthographe des paroles de cette jolie chanson…).

 

C’est bien dommage : une fois de plus, j’avais oublié l’appareil photo… En revanche, les enfants ont comme tous les ans fait la « une » de la presse locale…

 

 

Toutefois, voici quelques photos prises la veille du défilé, à la maison :

 


 

La grande lanterne, c'est celle de Noémie, la lanterne en forme de citrouille (c'était Halloween la semaine précédente...), celle de Nathanaël. L'an prochain, il y en aura trois !

 

jeudi 20 novembre 2008

Noémi et le violoncelle


Alors voilà, ça fait un petit moment que je ne vous ai plus parlé des enfants. Et pourtant, des choses à dire, il y en aurait !

 

Le titre de ce billet est explicite (ou alors, je suis devenue idiote, ce qui pourrait bien se faire un jour, et pourtant, j'espère bien que Dieu m'en préservera !) : Noémi, depuis la rentrée, fait du violoncelle.

Alors vous me direz : « Où donc a-t-elle été pêcher une idée pareille ? »

La réponse est simple : au cours d'éveil musical, l'an dernier.

Depuis le printemps, Noémi nous disait régulièrement qu'elle voulait faire du violoncelle et de la flûte traversière quand elle serait au CP.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas bien, y'a de l'hérédité là-dedans. Si je me souviens bien, quand j'étais petite (j'avais alors environ 5 ans, peut-être un peu plus), ma maman travaillait le violoncelle à la maison. Eh oui ! Et nous étions là, Hélène et moi (Hélène, ma petite soeur de quasiment pile un an de moins), autour de maman, à regarder cette grosse bête d'où sortait un son somme toute plutôt agréable, grave, soutenu. Et puis, mon papa, lui, faisait de la flûte traversière, à la même époque. Il a même continué bien plus longtemps que maman, qui, elle, s'est arrêtée, peut-être faute de temps (mais il faudrait le lui demander...). Qu'à cela ne tienne, ma deuxième petite soeur, Elisabeth (un an de moins qu'Hélène : vous savez, celle qui s'est mariée au mois de mai ?), quand elle en a eu marre de jouer seule du piano, a décidé de faire du violoncelle en plus pour pouvoir jouer avec d'autres, dans un orchestre. Elle a donc récupéré celui de maman, qui entre temps était allé à un de mes cousins, qui avait commencé à en jouer après que maman a arrêté. Et finalement, aujourd'hui, le violoncelle, si je ne m'abuse, se trouve à Brest, dans l'appartement de Zabeth et Sylvain.

 

Toujours est-il qu'étant moi-même violoniste (pas pro, non, mais j'en ai quand même fait pendant près de 15 ans), je me suis dit que le mieux pour commencer, c'était de passer d'abord par le plus difficile (non, je ne suis pas sadique !), à savoir le violoncelle. Pourquoi ? Tout simplement parce que le violoncelle va lui permettre, mieux que la flûte, je pense, de développer son oreille musicale qui ne demande que ça. A la flûte, c'est autre chose qu'on développe : la respiration, en particulier. En revanche, les instruments à cordes ont cela de commun, et de difficile, que la note n'est pas déjà « faite », il faut la chercher, la créer, en quelque sorte, et c'est un long apprentissage avant d'en avoir la maîtrise. Comme Noémi n'était pas capable de se décider, j'ai un peu forcé les choses, et ai choisi pour elle.

 

Eh bien, figurez-vous que ça lui plaît !

La petite a donc eu son premier cours à la mi-septembre, deux semaines après la rentrée. Le premier cours a été épique : il n'y avait tout simplement pas de violoncelle à sa taille. Parce qu'à 6 ans, un « vrai » violoncelle, c'est bien trop grand, bien trop gros, bien trop lourd, et l'archet est impossible à ternir pour les petites mains d'une enfant de cet âge. Donc, sa prof a commencé par aller au secrétariat lui chercher le seul et unique violoncelle en location de l'école de musique : un demi (les violoncelles, comme les violons, les altos, existent en plusieurs tailles : 1/8e, 1/4, 1/2, 3/4, entier. Il en existe même des plus petits, je crois, mais c'est assez peu fréquent). Même le demi était trop grand !

Pour la première semaine, nous avons fait avec, parce qu'il n'y avait rien à faire d'autre : il fallait attendre que le violoncelle soit prêt chez le luthier à Strasbourg, et la prof se chargeait de le ramener à Sélestat. Ce qui fut fait la semaine suivante, et Noémi a pris possession de son nouvel instrument.

Les cours durent une demi-heure maximum, mais c'est largement suffisant pour Noémi : elle a encore du mal à se concentrer assez longtemps. Il faut donc varier les activités, et 30 minutes de violoncelle, c'est déjà pas mal !

Alors c’est sûr, pour l’instant, Noémi n’est pas très « productive » : la dernière fois, sa prof m’a dit en rigolant que la langue marchait bien, qu’elle était bavarde ! Son professeur de solfège m’a fait la même remarque la semaine précédente : Noémi est un tantinet dissipée en classe, et joue beaucoup. Du coup, j’ai dû sévir et interdire les porte-clefs sur la trousse, histoire de ne pas favoriser les égarements et les « décrochages ». Mais quelque part, ça me réjouit aussi : il semble aujourd’hui que Noémi commence à jouer, ce qui est assez inédit chez elle et méritait d’être souligné. Peu importe quelle forme prend le jeu chez elle : le principal, c’est qu’elle y prenne goût ! Après tout, elle n’a que 6 ans, et bien le temps de se prendre la tête avec des questions graves… Tant qu’à faire, autant profiter de l’âge qu’on a, et faire ce qu’il faut, au moment où il le faut… (et fin de la parenthèse).

 

Pour les cours, ça va. La prof semble très contente, et trouve les progrès constants, même si la petite n'est pas très régulière question travail. Hier, Noémi est sortie de son cours toute fière, une partition dans les mains (la première !), avec un morceau à jouer, en première position, en pizzicatti (corde pincée, et non frottée avec l'archet comme on le ferait habituellement), tout simplement parce qu'elle ne sait pas encore tenir assez bien l'archet pour pouvoir jouer des notes variées en même temps : c'est trop difficile ! Bref, la consigne pour la semaine : travailler l'archet sur les cordes « à vide » (c'est-à-dire sans chercher à faire des notes avec les doigts de la main gauche), uniquement au talon (apprendre à allonger l'archet, ça viendra plus tard, il faut d'abord maîtriser la prise en main de l'outil !). Et le morceau, Noémi doit le jouer en « pizz », note à note, pour apprendre le placement correct des doigts de la main gauche.

 

A la sortie du cours, j'ai eu la surprise d'entendre la prof me dire qu'il y aurait une audition le 4 décembre (jour des 2 ans de BBK !), et que Noémi jouerait !

 

Je vous en dirai sans doute plus d'ici deux semaines...

 

jeudi 13 novembre 2008

Un nouveau blog !

J'ai créé un nouveau blog !

Oui, bon, d'accod, ça en fait trois, maintenant, c'est peut-être un peu beaucoup.

Oui, mais voilà, ce nouveau blog est public.

Je vais y mettre ce que j'écris. Les récits, je veux dire. Les fictions.

Histoire que ce blog-ci reste privé, à accès réservé. Et que toute la communauté d'internautes ne puisse pas mettre son nez dans notre vie privée.

En revanche, le nouveau blog est visible par tous à l'adresse suivante :

 


 

Bonne lecture !

mercredi 29 octobre 2008

Chansons enfantines... Alsaciennes !


Il y a déjà un moment de cela, j'avais entrepris de reproduire ici le texte d'une chanson que je trouve hilarante, rapportée du périscolaire par Gobolovitch et Gobolovna. Je l'avais oubliée, et ce matin, elle a refait surface, tout simplement parce que Gobolovitch a recommencé à la chanter, ainsi que d'autres, toutes ayant pour point commun de raconter les aventures d'animaux plus ou moins familiers.

La première de ces chansons, c'est celle de la P'tit' cigogne. Je vous laisse apprécier : 

   

La p’tit' cigogne est tombée du nid

Elle a fait « plouf », elle a fait « plof »

La p’tit' cigogne est tombée du nid

Elle a la tête comme un Kougelhopf

 

Youlalahi ! Youlalaho !

Youlalahi, laho, Hop-là !

Youlalahi ! Youlalaho !

Youlalahi, laho, Hop-là !

 

La p’tit’ cigogne elle a mal aux reins

Hop dans l’Haut-Rhin, hop dans l’Bas-Rhin !

La p’tit’ cigogne elle a mal aux reins

Ell’va voir le Docteur Mangin !

 

Youlalahi ! Youlalaho !

Youlalahi, laho, Hop-là !

Youlalahi ! Youlalaho !

Youlalahi, laho, Hop-là !

  

Vous pouvez remarquer au passage l'utilisation de deux termes permettant de s'assurer que le Gobolistan est bien une enclave Alsacienne en pleine Alsace : Hop-là, terme polysémique alsacien signifiant tout autant "Alons-y" que "Ca y est", ou exprimant, selon le contexte, le contentement, l'impatience ou encore un sentiment de fatalité... L'autre terme est, bien entendu, le mot "Kougelhopf", monument de la gastronomie alsacienne. D'autres encore, permettent d'acquérir un début de culture géographique, puisque la chanson précise dans quels départements on peut trouver ces volatiles que sont les cigognes (autre emblème de l'Alsace, avec la quetsche, les bretzels et mauricettes, ou encore le sapin de Noël (c'est dans un incunable du 16e siècle conservé à la bibliothèque Humaniste de Sélestat que l'on trouve la première mention écrite du sapin de Noël !), le vin blanc, les bredalas, etc... Vous remarquerez d'ailleurs que nombre de ces emblèmes sont culinaires, ce qui tendrait à prouver, si besoin était, que la région est un tantinet penchée vers les mets de bouche, et riche à ce sujet (et dans tous les sens du terme, puisque l'on peut également considérer que si l'Alsace est riche en cuisine, la cuisine Alsacienne est aussi très riche). Bref, je n'ai pas mentionné le filet de Sandre au Riesling, ni la choucroute garnie, royale ou pas d'ailleurs, ni le Kouglehopf glacé ou la Forêt Noire... Je laisse l'imagination des lecteurs faire le reste).

 

Les petits Goboloviens ont ramené du Périscolaire d'autres chansons, pour certaines très connues, comme celle-ci :

 

Petit escargot

Porte sur son dos

Sa maisonnette

 

Aussitôt qu’il pleut

Il est tout heureux,

Il sort sa tête !


 

Ou encore celle-ci : 

 

L’araignée Gypsie

Monte à la goutière

Tiens voilà la pluie,

Gypsie tombe par terre

Mais le soleil

A chassé la pluie

Mais le soleil

A chassé la pluie

L’araignée Gypsie…

 

Ces deux derniers titres sont devenus depuis quelques temps de grands tubes au Gobolistan, et sont chantés plus ou moins en boucle selon la météo et les centres d'intérêt de chacun. L'histoire de l'escargot a trouvé un regain d'intérêt par l'intermédiaire des grandes sections de l'école maternelle où va Nathanaël, avec une visite de la classe Arc-en-Ciel en classe Soleil, dépositaire cette semaine-là d'un terrarium et de huit escargots, dont les enfants devaient s'occuper pendant une semaine. A la fin du mois de septembre, donc, les enfants de la classe Soleil ont invité ceux de la classe de Nathanaël pour leur faire partager leurs découvertes, et ont chanté avec eux cette comptine, ce qui a immanquablement fait remonter ladite comptine en première place du top 5 des chansons du Gobolistan. Ceci dit, l'avantage de ce top 5, c'est qu'il n'est pas lié à la vente d'un ou plusieurs disques, à mais bien à un réel degré de popularité, mesurable très facilement d'une part en fonction du nombre de fois où on entend cette chanson, et d'autre part en conjonction étroite avec le degré d'énervement après la 50e écoute consécutive de ladite chanson pour les parents. (Pour la petite histoire, la visite chez les "grands" a eu une autre conséquence : notre petit Nathanaël s'est lancé dans l'observation d'escargots à la maison, et a profité des jours de pluie de la première quinzaine d'octobre pour aller à la chasse, et nous ramener quelques spécimens... Les spécimens en question on moyennement apprécié le changement d'habitat, et ce n'est que parce qu'il était clair qu'ils étaient mieux dehors que Gobolovitch a accepté de les remettre dans l'herbe...).

 

Notre top 5 comporte en ce moment un autre titre, celui du générique des "Cités d'Or". Et là, ô surprise, même BBK s'y est mise : depuis dimanche dernier, elle se réveille une heure plus tôt qu'avant (en réalité, pour elle, c'est la même heure, mais ça fait une heure plus tôt pour nous, avec le passage à l'heure d'hiver). Du coup, comme elle est réveillée plus tôt, et qu'elle ne peut pas sortir de son lit à barreaux, elle passe le temps. Et nous avons donc droit, vers 6h05 le matin, à des "Aaaaaa", sur tous les tons, vocalisés, entrecoupés de "Papa !!!" et de "Am !" (ce qui signifie pour elle "Manger", ou encore "J'ai faim"). Bref, une fois que le ton est donné, tout y passe, et les "grands" prennent vite le relais.

BBK n'est d'ailleurs pas en reste en ce qui concerne les chansons. Elle a trouvé récemment (durant l'été, en fait), le moyen de monter sur une chaise, après l'avoir déplacée devant le lecteur de CD, et de mettre le lecteur en marche, d'y insérer un CD, et s'amuse beaucoup à mettre le disque en route, à l'interrompre, à passer sur la radio, puis à changer des fréquences moyennes vers les grandes ondes, et inversement, ce qui peut, là aussi, être particulièrement difficile à supporter nerveusement, pour quiconque tente de suivre un programme musical, quel que soit le programme d'ailleurs... Je vous laisse imaginer ce que ça peut donner...

 

Bref, depuis la suppression de la télé au quotidien, la musique prend de plus en plus de place au Gobolistan, et ce, sous toutes ses formes : violoncelle pour Gobolovna (je vous en dirai plus dans un prochain billet), chants, disques, radio, détournement de comptines et de chansons apprises à l'école, et ce en Français autant qu'en Allemand... Le champ d'exploration musicale est vaste !

 

Très prochainement, vous aurez donc l'immense plaisir, l'honneur et l'avantage de suivre d'autres aventures (en différé sur nos ondes) des Goboloviens du Gobolistan.

Au programme :

- les vendanges, suite et fin

- Gobolovna et le violoncelle

- naissance, vie et mort d'une entreprise

- les tergiversations de Gobol

- réunions Tupperware et autres Pierre Lang

- C'est reparti pour la PEEP

- La fête des lanternes

- La Saint Nicolas

- Recettes de Bredalas de l'Avent...

 

Il y aura de quoi faire, durant les deux mois qui viennent !

 

 

jeudi 16 octobre 2008

Magali a une remplaçante !

Nous en étions restés, à l'ISSM, à la première salve d'entretiens d'embauche pour une documentaliste, remplaçante de Magali, partie en congé maternité.

Le lundi qui a suivi cette journée mémorable (voir billet précédent), le 29 septembre, donc, la directrice avait décidé de procéder aux autres entretiens d'embauche, et de mettre tout le monde à égalité en le faisant également par téléphone. Et ceci pour plusieurs raisons.

La première, c'est que notre directrice manque de temps. Et recevoir 7 personnes au total, c'est beaucoup de temps... surtout quand on n'en a pas. Donc, faire des entretiens par téléphone, c'était un gain de temps appréciable.

La deuxième, c'est que les premiers entretiens s'étaient bien déroulés, même si faire passer des entretiens par téléphone, c'est à double tranchant, et c'est un exercice très difficile, tant pour le recruteur que pour le candidat. C'est redoutable, parce qu'il est difficile de se mettre dans une situation de convaincre quelqu'un quand on ne le voit pas. Par téléphone, c'est toujours un peu virtuel... Pour le recruteur, c'est délicat aussi, parce qu'il se passe beaucoup de choses dans le non-dit : l'attitude, la tenue (la façon de se tenir, en fait), les gestes, etc. On voit si la personne est plutôt ouverte de caractère, ou si elle est anxieuse, renfermée, ou au contraire avenante, souriante... bref, on peut se faire une idée relativement précise sur une personne rien qu'en la voyant... ce qu'on ne peut pas faire par téléphone...

La troisième raison, c'est tout bêtement qu'il aurait été particulièrement injuste pour les candidates venant de loin d'avoir des conditions de recrutement difficiles (par téléphone), et de favoriser de fait les candidats du lundi, qui eux viennent tous de la région, en les recevant. Pour ne léser personne, la directrice a donc préféré appeler tous les candidats, en se réservant le droit de convoquer par la suite les personnes qui avaient retenu notre attention, si jamais nous ne parvenions pas à les départager.

 

Bref, ça a commencé un peu comme le jeudi précédent, à l'envers.

Je devais être à l'ISSM pour 14 heures. Et pour cela, j'avais un train qui quittait la gare de Sélestat à 13h11. Le temps de manger, et hop, Jean-Luc passait à la maison récupérer BBK, pour que je puisse partir. Si j'avais décidé de prendre le train précédent, j'aurais dû quitter la maison à 11h40 pour un train quittant Sélestat à 11h50... Trop tôt, difficile pour Jean-Luc, et parfaitement inutile, puisque les entretiens ne devaient débuter qu'à 14h15...

Oui, mais voilà, c'était sans compter sur la formidable ponctualité des réseaux ferrés européens, puisque le train de 13h11, c'était en fait un train venant de Bruxelles, et allant à Zurich. Il faisait donc une partie du trajet en Belgique, un bout en Alsace qu'il traversait du nord au sud, et avait son terminus en Suisse.

A mon arrivée à la gare, je vois deux lignes qui clignotent sur les moniteurs. Pour deux trains dont le départ est prévu à 13h11 : l'un en direction de Strasboug, l'autre vers Zurich. Sur le premier, le retard indiqué était de 5 minutes. Fort bien, me dis-je naïvement, 5 minutes, comme d'habitude, mais je serai quand même relativement à l'heure... Sauf que quand je suis arrivée sur le quai, l'affichage indiquait 30 minutes de retard. Je suis donc retournée à l'intérieur de la gare, furieuse contre la SNCF d'être si mal organisée, et ne sachant pas si mon train avait en définitive 5 ou 30 minutes de retard... pour me rendre compte au final que les deux trains avaient du retard et que j'avais lu un peu vite l'affichage : l'un avait 5 minutes de retard, et l'autre 30 minutes. Et devinez lequel était le mien ?

 

Déroutée et surtout très embêtée (parce que 30 minutes de retard, ça me faisait arriver au mieux à 14h30 à Mulhouse... donc sérieusement en retard, pour le coup...), je suis allée directement au guichet, pour demander si par hasard, il y aurait un autre train qui irait vers Mulhouse. Après avoir cherché, la guichetière m'a gentiment dit que le plus rapide, c'était d'attendre le train de Zurich, parce que la seule autre solution, c'était un train omnibus qui allait jusqu'à Colmar, puis un autre omnibus, qui me faisait arriver à Mulhouse bien après 15 heures...

Décidée à faire contre mauvaise forture bon coeur, mais consciente malgré tout des problèmes qui s'ensuivraient, j'ai quand même expliqué à la guichetière (pour une fois que c'en était une sympa, j'en ai profité) que je devais aller faire passer des entretiens d'embauche à 14h15, et qu'il fallait au moins que je prévienne de mon retard (rentrer à la maison récupérer la voiture, et y aller avec ce moyen de transport n'était pas non plus envisageable, puisqu'aller de Sélestat à Mulhouse en voiture, ça prend en soi 45 à 50 minutes, plus 10 pour rentrer à pied de la gare, plus 5 pour appeler Jean-Luc et lui expliquer la situation, plus 10 pour qu'il rentre à la maison avec la voiture, plus un certain temps pour que je me perde dans le centre de Mulhouse, puisque je n'y vais jamais qu'en train, et ne sais donc pas trop comment on va de l'autoroute au centre-ville en voiture, plus au moins le même temps pour que je trouve une place pour me garer... soit au total bien plus de temps que si j'attendais tranquillement le train, malgré la 1/2 heure de retard).

Dont acte. La guichetière me passe le téléphone, et j'appelle l'ISSM. Il est 13h15, et je réalise qu'il est sans doute un peu tôt : le secrétariat n'ouvre qu'à 13h30... Mais c'était sans compter Hassina, qui mange régulièrement à l'ISSM à midi, après avoir fait son marché. Et là, coup de bol, elle est là, et peut prendre le message : je n'arriverai que vers 14h45...

En attendant, je prends mon mal en patience... et un bon bouquin. Et j'attends. 13h50, le train de Zurich entre enfin en gare, et je m'empresse d'y monter. A cette heure-là, il n'est pas trop bondé, en revanche, il est plein de bagages plus ou moins volumineux... Mais tant pis. De mon côté, je voyage léger, il suffit de trouver une place, ce qui n'est pas un problème à cette heure-là.

 

14h30, le train entre en gare de Mulhouse. Avec donc presque 40 minutes de retard sur l'horaire prévu. Je me dépêche, et 10 minutes plus tard, je tombe nez à nez avec Casimir, qui rentre chez lui. Il m'annonce en pleine rue qu'il a fini par partir, parce qu'il est là depuis 9h30 du matin, et qu'il n'a toujours pas mangé, mais qu'il ne voulait pas laisser la bibliothèque ouverte sans personne, parce que s'il n'y a pas de documentaliste, en revanche, les étudiants sont bien là ! Et la doc ne désemplit pas, atelier de recherche oblige.

Il m'annonce qu'il est quand même parti, et qu'il y a plein de monde au centre de doc... Il m'accompagne à l'ISSM, et m'explique en chemin que Cyril, formateur, lui a demandé de laisser les étudiants travailler au centre de doc... ce qui ne doit pas se faire, en temps normal... Donc, je fonce avec Casimir, pour trouver Cyril dans la bibliothèque, avec quelques étudiants. Et il me dit, la bouche en coeur : "Ah bon, c'est bien, maintenant que tu es là, les étudiants peuvent rester..."

Euh... Non, Cyril, parce que je repars illico presto pour les entretiens, là, je n'ai que le temps de récupérer les 4 CV et lettres de motivation, ainsi que les numéros de téléphone, et je m'en retourne au 2e étage... Pas de doc à la doc !

Entre-temps, Casimir, qui fait preuve d'une grande initiative sur ce coup-là, et semble être en très grande forme (comme quoi, les champions du monde, des fois, ils peuvent être tout à fait bien !), revient avec Odile, la directrice-adjointe. Elle a l'habitude de ce genre de situation, elle saura gérer avec Cyril. Je prends mes papiers, du brouillon, un stylo, et je me sauve.

 

Annie (la directrice) m'attend dans son bureau. Je m'excuse... et on récapitule : l'ordre des candidats, les numéros de téléphone, les CV... tout y est. Je fais un topo rapide sur le premier à appeler : tout jeune, 20 ans, sorti tout juste de l'IUT, peu d'expérience à part les stages obligatoires dans le cursus... A voir.

Annie l'appelle, s'excuse du retard et explique le souci de train. "Ce n'est pas grave", répond le jeune candidat... On commence l'entretien : rappel de son parcours, "Qu'est-ce qui vous plaît dans ce métier ?" "Comment vous décririez-vous ?" "Pouvez-vous nous donner votre plus gros défaut et votre plus grande qualité ?" Le petit jeune ne se laisse pas démonter, et se décrit comme quelqu'un de sérieux, de rigoureux, avec le défaut qui va avec : la tendance à être un peu trop méticuleux... Ce qui peut être une qualité pour un documentaliste, mais qui peut vite tourner au cauchemar si deux documentalistes de la même équipe ont ce même "défaut"... ce qui est mon cas justement... parce que les deux n'ont pas forcément la même vision du travail, et que cette rigueur peut aller jusqu'à une certaine rigidité, et si on est tous les deux rigides, mais pas de la même façon, ça risque de poser de légers problèmes...

On arrive à la partie "questions". Je prends le combiné, pour lui répondre, et les seules questions qu'il pose, ce sont les horaires, et où mange-t-on ? Je lui explique notre organisation de travail actuelle, ainsi que le rôle de la cuisine pédagogique (sans lui parler pour autant des repas du mardi et du jeudi), et rends le combiné à Annie, interloquée par ces questions très en-dehors de la question centrale qui est le travail en doc, au quotidien...

 

On passe vite à la suivante. L'entretien était prévu à 14h45. Il est 15h20. Une jeune fille, qui finit une vacation à l'école des Beaux-Arts de Mulhouse. Elle est de Strasbourg, et a demandé à ce qu'on la rappelle sur le portable de sa collègue.

Le coup de fil commence très bizarrement. Annie commence directement par confondre haut-parleur et touche pour raccrocher quand on est en mains-libres. Elle fait donc le numéro, et raccroche aussitôt, en appuyant sur le mauvais bouton. Elle regarde le téléphone, très surprise du résultat, et visiblement, ne comprend pas tout de suite d'où vient l'erreur, puisqu'elle me dit : "Ca n'a pas marché ? Je recommence ?" Je ne sais pas trop comment lui dire qu'elle s'est trompée de bouton... J'acquiesce, et la voilà repartie. Elle tombe cette fois-ci sur la propriétaire du téléphone portable, et commence à lui parler, pour se rendre compte au bout de quelques secondes qu'elle n'a pas mis le haut-parleur. Et raccroche.

Sauf que là, elle se rend compte qu'elle a fait une erreur de bouton, et rappelle illico. Evidemment, comme souvent, ça sonne occupé... On recommence la manoeuvre, et là, la "collègue" de notre candidate qu'elle a au bout du fil lui dit que de toute façon, la jeune documentaliste n'est pas là, qu'il faut l'appeler chez elle, parce que passer un entretien d'embauche par téléphone pendant ses heures de travail, c'est... disons... moyen...

Dont acte. Annie raccroche, puis décroche le combiné, forme le numéro, attend que ça réponde, tente de mettre le haut-parleur et... raccroche ! Là, je n'y tiens plus, et je pars d'un grand éclat de rire. En fait, j'ai essayé au départ de ne pas rire : je ne voulais pas que ma directrice pense que je me fichais d'elle... Seulement, quand un fou rire vient, il vient, et il n'y a rien à faire pour l'en empêcher. C'est exactement ce qui s'est passé ce jour-là. Et coup de bol, la directrice l'a bien compris comme ça, et s'est mise à rire franchement également... Le temps de nous calmer toutes les deux, et elle refait le numéro de téléphone, non sans m'avoir confié la lourde tâche de mettre moi-même le haut-parleur en marche lors des prochains appels...

La suite est un rien plus classique : mêmes questions que pour le premier : Pourquoi ce métier ? Qu'est-ce qui vous plaît ? Comment vous décririez-vous ? Votre plus grande qualité ? Votre plus gros défaut ? Des questions sur notre organisation ?

Celle-ci se décrit comme un peu réservée (ce qui se sent au téléphone, mais n'en fait pas pour autant quelqu'un d'aussi insaisissable que celle de Caen, la semaine précédente), mais fiable. Quand on lui demande de préciser, elle nous dit qu'elle entend par là qu'elle est digne de confiance. La suite de l'entretien est édifiante : contrairement au précédent, elle pose des questions. Des tas. "J'ai vu sur votre site internet que vous avez instauré un système de chèque de caution pour éviter les vols... c'est la première fois que j'entends parler de cette possibilité. Vous n'avez pas de système anti-vol ?..." S'ensuit une discussion très intéressante sur le rôle de la documentaliste quant à l'incitation à la lecture, la question des retours d'ouvrages, du problème des pertes et des vols... Bref, quelqu'un de plus ouvert et de moins réservée qu'elle ne le pense elle-même, et en tout cas de très intéressante...

 

Suivante. Une Jordanienne. L'entretien était prévu à 15h15. Il est 15h45. Nous l'appelons sur son téléphone portable. Elle marche, elle doit aller prendre un bus ou un tram. Elle s'excuse, et nous demande s'il est possible de la rappeler après 17 heures, parce que là, elle ne sera pas dans de bonnes conditions pour répondre à nos questions et passer cet entretien... Annie approuve, et confirme qu'elle rappellera à 17 heures.

Entre temps, Annie découvre sur sa messagerie internet deux messages de cette même jeune fille, expliquant qu'elle ne peut pas attendre plus longtemps l'appel d'Annie, et demandant qu'on la rappelle soit le soir, soit le lendemain... Réaction d'Annie : "Au moins, elle est réglo !"

Du coup, on est quasiment à l'heure pour le dernier entretien, prévu à 15h45. C'est parti. Une jeune fille de Sélestat. Mêmes questions que pour les autres. Elle avait préparé l'entretien. Elle avait des questions, elle lisait visiblement des notes qu'elle avait prises à la lecture de la présentation de notre centre de doc sur Internet, et quand on lui a posé les questions de son défaut et de sa qualité, elle a eu une réponse qui trahissait tant sa jeunesse que sa candeur : "Ah zut, celle-là, je ne l'ai pas vue venir : c'est une question bateau, pourtant, mais je ne l'ai pas préparée !" Sourire en coin de la directrice. Et réponse de la candidate : "Je me décrirais comme rigoureuse, méticuleuse, peut-être au point que ça en devienne un défaut". Encore !

 

Le "classement" est le suivant, à l'issue de ces trois entretiens : La candidate de la région Bordelaise, entendue le jeudi précédent, vient en première position, suivie de très près par la Strasbourgeoise. Vient ensuite la jeune fille de Villeurbanne, puis celle qui est en CDD aux Beaux-Arts, et enfin le jeune homme. La personne de Caen est éliminée. Reste la Jordanienne. Et les scrupules.

S'engage alors une longue discussion sur la jeune fille de Bordeaux : peut-on décemment la faire venir pour 1000 € par mois, pour 6 mois, dans une région qu'elle ne connaît pas, même si elle y a des amis et pas de problème de logement ? On finit par en arriver à mon propre parcours : il y a 10 ans, je démarrais à l'ISSM, débarquée de Quimper, avec les mêmes questions. Et 10 ans après, je suis mariée, mère de famille, et je ne regrette aucun des choix que j'ai fait à ce moment-là (ni plus tard). Et j'explique à Annie que j'ai eu la chance d'avoir été la seule candidate à l'époque pour ce poste. Et que si ma place s'était jouée sur la question géographique, j'aurais été déçue de me la voir soufflée par une candidate "locale", pour la seule raison qu'elle était originaire d'un peu plus près...

Annie en convient, mais me dit que l'un des administrateurs, plus particulièrement chargé des questions de personnel à l'ISSM, n'aurait pas les mêmes scrupules : si deux candidates sont bien, et que l'une d'elle vient de la région et l'autre pas, il prend celle qui vient de la région. Sans état d'âme.

Je reparle alors de l'entretien passé avec l'administrateur, où il me posait très justement la question de la distance. Je l'avais rassuré en lui disant que j'avais de la famille dans le coin, et que pour ce qui était de la mer, elle ne s'évaporerait pas de sitôt, et que je pourrai toujours y retourner... le principal pour moi étant de trouver du travail, tout en sachant que les postes de documentalistes sont rares, donc chers...

 

Décision est prise de rappeler la candidate de Bordeaux, pour rediscuter avec elle de la question de la distance, justement...

Il est 17 heures 15, l'heure de rappeler la Jordanienne. Et pas de réponse : c'est la boîte vocale.

Seulement, de mon côté, je dois rentrer, partir au plus tard à 18 heures... S'il faut encore attendre pour la rappeler, ça va être dur pour Jean-Luc...

Annie me renvoie chez moi, en me disant qu'elle rappellera la jeune femme vers 18 heures, et qu'elle lui dira de m'appeler si elle a des qestions sur le travail lui-même. Je rentre à la maison en me surprenant à prier pour que la candidate de Bordeaux soit prise... Le CV de la Jordanienne est impressionnant, mais sa personnalité semble loin de "coller" au poste. Et puis, il semble aussi, au vu de son parcours, qu'elle soit plus informaticienne que documentaliste... elle risque de s'ennuyer dur ! et très vite !

 

Mardi 30 septembre. Je croise Annie à 8h30 au secrétariat. Et je vais donc aux nouvelles. Pour elle, la Jordanienne ne bouleverse pas beaucoup notre "tiercé" gagnant, et elle vient plus en 4e ou 5e place... ex-aequo avec la jeune femme de Villeurbanne. Je lui demande si elle a pu joindre la Bordelaise, comme on l'a surnommée entre nous, et elle me répond qu'elle s'apprêtait à l'appeler quand je suis arrivée...

Rien d'autre à faire, donc, qu'attendre que la décision soit prise.

Je descends à la doc pour ma matinée de travail. J'y trouve Casimir, inquiet, très inquiet sur l'identité de la remplaçante... et sur la sauce à laquelle il va être mangé ! Je le rassure, en lui disant qu'on a deux candidates sérieuses, et qui ont l'air toutes les deux très bien, bien que très différentes l'une de l'autre. Et que je suis aussi dans l'expectative...

12h30 : l'heure du déjeuner dans notre "cuisine" devenue "cantine" pédagogique. Et Annie se joint à nous. Elle me demande alors si la Jordanienne a appelé. Tiens, non, c'est vrai, je n'y pensais plus... Aucune nouvelle...

Je redescends à la doc, libère Casimir pour qu'il puisse rentrer déjeuner, et me lance dans mon après-midi d'enregistrement des nouveaux étudiants dans notre base de données. Vers 16 heures 30, le téléphone sonne : la Jordanienne. La conversation prend un tour surréaliste :

"Bonjour, je vous appelle parce que la directrice m'a demandé de le faire".

Ah. Ca commence bien.

"Oui, c'est essentiellement pour pouvoir répondre aux questions que vous vous posez sans doute sur le poste".

"Ben écoutez, en fait, non, je n'ai pas trop de questions : j'ai travaillé dans un CDI, d'après ce que j'ai pu voir, c'est très comparable, je m'en sortirai... Ah si, les horaires ? Madame Steiner me les a donnés, hier, mais je ne les ai pas bien notés... Vous pourriez m'en dire plus ?"

"Bien sûr : Lundi toute la journée, mardi, mercredi, jeudi après-midi. Pas d'autres questions ?"

"Non, c'est bon... J'espère que je pourrai travailler avec vous ! A bientôt, peut-être ?"

"Oui, peut-être... Au revoir !"

Et hop, conversation terminée. Elle n'avait pas de questions. Rien. Décevante.

 

Annie redescend à ce moment-là, et passe à la doc (je ne l'aurai jamais vue autant en si peu de temps ! D'habitude, il faut se lever de bonne heure pour la voir une fois dans la semaine !). Je lui raconte l'entretien, qui confirme son impression à elle, et place la Jordanienne en 5e position, à égalité avec le jeune homme, et uniquement à cause de son expérience professionnelle, sinon, elle était en dernière position...

 

Jeudi 2 octobre. Toujours pas de nouvelles. Qu'en est-il ? Annie a-t-elle pu joindre la Bordelaise ?

Je la croise dans l'escalier en arrivant. Elle me dit qu'elle viendra me voir très vite.

Effectivement, un peu plus tard dans la matinée, Annie m'apprend que le mardi, elle n'a pas eu une seconde pour appeler notre "favorite". Mais que la veille, mercredi, elle avait prévu de passer ce coup de fil en priorité, en arrivant. A 8h40, donc, elle s'apprêtait à décrocher le téléphone, quand celui-ci a sonné. C'était elle, qui appelait, inquiète, pour savoir si elle pouvait avoir des nouvelles sur sa candidature. Parce que si elle devait venir le lundi suivant, il fallait qu'elle le sache très vite...

Je ne sais pas ce qu'elles se sont raconté mercredi matin, mais toujours est-il que Mathilde a été embauchée à partir du mardi suivant. Elle avait déjà regardé sur Internet pour les billets de train, elle avait appelé sa meilleure amie pour savoir si elle pourrait loger à Thann, dès la fin de la semaine...

 

Mardi 7 octobre, la "Bodelaise", qui jusque-là n'avait qu'une voix, a enfin un visage. Elle s'est présentée au centre de documentation à 9 heures, comme prévu, et je me suis retrouvée dans la peau d'un guide et historien de l'ISSM et de son centre de documentation.

Bien sûr, je n'ai pas fait l'impasse sur Casimir. J'ai préféré la mettre au courant immédiatement. Annie lui en avait déjà touché un mot lors de leur rencontre la veille (Mathilde était passée à l'ISSM pour repérer les lieux, et avait pu voir Annie), et lui avait dit que je lui en parlerais plus le lendemain.

A 10 heures, Casimir, justement, est arrivé. J'en ai profité pour entamer une visite de l'école avec Mathilde, et pour lui présenter nos collègues. Ca nous a pris le reste de la matinée (Françoise est bavarde !), et quand nous sommes retournées au centre de documentation, ce fut pour dire à Casimir que nous montions manger... J'avais prévenu Caroline que nous serions un de plus au déjeuner ce jour-là...

L'après-midi, Magali est venue rapporter ses clés, pour que Mathilde ait son propre jeu pour le lendemain : Casimir serait là à son arrivée, mais elle n'aurait pas de clé pour le caisson où nous rangeons nos sacs et affaires personnelles, et elle ne pourrait pas fermer le soir... Je lui ai ensuite parlé de l'histoire du centre de documentation, de son lourd passif, de son fonctionnement quand j'étais seule, des nouveautés introduites par Isabelle, puis Magali, quand on a pu être plusieurs sur le poste, et donc mettre en place ce qu'il était impossible de réfléchir avant, en termes d'animations, d'expositions...

 

Je l'ai quittée le soir en lui disant que le lendemain allait être difficile, et toute la semaine suivante aussi : je devais aller à Paris le jeudi 9 : elle serait donc seule à la barre dès le lendemain de son arrivée, et pour une semaine... Un baptême du feu en quelque sorte, puisque dans le même temps, elle aura aussi à apprendre à connaître Casimir, avec qui elle travaillera toute la matinée du vendredi, pour avoir une semaine complète. Le lundi, ce sera journée continue, et le mardi, je serai de retour. Elle pourra bien sûr m'appeler le mercredi ou le vendredi, en cas de problème, à la maison. Je lui ai laissé les codes d'accès à ma session informatique pour qu'elle puisse travailler, et nous avons créé un profil pour elle sur le logiciel documentaire, pour qu'elle puisse commencer à se faire la main en indexation (redoutable exercice, mais le plus efficace pour se mettre d'emblée dans le bain). Elle s'en est bien sortie, et a appelé Magali le jeudi, parce qu'elle ne savait pas quoi indexer dans les revues qu'elle devait dépouiller. Et bien sûr, j'étais injoignable.

Si si, un jour, j'aurai un téléphone protable. C'est promis.

 

Mardi dernier, nous avons donc fait le point sur ce qui s'était passé durant la semaine. J'ai repris certaines choses, rattrapé d'autres, mais globalement, elle avait su prendre les bonnes décisions, sélectionné les bons articles, et après quelques recadrages, ça ira comme sur des roulettes. Nous ne nous sommes pas trompées en la préférant aux autres...

Du coup, je suis aussi moins inquiète. Quelle que soit la décision de Magali, nous avons une remplaçante tout à fait compétente. Et libre, ce qui est important, si elle doit rester après le congé maternité de Magali...

 

La suite (ou plutôt le reste) dans un autre billet : il est temps d'aller au lit !